
L'impôt minimum des entreprises : les gros ennuis de MicroStrategy
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L'impôt minimum des entreprises : les gros ennuis de MicroStrategy
CAMT pose de nouveaux défis en matière de conformité aux grandes entreprises, en particulier aux sociétés multinationales, qui investissent actuellement dans les actifs cryptographiques.
Rédaction : FinTax
Le 26 janvier, le Wall Street Journal a rapporté que MicroStrategy pourrait être confrontée à une importante obligation fiscale en raison de ses plus-values latentes. Détentrice de 461 000 bitcoins, l'entreprise pourrait devoir vendre une partie de ses bitcoins pour payer ses impôts si elle n'obtient pas d'exemption. Le problème provient de la Corporate Alternative Minimum Tax (CAMT), introduite par la loi sur la réduction de l'inflation promulguée sous l'administration Biden en 2022. Cette taxe impose aux entreprises dont le chiffre d'affaires annuel dépasse 1 milliard de dollars de payer un impôt minimum de 15 %, notamment sur les gains latents, ce qui pourrait avoir un impact considérable sur la situation financière de MicroStrategy et entraîner des répercussions en cascade sur le marché des cryptomonnaies. Bien que certains jugent cette prévision trop pessimiste, les critiques soulignent que l'imposition des gains latents risque de compromettre la stabilité de la propriété privée et des marchés, obligeant les entreprises à vendre leurs actifs pour s'acquitter de leurs obligations fiscales, ce qui pourrait porter atteinte au droit des entreprises à gérer librement leurs actifs. Quant à savoir si Trump interviendra, rien n'est encore certain.

La Corporate Alternative Minimum Tax (CAMT) est une mesure clé de la loi américaine sur la réduction de l'inflation (Inflation Reduction Act of 2022, IRA) adoptée en 2022. Elle a été mise en place parce que certaines grandes entreprises utilisaient des stratégies fiscales et des techniques comptables pour déclarer d'importants revenus tout en évitant de payer des impôts substantiels, beaucoup d'entre elles payant effectivement bien moins que le taux d'imposition standard. Pour remédier à cela, la CAMT exige que les entreprises dont le chiffre d'affaires annuel dépasse 1 milliard de dollars paient un impôt minimum de 15 % sur la base de leur revenu ajusté figurant dans leurs états financiers, et non uniquement sur leur revenu imposable. Concernant les entreprises étrangères, celles dont les revenus aux États-Unis dépassent 100 millions de dollars et dont la maison mère étrangère atteint également le seuil de 1 milliard de dollars sont également soumises à la CAMT. En imposant directement les revenus indiqués dans les états financiers, cette politique vise à empêcher les entreprises de réduire artificiellement leur revenu imposable, garantissant ainsi que ces grands groupes paient un montant d'impôt proportionnel à leur situation financière réelle. À noter qu'avant même l'introduction de la CAMT aux États-Unis, des pays comme le Danemark ou la France avaient déjà commencé à imposer les gains latents liés aux actifs cryptographiques afin de combler les lacunes fiscales.
La CAMT contribue à augmenter les recettes fiscales publiques et à promouvoir l'équité sociale via la redistribution fiscale. Toutefois, sa mise en œuvre peut aussi entraîner des cas de double imposition, particulièrement pour les entreprises du secteur des cryptomonnaies. Les actifs numériques peuvent être imposés lorsqu'ils prennent de la valeur en portefeuille, puis être à nouveau taxés lors de leur vente en raison de la réalisation d'une plus-value. Cela pourrait imposer un fardeau fiscal considérable aux entreprises du secteur, allant jusqu'à provoquer des crises de trésorerie. En outre, la CAMT est également perçue comme une atteinte au droit des entreprises à disposer librement et à gérer leurs biens ou ressources.
Dans le cas de MicroStrategy, la question fiscale liée à la CAMT découle principalement de sa détention massive de bitcoins générant des gains latents importants. Récemment, la capitalisation boursière du bitcoin ayant fortement augmenté, la valeur des actifs de MicroStrategy a grimpé en flèche. Or, le système fiscal américain n'impose pas les gains latents : autrement dit, la simple appréciation d'un actif détenu par un investisseur n'est généralement pas considérée comme un revenu imposable, sauf si cet actif est vendu. Ainsi, bien que la valeur des bitcoins détenus par MicroStrategy ait considérablement augmenté, tant que ces bitcoins ne sont pas vendus, les gains substantiels correspondants ne sont pas inclus dans le chiffre d'affaires déclaré dans les états financiers, et aucun impôt n'est dû. Toutefois, la CAMT change cette situation. Selon ses dispositions, les gains latents inscrits dans les états financiers des entreprises dont le chiffre d'affaires atteint un certain seuil doivent désormais être inclus dans le revenu imposable. Cela signifie que même si les énormes plus-values latentes de MicroStrategy sur ses bitcoins n'ont pas encore été réalisées, elles pourraient néanmoins être considérées comme un « revenu ajusté des états financiers », entraînant ainsi une forte charge fiscale CAMT. Ce fardeau pèserait lourdement sur la situation financière de MicroStrategy et pourrait influencer ses décisions stratégiques futures.
Pour l'heure, afin de minimiser cet impôt, MicroStrategy a déjà demandé une exemption auprès du Internal Revenue Service (IRS). L'entreprise tente d'éviter cette obligation fiscale par le biais d'interprétations réglementaires ou d'ajustements politiques. Bien que l'IRS ait précédemment accordé des exemptions similaires à des entreprises comme Berkshire Hathaway, aucune précédent de ce type n’existe encore dans le secteur des cryptomonnaies. Par ailleurs, Trump, avant et après son retour à la présidence, a toujours affiché une attitude plutôt accommodante envers l'industrie des cryptomonnaies, privilégiant une régulation et une taxation modérées. Toutefois, il reste incertain que l'IRS accorde finalement une exemption à MicroStrategy, selon des considérations politiques ou un soutien sectoriel.
L’affaire MicroStrategy montre clairement que la CAMT pose de nouveaux défis en matière de conformité aux grandes entreprises, notamment multinationales, investissant dans les actifs cryptographiques. D’un côté, puisque la CAMT s’appuie sur le revenu ajusté figurant dans les états financiers, les entreprises doivent désormais prêter une attention particulière aux gains latents inscrits dans leurs rapports financiers. Pour celles qui détiennent déjà ou envisagent d’acquérir des actifs cryptographiques, il devient essentiel d’évaluer rapidement l’impact fiscal potentiel de ces actifs afin de se préparer à d’éventuelles charges fiscales futures. De l’autre côté, l’impact de la CAMT est encore plus complexe pour les entreprises étrangères opérant aux États-Unis. Conformément aux exigences de ce régime fiscal, ces entreprises doivent non seulement calculer leurs revenus américains, mais aussi prendre en compte les données financières de leur maison mère étrangère. Par conséquent, lorsqu’elles élaborent leurs stratégies d’investissement en actifs cryptographiques aux États-Unis, elles doivent soigneusement évaluer les gains latents figurant dans leurs propres états financiers ainsi que ceux de leur maison mère, et chercher idéalement à optimiser leur stratégie d’investissement existante afin de réduire la pression fiscale future. FinTax continuera de suivre attentivement l’évolution de cette affaire et vous informera en temps réel si les difficultés fiscales de MicroStrategy trouvent une issue favorable.
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