
Le FMI n'a pas tué le bitcoin
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Le FMI n'a pas tué le bitcoin
Les pays ayant une forte dette envers le FMI ont tous rencontré une résistance écrasante en ce qui concerne l'adoption du bitcoin.
Rédaction : Daniel Batten
Traduction : Luffy, Foresight News
Au cours des dernières années, le Fonds monétaire international (FMI) tisse une toile de mesures visant à freiner l'essor du bitcoin :
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Il a réussi à forcer le Salvador à abandonner le bitcoin comme monnaie légale et à annuler certaines politiques connexes
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Par l’intermédiaire d’institutions bancaires régionales, il a exercé une pression efficace sur la République centrafricaine pour qu’elle abolisse sa loi sur le bitcoin en 2023
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Il a empêché les promesses électorales pro-bitcoin du président argentin Milei de se concrétiser
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Il a exprimé de « graves inquiétudes » concernant le projet pakistanais autour du bitcoin
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Dans les négociations de prêt, les cryptomonnaies sont systématiquement perçues comme un « risque »
Voici un tableau récapitulatif :

Come on peut le constater, le seul pays ayant résisté aux pressions du FMI est le Salvador (avant 2025), qui ne bénéficiait pas encore de prêt du FMI, ainsi que le Bhoutan. Chaque nation ayant reçu un prêt du FMI et tenté d’adopter le bitcoin au niveau national s’est vue bloquée ou largement contrecarrée par cette institution.
Pourquoi le FMI réussit-il si bien à entraver l’adoption du bitcoin dans le monde entier (hormis au Bhoutan) ? Et pourquoi agit-il avec autant de détermination ?
Dans ce rapport détaillé, nous analysons en profondeur les cas de trois pays où le FMI a réussi à bloquer l’adoption du bitcoin, tout en indiquant comment il pourrait obtenir le même résultat au Pakistan. Dans la dernière partie, nous examinons les cinq principales préoccupations du FMI à l’égard du bitcoin, ainsi que la manière dont, malgré le retrait ou la limitation progressive des initiatives gouvernementales, le bitcoin continue de prospérer à la base.
1. République centrafricaine : Quand une monnaie coloniale rencontre un espoir numérique

La République centrafricaine (RCA) utilise le franc CFA (Communauté financière africaine). Le CFA n’est pas seulement une monnaie, mais aussi une chaîne géopolitique soutenue par la France et gérée par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Parmi ses 14 États membres, six pays d’Afrique centrale (dont la RCA) doivent encore déposer 50 % de leurs réserves de change à Paris.
Ce contrôle des réserves extérieures crée une dépendance économique, tout en favorisant un marché privilégié pour les produits français. Par exemple, en 1994, sous la pression occidentale (notamment du FMI), le CFA a été dévalué de 50 %, entraînant une flambée des coûts d’importation, tandis que les exportateurs (principalement européens) pouvaient acquérir des ressources des pays CFA à moitié prix. Localement, les effets ont été désastreux : gel des salaires, licenciements massifs et troubles sociaux généralisés.

Lorsque la RCA a annoncé en 2022 son adoption du bitcoin comme monnaie légale, la BEAC et son organe de régulation, le Conseil consultatif des affaires de la RCA, ont immédiatement déclaré cette loi invalide, invoquant une violation du traité instituant la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Il ne s’agissait pas d’un simple bureaucratisme, mais d’un avertissement lancé par les gardiens de la « zone franc ».

Pourquoi cela importe-t-il ? L’économie de la RCA dépend encore fortement de l’aide du FMI. Avec une dette extérieure de 1,7 milliard de dollars (61 % de son PIB), toute désobéissance envers la BEAC expose le pays au risque d’isolement financier.
L’action silencieuse du FMI
Le FMI a réagi rapidement. Le 4 mai 2022, en l’espace de deux semaines, il a publiquement condamné cette « expérience dangereuse », affirmant qu’elle était juridiquement incompatible avec l’interdiction des cryptomonnaies dans la zone CEMAC. Le FMI a souligné que cette décision posait « de sérieux problèmes juridiques, de transparence et de politique économique », reprenant les mêmes craintes exprimées précédemment contre le Salvador : risques pour la stabilité financière, la protection des consommateurs et les finances publiques (des risques qui, notons-le, ne se sont pas matérialisés au Salvador).
Mais son véritable levier était ailleurs. En tant que principal créancier de la RCA, le FMI a conditionné un nouvel accord de crédit à moyen terme de 191 millions de dollars à la conformité politique.
Décryptage chronologique
Le tableau ci-dessous retrace les actions menées en coulisses par le FMI :

Le point clé pour saboter les ambitions bitcoin de la RCA fut d’empêcher le projet Sango (une initiative gouvernementale basée sur la blockchain visant à vendre des « résidences électroniques » et citoyennetés contre 60 000 dollars en bitcoin) de se poursuivre.
Projet Sango : Coïncidence ou complicité ?
En juillet 2022, la RCA lance le projet Sango, visant à lever 2,5 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB annuel du pays.
Le projet Sango a échoué. Dès janvier 2023, seulement 2 millions de dollars avaient été collectés (0,2 % de l’objectif). Le FMI attribue cet échec à des « obstacles techniques dus à un taux d’internet inférieur à 10 % ». Notre analyse, elle, aboutit à une conclusion radicalement différente. Deux facteurs ont anéanti le projet Sango :
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Fuite des investisseurs
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Une décision de la Cour suprême centrafricaine bloquant le projet Sango
Pourtant, un examen attentif montre que ces deux facteurs trahissent une implication du FMI.
Fuite des investisseurs
Le rôle du FMI dans ce processus est indirect, mais convaincant.
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Le 4 mai 2022, le FMI exprime ses « inquiétudes » quant à l’adoption du bitcoin par la RCA, évoquant des risques majeurs pour la stabilité financière et l’intégration économique régionale — avant même le lancement officiel du projet Sango. Cette déclaration a pu effrayer les investisseurs.
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En juillet 2022, lors d’une visite d’évaluation du programme de supervision, le FMI insiste sur le « ralentissement économique causé par la hausse des prix alimentaires et du carburant », renforçant ainsi la prudence des investisseurs.
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Des rapports indiquent également que le FMI et le Conseil consultatif des affaires ont mis en garde contre les risques inhérents aux initiatives cryptos de la RCA, amplifiant les doutes.
La chronologie des déclarations du FMI correspond exactement à la fuite observée des investisseurs, montrant que sa position prudente en tant qu’institution financière autoritaire a pu influencer la perception du marché.
Décision de la Cour suprême
À première vue, la décision de la Cour suprême semble un événement indépendant. Pourtant, une enquête plus approfondie révèle que l’indépendance du système judiciaire centrafricain est douteuse — le pays étant classé 149e sur 180 au classement de l’indice de perception de la corruption (niveau très bas).

Comme mentionné plus haut, une semaine après l’annonce stratégique du bitcoin par la RCA, le 4 mai 2022, le FMI exprime ses « inquiétudes », notamment sur les risques pour la stabilité financière, la transparence, la lutte contre le blanchiment, et les défis de gestion de la politique macroéconomique liés à la volatilité.
117 jours plus tard, le 29 août 2022, la Cour suprême de la RCA déclare illégal le projet Sango. Des organisations internationales de transparence (comme Gan Integrity) indiquent que la Cour suprême, partie intégrante du système judiciaire centrafricain, figure parmi les institutions les plus corrompues du pays, marquée par l’inefficacité, l’ingérence politique et la possible influence de pots-de-vin ou de pressions.

L’échec du projet Sango devient ainsi la « preuve A » du FMI : « le bitcoin ne fonctionne pas dans les économies fragiles ». Mais en réalité, les « inquiétudes » continuelles du FMI ont préalablement détérioré l’environnement du projet, rendant cette conclusion possible.
À 8 300 km de là, dans le petit royaume du Bhoutan, une image radicalement différente émerge : sans « participation » du FMI, le bitcoin s’implante avec succès.
Conclusion implicite : La résilience du bitcoin transcende les frontières
Le retournement de situation en RCA n’a rien à voir avec la faisabilité du bitcoin, mais tout à voir avec le pouvoir. Le FMI a utilisé les banques régionales pour couper les sources de capital à la RCA, et s’est appuyé sur un prêt de 191 millions de dollars comme levier pour éliminer toute menace à la souveraineté financière. Quand le projet Sango a commencé à vaciller, le piège s’est refermé.
Cependant, cet échec révèle aussi la force durable du bitcoin. Observons ce que le FMI n’a pas réussi à détruire :
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Les transferts en bitcoin du Nigeria continuent de contourner les canaux en dollars, économisant des millions de dollars de frais
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Le commerce du bitcoin prospère au Kenya, sans approbation du FMI
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Le Salvador continue d’acheter du bitcoin malgré 221 mentions du mot dans les conditions de prêt

Le schéma est clair : là où l’adoption populaire prend racine, le bitcoin survit. Mais pour les pays annonçant une adoption descendante du bitcoin tout en accumulant d’importants prêts du FMI, tous ont rencontré une résistance écrasante : Salvador, RCA, Argentine et maintenant Pakistan.
Le solde impayé de 115,1 millions de dollars du prêt du FMI à la RCA la rend vulnérable aux pressions. Dans des pays comme le Bhoutan, dépourvus de prêts du FMI, le bitcoin glisse entre les doigts de l’institution. Chaque transaction pair-à-pair, chaque transaction via Lightning Network, mine sourdement les fondations de l’ancien système.
Le FMI a gagné cette manche en RCA, mais la bataille pour la souveraineté financière mondiale ne fait que commencer.
2. Argentine : 45 milliards de dollars comme obstacle à l’adoption du bitcoin
Si la RCA a vu son plan bitcoin échouer, l’Argentine n’a jamais franchi la ligne de départ. Les propos du président Milei durant la campagne laissaient espérer un grand changement, mais rien ne s’est produit. N’était-ce que du vent électoral, ou y a-t-il autre chose ? Cette section dévoile la vérité derrière l’échec du projet bitcoin argentin.

Comprendre l’avancement de l’adoption du bitcoin revient à évaluer si une fusée atteint la vitesse d’évasion : il faut examiner simultanément la poussée et la résistance.
Je suis optimiste : je crois que le bitcoin gagnera, car il constitue clairement une meilleure solution face à notre système monétaire actuel en ruine. Mais je suis aussi réaliste : la plupart des gens sous-estiment la puissance des forces conservatrices opposées au bitcoin.
Lorsque je dirigeais une entreprise technologique, nous avons connu la même chose. Notre technologie était 10 fois meilleure, plus rapide et plus rentable, mais les acteurs dominants ne cédaient pas facilement leur monopole.
Que s’est-il passé en Argentine ?
Lorsque le libéral Javier Milei a été élu président d’Argentine en novembre 2023, de nombreux partisans du bitcoin ont applaudi. Ce leader qualifiait les responsables de la banque centrale de « escrocs », jurait d’abolir la BC argentine et vantait le bitcoin comme « la réponse naturelle aux escroqueries de la banque centrale ». Ce cas est devenu un test crucial pour savoir si le bitcoin pouvait accéder à la reconnaissance générale via une adoption étatique plutôt que par croissance populaire.

Pourtant, 18 mois après son entrée en fonction, la vision pro-bitcoin de Milei reste lettre morte. Pourquoi ? Parce que 45 milliards de dollars contrôlés par le FMI dictent le développement du bitcoin dans le pays.
Le droit de veto du FMI en Argentine
Les limites étaient déjà présentes dès l’élection de Milei. Le 3 mars 2022, le gouvernement précédent argentin avait signé un accord de secours de 45 milliards de dollars avec le FMI. Dans les semaines suivantes, des détails ont révélé une clause inhabituelle : l’interdiction d’utiliser les cryptomonnaies. Il ne s’agissait pas d’une suggestion, mais d’une condition contractuelle inscrite dans la lettre d’intention du FMI, motivée par la crainte de « désintermédiation financière ».
Conséquences directes :
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La banque centrale argentine interdit aux institutions financières d’effectuer des transactions en cryptomonnaies
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Malgré les déclarations pro-bitcoin de Milei, cette politique reste en vigueur pendant son mandat
Le virage de Milei
Depuis son arrivée au pouvoir, Milei :
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A fait passer l’inflation mensuelle de 25 % à moins de 5 % (mai 2024)
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A supprimé les contrôles des changes (avril 2025)
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A obtenu un nouvel accord de 20 milliards de dollars avec le FMI (avril 2025)
Mais les propositions phares de son discours inaugural — adoption du bitcoin et suppression de la banque centrale — sont restées absentes. La raison est simple : l’Argentine doit plus au FMI que tout autre pays, ce qui donne à l’institution un levier inégalé.

Cependant, il y a un paradoxe argentin : bien que le FMI bloque l’adoption officielle du bitcoin, les Argentins l’adoptent massivement. Entre 2023 et 2024, la détention de cryptomonnaies en Amérique du Sud a augmenté de 116,5 %, l’Argentine affichant le taux le plus élevé de la région (18,9 %), près de trois fois la moyenne mondiale. Et ce chiffre grimpe encore, car les citoyens cherchent à se protéger contre une inflation annuelle de 47,3 % (avril 2025). C’est une résistance silencieuse que le FMI ne peut contrôler.

Et ensuite ?
Tous les regards se tournent vers les élections législatives d’octobre 2025. Si Milei obtient un soutien renforcé, il pourrait défier les lignes rouges du FMI. Pour l’heure, la leçon est claire : quand un pays emprunte au FMI, sa souveraineté monétaire est compromise.
Points clés
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Le prêt de 2022 du FMI lie explicitement l’aide à l’Argentine à une politique anti-crypto
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Milei priorise la stabilité économique plutôt que la promotion du bitcoin, afin de conserver le soutien du FMI
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Des similitudes existent avec le Salvador, la RCA et maintenant le Pakistan, révélant une stratégie cohérente du FMI
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Les Argentins contournent les restrictions grâce à une adoption populaire du bitcoin
3. Salvador : Une victoire partielle du FMI

Lorsque le Salvador a rendu le bitcoin monnaie légale en 2021, il ne s’agissait pas simplement d’adopter une cryptomonnaie, mais d’annoncer une indépendance financière. Le président Nayib Bukele y voyait un symbole de résistance face à la domination du dollar et une bouée de sauvetage pour les non-bancarisés. Trois ans plus tard, cette rébellion bute sur un obstacle de 1,4 milliard de dollars : le FMI.
Le prix du secours
Pour obtenir un prêt en 2024, le Salvador a accepté d’abandonner plusieurs piliers clés de sa politique bitcoin :
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Acceptation volontaire : les entreprises ne sont plus tenues d’accepter le bitcoin
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Interdiction dans le secteur public : les entités gouvernementales ne peuvent plus effectuer de transactions en bitcoin ni émettre de dettes, y compris des instruments tokenisés liés au bitcoin
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Gel des achats publics : tous les achats gouvernementaux sont suspendus (les réserves de plus de 6 000 BTC sont gelées), et un audit complet des avoirs doit être réalisé d’ici mars 2025
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Liquidation du fonds fiduciaire : Fidebitcoin (le fonds de conversion) sera dissous sous condition d’audit transparent
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Retrait progressif du portefeuille Chivo : une enquête montrant que la majorité des utilisateurs convertissent leur BTC en dollars, le programme d’incitation de 30 dollars sera progressivement abandonné
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Retour fiscal au dollar : le dollar devient le seul mode de paiement accepté pour les impôts, annulant l’utilité du bitcoin comme instrument souverain
Le retrait stratégique de Bukele
Le compromis salvadorien a du sens sur le plan budgétaire :
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Face à l’échéance du remboursement des obligations, le prêt stabilise la dette (84 % du PIB)
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La dollarisation reste inchangée (le dollar demeure la monnaie principale)
Mais considérant les déclarations de Bukele en 2021, ce recul est choquant. Le faible usage du portefeuille Chivo a probablement poussé à ce compromis.
Quel reste-t-il de l’expérience ?
Le FMI n’a pas tué le bitcoin au Salvador — seulement son adoption officielle. L’usage populaire persiste :
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Bitcoin Beach continue de fonctionner, voire prospère
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Le tourisme attire de plus en plus d’adeptes du bitcoin
Mais sans soutien étatique, à court terme, le bitcoin pourrait se réduire à un outil de niche, plutôt qu’à une révolution monétaire.
Les scénarios possibles
Deux chemins s’offrent à l’avenir du bitcoin au Salvador :
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Fade-out progressif : avec l’application complète des conditions du FMI, le bitcoin devient une curiosité touristique
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Renaissance dans l’ombre : le secteur privé maintient sa survie malgré le retrait de l’État
Une chose est sûre : lorsque le FMI signe un chèque, il fixe aussi les règles.
Points clés
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Le prêt du FMI a forcé le Salvador à renoncer à 6 politiques clés sur le bitcoin
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Cela crée un précédent pour d’autres pays cherchant le soutien du FMI
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L’usage populaire du bitcoin pourrait survivre plus longtemps que l’engagement gouvernemental
Le Salvador a fait de nombreuses concessions sur le bitcoin. Bien qu’on puisse argumenter que cela ne lui a pas causé de grands dommages, cela envoie un signal fort aux autres pays latino-américains (comme l’Équateur ou le Guatemala), qui observaient le Salvador et envisageaient de copier sa stratégie — jusqu’à ce qu’ils vérifient le montant de leurs propres prêts du FMI. Globalement, c’est donc une victoire partielle pour le FMI, et une victoire partielle pour le Salvador.
4. Bhoutan : Un succès hors emprise du FMI

L’expérience bitcoin du Bhoutan dure depuis deux ans maintenant, ce qui nous permet d’avoir des données fiables sur son impact économique.
Le FMI met en garde : adopter le bitcoin nuirait à la stabilité économique, réduirait l’attractivité pour les investissements directs étrangers, et compromettrait les initiatives de décarbonation. Il critique particulièrement le « manque de transparence » de l’adoption crypto au Bhoutan.
Que disent les données ?
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Les réserves en bitcoin répondent directement à des besoins fiscaux urgents. « En juin 2023, le Bhoutan a alloué 72 millions de dollars provenant de ses bitcoins pour accorder une augmentation de salaire de 50 % aux fonctionnaires »
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Le Bhoutan a pu « utiliser ses réserves en bitcoin pour éviter une crise, alors que ses réserves de change tombaient à 689 millions de dollars »
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Le Premier ministre Tshering Tobgay déclare en interview que le bitcoin « soutient aussi les soins médicaux gratuits et les projets écologiques »
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Tobgay ajoute que les réserves en bitcoin aident à « stabiliser l’économie de 3,5 milliards de dollars du pays »
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Des analystes indépendants affirment que « ce modèle peut attirer des investissements étrangers, surtout pour les pays dotés de ressources renouvelables inexploitées »
Étant donné que les analyses du FMI ne sont pas seulement erronées, mais presque totalement inversées, on doit se demander : les prévisions du FMI reposent-elles sur des données ?
5. Cinq raisons pour lesquelles le FMI pourrait craindre le bitcoin

« Faites acheter du bitcoin à tous vos amis, libéraux, démocrates, républicains — faites que tout le monde l’achète, et alors il deviendra démocratique. » John Perkins lors de la conférence Bitcoin 2025
Et si la plus grande peur du FMI n’était pas l’inflation… mais le bitcoin ? Le bitcoin pourrait-il briser le contrôle par dette du FMI / Banque mondiale ?
Lors de ma récente conversation avec John Perkins (auteur de *Confessions d’un assassin économique*), certaines choses se sont éclaircies. Alex Gladstein avait déjà révélé avec précision comment les « ajustements structurels » du FMI n’ont pas réduit la pauvreté, mais enrichi davantage les pays créanciers. Perkins a complété cela avec ses propres témoignages directs.
Perkins m’a révélé comment l’hémisphère sud est piégé dans un cycle de dette conçu pour faire circuler la richesse vers l’Ouest. Mais le tournant est là : le bitcoin est déjà en train de démanteler ce scénario selon cinq axes clés.
1) Réduire les coûts des transferts pour desserrer l’étau de la dette

La sculpture de Chris Collins illustre la corde de la dette
Les transferts (envois d’argent des travailleurs migrants vers leur famille) représentent souvent une part importante du PIB des pays en développement. Les intermédiaires traditionnels comme Western Union imposent des frais allant jusqu’à 5-10 %, une sorte de taxe cachée. Pour des pays comme le Salvador ou le Nigeria, les banques centrales doivent stocker des dollars pour stabiliser leur monnaie, et ces réserves sont souvent fournies par le FMI.
Le bitcoin change la donne
Avec le réseau Lightning, les frais tombent presque à zéro, et les transactions sont instantanées. En 2021, le président Bukele du Salvador espérait que le bitcoin permettrait d’économiser 400 millions de dollars en frais de transfert. En réalité, peu de preuves montrent que l’usage du bitcoin a atteint ce seuil. Pourtant, le potentiel est évident : plus de transferts en bitcoin = plus de réserves en dollars = moins besoin de prêts du FMI.
Voilà pourquoi le FMI mentionne le bitcoin 221 fois dans les conditions de prêt au Salvador en 2025 : il veut rester un acteur pertinent.
Le bitcoin ne réduit pas seulement les coûts, il contourne complètement le système du dollar. Au Nigeria, avec un naira faible, les familles détiennent désormais le bitcoin comme actif plus solide que leur monnaie locale. Plus besoin que la banque centrale dépense des réserves en dollars, plus besoin de secours du FMI.
Les chiffres parlent :
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Pakistan perd 1,8 milliard de dollars par an en frais de transfert — le bitcoin pourrait économiser la majeure partie
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Salvador économise déjà plus de 4 millions de dollars par an avec seulement 1,1 % de transferts en bitcoin
Pour l’instant, l’adoption du bitcoin reste limitée. Seulement 12 % des Salvadoriens l’utilisent régulièrement, et plus de 5 % des transferts nigérians passent par les cryptos. Mais la tendance est claire : chaque transaction en bitcoin affaiblit le cycle de dépendance à la dette.
Le FMI voit la menace. La question est : à quelle vitesse cette révolution silencieuse se propagera-t-elle ?

Les transferts totaux au Nigeria en 2024 approchent 21 milliards de dollars, soit plus de 4 % du PIB
2) Contourner les sanctions et barrières commerciales
L'Iran, le Venezuela et la Russie, riches en pétrole, ont vu leur accès au dollar restreint en raison des sanctions américaines (1979, 2017, 2022), réduisant drastiquement leurs exportations pétrolières.
Peu importe notre opinion sur l'idéologie de ces pays, le bitcoin brise ce cercle. L'Iran utilise déjà le bitcoin pour « exporter du pétrole » et contourner les sanctions, tandis que le Venezuela paie ses importations en bitcoin.
L'Iran monnalise aussi son énergie via le minage pour contourner les sanctions, évitant ainsi l'ultimatum du FMI « réformes contre argent », tout en maintenant son économie en marche. À mesure que la Russie et l'Iran lancent des échanges pétrole-bitcoin, l'emprise du pétrodollar faiblit.
Un autre pays utilisant le bitcoin pour éviter les difficultés humanitaires dues aux sanctions est l'Afghanistan. Des ONG comme « Code to Inspire » contournent le gel bancaire des Talibans via des dons en bitcoin. « Digital Citizen Fund » a fourni de l'aide après la prise de pouvoir des Talibans, permettant à certaines familles de ne plus mourir de faim.

L'ONG afghane « Code to Inspire » forme des femmes au codage grâce à des dons en bitcoin que les Talibans ne peuvent pas intercepter
Bien que la part du bitcoin dans le commerce sous sanctions soit encore faible (moins de 2 % des exportations pétrolières en Iran et Venezuela), la tendance est à la hausse.
Les sanctions sont un outil clé de levier géopolitique, souvent soutenu par le FMI et la Banque mondiale alignées sur les grandes économies comme les États-Unis. L'utilisation du bitcoin par les pays sanctionnés réduit le contrôle du FMI sur les flux financiers et menace la domination du dollar.
3) Utiliser le bitcoin comme bouclier contre l'inflation nationale
Lorsque des pays comme l'Argentine connaissent une hyperinflation, ils empruntent des dollars au FMI pour soutenir leurs réserves de change et stabiliser leur monnaie. Mais en cas d'impayé, ils subissent des politiques d'austérité ou doivent vendre des actifs stratégiques à bas prix. Le bitcoin offre une alternative : une monnaie globale, non inflationniste, indépendante des gouvernements, et capable de prendre de la valeur.
L'expérience salvadorienne montre que le bitcoin peut réduire la dépendance au dollar. En détenant du bitcoin, un pays peut se couvrir contre l'effondrement monétaire sans recourir au FMI. Si l'Argentine avait alloué 1 % de ses réserves au bitcoin en 2018, elle aurait compensé plus de 90 % de la dépréciation du peso cette année-là, évitant ainsi l'aide du FMI. La neutralité du bitcoin signifie qu'aucune entité unique ne peut imposer de conditions, contrairement aux prêts du FMI qui exigent privatisations ou réformes impopulaires. En matière d'adoption, il n'y a ni levier de dette, ni histoire ancienne du FMI à exploiter. Toutefois, grâce à l'effet Lindy (voir ci-dessous), le bitcoin devient chaque année une alternative plus viable.

Effet Lindy : plus une chose dure longtemps, plus elle a de chances de continuer à exister
4) Le minage de bitcoin : transformer l'énergie en richesse sans dette
Beaucoup de pays en développement sont riches en énergie mais endettés, pris dans les prêts du FMI pour des infrastructures comme barrages ou centrales. En cas de défaut, ces prêts exigent des exportations d'énergie bon marché ou des droits sur les ressources. Le minage de bitcoin inverse ce modèle : il transforme l'énergie gaspillée (gaz brûlé, excès d'hydroélectricité) en richesse liquide, sans intermédiaire ni coût de transport.
Le Paraguay gagne 50 millions de dollars par an en minant avec son hydroélectricité, couvrant 5 % de son déficit commercial. L'Éthiopie a engrangé 55 millions de dollars en 10 mois. Le Bhoutan est champion : avec 1,1 milliard de dollars en bitcoin (36 % de son PIB de 3,02 milliards), son minage hydroélectrique pourrait générer 1,25 milliard de dollars par an d’ici mi-2025, remboursant sa dette auprès de la Banque mondiale (403 millions) et de la BAD (527 millions). Contrairement aux prêts du FMI, la valeur du bitcoin miné augmente et peut servir de garantie sans emprunt. Ce modèle de monétisation de l’énergie sans aliéner d’actifs effraie le FMI, car il affaiblit son contrôle sur le secteur énergétique.

Le Premier ministre bhoutanais Tshering Tobgay qualifie le bitcoin de « choix stratégique pour éviter l’exode des talents »
5) Les économies populaires du bitcoin : la puissance ascendante
Le bitcoin ne concerne pas seulement les États, mais aussi les communautés. À Bitcoin Beach au Salvador ou à Bitcoin Ekasi en Afrique du Sud, les habitants utilisent le bitcoin pour les transactions quotidiennes, l’épargne, et des projets communautaires comme écoles ou cliniques. Ces économies circulaires naissent souvent d’initiatives caritatives, visant à l’autosuffisance. En Argentine, avec une inflation fréquentant les 100 %, 21 % des gens utilisaient déjà les cryptos pour protéger leur patrimoine en 2021. Si ces modèles se généralisent, ils réduiront la dépendance aux projets financés par la dette nationale — ce que le FMI redoute par-dessus tout.

Hermann Vivier, fondateur de Bitcoin Ekasi, affirme que sa communauté, inspirée par Bitcoin Beach au Salvador, a reproduit cette économie circulaire en Afrique du Sud
Conclusion
En renforçant la résilience locale, le bitcoin affaiblit le « levier de crise » du FMI. Des communautés prospères n’ont pas besoin de secours, donc le FMI ne peut exiger de privatisations pour rembourser ses prêts. En Afrique, des projets comme Gridless Energy utilisent des micro-réseaux renouvelables liés au minage de bitcoin pour sortir 28 000 Africains ruraux de la pauvreté énergétique, réduisant ainsi le besoin de grands projets soutenus par le FMI. Si des milliers de villes adoptent ce modèle, la pénurie de dollars n’aura plus d’importance, et les échanges pourront contourner le système du dollar.
Bien que le FMI diffuse parfois de fausses informations sur la consommation énergétique et l’impact environnemental du bitcoin pour freiner son adoption, son arme la plus puissante reste son influence financière sur les pays endettés, qu’il utilise pour « encourager » le respect de sa vision sans bitcoin.
Le FMI s’est opposé au Salvador, à la RCA et à l’Argentine sur l’adoption du bitcoin. Aujourd’hui, il combat les intentions du Pakistan d’exploiter le bitcoin en tant qu’État-nation. L’expansion de ces forces populaires pourrait obliger le FMI à intensifier ses attaques.

Des enfants des villages les plus pauvres d’Afrique du Sud apprennent à surfer grâce au projet Bitcoin Ekasi
Les économies populaires du bitcoin autonomisent les communautés, leur permettant de prospérer sans secours du FMI. Nous avons besoin de la puissance populaire et de nouvelles voies innovantes pour contrer les assauts du FMI.
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