
Le moteur du prochain marché haussier : Aperçu des paradigmes dominants, opportunités et défis des applications consommateurs Web3
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Le moteur du prochain marché haussier : Aperçu des paradigmes dominants, opportunités et défis des applications consommateurs Web3
C'est seulement avec une adoption massive reposant sur davantage d'applications grand public que l'écosystème, actuellement en surcapacité infrastructurelle, pourra véritablement bénéficier d'une utilisation par les utilisateurs et d'une valeur commerciale durable.
Auteur : @Web3Mario
Résumé : L'humeur du marché est récemment assez morose. À mesure que les éventuels dividendes politiques potentiels se concrétisent sans atteindre les attentes, et que des cryptomonnaies mémétiques associées à Trump et d'autres célébrités ont absorbé toute la liquidité du marché spéculatif crypto, cette vague de spéculation dans les cryptomonnaies – soutenue depuis deux ans par des conditions macroéconomiques favorables et un retour progressif de la liquidité – semble désormais arrivée à son terme.
Face à cela, de plus en plus d'investisseurs et d'adeptes commencent à réfléchir au prochain récit de valeur pour l'industrie Web3. Le segment des applications grand public (consumer apps) apparaît alors comme un point central des discussions. Ce n'est qu'avec une adoption massive via davantage d'applications orientées consommateur que cet écosystème, trop fortement axé sur les infrastructures jusqu'ici, pourra véritablement conquérir des utilisateurs et générer une valeur commerciale durable.
Ainsi, ces derniers temps, j'ai personnellement beaucoup réfléchi aux applications Web3 destinées aux consommateurs. J'aimerais partager ici quelques réflexions et insights avec vous.
Dans cet article, je propose une synthèse des principaux modèles actuels des applications Web3 grand public, tout en explorant leurs opportunités et défis respectifs. Dans des articles ultérieurs, je poursuivrai avec des analyses plus spécifiques sur certaines opportunités de marché, et je serai ravi d'échanger avec vous.
Qu'est-ce qu'une application Web3 grand public ?
Une « Consumer Application » (application grand public), appelée aussi « application To C » dans le contexte chinois, vise principalement les consommateurs ordinaires plutôt que les entreprises. En ouvrant votre App Store, toutes les applications que vous y voyez relèvent de cette catégorie. Une « Web3 Consumer Application » désigne donc une application logicielle orientée consommateur qui intègre des caractéristiques propres au Web3.
En général, selon les catégories usuelles de l'App Store, on peut diviser le secteur des applications grand public en environ 10 grandes catégories, chacune comportant ses propres sous-segments. Bien entendu, avec la maturation du marché, de nombreux produits innovants combinent plusieurs fonctionnalités afin de se différencier. Toutefois, il reste possible de les classer simplement selon leur principal argument différenciant.

Quels sont les modèles actuels des applications Web3 grand public, ainsi que leurs opportunités et difficultés ?
À ce jour, je distingue trois modèles courants d’applications Web3 grand public :
1. Exploiter les caractéristiques techniques de l’infrastructure Web3 pour résoudre certains problèmes des applications grand public traditionnelles :
C’est un modèle très répandu. On sait que l’industrie Web3 a massivement investi dans la construction d’infrastructures. Les créateurs d’applications adoptant ce modèle cherchent justement à tirer parti des spécificités technologiques du Web3 pour renforcer la compétitivité de leurs produits ou proposer de nouveaux services. Généralement, les avantages découlant de ces innovations peuvent être regroupés en deux catégories :
l Protection maximale de la vie privée et souveraineté des données :
n Opportunité : La protection de la vie privée reste un axe central de l’innovation dans les infrastructures Web3. Depuis les systèmes initiaux basés sur le chiffrement asymétrique, on a progressivement intégré diverses technologies matérielles et logicielles, telles que les preuves à connaissance nulle (ZK), le chiffrement homomorphe (FHE) ou encore les environnements d’exécution fiables (TEE). De nombreux experts techniques du Web3 semblent partir d’un postulat pessimiste quant à la confiance, visant à construire un réseau totalement indépendant de tiers de confiance, permettant aux utilisateurs d’interagir en toute sécurité concernant leurs informations ou leurs valeurs. Ce type de technologie offre directement aux utilisateurs une meilleure maîtrise de leurs données : leurs informations personnelles peuvent être stockées localement sur des dispositifs matériels ou logiciels sécurisés, limitant ainsi fortement les risques de fuite. De nombreuses applications Web3 s’inscrivent dans ce cadre, notamment celles se revendiquant comme étant « décentralisées », telles que les plateformes sociales décentralisées, les grands modèles d’intelligence artificielle décentralisés, ou encore les sites vidéo décentralisés.
n Difficulté : Après plusieurs années de validation sur le marché, ce modèle n’a pas montré d’avantage nettement supérieur en termes de compétitivité. Deux raisons principales expliquent cela. Premièrement, l’intérêt des consommateurs pour la confidentialité se manifeste surtout après de graves incidents de fuite ou d’atteinte à leurs droits. Or, dans la plupart des cas, des réglementations mieux conçues peuvent efficacement atténuer ces problèmes. Par conséquent, si la protection de la vie privée implique une expérience produit plus complexe ou un coût d’utilisation plus élevé, elle perd rapidement en attrait. Deuxièmement, la plupart des modèles économiques des applications grand public reposent aujourd’hui sur l’exploitation de données massives (par exemple, le marketing ciblé). Trop insister sur la protection de la vie privée remet en cause ce modèle dominant, car les données utilisateur deviennent fragmentées dans de nombreux silos isolés, rendant difficile la conception d’un modèle économique durable. Si l’on doit alors compter uniquement sur une « tokenomics », on introduit inutilement une dimension spéculative dans le produit. D’une part, cela dilue les ressources et l’énergie de l’équipe pour gérer les effets induits par cette spéculation ; d’autre part, cela nuit à la recherche d’un bon ajustement produit-marché (PMF), comme nous le verrons plus loin.
l Un environnement d'exécution fiable, peu coûteux, global et disponible 24h/24 :
n Opportunité : L’émergence de nombreuses blockchains de niveau 1 (L1) et de niveau 2 (L2) offre aux développeurs une nouvelle infrastructure exécutable, mondiale, permanente et mutuellement fiable. Traditionnellement, les fournisseurs de logiciels maintiennent leurs programmes indépendamment, par exemple sur leurs propres serveurs ou dans le cloud. Cela entraîne des coûts de confiance élevés dans les cas où plusieurs parties doivent collaborer, particulièrement lorsque celles-ci ont des tailles comparables ou quand les données impliquées sont critiques. Ces coûts se traduisent souvent par des frais de développement et d’utilisation importants, comme dans les paiements transfrontaliers. Grâce à l’environnement fourni par le Web3, ces coûts peuvent être significativement réduits. Les stablecoins constituent un excellent exemple de cette application.
n Difficulté : Du point de vue de la réduction des coûts et de l’amélioration de l’efficacité, cet avantage est effectivement compétitif. Toutefois, identifier des cas d’usage pertinents s’avère difficile. Comme mentionné ci-dessus, l’intérêt de cet environnement ne se manifeste que dans des services nécessitant une collaboration multipartite, avec des entités indépendantes de taille comparable, manipulant des données sensibles – une condition assez restrictive. Pour l’instant, la majorité de ces cas d’usage se concentrent dans le domaine des services financiers.
2. Utiliser les actifs cryptographiques pour concevoir de nouvelles stratégies marketing, programmes de fidélité ou modèles économiques :
Similaire au premier modèle, les développeurs optant pour cette approche souhaitent ajouter des attributs Web3 à des scénarios déjà matures et validés par le marché, afin de renforcer la compétitivité de leur produit. Mais ici, l’accent est mis sur l’introduction d’actifs cryptographiques, exploitant leur forte composante financière pour innover en matière de marketing, de fidélisation ou de modèle économique.
On sait que tout actif d’investissement possède deux types de valeur : une valeur intrinsèque (liée à son utilisation pratique, comme l’habitat pour l’immobilier) et une valeur financière (liée à sa transaction sur les marchés). Cette dernière découle souvent de la liquidité et de la volatilité élevées, générant des opportunités spéculatives. Dans le domaine des cryptomonnaies, la composante financière domine largement la valeur intrinsèque.
Pour la plupart de ces développeurs, l’introduction d’actifs cryptographiques peut apporter trois avantages principaux :
l Réduire le coût d’acquisition via des campagnes marketing fondées sur les tokens (ex. Airdrop) :
n Opportunité : Pour la majorité des applications grand public, acquérir des utilisateurs à moindre coût durant les phases initiales est crucial. Un token, doté d’une forte valeur financière et pouvant être créé virtuellement sans coût initial, permet de réduire considérablement les risques du projet en phase précoce. Comparé à l’achat de trafic publicitaire avec de l’argent réel, utiliser des tokens gratuits pour capter des utilisateurs représente un choix bien plus rentable. D’un certain point de vue, ces tokens agissent comme des jetons publicitaires. De nombreux projets suivent ce modèle, notamment ceux de l’écosystème TON ou les petits jeux.
n Difficulté : Cette méthode d’acquisition rencontre deux principaux obstacles. Premièrement, le coût de conversion des utilisateurs initiaux est très élevé. En effet, ces campagnes attirent surtout des spéculateurs cryptos, dont l’intérêt pour le projet est faible : ils participent principalement pour profiter de la valeur potentielle des récompenses. Avec l’essor des « chasseurs d’airdrops » professionnels ou des groupes spécialisés dans le farming, convertir ces utilisateurs en véritables utilisateurs du produit devient extrêmement difficile. Cela peut même induire en erreur sur le PMF, conduisant à des investissements excessifs dans une mauvaise direction. Deuxièmement, avec la prolifération de ce modèle, le rendement marginal des airdrops diminue : pour rester attractif auprès des spéculateurs crypto, le coût d’incitation augmente progressivement.
l Programmes de fidélité basés sur le modèle X to Earn :
n Opportunité : La rétention et l’activation des utilisateurs sont des enjeux clés pour toute application grand public. Garantir une utilisation continue du produit demande beaucoup d’efforts et de ressources. Ici encore, comme pour le marketing, l’idée est d’exploiter la nature financière des tokens pour réduire les coûts de rétention. Le modèle X to Earn, récompensant les utilisateurs en tokens pour des actions prédéfinies, est devenu une stratégie populaire pour instaurer un programme de fidélité.
n Difficulté : Faire dépendre l’engagement des utilisateurs du potentiel de gains les détourne de la fonctionnalité réelle du produit. Dès que le rendement potentiel baisse, l’attention des utilisateurs chute rapidement. Cela peut gravement nuire à l’application, en particulier pour celles reposant sur une forte production de contenu par les utilisateurs (UGC). Si ce rendement dépend du prix du token émis par le projet, l’équipe se retrouve sous pression pour gérer la valorisation du projet, surtout en période de marché baissier, où les coûts de maintenance deviennent très élevés.
l Monétisation directe grâce à la composante financière du token :
n Opportunité : Pour les applications grand public traditionnelles, deux modèles dominent : soit l’usage gratuit, avec monétisation via la valeur du trafic après adoption massive ; soit l’usage payant, avec des frais pour accéder à certaines fonctions Pro. Le premier modèle est long, le second difficile à mettre en œuvre. Les tokens offrent une alternative : une monétisation directe via leur composante financière, autrement dit, vendre directement des tokens pour lever des fonds.
n Difficulté : Il est clair que ce modèle n’est pas durable. En effet, une fois passé le stade de forte croissance initiale, l’absence de nouveaux flux de capitaux transforme ce modèle en jeu à somme nulle, opposant directement les intérêts du projet à ceux des utilisateurs, ce qui accélère la perte d’utilisateurs. Si l’équipe ne vend pas activement ses tokens, l’absence de revenus solides l’oblige à dépendre de financements externes pour maintenir l’équipe ou étendre les activités, la plaçant alors dans une dépendance critique aux conditions du marché.
3. Servir exclusivement les utilisateurs natifs du Web3 en répondant à leurs besoins spécifiques :
Le dernier modèle concerne les applications grand public entièrement dédiées aux utilisateurs natifs du Web3. Selon la direction d’innovation, on peut distinguer deux grandes catégories :
l Créer de nouveaux récits, monétiser des éléments de valeur inexploités parmi les utilisateurs natifs du Web3, et inventer de nouvelles classes d’actifs :
n Opportunité : En proposant de nouveaux actifs spéculatifs (comme dans le domaine du SocialFi), ce modèle permet au projet d’obtenir dès le départ un pouvoir de fixation des prix, générant ainsi des profits monopolistiques. Dans les industries traditionnelles, un tel avantage nécessite des années de concurrence intense et la construction de barrières concurrentielles solides.
n Difficulté : Honnêtement, ce modèle dépend fortement des ressources de l’équipe, notamment sa capacité à obtenir le soutien d’acteurs influents parmi les utilisateurs natifs du Web3, ou disposant d’un pouvoir de « fixation des prix » sur les actifs cryptos. Cela pose deux difficultés. Premièrement, avec l’évolution du marché, le pouvoir de fixation des prix se déplace dynamiquement entre différents groupes : d’abord détenu par les pionniers crypto (OG), puis transféré aux VC cryptos, aux CEX, aux influenceurs crypto, et enfin à des personnalités politiques, entrepreneurs ou célébrités traditionnels. Identifier chaque transition et nouer des partenariats avec les nouveaux acteurs dominants requiert une grande finesse stratégique et une sensibilité accrue au marché. Deuxièmement, établir une relation avec ces « fixateurs de prix » implique généralement des coûts élevés, car on ne rivalise pas seulement avec d’autres projets d’une même catégorie, mais avec tous les créateurs d’actifs cryptos en concurrence pour l’attention et la préférence de ces figures influentes – un jeu extrêmement compétitif.
l Proposer de nouveaux outils répondant à des besoins non satisfaits des utilisateurs natifs du Web3, ou améliorer leur expérience utilisateur :
n Opportunité : Je pense que ce modèle présente le plus fort potentiel à long terme. Avec la diffusion progressive des cryptomonnaies, la base d’utilisateurs natifs du Web3 va continuer de croître, permettant une segmentation plus fine. En se concentrant sur des besoins réels et spécifiques, ces produits atteignent plus facilement un bon ajustement produit-marché (PMF) et peuvent bâtir un modèle économique plus robuste. Des exemples incluent des plateformes d’analyse de données pour le trading, des bots de négociation automatisés, ou des plateformes d’information.
n Difficulté : Bien que cette approche, centrée sur les véritables besoins utilisateurs, mène à un développement plus solide, elle demande un cycle de construction plus long. De plus, comme ces projets ne reposent pas sur un récit marketing fort mais sur des besoins concrets, leur PMF est plus facile à valider. Toutefois, cela signifie qu’ils obtiennent rarement de gros financements en phase initiale. Rester patient et fidèle à sa vision, au milieu des mythes de richesse rapide liés aux lancements de tokens ou aux levées de fonds à haute valorisation, est une tâche particulièrement ardue.
Bien entendu, ces trois modèles ne sont pas totalement indépendants. On retrouve souvent des éléments combinés dans un même projet. Pour simplifier l’analyse, nous les avons séparés. Ainsi, pour les entrepreneurs qui souhaitent s’engager dans le domaine des applications Web3 grand public, l’essentiel consiste à évaluer objectivement ses forces et objectifs, puis à choisir le modèle le mieux adapté.
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