
Étude Randi : Livre blanc sur les procès pénaux relatifs aux monnaies virtuelles au cours des cinq dernières années
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Étude Randi : Livre blanc sur les procès pénaux relatifs aux monnaies virtuelles au cours des cinq dernières années
Parmi toutes les affaires rendues publiques, celles impliquant la province du Hunan sont les plus nombreuses, suivies par celles de la province du Henan, puis celles de la province du Zhejiang, et ensuite celles des provinces du Fujian et du Guangdong.
Depuis 2013, face aux divers risques liés aux transactions et investissements dans des monnaies virtuelles telles que le Bitcoin, la Chine a mis en place une série de politiques réglementaires. Malgré des régulations de plus en plus strictes, les activités liées aux transactions et investissements en monnaies virtuelles n’ont pas cessé, mais sont davantage passées d’un cadre public à un cadre privé, et du territoire national vers l’étranger. Au cours de ce processus, de nombreux criminels sont apparus. En particulier, ces dernières années, des activités illégales visant à frauder sous couvert d’émission de monnaies virtuelles se sont intensifiées. De plus, en raison des caractéristiques inhérentes aux monnaies virtuelles – anonymat, absence de frontières – celles-ci sont devenues un nouvel outil privilégié pour le blanchiment d’argent. On peut affirmer que les crimes liés aux monnaies virtuelles constituent désormais l’un des problèmes les plus typiques et saillants dans les domaines de la criminalité blockchain et de la cybercriminalité, nécessitant une clarification des risques pénaux associés à leur émission et leurs transactions, tant pour les acteurs OTC que pour les investisseurs.
Notre équipe, après une analyse approfondie des cas chinois relatifs aux crimes impliquant des monnaies virtuelles entre 2019 et 2024, a rédigé le « Livre blanc sur les décisions judiciaires concernant les affaires criminelles liées aux monnaies virtuelles au cours des cinq dernières années ». Par ailleurs, en s’appuyant sur des affaires marquantes représentatives de la pratique judiciaire ainsi que sur notre propre expérience professionnelle des deux dernières années, nous proposons des stratégies de défense ciblées et des recommandations en matière de conformité pour faire face aux types courants de crimes liés aux monnaies virtuelles.
I. Analyse générale des affaires criminelles liées aux monnaies virtuelles au cours des cinq dernières années
(I) Sources des données et méthodologie d’analyse
Pour comprendre l’état des procès relatifs aux crimes liés aux monnaies virtuelles dans la pratique judiciaire, cette étude adopte une méthode statistique fondée sur l’analyse des jugements, accompagnée d’un traitement tabulaire des données afin de faciliter les comparaisons par catégories. La recherche a été menée via la base juridique Alpha, avec les mots-clés « monnaie virtuelle », « pénal » et « décision de première instance », couvrant l’ensemble du territoire chinois entre 2019 et 2024. Un total de 2 206 documents judiciaires ont été recensés. En raison des limites liées à l’échantillonnage et aux méthodes statistiques, les conclusions de cette étude peuvent présenter certaines imprécisions et ne doivent être considérées qu’à titre indicatif.
(II) Statistiques du nombre d'affaires

À la date du 10 juin 2024, la base de données WeChat先行 a rendu publiques 2 206 affaires pénales liées aux monnaies virtuelles entre 2019 et 2024. Le nombre annuel de ces affaires a augmenté chaque année entre 2019 et 2021, atteignant un sommet en 2021. En 2022, ce nombre a nettement diminué par rapport à l'année précédente, puis a légèrement remonté en 2023, bien qu’il reste inférieur aux niveaux observés avant 2021. Cette tendance pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs : d’une part, la répression croissante contre les activités liées aux monnaies virtuelles en Chine a accru la prise de conscience du public quant aux risques pénaux associés à leur émission ou transaction ; d’autre part, ces activités ont soit diminué, soit pris des formes plus dissimulées, comme le transfert d’opérations à l’étranger, rendant plus difficile l’identification des individus, la collecte de preuves et le suivi des flux financiers, ce qui contribue à une baisse apparente du nombre de délits. D’autre part, les affaires récentes étant encore en cours de procédure judiciaire, leurs décisions ne seront publiées qu’avec un décalage d’un an voire plus.
(III) Répartition géographique des affaires

En analysant les 2 206 affaires pénales rendues publiques, on constate que la province du Hunan compte le plus grand nombre de cas, suivie par le Henan, le Zhejiang, le Fujian et le Guangdong. Les régions du Henan, du delta de la Perle et du delta du Yangtsé apparaissent donc comme des zones particulièrement touchées par ces affaires.
(IV) Contexte de la lutte contre les crimes liés aux monnaies virtuelles en Chine
Depuis la publication en décembre 2013 de l’« Avis sur la prévention des risques liés au Bitcoin », le Bitcoin a été clairement défini comme une monnaie non officielle, sans pouvoir libératoire, n’étant pas une véritable monnaie, mais un bien virtuel spécifique. Pendant plus de dix ans, cette position fondamentale sur la nature des monnaies virtuelles n’a pas changé en Chine. Par la suite, les autorités de régulation ont publié progressivement une série de documents réglementaires. À ce jour, la politique la plus importante et la plus influente est l’« Avis sur la prévention et la gestion renforcées des risques liés aux spéculations et transactions de monnaies virtuelles », publié conjointement le 15 septembre 2021 par dix départements, dont le Tribunal populaire suprême, le Parquet populaire suprême, le Ministère de la Sécurité publique et la Banque populaire de Chine (appelé couramment « avis du 9.24 »). Cet avis précise notamment :
(1) Les monnaies virtuelles telles que le Bitcoin, l’Ethereum ou le Tether (USDT) ne sont pas des monnaies officielles, n’ont pas de pouvoir libératoire et ne peuvent circuler légalement sur le marché ;
(2) Toute activité liée aux monnaies virtuelles constitue une activité financière illégale, punissable pénalement si elle répond aux critères d’un délit. Cela inclut notamment : les services d’échange entre monnaies légales et monnaies virtuelles, les échanges entre monnaies virtuelles, agir comme contrepartie centrale dans des transactions, fournir des services d’intermédiation ou de fixation de prix, le financement par émission de jetons (ICO), ou encore les produits dérivés sur monnaies virtuelles. Cette disposition constitue désormais le fondement central des poursuites pénales liées aux monnaies virtuelles ;
(3) Les plateformes étrangères offrant des services aux résidents chinois commettent également des activités financières illégales ;
(4) Les résidents chinois assument eux-mêmes les risques liés à leurs investissements en monnaies virtuelles. Si ces investissements perturbent l’ordre financier ou compromettent la sécurité financière, ils encourent des responsabilités pénales.
En particulier, ces dernières années, l’anonymat et la facilité d’utilisation des monnaies virtuelles en ont fait un outil idéal pour le blanchiment, le transfert et les opérations transfrontalières de fonds par des criminels. Ces usages s’entrelacent avec des activités telles que les escroqueries téléphoniques, le jeu en ligne illégal ou le trafic de drogue, menaçant gravement l’ordre financier et la sécurité sociale. Le 11 décembre 2023, le Parquet populaire suprême et l’Administration d’État des changes ont publié conjointement huit exemples significatifs de répression des infractions liées aux changes. Ces cas concernent principalement le crime d’activités commerciales illégales (dans sa forme d’achat illégal de devises) et le délit d’acquisition frauduleuse de devises, ainsi que des délits connexes tels que l’aide aux activités criminelles liées aux réseaux d’information, la fraude aux crédits d’impôt à l’exportation ou l’émission fictive de factures spéciales de TVA. Parmi eux, l’utilisation de monnaies virtuelles comme intermédiaire pour échanger yuans contre devises est devenue un mode fréquent et particulièrement saillant de change illicite ces dernières années.
Lors d’une conférence de presse organisée en 2024 par le Parquet populaire suprême, Ge Xiaoyan, membre du Parti et vice-procureur général, a indiqué que les crimes numériques naissent aujourd’hui conjointement avec les nouvelles technologies et modèles économiques, tandis que les industries grises et noires évoluent rapidement. Des crimes numériques nouveaux, utilisant comme prétexte la métavers, la blockchain ou les plateformes de contrats binaires, continuent d’émerger, et les monnaies virtuelles constituent un terrain fertile pour la prolifération et l’aggravation de ces crimes.
Par ailleurs, un responsable du Département d’inspection de l’Administration d’État des changes a souligné que la Conférence financière centrale insiste sur le fait que la prévention des risques doit rester le thème permanent de la politique financière. À l’avenir, l’Administration des changes appliquera rigoureusement les orientations définies lors de cette conférence, mènera une application stricte de la loi et maintiendra une pression forte conjointement avec les autorités judiciaires contre les activités financières transfrontalières illégales.
II. Analyse des décisions judiciaires dans les affaires criminelles liées aux monnaies virtuelles au cours des cinq dernières années
(I) Analyse des causes des affaires


Les crimes liés aux monnaies virtuelles s’inscrivent principalement dans les catégories de troubles à l’ordre public, d’atteinte aux biens et de perturbation de l’ordre économique socialiste. Ils concernent majoritairement les délits suivants : escroquerie, recel ou blanchiment de produit d’infraction, organisation ou direction d’activités pyramidales, exploitation de casino illégal, vol, collecte illégale de dépôts du public, escroquerie par levée de fonds, accès illégal à des données informatiques, activités commerciales illégales, et blanchiment d’argent.
(II) Durée des procédures

La majorité des affaires sont traitées en moins de 90 jours, très peu dépassent 365 jours, et la durée moyenne est de 97 jours.
(III) Montant impliqué

Les affaires impliquant entre 1 et 5 millions de yuans représentent 18,35 % du total, tandis que celles dépassant 5 millions représentent 25,59 %, soit la part la plus élevée. Les affaires liées aux monnaies virtuelles impliquent donc souvent des montants importants.
(IV) Répartition des peines
Sur les 2 206 affaires examinées, 5 ont donné lieu à une peine de réclusion à perpétuité. Plus de 90 % des affaires ont conduit à une peine d’emprisonnement assortie d’une amende, tandis qu’un petit nombre ont été sanctionnés par une détention. Globalement, les sanctions sont sévères.

III. Analyse des délits et controverses juridiques dans les affaires liées aux monnaies virtuelles
Concernant les types d’affaires liées aux monnaies virtuelles, la pratique judiciaire permet de distinguer trois grandes catégories : l’utilisation des monnaies virtuelles comme instrument pour commettre d’autres crimes, l’émission illégale de monnaies virtuelles, et l’acquisition illégale de monnaies virtuelles. Voici une présentation détaillée :
(I) Utilisation des monnaies virtuelles comme outil pour commettre d'autres crimes
1. Blanchiment d’argent
Ces dernières années, les crimes liés aux monnaies virtuelles connaissent une forte hausse, notamment ceux impliquant le blanchiment d’argent. Selon les données du « Plateforme de perception de la sécurité blockchain » de Chengdu Lian’an, le volume mondial de blanchiment via les monnaies virtuelles a dépassé 27,366 milliards de yuans en 2023. Par ailleurs, dans l’enquête sur le plus grand réseau de blanchiment jamais démantelé récemment, la police britannique a saisi plus de 61 000 bitcoins, d’une valeur d’environ 3,4 milliards de livres sterling.
En Chine également, les abus liés aux monnaies virtuelles attirent l’attention des autorités. En raison de leur anonymat et de leur accessibilité, elles deviennent un outil idéal pour le blanchiment, le transfert et les opérations transfrontalières de fonds par des criminels. Ces activités s’entremêlent avec des escroqueries téléphoniques, le jeu illégal en ligne ou le trafic de drogue, menaçant gravement l’ordre financier et la sécurité publique.
Au niveau des méthodes courantes de blanchiment, la chaîne de blanchiment via les monnaies virtuelles tend à s’organiser selon un modèle d’entreprise. Pour blanchir efficacement les fonds, des plateformes illégales telles que les fausses banques, les paiements de quatrième niveau ou les plateformes de garantie tierces, ainsi que diverses techniques comme le mixage, les ponts inter-chaînes, les échanges, les monnaies privées et les protocoles DeFi, sont largement utilisés, rendant les chemins plus complexes.
En Chine, l’article 191 du Code pénal définit le blanchiment d’argent comme un délit spécifique, dont les crimes sources sont limités : trafic de drogue, organisations mafieuses, terrorisme, contrebande, corruption, perturbation de l’ordre financier et escroquerie financière. Le délit peut être commis par une personne physique ou morale. L’amendement XI du Code pénal a également ajouté que l’acte de blanchir soi-même ses propres gains illicites constitue désormais un délit autonome, élargissant ainsi le champ d’application. Généralement, le blanchiment via les monnaies virtuelles comporte trois étapes : placement, distanciation et intégration.
Placement : les criminels transfèrent des fonds illicites vers des plateformes ou marchands tiers. Dans cette étape, ils créent des comptes sous de fausses identités, achètent des monnaies virtuelles et injectent ainsi les fonds mal acquis dans la chaîne de blanchiment.
Distanciation : grâce à l’anonymat des monnaies virtuelles, les criminels effectuent des transactions complexes et multi-niveaux, dispersant les fonds entre plusieurs comptes pour en masquer l’origine.
Intégration : après plusieurs transferts, les monnaies virtuelles sont considérées comme relativement « sûres ». Elles sont alors regroupées ou distribuées vers différents portefeuilles, puis converties en monnaie fiduciaire, achevant ainsi le processus de blanchiment.
Le blanchiment peut être qualifié de « auto-blanchiment » ou de « blanchiment pour autrui ». Dans le premier cas, la preuve de l’intention coupable n’est pas requise, tandis que dans le second, elle doit être établie.
Selon les interprétations judiciaires du Tribunal suprême, des deux Parquets et du Ministère de la Sécurité publique, les comportements ou faits objectifs suivants peuvent permettre de présumer une connaissance intentionnelle dans les transactions de monnaies virtuelles liées à des fonds illégaux :
(1) Usage ou vente illégaux de comptes et informations. Par exemple : ouverture fréquente de cartes bancaires, usage personnel ou vente rémunérée de comptes Alipay ou WeChat ; création de sociétés sans activité réelle et vente de documents d’entreprise (KBIS, comptes professionnels) ; acquisition de cartes SIM sous fausse identité pour les revendre. Ces comptes servent ensuite à des opérations de blanchiment.
(2) Utilisation de comptes multiples ou non personnels. Recrutement quotidien de personnes anonymes (« comptes tête » ou « comptes carte ») via annonces ou intermédiaires, fournissant leurs comptes Alipay, WeChat, cartes bancaires ou pièces d’identité, permettant de recevoir des fonds criminels et de les transférer via l’achat de monnaies virtuelles.
(3) Prix ou « frais » manifestement anormaux. Exemple : obtenir des commissions ou prix de vente sensiblement supérieurs au marché lors d’échanges de Bitcoin ou USDT, puis utiliser ces fonds pour acheter des Bitcoins destinés à un compte précis.
(4) Tests fréquents sur des comptes liés et vitesse anormale de transfert. Test de petites sommes quotidiennement pour vérifier que la carte n’est pas gelée ; transfert immédiat des fonds reçus vers des monnaies virtuelles ou vers un compte désigné, afin d’éviter le blocage.
(5) Mesures fréquentes de dissimulation : navigation cachée, communications cryptées, destruction de données. Par exemple : suppression régulière des données électroniques sur téléphone ou ordinateur ; utilisation d’identités falsifiées, changement fréquent de lieux, adresses IP ou cartes SIM ; séparation entre personnes et équipements, installation de caméras de surveillance ; communications chiffrées avec les clients ou complices pour éviter la détection.
(6) Fourniture de logiciels ou outils spécialisés à des fins criminelles : plateformes de paiement de quatrième niveau, plateformes d’investissement en monnaies virtuelles, déblocage de comptes WeChat gelés, logiciels proxy masquant l’adresse IP réelle.
(7) Comportement manifestement anormal ou poursuite après avertissement. Exemple : poursuite des transactions après le gel judiciaire d’une carte bancaire suspecte, via d’autres cartes ou méthodes ; continuation des activités après signalement ou avertissement d’une plateforme promotionnelle.
2. Activités commerciales illégales
Le marché des changes est une composante essentielle du système financier chinois. Combattre fermement les activités illégales d’achat de devises, prévenir les risques externes et maintenir la stabilité du marché des changes sont cruciaux pour la sécurité financière nationale. Actuellement, les opérations de change transfrontalier par « compensation » (ou « knock-off ») constituent une forme typique d’achat illégal de devises. Leur caractère technique, dissimulé et varié complique l’enquête et la qualification, perturbant l’ordre normal du marché des changes et menaçant la stabilité financière.
Le 11 décembre 2023, le Parquet populaire suprême et l’Administration d’État des changes ont publié huit cas exemplaires de répression des infractions aux règles des changes. Ils concernent principalement le délit d’activités commerciales illégales (dans sa version d’achat illégal de devises) et celui d’acquisition frauduleuse de devises, ainsi que des délits associés comme l’aide aux activités criminelles liées aux réseaux d’information, la fraude aux crédits d’impôt à l’exportation et l’émission fictive de factures spéciales de TVA. Parmi eux, l’utilisation de monnaies virtuelles comme intermédiaire pour échanger yuans contre devises est devenu un mode de compensation fréquent et marquant.
Actuellement, la méthode typique de ces crimes est la « compensation ». Dans ces cas, l’individu reçoit des yuans en Chine, puis verse un montant équivalent en devises sur un compte bancaire étranger désigné par le client. Les fonds circulent unidirectionnellement, sans transfert physique transfrontalier. Bien qu’il n’y ait pas d’échange direct entre yuans et devises, une transaction effective a eu lieu. Cas fréquents : conversion internationale sans transfert physique, collusion avec des individus ou entreprises étrangers, ou utilisation de comptes bancaires à l’étranger pour aider au transfert d’argent. Ces « fausses banques » sont appelées « banques par compensation », où les fonds circulent unidirectionnellement sans mouvement physique, équilibrés par simple compensation comptable. Bien que les monnaies ne traversent pas physiquement les frontières, ces activités constituent une forme détournée d’achat de devises, nuisible à l’ordre du marché des changes.
Le 11 décembre 2023, deux des huit cas publiés par le Parquet suprême et l’Administration des changes concernaient justement ce nouveau mode de compensation.
Exemple emblématique 1
De février 2019 à avril 2020, Zhao Mou, aidé de Zhao Moupeng et Zhou Mouchai, a fourni en Émirats arabes unis et en Chine des services d’échange entre dirhams émiratis et yuans. Le groupe recevait des dirhams en espèces à Dubaï, transférait des yuans correspondants sur un compte chinois désigné, puis achetait des « Tether » (USDT, stablecoin indexé sur le dollar) localement. Ces USDT étaient ensuite vendus illégalement en Chine via le groupe local, récupérant ainsi des yuans et bouclant la boucle financière. Profitant des écarts de change, le groupe gagnait plus de 2 % par transaction. Entre mars et avril 2019, le volume échangé a atteint 43,85 millions de yuans, générant un bénéfice de 870 000 yuans.
Le 24 mars 2022, le tribunal populaire de Xihu à Hangzhou (Zhejiang) a condamné Zhao Mou à sept ans de prison et à une amende de 2,3 millions de yuans ; Zhao Moupeng à quatre ans de prison et 450 000 yuans d’amende ; Zhou Mouchai à deux ans et demi et 250 000 yuans d’amende.
Signification typique
L’utilisation de monnaies virtuelles comme intermédiaire pour échanger yuans contre devises constitue un délit d’activités commerciales illégales. Lorsque des individus exploitent les propriétés particulières des monnaies virtuelles pour contourner la réglementation des changes et générer des profits via des services transfrontaliers, en passant par la chaîne « devise → monnaie virtuelle → yuan », ils réalisent une conversion de valeur déguisée, assimilable à un achat illégal de devises, et doivent donc être poursuivis pénalement.
Exemple emblématique 2
De janvier 2018 à septembre 2021, Chen Guoguo, Guo Zhaozhao et d'autres ont créé des sites web comme « TW711 » et « Huosu », utilisant le Tether comme intermédiaire pour offrir des services d’échange entre devises et yuans. Les clients passaient commande sur les plateformes, payaient des devises vers un compte étranger désigné. Ces devises servaient à acheter des Tether à l’étranger, que Fan Moupin revendait illégalement en Chine pour récupérer des yuans, versés ensuite au client selon le taux convenu, avec profit sur l’écart et les frais. Le volume total des conversions illégales a dépassé 220 millions de yuans.
Le 27 juin 2022, le tribunal populaire de Baoshan à Shanghai a condamné Guo Zhaozhao à cinq ans de prison et 200 000 yuans d’amende ; Fan Moupin à trois ans et trois mois et 50 000 yuans d’amende ; Zhan Mouxiang à un an et demi et 5 000 yuans d’amende pour aide aux activités criminelles liées aux réseaux d’information ; Liang Mouzuan à dix mois et 2 000 yuans d’amende.
Signification typique
En Chine, les monnaies virtuelles n’ont pas le statut de monnaie légale. Toutefois, servir d’intermédiaire via les monnaies virtuelles pour aider à l’échange illégal entre monnaie locale et devises constitue un maillon essentiel du circuit criminel, et doit être sanctionné. Si l’acteur collabore sciemment avec des personnes impliquées dans l’achat illégal de devises, ou connaît leur activité illégale et leur fournit une aide concrète (comme des transactions en monnaie virtuelle), il commet un complicité du délit d’activités commerciales illégales. S’il a seulement une connaissance générale de l’activité criminelle, sans savoir précisément qu’il aide à un achat illégal de devises, il peut être poursuivi pour aide aux activités criminelles liées aux réseaux d’information.
En réalité, depuis la publication en 2013 par la Banque populaire de Chine et cinq autres départements de l’« Avis sur la prévention des risques liés au Bitcoin », les autorités chinoises ont progressivement renforcé la réglementation contre les risques liés aux ICO. En 2021, dix départements, dont la Banque populaire, ont publié l’« Avis sur la prévention et la gestion renforcées des risques liés aux transactions de monnaies virtuelles », affirmant clairement que les monnaies virtuelles n’ont pas le statut de monnaie légale et que leurs activités sont illégales. Utiliser des monnaies virtuelles comme intermédiaire pour convertir des devises en yuans ou inversement constitue une forme détournée d’achat de devises.
D’un point de vue pénal, selon l’article 4 de la « Décision du Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale sur la répression des crimes de fraude à l’achat de devises, de fuite de capitaux et d’achat illégal de devises » et l’article 225 du Code pénal, ainsi que l’interprétation conjointe de 2019 du Tribunal suprême et du Parquet suprême, tout acte de conversion détournée de devises perturbant gravement l’ordre financier est puni d’un délit d’activités commerciales illégales si les circonstances sont graves. Ainsi, contourner la réglementation des changes via les monnaies virtuelles pour convertir indirectement devises et yuans, si les circonstances sont graves, constitue un tel délit. Toutefois, la qualification finale dépend aussi d’éléments objectifs et subjectifs : but lucratif, caractère continu de l’activité, existence d’un échange effectif entre yuans et devises.
En outre, si les transferts transfrontaliers de fonds via monnaies virtuelles concernent des produits de crime, cela peut aussi constituer un blanchiment d’argent ou un recel. Si les deux délits sont commis simultanément, la peine la plus lourde s’applique.
(II) Crimes d'émission illégale de monnaies virtuelles
1. Collecte illégale de dépôts du public
Le délit de collecte illégale de dépôts du public, tel que défini par le Code pénal chinois, consiste à collecter illégalement des fonds auprès du public (personnes physiques ou morales), en violation des lois sur la gestion financière, perturbant l’ordre financier. Il est caractérisé par quatre éléments :
(1) Absence d’autorisation officielle ou usage d’une activité légale comme couverture ;
(2) Publicité massive via médias, salons, tracts, SMS ;
(3) Promesse de remboursement avec intérêts, biens ou actions dans un délai donné ;
(4) Collecte de fonds auprès du public non spécifique.
Dans les émissions de monnaies virtuelles, les fonds levés sont généralement des monnaies virtuelles principales (Bitcoin, Ethereum, USDT), et non des monnaies légales. Traditionnellement, le délit vise à protéger le monopole bancaire sur la monnaie. On pourrait penser qu’il faut que les fonds soient en monnaie fiduciaire pour porter atteinte à cet ordre. Or, les monnaies virtuelles n’ayant pas de statut légal, elles ne seraient pas couvertes par ce délit.
Toutefois, dans la pratique, les investisseurs achètent d’abord des monnaies virtuelles avec des yuans via des changeurs. Le choix de ces monnaies comme support de levée de fonds s’explique par leur statut non légal dans la plupart des pays (facilitant l’évasion réglementaire) et par leur stabilité relative (Bitcoin, Ethereum, Ripple sont les plus valorisées ; l’USDT, indexé sur le dollar, est stable et largement échangeable). Ces monnaies servent donc de véhicule intermédiaire, et les fonds levés sont finalement convertis en monnaie légale pour financer les projets. Elles deviennent ainsi des supports de flux financiers déguisés. Par conséquent, lever des fonds sous forme de monnaies virtuelles peut toujours constituer un délit de collecte illégale de dépôts du public.
2. Escroquerie par levée de fonds
Le délit d’escroquerie par levée de fonds exige une intention de possession illégale et l’usage de moyens frauduleux. En pratique, les promoteurs utilisent souvent des points de projet ou des « monnaies fantômes » comme arguments de vente, mais l’essentiel est l’offre de rendements élevés pour attirer les investisseurs. Objectivement, cela se manifeste par :
– Des fausses promesses : la monnaie n’est pas une vraie monnaie virtuelle, ni même un fork. Le projet invente des faits, prétend avoir une équipe technologique étrangère prestigieuse, vante des perspectives commerciales exceptionnelles, mais n’a aucune activité réelle.
– L’attrait de rendements élevés : distribution gratuite de « bonbons » (airdrop) dès l’inscription, attirant rapidement de nouveaux utilisateurs.
– Manipulation des prix : création d’une plateforme maison, gonflement artificiel des volumes pour simuler une activité, contrôle des prix via des arrière-plans, création de « comptes privilégiés ». Augmentation initiale des prix pour attirer les investisseurs, puis effondrement pour réaliser des profits massifs.
Subjectivement, la monnaie n’est qu’un outil pour collecter des fonds illégalement. Ces « fausses monnaies » ne sont pas cotées, n’ont ni valeur technique ni commerciale, et servent uniquement à contrôler une pyramide financière. Avec une intention de possession illégale, des moyens frauduleux et des promesses de rendements, ces actions remplissent tous les éléments du délit d’escroquerie par levée de fonds.
3. Organisation d’activités pyramidales
Prenez l’exemple du cas « Plus Token », une affaire de monnaie virtuelle ayant impliqué 14,8 milliards de yuans. La plateforme classait ses membres en cinq niveaux : membre ordinaire, gros joueur, expert, dieu, fondateur, selon le nombre de parrainages et les montants investis. Elle promettait une fonction « chien intelligent » (arbitrage automatique) pour générer des revenus, attirant les membres moyennant un droit d’entrée supérieur à 500 dollars et l’activation de la fonction « chien intelligent ».
Les membres formaient une hiérarchie ascendante selon les parrainages, et étaient rémunérés selon trois modes : revenus d’arbitrage, revenus de lien, revenus de cadre, basés sur le nombre de membres recrutés et les montants investis. Ces récompenses reposaient directement ou indirectement sur le recrutement. Ainsi, les pratiques de droits d’entrée, de recrutement et de rémunération hiérarchisée correspondent pleinement à l’article 224-1 du Code pénal sur l’organisation ou la direction d’activités pyramidales. Les tribunaux provinciaux du Jiangsu ont donc reconnu le délit.
Plus précisément, selon l’article 224-1 du Code pénal, les éléments du délit sont :
(1) Pr
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