
La dernière étape du transfert transfrontalier en monnaie stable C2C
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La dernière étape du transfert transfrontalier en monnaie stable C2C
Ce n'est pas le dernier kilomètre du paiement transfrontalier C2C, mais le point de départ des services financiers sur la chaîne.
Rédaction : Will Awang
Les stablecoins transforment profondément la manière dont les fonds circulent à l’échelle mondiale. Leur potentiel est déjà pleinement validé dans le secteur entreprise (B2B), mais reste encore largement inexploité côté particuliers (C2C). Que ce soit pour envoyer de l’argent à sa famille à l’étranger, payer des frais de scolarité ou apporter une aide d’urgence, ces transactions constituent l’un des flux financiers les plus actifs et stables au monde.
En 2024, les transferts vers les pays à revenu faible ou intermédiaire ont atteint environ 685 milliards de dollars américains, principalement en Asie du Sud, en Amérique latine, et en Asie orientale et région Pacifique. Malgré leur ampleur, les canaux traditionnels de virement restent inefficaces et coûteux : les frais moyens s’élèvent à 4-6 %, auxquels s’ajoutent des marges cachées sur les taux de change, alourdissant davantage le fardeau pour les utilisateurs.
Durant notre étude sur les virements internationaux, nous avons pris conscience que, dans les marchés émergents, la technologie cryptographique dépasse la spéculation pour acquérir une véritable utilité pratique. Les sociétés de paiement jouent en réalité un rôle de finance inclusive — elles offrent un accès financier à des populations privées de services bancaires. Un virement n’est pas seulement un transfert d’argent, c’est aussi une transmission de « soutien » et de « soin ». Dans de nombreuses cultures, il incarne même une « expression d’amour », symbolisant que « ce qui est envoyé n’est pas uniquement de l’argent, mais aussi de l’attachement ».
Les stablecoins offrent une voie entièrement nouvelle, reliant les pensées comme des fils, transformant les virements internationaux en échanges point à point. Leur particularité réside dans leur construction sur un grand livre blockchain mondial, au carrefour des trois domaines que sont les paiements, le crédit et les marchés financiers.
Cela nous pousse à aller plus loin : au-delà d’un transfert plus efficace, que pouvons-nous offrir d’autre à l’utilisateur ? De quels autres services ont-ils besoin ?
Si le modèle « SWIFT + banques correspondantes » a connecté le réseau B2B mondial, et si Visa/Mastercard ont permis les paiements B2C globaux, alors MoneyGram et Western Union ont construit un vaste réseau C2C de transferts d’argent. Cet article commence par un aperçu du marché des virements C2C via stablecoins, puis explore, à travers trois cas concrets, la valeur ajoutée des stablecoins pour les réseaux de transferts C2C, tout en identifiant les besoins utilisateur émergents.
Il est clair que cela ne représente pas la dernière étape du paiement C2C transfrontalier, mais bien le point de départ des services financiers sur chaîne.
Points clés
La technologie cryptographique dépasse la spéculation dans les marchés émergents et présente une véritable utilité : accès à une réserve de valeur en dollars, outil de protection contre l’inflation, règlement instantané à l’international.
Les stablecoins permettent de réduire significativement les coûts dans de nombreux canaux de virement, y compris les canaux matures, notamment grâce à une meilleure couverture du dernier kilomètre.
Les stablecoins locaux en Asie du Sud-Est connaissent une croissance continue, non seulement comme alternative aux canaux coûteux, mais aussi comme moyen pratique de consommation monétaire locale, comblant ainsi l’écart entre la réception en dollars et la dépense quotidienne en monnaie locale.
Prixer les marchés locaux en monnaie locale n’est pas seulement un intermédiaire dans le « modèle sandwich stablecoin » (stablecoin USD / stablecoin régional), mais peut aussi constituer un point de départ, permettant aux utilisateurs de rester sur chaîne et de consommer via des applications basées sur les stablecoins sans avoir à retirer leurs fonds vers un compte bancaire.
Les fournisseurs traditionnels de virements internationaux intègrent désormais les stablecoins dans leurs systèmes de paiement, non seulement pour réduire leurs coûts internes, mais aussi pour proposer leurs points d’encaissement mondiaux — la solution la plus immédiate pour résoudre le « dernier kilomètre » des stablecoins.
Cette initiative revêt une importance particulière : environ un quart de la population mondiale utilise encore principalement des espèces, et ces utilisateurs sont souvent exclus de l’économie numérique pure.
Contrôler cette « distribution du dernier kilomètre » représente un avantage structurel rare à l’ère des stablecoins — les entreprises technologiques peuvent innover rapidement, mais elles ne peuvent pas créer du jour au lendemain un réseau de confiance de 500 000 agences.
Un utilisateur argentin peut conserver son stablecoin XYZ en dollars tout en effectuant des achats locaux en pesos via une carte Stablecoin. Double bénéfice : l’émetteur diffuse son stablecoin XYZ ; l’utilisateur préserve sa position en dollars et évite l’inflation ; un cas d’usage pour le stablecoin est ainsi créé.
Certaines entreprises adoptent un modèle hybride DeFi : elles apparaissent sous forme de société, mais utilisent en réalité la DeFi en arrière-plan.
Cela peut offrir à chaque individu des services financiers, solutions ou produits, par exemple obtenir sur chaîne un prêt plus compétitif qu’à la banque locale, ce qui est techniquement réalisable.
Ce n’est pas la dernière étape du paiement C2C transfrontalier, mais bel et bien le point de départ des services financiers sur chaîne.
I. Aperçu du marché des virements C2C via stablecoins
« Nous ne ciblons pas le marché américain. Il est trop concurrentiel, coûteux et saturé. En revanche, nous nous concentrons sur les marchés émergents — Amérique latine, Asie du Sud-Est, certaines parties de l’Afrique — où la technologie cryptographique dépasse la spéculation pour acquérir une véritable utilité. C’est là que les stablecoins peuvent jouer leur rôle le plus important. » — Stefan George, cofondateur de Gnosis Pay
Bien que les entrées de virement s’élèvent à des milliers de milliards de dollars par an, les activités liées aux stablecoins dans ces régions en sont encore à un stade précoce, mais en croissance rapide.
A. Croissance fulgurante du volume des stablecoins locaux en Asie du Sud-Est
Du fait des coûts élevés des virements, les stablecoins locaux en Asie du Sud-Est devraient continuer à croître, non seulement comme alternative aux canaux coûteux, mais aussi comme outil pratique de consommation en monnaie locale. Bien que de nombreux utilisateurs préfèrent recevoir des fonds en dollars, leurs dépenses quotidiennes se font en monnaies locales telles que le peso ou la roupie. Les stablecoins libellés en monnaie locale comblent cet écart. À mesure que l’infrastructure des stablecoins s’améliore, avec une liquidité accrue, une intégration renforcée et des canaux d’échange élargis, la généralisation des stablecoins locaux devrait s’accélérer.

(What are Remittances with Stablecoins? A guide)
B. Coûts élevés des canaux de virement traditionnels
En moyenne, envoyer 200 dollars coûte environ 6,3 %, et 500 dollars environ 4,3 %. Ces frais incluent les commissions (perçues par les banques, Western Union, etc.) et les marges cachées sur les changes. En réalité, les prestataires offrent souvent des taux de change inférieurs au marché, gardant la différence comme profit. Sur différents canaux, les marges de change représentent environ 35 % du coût total, allant jusqu’à 80 % dans certains marchés émergents.

(Paiements en stablecoins et modèles de circulation des fonds mondiaux)
C. Avantage compétitif des stablecoins en termes de coûts
Le détail des frais par prestataire met en lumière l’inefficacité des canaux traditionnels. Pour un transfert de 200 dollars, les banques facturent le plus (environ 12,66 %), suivies par les opérateurs de transfert d’argent (MTO) à 5,35 %, puis les opérateurs mobiles à 3,87 %. En comparaison, les stablecoins peuvent réduire les coûts de virement d’environ 92 %.

(Blue Chip, The Ramping Bottleneck)
Les stablecoins réduisent les coûts sur de nombreux canaux, y compris les canaux matures. L’écart entre le coût moyen et le coût minimum traditionnel révèle des disparités tarifaires. Dans de nombreux cas, le coût moyen d’un transfert traditionnel est deux à cinq fois supérieur au prestataire le moins cher disponible. Cet écart illustre l’avantage des MTO sur les banques. Toutefois, les transferts via stablecoins sont souvent inférieurs aux deux.
BCRemit (spécialisé auprès des travailleurs philippins expatriés) a réduit ses coûts totaux (frais + change) à légèrement plus de 1 %, tout en évitant le recours aux prêts à court terme coûteux imposés aux prestataires traditionnels en cas de manque de liquidité.
De même, Sling Money permet aux utilisateurs de créditer un « compte virtuel » et d’envoyer des fonds au taux interbancaire en temps réel, sans marge cachée, avec un maximum de 0,1 % de frais sur le dépôt, contre environ 13 % pour un virement bancaire de 200 dollars. Sur Sling, les fonds sont convertis en stablecoin USDP, puis envoyés gratuitement à l’échelle mondiale en moins d’une seconde.
D. Vitesse des virements
Les canaux stablecoins améliorent radicalement l’économie des virements : ils réduisent les frais de 4 à 13 fois par rapport aux méthodes traditionnelles, tout en offrant un règlement quasi instantané, contre un délai pouvant aller de un à plusieurs jours. Cette efficacité pousse déjà les acteurs existants à s’adapter, comme M-Pesa, qui a ajouté des stablecoins régulés (ex. USDC) à son offre.
Malgré une expérience utilisateur médiocre au niveau des entrées/sorties, les transferts pilotés par stablecoins se règlent en moins d’une heure. Les méthodes traditionnelles varient du règlement immédiat au T+5 selon les instruments de financement, types de paiement et canaux.

(Goulots d’étranglement de l’adoption des paiements en stablecoins : double contrainte de coût et qualité aux entrées/sorties)
E. Conclusion
Face à l’évolution du paysage des paiements, les bourses centralisées et les prestataires de paiement cryptographiques étendent de plus en plus leurs activités en lançant des applications de paiement (comme Krak de Kraken) et des stablecoins régionaux (comme MXNB et BRL1 de Bitso). Ces stablecoins régionaux sont cruciaux : ils ne sont pas seulement un intermédiaire dans le « modèle sandwich stablecoin » (stablecoin USD / stablecoin régional), mais peuvent aussi être un point de départ, permettant aux utilisateurs de rester sur chaîne et de consommer via des applications construites autour des stablecoins, sans retrait vers un compte bancaire.
De même, les fournisseurs traditionnels de virements internationaux intègrent les stablecoins à leurs systèmes, non seulement pour réduire leurs coûts internes, mais aussi pour exporter leurs points d’encaissement mondiaux — la solution la plus directe pour le « dernier kilomètre » des stablecoins — tout en explorant l’écosystème ouvert et l’effet réseau des stablecoins.
II. La reconversion de MoneyGram via les stablecoins
2.1 Influence mondiale et vision de transformation de MoneyGram
MoneyGram est une entreprise active dans plus de 200 pays et régions, disposant de plus de 20 000 corridors de virement, environ 500 000 points de vente physiques et plus de 5 milliards de points de contact numériques. Vu sous l’angle du réseau de paiement mondial, elle fait partie des rares entreprises capables de rivaliser avec les réseaux mondiaux.
Le PDG de MoneyGram, Anthony Soohoo, perçoit dans les stablecoins un réseau mondial au potentiel énorme, et propose une « refondation » de l’entreprise. Cette vision vise à préserver les gènes d’un succès de 85 ans tout en repensant sa future forme et mission : rendre les flux d’argent transfrontaliers transparents, peu coûteux, sûrs et fiables, afin d’aider les individus et communautés à réaliser leur potentiel.

(www.moneygram.com/us/en/ramps)
2.2 Valeur des stablecoins pour MoneyGram
L’activité de MoneyGram suit un modèle « B2B2C » — les stablecoins améliorent l’efficacité et réduisent les frictions sur toute la chaîne, de l’entreprise à l’utilisateur final. Beaucoup ne voient que le côté « consommateur », mais les clients professionnels (agents, institutions financières partenaires) sont aussi des utilisateurs clés.
A. Valeur pour le destinataire (côté C)
L’apparition des stablecoins permet à MoneyGram de toucher pour la première fois le « destinataire », et de développer de nouvelles fonctionnalités autour de lui.
Du point de vue client (côté C), les stablecoins apportent plusieurs avantages :
- Protection contre l’inflation — aider les destinataires à se protéger de la dévaluation monétaire dans un contexte d’inflation élevée ;
- Accessibilité financière — leur permettre d’accéder à des canaux financiers auparavant inaccessibles ;
- Instantanéité et transparence — réduire les délais d’attente et améliorer l’expérience.
Ces caractéristiques aident non seulement à se protéger de la dépréciation monétaire, mais permettent aussi d’accéder à de nouveaux canaux financiers et d’améliorer l’expérience utilisateur.
L’un des projets qui l’enthousiasme le plus est le portefeuille côté destinataire lancé récemment en Colombie, produit phare déployé dans sept pays. Ce portefeuille permet aux bénéficiaires de conserver, retirer ou utiliser librement leurs fonds, leur donnant plus de contrôle sur leur vie financière. Historiquement, les services de virement étaient payants uniquement pour l’expéditeur, tandis que le destinataire était négligé.
Lancer un produit technologique ne doit jamais être une simple mode, mais doit répondre à une compréhension profonde des besoins réels des clients, puis définir une position différenciée. Actuellement, le secteur crypto — surtout les stablecoins — est noyé de bruit et de communiqués. Beaucoup pratiquent une « innovation par communiqué (innovation by PR) » plutôt qu’une « innovation centrée sur l’utilisateur ». — Anthony Soohoo, MoneyGram
B. Optimisation des processus B2B
Au niveau opérationnel, les stablecoins débloquent également énormément les processus B2B.
Règlement en temps réel et impact sur la trésorerie. Ils suppriment le besoin de préfinancement. Le règlement instantané et la synchronisation des grands livres ont un impact majeur sur la gestion des liquidités. Traditionnellement, les règlements transfrontaliers exigent un préfinancement, nécessitant de la prévisibilité.
Instantanéité des flux. Avec un grand livre numérique, les fonds se règlent en temps réel sur chaîne, sans transport physique. Le coût de transfert est presque nul. L’utilisateur n’extrait des espèces qu’à la dernière étape, quand il en a vraiment besoin. C’est particulièrement précieux dans les pays à forte volatilité monétaire. Par exemple, lorsque la monnaie locale se déprécie, l’utilisateur peut « verrouiller » sa valeur en stablecoin, puis la convertir en monnaie locale au moment de la dépense, évitant ainsi les pertes.
Transformation radicale de la gestion des risques et de la liquidité. Quand tout devient numérique, l’immobilisation de trésorerie diminue, la liquidité augmente, et l’efficacité opérationnelle progresse. Mais un point est crucial — l’utilisateur final n’a pas besoin de comprendre ces changements techniques. Il ne se soucie pas des détails, il veut simplement savoir : « Mon argent arrive en sécurité, rapidement et à moindre coût. »
Notre mission est de cacher la complexité du système derrière une interface simple, comme envoyer un SMS ou un e-mail. C’est là que réside la véritable « magie ».
2.3 MoneyGram Ramps : un pont entre le monde numérique et le monde réel
MoneyGram développe un projet appelé « MoneyGram Ramps », marquant une stratégie clé dans le domaine des stablecoins. Bien que l’entreprise utilise déjà les stablecoins pour ses activités B2B et côté destinataire, le projet « MoneyGram Ramps » vise des objectifs bien plus ambitieux. Alors que Stripe a acquis Bridge pour 1,1 milliard de dollars afin d’obtenir les meilleurs points d’entrée/sortie, MoneyGram dispose naturellement d’un avantage concurrentiel grâce à ses 500 000 points physiques et son réseau mondial.

(www.moneygram.com/us/en/ramps)
A. Contexte et importance stratégique
MoneyGram croit fermement à l’avenir des stablecoins, et le projet « Ramps » en est le pilier. L’entreprise est convaincue qu’il faut bâtir un réseau ouvert (Open Network), non un système fermé. C’est pourquoi la collaboration avec Fireblocks est essentielle — elle permet non seulement d’utiliser les stablecoins dans son propre système, mais aussi de s’interconnecter avec l’écosystème mondial.
MoneyGram Ramps vise à permettre à toute application, tout portefeuille, en se connectant à son interface, d’utiliser ses services d’« entrée en espèces (cash-in) » et de « sortie en espèces (cash-out) ». Cela signifie que les utilisateurs peuvent convertir des espèces en stablecoins via le réseau MoneyGram, ou inversement, échanger des stablecoins contre des espèces dans toutes les zones supportées.
Cette démarche est cruciale : environ un quart de la population mondiale utilise encore principalement des espèces, exclue de l’économie numérique pure.
Anthony Soohoo compare cela à un monde crypto autrefois semblable à l’« Hôtel Californie (Hotel California) » — on peut y entrer facilement, mais impossible d’en sortir. Les utilisateurs pouvaient facilement acheter des cryptos, mais trouver des usages réels pour les stablecoins restait difficile.
MoneyGram souhaite devenir ce pont — reliant le monde numérique au monde réel, permettant aux actifs d’entrer… et de sortir.
Actuellement, MoneyGram collabore avec plusieurs applications et portefeuilles (certains partenariats non annoncés). Ces collaborations transforment MoneyGram d’une simple société de paiement en une plateforme de réseau financier mondial.
Anthony Soohoo cite son expérience chez Apple : en lançant l’iPhone, on ne pouvait pas prédire quels seraient les « killer apps », mais on savait qu’un écosystème ouvert créerait des miracles. Pour MoneyGram, « Ramps » est le point de départ de sa plateforme « écosystémique ».
B. Résoudre le problème du « dernier kilomètre »
Beaucoup voient le potentiel des stablecoins, mais une question centrale demeure : comment résoudre le « dernier kilomètre » ? Les stablecoins circulent facilement sur chaîne, mais peinent à se matérialiser en espèces ou à s’intégrer à l’économie locale.
MoneyGram détient justement le « pouvoir de distribution » du dernier kilomètre. C’est un avantage structurel rare à l’ère des stablecoins — les entreprises tech peuvent innover vite, mais ne peuvent pas créer du jour au lendemain un réseau de confiance de 500 000 agences. Dans la révolution des stablecoins, les « anciens acteurs dotés de canaux de distribution » prennent pour la première fois l’avantage.
En septembre, MoneyGram a lancé une nouvelle application, choisissant la Colombie comme premier marché. Ce portefeuille permet de recevoir et d’échanger des USDC. Ce choix résulte d’une analyse approfondie, pour trois raisons principales :
- Pays fortement récepteur de virements : la Colombie est l’un des principaux bénéficiaires mondiaux, avec des entrées 22 fois supérieures aux sorties. De nombreuses familles colombiennes dépendent donc des virements venus de l’étranger.
- Niveau élevé de numérisation : jeune population, forte pénétration des smartphones, forte acceptabilité des portefeuilles numériques.
- Volatilité monétaire importante : le peso colombien connaît des fluctuations notables ces dernières années, poussant les utilisateurs à rechercher un stockage de valeur plus stable.
Compte tenu de ces facteurs, MoneyGram considère la Colombie comme un marché idéal pour lancer un portefeuille en stablecoin. L’entreprise a depuis étendu ses services à six pays, dont le Mexique et le Honduras.
Grâce au projet « MoneyGram Ramps », MoneyGram franchit une étape majeure dans l’univers des stablecoins, jetant les bases d’un réseau financier mondial interconnecté. Ce projet offre non seulement des services financiers plus accessibles, mais ouvre aussi de nouvelles opportunités de croissance pour l’entreprise.
III. Western Union, son stablecoin et son réseau numérique
Le 28 octobre 2025, Western Union a annoncé le lancement du stablecoin USDPT sur Solana et sur un réseau d’actifs numériques, visant à redéfinir la circulation mondiale des fonds. Ce projet est porté par une vision commune : moderniser l’infrastructure financière mondiale de façon conforme, et élargir l’adoption des actifs numériques.

(Western Union plots its stablecoin move)
3.1 Influence mondiale de Western Union
Western Union, abréviation de International Money Transfer Company (NYSE : WU), fondée en 1875, fête 150 ans d’existence. Leader mondial des virements internationaux, elle possède le réseau électronique de transfert financier le plus vaste et avancé, avec des agents présents dans près de 200 pays et régions. Filiale de First Data Corporation (FDC), classée au Fortune 500 américain, elle propose des services de virement en dollars, ainsi que la réception en dollars et en euros. Grâce à des guichets bancaires, l’application web ou mobile, les paiements transfrontaliers s’effectuent en 15 minutes, avec un service numérique disponible 24h/24, 7j/7.
3.2 USDPT & Digital Asset Network
Western Union annonce le lancement de son nouveau stablecoin — le Dollar Payment Token (USDPT) — ainsi qu’un réseau innovant d’actifs numériques conçu pour relier le monde numérique et celui des monnaies fiduciaires, rendant ainsi les actifs numériques utiles dans le monde réel. USDPT est construit sur Solana et émis par Anchorage Digital Bank. Western Union espère, via USDPT, diversifier les modes de virement pour ses clients, agents et partenaires, tout en renforçant sa gestion des liquidités.
Western Union offrira un accès aux actifs numériques, combinant sa solide expertise mondiale en conformité et gestion des risques, pour proposer une expérience fluide de réception, d’utilisation et de détention d’USDPT. Le lancement d’USDPT est prévu pour le premier semestre 2026. L’entreprise prévoit de rendre USDPT accessible via des bourses partenaires, assurant large accessibilité et facilité d’usage.
Nous nous engageons à utiliser les technologies émergentes pour autonomiser nos clients et nos communautés. En entrant dans le domaine des actifs numériques, le USDPT de Western Union nous permettra de capturer les bénéfices économiques liés aux stablecoins. Nous sommes heureux d’annoncer le lancement du Digital Asset Network, qui, grâce à des partenariats avec des portefeuilles et fournisseurs, offrira à nos clients un accès transparent aux canaux de retrait en espèces, résolvant ainsi le « dernier kilomètre » des transactions crypto. Notre Digital Asset Network et USDPT contribueront à notre mission : donner accès aux services financiers partout dans le monde. — Devin McGranahan, PDG de Western Union
3.3 Forces motrices fondamentales des stablecoins

(Western Union partners Anchorage Digital for stablecoin launch)
Les motivations fondamentales sont très similaires à celles de MoneyGram.
- Pour un géant comme Western Union, les stablecoins résolvent parfaitement trois problèmes majeurs : règlement en temps réel côté entreprise, instantanéité des flux, et transformation complète de la gestion des risques et de la liquidité.
- De même, la capacité de couverture du « dernier kilomètre » via les points physiques mondiaux peut être externalisée, bouclant ainsi le « sandwich stablecoin ».
Mais Western Union se distingue de MoneyGram par le lancement de son propre stablecoin USDPT, et par la nécessité de construire un écosystème autour — la distribution du stablecoin.
C’est pourquoi ils collaborent avec Rain, via des cartes de paiement cryptographiques pour distribuer USDPT. L’avantage est clair : un utilisateur argentin peut conserver USDPT tout en dépensant localement via Rain Card, préservant ainsi sa position en dollars et évitant l’inflation. Selon les besoins, on peut même imaginer des scénarios de type « envoyer maintenant, payer plus tard », répondant à la fois aux besoins de crédit et à la couverture du risque de change. Double avantage.
Rain est une plateforme mondiale d’infrastructure de stablecoins, destinée aux entreprises, néo-banques, plateformes et développeurs. Sa technologie permet à ses partenaires de transférer, stocker et utiliser des stablecoins de manière instantanée et conforme, via des cartes de paiement mondiales, des canaux de dépôt/retrait, des portefeuilles et des réseaux de paiement transfrontaliers. En tant que membre principal de Visa, les cartes émises par Rain sont acceptées partout où Visa est utilisé, ayant déjà traité des millions de transactions dans plus de 150 pays. Rain est conçue nativement pour les stablecoins, et fait confiance à plus de 150 institutions mondiales, offrant une infrastructure sécurisée et évolutive pour un flux libre et instantané des fonds à l’échelle mondiale.
Rain a récemment annoncé son intention de rejoindre le nouveau Digital Asset Network de Western Union. Grâce à ce partenariat, Rain offrira à ses utilisateurs un service de retrait en espèces, leur permettant d’échanger les stablecoins stockés dans leur portefeuille Rain contre des espèces locales dans les points participants de Western Union, libérant ainsi leur pouvoir d’achat.
« Rain, en proposant des portefeuilles stablecoins à ses clients mondiaux, est un partenaire idéal pour le Digital Asset Network. Ils pourront offrir via Western Union un accès aux espèces dans de multiples marchés. Notre collaboration vise à fournir une solution intégrée reliant la finance traditionnelle et l’économie des actifs numériques. » — Macolm Clarke, VP de Western Union
IV. Bitso : des virements à la recherche de stablecoins locaux
Bitso est la première licorne crypto d’Amérique latine, mais surtout, elle traite aujourd’hui 10 % des virements totaux entre les États-Unis et le Mexique. Cela montre clairement que les stablecoins ont évolué de la spéculation à une infrastructure indispensable.
En explorant les stablecoins locaux en pesos mexicains et en réals brésiliens, Bitso mise sur l’utilité transfrontalière. L’étude des stablecoins locaux est cruciale, car elle nous offre une perspective sur leurs cas d’usage :
- Les stablecoins en dollars ne résolvent pas tous les problèmes — les marchés locaux doivent être prixés en monnaie locale.
- Le « dernier kilomètre » des stablecoins — stablecoin dollar / stablecoin local — pourrait être une solution différente de celles de MoneyGram ou Western Union.
- Les innovations financières autour des stablecoins locaux restent à explorer.
En outre, nous avons analysé en profondeur les motivations fondamentales qui ont guidé Bitso, partant des besoins réels pour développer progressivement ses services — une démarche hautement inspirante pour d’autres projets.

(Tribal Credit, Bitso, Stellar Collab for Latam X-Border B2B Payments)
4.1 Origines : la crise des virements transfrontaliers
La création de Bitso découle de l’expérience personnelle de ses fondateurs face aux difficultés des virements internationaux. Daniel Vogel, cofondateur et originaire du Mexique, vivait à San Francisco vers 2010. Il découvrit le bitcoin par un ami, fasciné par la technologie blockchain sous-jacente. Il commença à réfléchir à la nature de la monnaie et aux mécanismes d’émission monétaire.
Travaillant à San Francisco, il discuta avec de nombreux collègues mexicains et constata que les virements étaient non seulement coûteux, mais aussi complexes. L’un d’eux, Julio, lui emprunta 300 dollars car il devait envoyer de l’argent chez lui — sa fille avait besoin de fournitures scolaires — mais hésitait à cause des frais élevés. Cette situation fit prendre conscience à Daniel Vogel de l’urgence de transformer les coûts élevés et les processus complexes des virements internationaux.
C’est incroyable : appuyer sur un bouton permet d’appeler quelqu’un en FaceTime ou en vidéo gratuitement, mais un virement international coûte cher.
Les autres cofondateurs, Ben et Pablo, vivaient aussi loin de leur pays natal, attirés eux aussi par le bitcoin comme mécanisme de transfert d’argent à l’international. Ainsi, l’un des objectifs fondateurs de Bitso était de résoudre les problèmes des virements internationaux, en remplaçant les systèmes traditionnels SWIFT et banques correspondantes par une infrastructure de paiement transfrontalier plus efficace et moins coûteuse.
A. Le dernier kilomètre du change
Avant de créer Bitso, Daniel Vogel tenta d’envoyer de l’argent du Mexique vers les États-Unis via bitcoin, mais à l’époque, il était impossible d’échanger du bitcoin contre des pesos au Mexique. C’est pourquoi Bitso commença comme une bourse de cryptomonnaies, dont la fonction principale était d’échanger du bitcoin contre des pesos mexicains. Bitso devint ainsi l’une des premières entreprises à transférer de l’argent entre les États-Unis et le Mexique.
B. Répondre à la demande d’investissement en cryptomonnaies
Au fil du développement, Bitso constata que de nombreux clients s’intéressaient à l’investissement en bitcoin et autres cryptomonnaies, mais trouvaient les carnets d’ordres trop complexes. L’entreprise lança donc une plateforme de courtage simplifiée, permettant d’acheter et vendre facilement des cryptomonnaies via mobile. Cette solution simplifia l’expérience utilisateur et devint une source importante de revenus.
C. Canal de paiement via stablecoins
Ce n’est qu’une fois les stablecoins atteints à une taille critique que Bitso put véritablement construire son infrastructure de paiement transfrontalier, remplaçant les rails lents, inefficaces et limités dans le temps des banques correspondantes. Bitso commença à utiliser des stablecoins pour transférer des fonds entre pays, à une échelle croissante.
Aujourd’hui, Bitso traite près de 80 milliards de dollars annuels en paiements transfrontaliers, devenant le principal fournisseur d’infrastructure d’actifs numériques en Amérique latine. Environ 60 milliards de dollars transitent annuellement des États-Unis vers le Mexique, Bitso réalisant environ 10 % de ces virements.
Bitso ne sert pas seulement les particuliers, mais aussi les entreprises pour leurs finances et opérations de courtage. Son objectif est de connecter le système bancaire latino-américain à l’écosystème mondial des cryptomonnaies, facilitant les transactions transfrontalières entre individus, entreprises et nations. Bitso croit que la monnaie doit être numérique et programmable, vivant sur blockchain. Grâce à des API et un support client terminal, Bitso construit un écosystème financier ouvert, permettant aux entreprises de s’appuyer sur sa plateforme pour construire et s’étendre.
4.2 Analyse du volume de 80 milliards
Concernant les 80 milliards de dollars de volume total de paiements (TPV), Daniel Vogel indique :
- Environ 75 % proviennent du Mexique, dont 10 % sont des virements transfrontaliers, le reste provenant des prestataires de services de paiement (PSP) et des transferts interentreprises.
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