
Dix personnes redéfinissent les limites du pouvoir dans la cryptomonnaie en 2025
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Dix personnes redéfinissent les limites du pouvoir dans la cryptomonnaie en 2025
Du Wall Street à la Maison Blanche, de la Silicon Valley à Shenzhen, un nouveau réseau de pouvoir est en train de se former.
Rédaction : Ada, TechFlow

Si un mot doit résumer l'industrie des cryptomonnaies en 2025, ce n'est évidemment pas « marché haussier », ni « conformité », mais bien l'institutionnalisation.
Cette année-là, les cryptomonnaies ne se sont plus opposées au système financier mondial, mais ont été officiellement intégrées à ses structures institutionnelles, capitalistes et de pouvoir.
Les géants de la finance traditionnelle tels que les capitaux de Wall Street, les fonds souverains et les caisses de retraite ont commencé à entrer systématiquement sur le marché des cryptos. Des entreprises cotées comme Strategy (anciennement MicroStrategy) ont intégré le bitcoin à leur bilan, tandis que les ETF ont attiré des flux massifs de capitaux. Le bitcoin a ainsi franchi son précédent record en 2025, atteignant 126 000 dollars.
Parallèlement, la capitalisation du USDT a dépassé 183,4 milliards de dollars, faisant de Tether une composante essentielle du « système de paiement alternatif en dollars ». Visa, Mastercard et PayPal ont étendu leurs capacités de paiement sur chaîne, tandis que le USDC s'est largement imposé dans les règlements e-commerce, les virements internationaux et les paiements transfrontaliers pour les PME. Les stablecoins ont ainsi pénétré pour la première fois l'économie réelle.
L'adoption du GENIUS Act, le renouvellement des autorités réglementaires américaines et les afflux systématiques via les ETF ont constitué ensemble un changement structurel profond :
Le monde crypto est passé de l'ère sauvage à l'ère institutionnelle.
Derrière ces avancées majeures se trouvent des leaders dont le soutien a été indispensable. Ce sont eux qui ont guidé la crypto vers une nouvelle ère « institutionnalisée, globalisée et organisée ».
En cette fin d'année, nous dressons un bilan des événements marquants de 2025 et mettons en lumière les dix personnalités ayant eu le plus grand impact sur l'industrie.
1. Trump : La monétisation du capital politique via la crypto
Le 20 janvier 2025, Donald Trump prête serment en tant que 47e président des États-Unis, marquant un changement fondamental d'attitude de Washington envers les cryptomonnaies.
Pendant sa campagne, Trump promet de faire des États-Unis la « capitale mondiale de la crypto », une déclaration qui lui vaut un large soutien des entreprises et investisseurs du secteur. Mais ce qui attire davantage l'attention, c’est sa capacité à transformer directement son influence politique en bénéfices économiques.
Trois jours avant son investiture, il lance sur la blockchain Solana un jeton nommé « Trump ». Grâce à l'appui implicite de sa fonction présidentielle et au positionnement du jeton comme « meme coin officiel », celui-ci attire rapidement d'importants capitaux spéculatifs, atteignant environ 75 dollars. Selon une analyse du Financial Times de mars 2025, le projet génère un profit net de 350 millions de dollars via la vente de jetons et les frais, portant temporairement la valeur nette personnelle de Trump à 20 milliards de dollars.
La politique de l'administration Trump reflète également une logique institutionnelle. Le 23 janvier, il signe le décret exécutif 14178, créant le « Groupe de travail présidentiel sur les marchés d'actifs numériques », interdisant explicitement au gouvernement fédéral de créer, émettre ou promouvoir une monnaie numérique de banque centrale (CBDC), tout en encourageant le développement des stablecoins indexés sur le dollar.
Le décret du 6 mars revêt une importance stratégique encore plus grande : la création d'une « réserve stratégique américaine de bitcoins et inventaire d'actifs numériques », désignant les bitcoins saisis par le ministère de la Justice et le Trésor comme des « actifs de réserve stratégique nationale ». Cette mesure consacre officiellement la place du bitcoin dans le système financier national.
Le 18 juillet, la signature du GENIUS Act marque un jalon dans l'institutionnalisation des cryptomonnaies. Cette loi fédérale constitue la première réponse réglementaire systématique aux stablecoins, fournissant un cadre juridique à l'intégration des actifs cryptos au système financier traditionnel.
Cependant, les politiques tarifaires de Trump deviennent aussi une source majeure de volatilité. Après l'annonce des « taxes du jour de libération » en avril, le marché plonge dans la panique, le bitcoin tombant brièvement autour de 85 000 dollars. Ces fluctuations liées aux décisions politiques sont surnommées « transactions TACO » (Trump-driven Cryptocurrency Operations).
Au-delà de son projet de jeton personnel, la famille Trump tire également profit de World Liberty Financial, une entreprise familiale. Celle-ci exploite le jeton de gouvernance WLFI et le stablecoin USD1. D'après le Financial Times, elle génère 550 millions de dollars via la vente de WLFI et 2,71 milliards via USD1, la famille Trump détenant 38 % du capital.
Le phénomène Trump peut être résumé ainsi : l'autorité politique devient un ancrage clé de la valeur crypto ; l'idéal décentralisé cède progressivement la place à une réalité ordonnée.
2. Michael Saylor : Le pionnier de la révolution des réserves cryptos
Si Trump incarne la monétisation du capital politique, Michael Saylor, fondateur de Strategy, symbolise quant à lui un changement de paradigme dans la gestion financière des entreprises.
En août 2020, Strategy annonce l'achat de 21 454 bitcoins avec environ 250 millions de dollars, affirmant clairement sa stratégie de substitution du cash par le bitcoin dans ses réserves. Cette décision dépasse largement le simple investissement : elle redéfinit la notion de réserve de valeur pour les entreprises.
Saylor construit systématiquement un cadre théorique pour les réserves d'entreprise en bitcoin. Il explique publiquement que les sociétés ne spéculent pas sur une technologie, mais prennent une décision réfléchie de long terme pour protéger la valeur actionnariale. Cette narration réussit à repositionner le bitcoin d’« outil spéculatif » à « infrastructure financière ».
En 2025, l'achat de bitcoins par les entreprises cotées explose. Strategy continue d'accroître ses positions. À ce jour, l'entreprise détient 671 268 bitcoins, son dernier achat datant du 15 décembre, pour environ 980 millions de dollars contre 10 645 bitcoins.
Grâce à la forte hausse du prix du bitcoin, l'action Strategy atteint un sommet annuel d’environ 414 dollars. Plus important encore, de nombreuses entreprises cotées imitent ce modèle, alimentant davantage la hausse du bitcoin. Selon BitcoinTreasuries, 192 entreprises cotées détiennent actuellement environ 1 087 857 bitcoins, soit environ 5,45 % de l'offre totale en circulation.
Dans un rapport, ARK Invest qualifie Strategy de « précurseur du modèle DAT » (Digital Asset Treasury) et définit les entreprises imitatrices comme des sociétés DAT. Ce concept marque une transition du bitcoin d’« investissement alternatif » à « actif de base du système financier d'entreprise ».
Cependant, le modèle de Strategy subit des pressions. Avec le recentrage du marché, le cours de son action tombe autour de 200 dollars, et son ratio mNAV approche dangereusement le seuil critique de 1. Si mNAV passe sous 1, le modèle de « boucle de valorisation BTC » de Strategy sera sérieusement compromis.
Malgré cela, Michael Saylor maintient sa stratégie à long terme. Le 17 novembre, lors d’une interview, il affirme que Strategy ne vendra pas ses bitcoins sauf si le prix descend sous 10 000 dollars.
3. Tom Lee : Le pont entre Wall Street et le monde crypto
Dans le transfert historique du capital traditionnel vers les actifs cryptos, Tom Lee, fondateur de Fundstrat Global Advisors, joue un rôle de pont essentiel. En tant qu’un des premiers et plus influents analystes pro-bitcoin de Wall Street, ses analyses ont façonné la perception des investisseurs institutionnels.
En 2017, alors que le milieu financier dominant rejette violemment le bitcoin, Lee déclare sur CNBC que le bitcoin pourrait dépasser 25 000 dollars, le propulsant au rang de « plus célèbre bull de Wall Street ». Plus important encore, son indice Bitcoin Misery Index (BMI) et ses modèles de coût et d'effets réseau, proposés en 2018, offrent un cadre d’évaluation rigoureux du bitcoin, toujours largement utilisé aujourd’hui.
En 2020, lorsque Strategy, Tesla et d'autres entreprises commencent à adopter le bitcoin, Lee déclare publiquement : « Les entreprises vont utiliser le bitcoin comme actif de trésorerie, c'est une tendance irréversible. » Sa prédiction d'un marché haussier en 2021 se vérifie.
En 2025, Lee étend son attention à l'écosystème Ethereum. Dans des interviews, il souligne qu'Ethereum entre dans une phase précoce de « super cycle », similaire à celle du bitcoin après 2017. Grâce à ses efforts, l'enthousiasme du marché monte en puissance, Ethereum dépassant son précédent sommet en août, frôlant les 5 000 dollars.
Lee n’est pas seulement théoricien, mais aussi acteur. En tant que président du conseil d'administration de BitMine, une société trésorerie Ethereum, il accumule continuellement des ether. Au 21 décembre 2025, l'entreprise détient officiellement 4 066 062 ethers, soit environ 3,37 % de l'offre totale.
Bien qu’Ethereum ait récemment chuté sous les 3 000 dollars et que l’action BitMine ne vaille plus que 32 dollars, Lee maintient sa prévision d’un objectif de 10 000 dollars d’ici fin d’année.
L’influence de Lee réside dans sa capacité à introduire les cadres analytiques et la logique d’investissement de Wall Street dans le monde crypto, tout en relayant la valeur innovante des cryptos aux institutions financières traditionnelles. Il est devenu un catalyseur indispensable à la fusion de ces deux mondes.
4. CZ : La volonté de pouvoir refusant de disparaître
Pour CZ (Changpeng Zhao), 2025 est une année cruciale de retour depuis les ombres judiciaires et de reconquête de l’autorité dans l’industrie.
La grâce présidentielle accordée par Trump lui rend non seulement sa liberté, mais révèle aussi ses talents exceptionnels de lobbying politique. Pourtant, ce qui mérite surtout attention, ce n’est pas l’événement politique en soi, mais la manière dont Zhao a su rétablir son leadership dans le monde crypto en quelques mois seulement.
Un homme autrefois au sommet du pouvoir dans l’industrie crypto ne peut accepter de l’abandonner complètement. Le retour de CZ est empreint d’une stratégie impériale et d’un refus de l’obscurité. La plateforme Alpha 2.0 lancée par Binance en mars 2025, présentée comme un lanceur de projets Web3 précoces, est en réalité une révolution commerciale minutieusement planifiée. Elle permet non seulement de doubler OKX Wallet et d’intégrer l’émission d’actifs sur chaîne à l’écosystème Binance, mais aussi de redistribuer complètement les cartes du secteur.
Réactiver la BSC menace la position de Solana, impose une domination descendante aux exchanges secondaires et tertiaires… Effectivement impressionnant.
Plus remarquable encore est son contrôle précis de l’humeur du marché. Lorsque le meme coin « Binance Life » voit sa capitalisation exploser à plus de 500 millions de dollars en quatre jours, multipliant sa valeur par 6 000 en 96 heures, un simple hashtag #BNB meme szn posté par Zhao sur X déclenche aussitôt une folie généralisée des meme coins sur la chaîne BNB.
En 2025, CZ intensifie ses interactions avec divers KOL. Ses tweets engendrent plusieurs meme coins, qu’il attribue ensuite à des « coïncidences ». Pourtant, un seul tweet suffit à redistribuer des centaines de millions de dollars — symbole suprême du pouvoir.
Chaque geste public de Zhao porte la marque de la volonté de pouvoir. Son investissement de 2 millions de jetons dans le projet Aster en novembre n’est pas seulement un pari sur les contrats perpétuels décentralisés, mais aussi une déclaration au marché : même après les pressions réglementaires, il conserve la capacité de redéfinir la trajectoire du secteur. Il n’a plus besoin de contrôler directement le marché via Binance, mais utilise désormais des moyens plus discrets et efficaces : investissements stratégiques, influence sur les réseaux sociaux, construction d’écosystèmes.
Ce passage d’un contrôle direct à une manipulation indirecte rend son pouvoir encore plus inébranlable. Zhao démontre par ses actes une vérité fondamentale : le véritable pouvoir ne repose jamais sur un poste ou un titre particulier, mais sur la capacité à façonner les règles et les anticipations du marché.
5. Vitalik Buterin : Équilibre entre idéal décentralisé et réalité institutionnalisée
Le 30 juillet 2025, Ethereum célèbre son dixième anniversaire. Son fondateur, Vitalik Buterin, poursuit son équilibre délicat entre idéal décentralisé et tendance institutionnelle.
Ethereum connaît en 2025 des fluctuations spectaculaires. En avril, son prix chute à environ 1 793 dollars, suscitant un fort pessimisme. Toutefois, avec la mise en bourse de Circle, la montée des concepts de stablecoins et d’actifs réels (RWA), Ethereum retrouve son statut d’infrastructure clé.
Le 2 juin, Joseph Lubin, fondateur de Consensys, lance via l’entreprise cotée SharpLink Gaming (SBET) une stratégie de « réserve ETH ». BitMine, Bit Digital et GameSquare suivent, poussant le prix d’Ethereum à la hausse. En juillet, la croissance mensuelle atteint 40 %, et en août, le prix franchit son sommet historique, atteignant 4 946,05 dollars.
Le 30 juillet, date symbolique, Vitalik publie « Ethereum 2035 : La vision de Vitalik pour la prochaine décennie ». Dans cet article-programme, il esquisse les grandes orientations futures d’Ethereum : extensibilité, protection de la vie privée, transformation de la gouvernance et préservation de la culture expérimentale. Sa feuille de route dessine la transformation d’Ethereum d’une plateforme d’applications cryptos à une infrastructure mondiale clé.
Le 20 octobre, Vitalik annonce le lancement du protocole GKR (Goldreich–Kahan–Rothblum), un cadre Proof-of-Stake/ZK conçu pour la génération rapide de preuves, applicable aux calculs massifs sur blockchain et IA. Considéré comme le prochain « système de preuve superpuissant » d’Ethereum, il constitue aussi le support technique de sa stratégie d’allègement.
Néanmoins, Vitalik reste prudent face à l’institutionnalisation. Bien que les sociétés trésorerie et les holdings institutionnels aient fait grimper le prix, il craint deux menaces : l’éloignement des utilisateurs et développeurs noyaux attachés à la décentralisation, entraînant une fuite communautaire ; et la pression institutionnelle pouvant induire des décisions techniques inappropriées, déviant de la feuille de route technologique.
Lors du Devconnect 2025, Vitalik lance un avertissement crucial : l’informatique quantique pourrait casser la cryptographie à courbe elliptique avant l’élection présidentielle américaine de 2028, appelant Ethereum à passer à des algorithmes résistants dans les quatre ans.
Pour les marchés prédictifs et autres applications émergentes, il recommande l’usage d’oracle distribué afin d’éviter toute manipulation malveillante.
La réflexion de Vitalik représente un dialogue profond entre la pensée native crypto et la réalité institutionnalisée. Il doit garantir qu’Ethereum puisse porter les infrastructures financières mondiales, tout en préservant ses caractéristiques essentielles de décentralisation et d’expérimentation.
6. Kim Jong-un : Taxer l’industrie entière
Sous les apparences brillantes du processus d’institutionnalisation des cryptomonnaies en 2025, une force cachée venue de la péninsule coréenne redessine le paysage mondial des risques liés aux actifs numériques.
Plusieurs groupes de hackers affiliés au Bureau général du renseignement de l’Armée populaire de Corée (RGB), notamment Lazarus Group, APT38 et Kimsuky, ont abandonné leurs activités traditionnelles d’espionnage politique pour se tourner vers des attaques systématiques orientées vers le gain économique.
En 2025, les hackers nord-coréens font preuve de compétences techniques stupéfiantes.
En février, ils piratent l’exchange Bybit, volant environ 1,5 milliard de dollars en cryptomonnaies. En novembre, le plus grand exchange sud-coréen, Upbit, est infiltré, perdant 30 millions de dollars.
De plus, des agents nord-coréens commencent à postuler massivement sous de fausses identités dans des entreprises cryptos. Selon certaines enquêtes, entre 30 % et 40 % des candidatures reçues par certaines entreprises crypto seraient suspectées provenir d’agents nord-coréens cherchant à s’infiltrer.
Selon les rapports de fin d’année de Chainalysis et TRM Labs, les hackers nord-coréens auraient volé environ 2,02 milliards de dollars d’actifs cryptos en 2025.
Un groupe d’experts de l’ONU estime que 60 % de ces actifs servent à contourner les sanctions internationales et à financer le programme nucléaire, 30 % à assurer la stabilité du régime, et 10 % à améliorer les infrastructures d’attaques cybernétiques.
Depuis longtemps, la communauté internationale tente de couper les sources de devises étrangères de la Corée du Nord par des sanctions financières. Mais l’apparition des cryptomonnaies a changé les règles du jeu.
D’une certaine manière, c’est une forme extrême de « fiscalité numérique nationale », qui, sans recourir aux impôts ou au financement par marché, extrait directement de la valeur du système financier ouvert mondial.
Il rappelle à l’industrie entière une cruelle réalité :
Dès que les cryptomonnaies deviennent une infrastructure mondiale, elles deviennent inévitablement un prolongement de la confrontation entre États.
7. Musk : Symbole de la centralisation du pouvoir
Dans le processus d’institutionnalisation des cryptomonnaies, l’influence de Musk illustre une tendance importante : l’impact énorme de l’autorité individuelle sur le marché.
Le 14 août 2025, selon la presse, la valeur des BTC détenus par SpaceX, filiale de Musk, dépasse 1 milliard de dollars. En contraste, Tesla vend prématurément 75 % de ses bitcoins, manquant ainsi des gains potentiels colossaux.
L’influence de Musk va au-delà du bitcoin. Longtemps partisan du Dogecoin, bien qu’il ne l’ait pas fortement promu en 2025, ses activités sur les réseaux sociaux provoquent encore des réactions significatives. Un simple partage d’un tweet sur le thème du « poulpe vert » entraîne une forte hausse des meme coins sur Solana.
Au premier semestre 2025, Musk entre en politique, dirigeant le Département de l’efficacité gouvernementale. Malgré un conflit violent avec Trump sur le « Grand Beau Projet de Loi », allant jusqu’à annoncer la création d’un nouveau parti, les deux parties finissent par se réconcilier, et Musk retourne à ses affaires.
L’événement le plus marquant du second semestre est l’approbation, par plus de 75 % des actionnaires de Tesla, du plan de rémunération de Musk d’un montant total de 1 000 milliards de dollars. Si ce contrat est pleinement honoré, Musk deviendra le premier « milliardaire du trillion » de l’histoire.
La signification profonde de cet événement réside dans le fait que l’évaluation, la stratégie, la marque et le rythme technologique de Tesla sont désormais entièrement liés à la volonté d’un seul homme. Dans le monde crypto, de nombreux protocoles fonctionnent de manière similaire, centrés sur un « fondateur principal + narration de jeton ».
Le monde entre dans une « ère des hommes forts », où l’autorité individuelle devient un facteur clé de création de valeur et de volatilité du marché. Cela crée une tension intéressante avec l’idéal initial de décentralisation des cryptomonnaies.
8. Sun Yuchen : Apprendre les règles, puis les exploiter
En mars 2025, Sun Yuchen apparaît en couverture du magazine Forbes anglophone, salué comme « l’homme d’affaires crypto ayant aidé la famille Trump à gagner 400 millions de dollars ».
Ses initiatives cette année sont tout aussi notables : en avril, il apporte 456 millions de dollars pour sauver le TUSD d’un déréférencement ; le même mois, Canary dépose une demande d’ETF TRX mis en gage ; en juin, il finalise une introduction en bourse inversée de TRON via une banque d’investissement liée à la famille Trump ; en juillet, il investit 28 millions de dollars pour devenir le plus jeune astronaute commercial chinois…
Cependant, le changement le plus remarquable en 2025 concerne la perception publique de Sun Yuchen. Sur des plateformes sociales comme Zhihu et Xiaohongshu, ses anciens cours et citations sont redécouverts, par exemple son appel en 2016 à acheter Tesla et le bitcoin, ou son conseil de ne pas se marier ni acheter de maison avant 30 ans, afin de se concentrer sur l’accumulation d’actifs.
Ces idées autrefois jugées « provocatrices » reçoivent aujourd’hui une interprétation nouvelle. Comme l’écrit un utilisateur de Zhihu : « Sun Yuchen incarne pleinement la pensée de la civilisation maritime : embrasser l’inconnu, ne pas chercher refuge sur des îles ou derrière des murs, mais trouver l’équilibre dans la tempête. Réévaluer toutes les valeurs, sans s’aligner sur aucun ordre externe, ni le bien ni le mal. Il est véritablement neutre et chaotique, un surhomme fidèle uniquement à sa propre volonté de pouvoir. »
Ce retournement d’opinion reflète aussi en partie le malaise des jeunes générations, qui, en suivant scrupuleusement les règles sociales traditionnelles, n’obtiennent pas nécessairement des résultats satisfaisants, plongés dans un sentiment diffus de désillusion.
Sun Yuchen reste ce stratège intelligent qui connaît les règles et sait les exploiter — on dit « jouer les bugs » — touchant chaque fois parfaitement le rythme de l’époque.
9. Brian Armstrong : L’ambassadeur des infrastructures conformes
Brian Armstrong, fondateur et PDG de Coinbase, incarne parfaitement en 2025 comment une entreprise crypto peut se repositionner durant le processus d’institutionnalisation.
Au début de l’année, Armstrong soutient publiquement, via le blog officiel de Coinbase, la création d’une « réserve stratégique nationale de bitcoins ». Le 21 janvier, au Forum de Davos, il affirme que si les dirigeants américains adoptent les cryptos, cela attirera massivement les investissements. Le 25 janvier, il ose prédire que le bitcoin pourrait dépasser la capitalisation de l’or (18 000 milliards de dollars) d’ici 2030.
Le 20 mars, le rapport de validation publié par Coinbase révèle que l’entreprise exploite environ 120 000 nœuds validateurs, engageant 3,84 millions d’ETH, soit environ 11,42 % des ETH engagés sur le réseau, devenant ainsi le plus grand opérateur unique de nœuds d’Ethereum. Ce statut fait de Coinbase un fournisseur d’infrastructure clé du réseau.
Le 8 mai, Coinbase annonce son intention d’acquérir Deribit, exchange de produits dérivés basé à Dubaï, pour 2,9 milliards de dollars, incluant 700 millions en espèces et 11 millions d’actions de classe A, visant à créer la « plateforme de dérivés crypto la plus complète au monde ».
Le même mois, une fuite de données met en lumière la gestion de crise d’Armstrong. Face à un pirate ayant collecté les données personnelles de 70 000 utilisateurs et exigeant 20 millions de dollars en bitcoin, Armstrong refuse catégoriquement de payer, et annonce plutôt la création d’un « fonds de récompense pour capture » de 20 millions de dollars, promettant d’indemniser les victimes. Cette décision, estimée à un coût de 1,8 à 4 milliards de dollars, préserve la réputation et les principes de l’entreprise.
À mi-année, Coinbase organise le sommet State of Crypto Summit 2025. Armstrong y présente une série de produits stratégiques destinés aux entreprises : Coinbase Business, Coinbase Payments, DEX Trading on Coinbase, etc. Il insiste particulièrement sur la capacité des stablecoins (notamment USDC) à résoudre des « problèmes réels » en entreprise, comme réduire les frais de règlement, accélérer les paiements transfrontaliers et élargir l’accès financier.
En novembre, Coinbase annonce le transfert de son siège social du Delaware au Texas. Armstrong loue publiquement le Texas pour son « soutien à la liberté économique et son attitude favorable aux cryptos ». Ce déplacement, au-delà des considérations fiscales et légales, constitue un signal clair d’alliance avec les forces politiques « pro-crypto ».
La stratégie d’Armstrong illustre les traits clés d’une entreprise crypto réussie : savoir opérer dans le cadre réglementaire, promouvoir l’amélioration des infrastructures sectorielles, tout en gardant une sensibilité aiguë à l’innovation.
10. Peter Thiel : Construire un empire financier crypto
Peter Thiel, cofondateur de PayPal, dévoile en 2025 une stratégie d’investissement qui montre comment un investisseur de haut niveau de la Silicon Valley peut acquérir un avantage systémique dans le monde décentralisé de la crypto.
En juillet 2025, un document de la SEC fait sensation dans le secteur : une société de Peter Thiel acquiert discrètement 9,1 % des parts de BitMine Immersion Technologies, devenant le plus grand investisseur de cette société trésorerie Ethereum.
Un mois plus tard, Bullish, société dans laquelle Thiel avait investi en 2021, est introduite avec succès à la Bourse de New York. Coté BLSH, Bullish s’ouvre à 90 dollars contre un prix d’introduction de 37, grimpant de 170 % en séance, clôturant avec une hausse de 84 %, pour une valorisation dépassant 13 milliards de dollars.
Au-delà de la détention d’actifs, Peter Thiel soutient la création de la banque Erebor, spécialisée dans les entreprises crypto (prévue pour détenir des stablecoins), et contrôle, via CoinDesk, la parole médiatique du secteur.
Dans son livre De zéro à un, Peter Thiel répète que la concurrence est un jeu de perdants, et que le monopole génère des profits excessifs. Dans un monde décentralisé, la voie vers le monopole passe par le contrôle des infrastructures de base. Quand toutes les transactions exigent un stablecoin, contrôler le protocole équivaut à détenir le « droit de battre monnaie ».
En examinant le portefeuille du Founders Fund, l’intention stratégique est claire. Le fonds n’investit presque pas dans les applications décentralisées (DApp), effleure à peine le GameFi, et touche peu aux NFT. Ce qui l’intéresse vraiment : les solutions d’extension Layer2 (Caldera), les infrastructures conformes (Paxos), les protocoles de dérivés (Avantis) et les réseaux de stablecoins (Ubyx).
En novembre, Lighter, un DEX DeFi de perpétuels, lève 68 millions de dollars dans un tour mené par Founders Fund. Cette levée porte sa valorisation à 1,5 milliard de dollars, le hissant au rang d’unicorne. Peter Thiel construit ainsi progressivement un empire financier crypto complet.
Récemment, dans une interview, Peter Thiel exprime une vision prudente de l’avenir du bitcoin. Selon lui, après son « absorption » par BlackRock, les institutions et les gouvernements, son potentiel de hausse est fortement limité, bien que sa volatilité reste élevée. Il décrit la trajectoire future comme « une route accidentée et volatile », où les opportunités existent encore, mais où l’on n’est plus à l’ère des gains de 10x ou 100x.
La stratégie de Peter Thiel reflète la pensée à long terme d’un investisseur de haut vol : établir un avantage infrastructurel durant la période chaotique d’un secteur émergent, afin d’exercer finalement une influence sur l’écosystème entier.
Conclusion
En cette fin 2025, le regard en arrière inspire la réflexion.
Cette année, quand les géants de Wall Street intègrent le bitcoin à leurs portefeuilles, que le gouvernement américain crée une réserve stratégique de bitcoins, que les stablecoins deviennent une infrastructure clé des paiements internationaux… les cryptomonnaies accomplissent leur métamorphose triomphale, passant d’« outil anti-système » à « composant central du système ».
Plus important encore, 2025 révèle la complexité des flux de pouvoir entre les mondes ancien et nouveau. Des élites financières traditionnelles comme Tom Lee ouvrent la voie aux capitaux institutionnels ; des dirigeants politiques comme Trump participent directement et en tirent profit ; des bâtisseurs natifs comme CZ et Vitalik adaptent leur innovation aux exigences institutionnelles.
Ce processus d’institutionnalisation suscite aussi des interrogations profondes. Quand une technologie décentralisée est massivement adoptée par des institutions centralisées, quand l’autorité individuelle (comme celles de Musk ou de CZ) peut influencer fortement un marché prétendument « décentralisé », ne sommes-nous pas en train de marcher vers un avenir plus centralisé ?
L’impact des cryptomonnaies dépasse désormais les sphères technologique et financière, devenant un élément clé de la géopolitique et de la puissance douce. De Wall Street à la Maison Blanche, de la Silicon Valley à Shenzhen, de nouveaux réseaux de pouvoir émergent.
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