
De l'excès d'achat à une fausse joie : le gouvernement américain ne va-t-il plus accumuler de BTC ?
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De l'excès d'achat à une fausse joie : le gouvernement américain ne va-t-il plus accumuler de BTC ?
Cette réserve s'appuiera sur des actifs confisqués existants, sans recourir aux fonds des contribuables, et sera destinée à servir d'instrument de stockage de valeur, dont la vente est explicitement exclue.
Rédaction : 1912212.eth, Foresight News
Le 7 mars, Trump a signé un décret présidentiel très médiatisé annonçant officiellement la création d'une « réserve stratégique de bitcoin » (Strategic Bitcoin Reserve, SBR) aux États-Unis. Cette mesure concrétise une partie de ses promesses électorales visant à intégrer le bitcoin dans la stratégie financière nationale. En outre, ce décret crée également une réserve américaine d'actifs numériques, comprenant des actifs numériques autres que le bitcoin saisi dans des procédures pénales ou civiles. Le secrétaire au Trésor est chargé de définir une stratégie de gestion responsable, y compris la vente potentielle d’actifs de cette réserve numérique. (L’achat de bitcoins est autorisé à condition que ces stratégies n’imposent aucun coût supplémentaire aux contribuables américains.)
Cependant, une déclaration complémentaire faite par David Sacks, responsable de l’intelligence artificielle et des cryptomonnaies à la Maison Blanche, a suscité une vive réaction sur les marchés et dans l’opinion publique : « Hormis les bitcoins acquis par confiscation pénale ou civile, le gouvernement n’achètera aucun autre actif pour alimenter ce stock d’actifs numériques non officiels. » Plusieurs jours auparavant, Dan Romero, cofondateur de Farcaster, avait prédit sur X que la réserve cryptographique du gouvernement conserverait uniquement les actifs déjà saisis, sans effectuer d’achats supplémentaires. Sa prévision s’est aujourd’hui confirmée.

Dès cette annonce, les prix ont fluctué sur le marché : vers 8 heures ce matin, le BTC est passé de 91 000 dollars à environ 84 000 dollars, avant de remonter autour de 87 000 dollars, avec une variation de prix de 4,9 % en une heure.
S’agit-il d’un jalon historique pour les cryptomonnaies, ou d’une version amoindrie des promesses faites par Trump durant sa campagne ?
Des promesses électorales à la mise en œuvre politique
Dès 2024, lors de sa campagne présidentielle, Trump avait multiplié les gestes envers l’industrie des cryptomonnaies, promettant de faire des États-Unis la capitale mondiale de ce secteur. Lors du Bitcoin Conference de Nashville, il avait affirmé qu’en cas d’élection, il conserverait les bitcoins détenus par le gouvernement et créerait une réserve stratégique afin de contrer les risques potentiels liés au dollar et stimuler l’innovation financière. À l’époque, le gouvernement américain détenait environ 200 000 bitcoins saisis dans le cadre de la lutte contre des activités illégales (comme les transactions sur le dark web ou les escroqueries pyramidales), dont la valeur actuelle dépasse 20 milliards de dollars. Ces actifs sont devenus la base de la réserve envisagée par Trump, considérée comme un point de départ à coût nul pour sa politique.
La signature de ce décret transforme cette vision en réalité. Toutefois, cette réserve s’appuie exclusivement sur les actifs saisis existants, sans recourir aux fonds des contribuables. Elle est définie comme un outil de stockage de valeur, et toute vente est explicitement exclue. Ce cadre contraste fortement avec les déclarations antérieures de Trump selon lesquelles le bitcoin « surpasserait l’or », soulevant des interrogations sur la portée effective de cette politique.
Réaction du marché
Après l’annonce du décret, certaines personnes ont exprimé leur déception, tandis que d’autres restaient optimistes. Les déçus soulignent l’absence totale d’avantages concrets. Cependant, l’optimisme domine globalement sur le marché.
David Duong, analyste en chef chez Coinbase, a déclaré : « Pour ceux qui sont mécontents que le gouvernement américain n’accumule pas davantage de bitcoins, ils passent complètement à côté de l’essentiel. Cette décision est extrêmement positive à long terme. Les flux futurs proviendront des investisseurs institutionnels à long terme, qui auront davantage confiance dans le bitcoin comme actif global et supranational majeur. »
Quant à Matt Hougan, directeur des investissements chez Bitwise, il estime que l’impact de la réserve stratégique américaine de bitcoin sera :
1) De réduire considérablement la probabilité qu’un jour le gouvernement américain interdise le bitcoin ;
2) D’augmenter fortement la probabilité que d’autres pays créent eux aussi une réserve stratégique de bitcoin ;
3) D’accélérer le processus d’examen par d’autres nations de la création d’une telle réserve, car cela ouvre une fenêtre d’opportunité à court terme pour devancer une éventuelle accumulation future par les États-Unis ;
4) De rendre plus difficile, pour diverses institutions — allant des fonds souverains aux organisations quasi gouvernementales comme le FMI —, de qualifier le bitcoin d’actif dangereux ou inapproprié à détenir.
Sur le plan symbolique, cette démarche constitue indéniablement une étape clé dans l’histoire du bitcoin. En tant que premier président américain à intégrer explicitement le bitcoin dans une stratégie nationale, Trump pourrait ainsi accélérer la légitimation et la généralisation des cryptomonnaies.
Comme l’a souligné Sacks, cela marque la transition du bitcoin d’un actif marginal à un outil de stockage de valeur au niveau national, rendant presque tangible la vision de le voir figurer aux côtés de l’or et des réserves de change. Cela pourrait aussi encourager d'autres pays à suivre cet exemple — le Brésil, la Pologne et d'autres ont déjà proposé des plans similaires.
Toutefois, la décision de ne pas acheter d’actifs supplémentaires révèle les limites de cette politique. En effet, si les États-Unis achetaient activement davantage de bitcoins via des fonds publics, cela propulserait directement les prix et leur permettrait de prendre les devants dans la course mondiale aux réserves.
Or, en se limitant aux seuls actifs saisis, la taille de la réserve reste contrainte, et elle ne peut influencer activement l’évolution du marché. Selon certains analystes, cette approche reflète un compromis du gouvernement Trump face aux pressions budgétaires et aux oppositions internes. Après tout, un programme d’achat massif nécessiterait l’approbation du Congrès, or les républicains ne sont pas unanimement favorables aux cryptomonnaies.
Perspectives futures
À l’échelle mondiale, la constitution de réserves de bitcoin devient une tendance émergente. Le Brésil envisage de l’utiliser comme outil de lutte contre l’inflation, tandis que la Pologne y voit un moyen de diversifier son économie. Comparativement, bien que pionnière, l’initiative américaine apparaît prudente en raison de son principe « zéro acquisition supplémentaire ».
Le décret présidentiel signé par Trump sur la réserve stratégique de bitcoin représente à la fois une étape marquante vers la reconnaissance des cryptomonnaies au rang de stratégie nationale, et une source de controverse en raison de la restriction d’achat supplémentaire. À court terme, le marché du bitcoin pourrait subir une pression baissière due à la déception des attentes. À long terme, la portée symbolique de cette réserve pourrait redessiner l’architecture financière mondiale. Toutefois, sa taille et son influence suffiront-elles à honorer les déclarations ambitieuses de Trump ? Seul le temps le dira. Quel sera le prochain mouvement de la réserve stratégique de bitcoin ? Peut-être faudra-t-il attendre les détails politiques ultérieurs et les retours du marché pour connaître la réponse.
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