
Crise de livraison de l’argent : prospérité nominale et pénurie physique
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Crise de livraison de l’argent : prospérité nominale et pénurie physique
Ce duel est loin d’être terminé : la prochaine vague haussière pourrait ne pas provenir de l’optimisme, mais plutôt d’une demande fondamentale « incontournable ».
Auteur : Jeffrey Christian’s Wig
Traduction et adaptation : TechFlow
Lien vers l’article original :
https://x.com/silver207141/status/2019397406639493172
Le marché de l’argent au début de l’année 2026 n’a pas connu une simple fluctuation, mais bien les symptômes caractéristiques d’un système soumis à une pression extrême. Le cours au comptant a grimpé en flèche fin janvier pour atteindre un record historique de 121 dollars l’once, avant de subir l’un des pires effondrements journaliers de toute l’histoire des matières premières, avec une chute de 31 à 36 % en une seule séance. Bien qu’il ait brièvement rebondi au-dessus de 100 dollars, il est rapidement retombé dans une tendance baissière. Les contrats à terme ont eux aussi sombré dans le chaos : le contrat de février 2026 coté au Chicago Mercantile Exchange (CME) a chuté de 8 à 9 % en une seule journée, victime d’une vague de liquidations en cascade déclenchée par plusieurs hausses successives des exigences de marge (actuellement portées à 60 %).
Bien que les commentaires dominants attribuent ce phénomène à la spéculation levée, aux appels de marge et au renforcement du dollar — des facteurs macroéconomiques classiques — les données fondamentales révèlent une réalité encore plus inquiétante : un déficit criant d’argent physique, tandis que le marché des contrats à terme « papier » est structurellement incapable de faire face à l’offre livrable disponible. Le COMEX, filiale du groupe CME, est la plus grande plateforme mondiale de négociation de contrats à terme et d’options sur métaux. Or, tous les signaux actuels indiquent une probabilité très élevée d’un « échec de livraison » sur les contrats COMEX — en premier lieu le contrat de mars 2026.
L’offre mondiale d’argent se trouve en état de pénurie continue depuis cinq ans déjà, et le déficit prévu pour 2026 devrait approcher les 200 millions d’onces. Sous l’effet de la demande industrielle croissante liée aux panneaux solaires, aux véhicules électriques, aux infrastructures 5G, au matériel d’intelligence artificielle et aux applications médicales, la consommation industrielle progresse bien plus vite que la production minière. La Chine, ayant désigné l’argent comme une ressource stratégique, a instauré des restrictions à ses exportations, coupant ainsi l’un des principaux flux d’approvisionnement mondiaux et accélérant l’érosion des stocks existants.
Dans le même temps, les États-Unis ont inscrit l’argent sur leur « Liste des minerais critiques » et annoncé le lancement du « Projet Vault » (Projet Coffre-fort) visant à constituer des réserves stratégiques de minerais essentiels. On ne prend pas de telles mesures lorsque l’argent abonde partout. Selon des informations rapportées, les stocks de la réserve de Shanghai sont tombés à leur niveau le plus bas depuis 2016.
Au sein même du COMEX, les chiffres sont particulièrement alarmants. Depuis 2020, les stocks d’argent « enregistrés » (c’est-à-dire immédiatement livrables) ont diminué d’environ 75 %, se situant actuellement autour de 82 millions d’onces. Si le stock total avoisine les 411 millions d’onces, la majeure partie est classée comme « éligible », et non comme « immédiatement livrable ». En une seule semaine, en janvier 2026, plus de 33 millions d’onces ont été retirés — soit 26 % des stocks enregistrés, qui ont disparu en quelques jours. Le volume de livraisons effectuées en février a déjà atteint 2 700 contrats (soit 13,8 millions d’onces), et cette progression ne montre aucun signe de ralentissement.
Parallèlement, les positions ouvertes (« open interest ») sur le contrat de mars 2026 restent comprises entre 85 000 et 91 000 lots, représentant théoriquement une demande de livraison de 425 à 455 millions d’onces.
Comparaison des données :
- Quantité d’argent physique livrable : environ 82 à 113 millions d’onces
- Positions vendeuses « papier » : 425 à 455 millions d’onces
- Effet de levier : estimation optimiste de 5:1, pouvant dépasser 500:1 dans les scénarios extrêmes.
Même si seulement 20 % des positions ouvertes exigeaient une livraison physique (un chiffre conservateur fondé sur l’expérience historique), le COMEX ne dispose tout simplement pas d’assez de métal physique pour honorer ses engagements.
Les fluctuations de prix constituent en elles-mêmes une preuve de la fragilité du système. La trajectoire parabolique menant à 121 dollars résultait d’un rachat massif de positions courtes et d’un « squeeze » (pression sur les vendeurs à découvert) dans un contexte de sévère pénurie de liquidités. L’effondrement qui a suivi n’était pas dû à une vente massive d’argent physique, mais plutôt à la hausse brutale des exigences de marge imposée par le CME, forçant collectivement les participants utilisant l’effet de levier à liquider leurs positions. Ce type de « crash » survient souvent dans des conditions de très faible volume : parfois, la vente puis le rachat rapide de seulement 2 000 lots suffisent à provoquer une forte secousse des cours, révélant ainsi une pénurie chronique de liquidités.
Le marché connaît désormais régulièrement des épisodes de « backwardation » (structure à terme inversée), tandis que l’écart sur les transactions « Exchange-for-Physical » (EFP) s’est élargi à 1,10 dollar l’once — un signal fort indiquant une urgence exceptionnelle de la demande physique et l’incapacité du marché « papier » à y répondre.
Les mathématiques ne mentent pas. L’argent « papier », sous forme de produits dérivés, reste abondant ; mais l’argent physique devient de plus en plus rare. Les fluctuations ne sont pas un bruit aléatoire : elles traduisent la tentative désespérée du marché de rationner une offre physique en constante diminution, alors que l’architecture « papier » feint encore une abondance illusoire.
Des analystes chevronnés ont déjà tiré la sonnette d’alarme : mars 2026 pourrait marquer « les funérailles du COMEX ». Un échec de livraison ne serait pas seulement une affaire concernant l’argent ; il mettrait à nu la vulnérabilité structurelle, longtemps occultée, des marchés à terme sur matières premières fonctionnant selon le principe de la réserve fractionnaire, et pourrait déclencher des répercussions en chaîne sur l’ensemble des marchés financiers mondiaux.
Pour l’investisseur lucide, le message est clair : la déconnexion entre les engagements « papier » et la réalité physique a atteint un point critique. Dans ce contexte, l’argent physique détenu hors du système financier devient le seul moyen fiable de conservation de valeur.
Ce bras de fer n’est pas encore terminé — la prochaine vague haussière pourrait ne pas naître d’un regain d’optimisme, mais bien de la nécessité impérieuse d’acheter.
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