
Coinbase dévoile ses atouts : comment les produits dérivés conformes à la réglementation et la carte American Express Bitcoin vont-elles redéfinir l'écosystème cryptographique ?
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Coinbase dévoile ses atouts : comment les produits dérivés conformes à la réglementation et la carte American Express Bitcoin vont-elles redéfinir l'écosystème cryptographique ?
Alors que les marchés mondiaux sont secoués par des tensions géopolitiques, Coinbase a lancé lors de son sommet annuel deux produits stratégiques : des contrats à terme perpétuels réglementés par la CFTC et une carte de crédit avec cashback en bitcoin émise en partenariat avec American Express.
Rédaction : Luke
Ce jour même où les marchés digèrent encore les conséquences des frappes aériennes israéliennes contre l’Iran, les actifs risqués ont plongé dans une chute spectaculaire. De Tokyo à New York, la panique s’étend comme un feu de brousse, et l’or ainsi que le dollar deviennent les seuls refuges sûrs. Même le bitcoin, cet actif émergent jadis surnommé « or numérique », n’a pu y échapper, subissant une baisse immédiate.
C’est précisément dans cette atmosphère tendue et angoissante que Coinbase, figure de proue du monde cryptographique aux États-Unis, dévoile lors de son sommet annuel deux initiatives audacieuses : l’une vise directement le cœur de Wall Street, l’autre s’insinue habilement dans le quotidien de la classe moyenne américaine.
Il s’agit respectivement d’un produit de trading de contrats perpétuels régulé par la Commission américaine des marchés à terme sur matières premières (CFTC), et d’une carte de crédit co-brandée avec American Express offrant un cashback en bitcoin jusqu’à 4 %.
Prises isolément, ces annonces pourraient sembler être de simples extensions de gamme. Mais en élargissant le champ de vision, et en les replaçant dans le contexte plus large de l’ère post-ETF et post-FTX, on réalise qu’il ne s’agit pas d’un simple lancement, mais bien d’un véritable « débarquement en Normandie ». Coinbase tente, via une offensive en tenaille méticuleusement planifiée, de redessiner entièrement la carte financière cryptographique aux États-Unis et au-delà.
« Intégrer le mustang » : doter le moteur crypto de roues conformes
Pour comprendre l’impact de cette manœuvre, il faut d’abord saisir le rôle central que jouent les « contrats perpétuels », ce cheval sauvage du monde crypto.

Dans le marché mondial des cryptomonnaies, plus de 75 % du volume des transactions provient des produits dérivés, dont les contrats perpétuels (ou « perps ») sont incontestablement les rois. Contrairement aux futures traditionnels, ils n’ont pas de date d’échéance, permettant aux traders de conserver leurs positions indéfiniment. Grâce à un mécanisme ingénieux appelé « taux de financement », leur prix reste solidement ancré à celui du marché au comptant. Associé à un effet de levier souvent élevé, ce dispositif offre une flexibilité et une efficacité capitalique exceptionnelles, en faisant l’outil ultime pour profiter de la volatilité. On peut dire que le contrat perpétuel est le « turbocompresseur » du trading crypto — puissant, rapide, irrésistible.
Pourtant, cette force immense a longtemps évolué en marge de la régulation américaine. En raison de leur nature risquée et de leur complexité financière, les investisseurs américains désireux d’y accéder devaient généralement recourir à des plateformes offshore opérant dans des zones grises réglementaires. Cela a non seulement encouragé l’exode des capitaux, mais aussi créé des risques énormes — l’effondrement de FTX en étant l’illustration la plus tragique. Ce séisme industriel mondial a laissé des milliers d’investisseurs, ayant placé leurs actifs dans des territoires sans loi, ruinés, et a convaincu les autorités américaines qu’il valait mieux « canaliser » que « bloquer ».
C’est dans ce contexte que voit le jour le contrat perpétuel régulé de Coinbase. L’entreprise opère ici une forme d’« intégration » très habile. Le produit conserve l’attrait fondamental du perp — l’absence de date d’échéance — mais place tout son fonctionnement, des exigences de marge aux mécanismes de liquidation, sous la supervision stricte de la CFTC. Ce changement, qui semble n’être qu’un transfert géographique, a en réalité une portée profonde.
Le parrainage de la CFTC agit comme une « certification officielle » ouvrant les portes du temple de la finance traditionnelle. Il envoie un signal clair : les contrats perp ne sont plus des instruments de jeu dans l’ombre, mais des produits dérivés légitimes, intégrables à un portefeuille d’investissement conventionnel. Cela ouvre enfin aux gestionnaires institutionnels, hedge funds et traders professionnels — riches mais réticents à utiliser des plateformes offshore — la possibilité tant attendue de dompter ce « loup de Wall Street » sur leur propre sol, de manière conforme.
Cette initiative concrétise la déclaration de Coinbase selon laquelle elle « n’entend pas laisser le trading de produits dérivés cryptos devenir un phénomène exclusivement non-américain ». Elle pourrait non seulement rapatrier des dizaines de milliards de dollars de capitaux depuis l’étranger, mais aussi affaiblir radicalement l’attrait, sur le marché américain, de concurrents offshore comme Binance ou Bybit. Sur le terrain le plus actif et stratégique du monde crypto, Coinbase dresse désormais un étendard arborant les mots « terrain américain » et « sécurité réglementaire ».
« Le cheval de Troie » : conquérir silencieusement la domination des paiements grâce au cashback en bitcoin

Si le lancement des contrats perpétuels constitue une attaque frontale sur le marché professionnel du trading, la carte de crédit co-brandée avec American Express relève d’une manœuvre latérale plus subtile — un véritable « cheval de Troie », élégamment déguisé en avantage de consommation courante.
Les cartes de crédit avec cashback en cryptomonnaies ne sont pas nouvelles : BlockFi a échoué, Crypto.com a exploré. Ce qui distingue celle de Coinbase, c’est l’ambition stratégique révélée par son partenaire et son taux de retour.
Tout d’abord, le partenaire est American Express. Contrairement à Visa ou Mastercard, Amex incarne un réseau haut de gamme, associé à une clientèle aisée, à des dépenses élevées et à un service premium. Choisir Amex comme partenaire est en soi une déclaration : la cible de Coinbase n’est plus uniquement les geeks et spéculateurs des débuts, mais bien la force centrale américaine — celle qui consomme activement, valorise la qualité de vie et reste ouverte aux innovations financières. Cette carte cherche à transformer la détention de bitcoin d’un acte « underground » en un symbole de statut, assorti aux voyages d’affaires luxueux et au mode de vie raffiné.
Ensuite, le cashback atteint 4 % en bitcoin, un chiffre extrêmement compétitif. Dans le monde des cartes traditionnelles, une carte offrant 2 % de cashback universel est déjà considérée comme exceptionnelle. Coinbase double littéralement la mise, en proposant en plus un actif — le bitcoin — au potentiel d’appréciation à long terme. Pour l’utilisateur, chaque achat, qu’il s’agisse d’un café ou d’une facture, contribue presque inconsciemment à renforcer son portefeuille crypto. Ce modèle de « consommer, c’est investir » abaisse drastiquement les barrières psychologiques et techniques pour les néophytes.
La logique plus profonde réside dans l’intégration étroite de cette carte au programme d’abonnement « Coinbase One ». La carte n’est pas accessible à tous, mais réservée aux membres payant un abonnement annuel de 49,99 dollars. Cette stratégie rappelle fortement le modèle Prime d’Amazon : offrir un avantage central irrésistible (la livraison gratuite chez Amazon, le cashback en bitcoin ici) pour inciter les utilisateurs à payer un abonnement, puis les verrouiller dans un écosystème enrichi de services complémentaires — frais de transaction gratuits, rendements accrues en staking, remboursement des frais de gaz, etc. — afin d’accroître leur fidélité.
L’aspect crucial réside dans le fait que le cashback en bitcoin est crédité directement sur le portefeuille Coinbase de l’utilisateur. Cette conception astucieuse garantit que les actifs générés par la carte restent naturellement sur la plateforme. Ces actifs accumulés deviennent alors la base de liquidité et de profondeur des marchés de Coinbase, et constituent un capital précieux pour développer davantage de services financiers (prêts, gestion patrimoniale). Ce « cheval de Troie » apporte non seulement un flux continu d’utilisateurs qualitatifs, mais lie insensiblement leurs habitudes de consommation au bilan de Coinbase.
La bataille finale : de l’exchange à « la JPMorgan du monde crypto »
Lorsqu’on superpose sur une même carte stratégique le contrat perpétuel, cette « armée régulière », et la carte de crédit, cette « troupe d’élite », l’offensive en tenaille de Coinbase devient limpide.
À l’intérieur, elle crée une boucle fermée idéale pour ses utilisateurs. Les contrats perpétuels visent les adeptes de gains rapides, de risques élevés et de trading intensif — l’argent « rapide ». La carte à cashback en bitcoin, quant à elle, s’adresse aux détenteurs à long terme, soucieux d’accumulation progressive et d’opérations peu fréquentes — l’argent « lent ». Des traders à effet de levier les plus audacieux aux investisseurs passifs les plus prudents, Coinbase cherche à capter toute la diversité des utilisateurs crypto, en leur offrant sur sa plateforme tous les outils nécessaires, afin qu’ils n’aient jamais besoin d’aller ailleurs.
À l’extérieur, elle construit une barrière réglementaire inégalée. Que ce soit sur le marché des dérivés ou dans celui des paiements, Coinbase choisit systématiquement de s’allier aux institutions réglementaires les plus prestigieuses (la CFTC) et aux partenaires financiers traditionnels les plus renommés (American Express). Cela lui confère une légitimité incomparable et élève considérablement le seuil d’entrée pour tout concurrent. À l’avenir, tout acteur souhaitant contester la position de Coinbase sur le marché américain devra franchir ces deux montagnes.
À plus court terme, les rumeurs sur son inclusion dans l’indice S&P 500, ainsi que ses collaborations concrètes avec Shopify et Stripe pour promouvoir les paiements en USDC, convergent vers un même objectif : Coinbase ne se contente plus d’être une simple « plateforme d’échange de cryptomonnaies ». Son ambition est de devenir la « JPMorgan de l’ère des actifs numériques » — une institution financière全能型 capable d’offrir à la fois des services de banque d’investissement (dérivés), de banque commerciale (paiements, épargne) et de gestion d’actifs (staking, services de portefeuille).
Le lancement de ces deux « bombes » marque ainsi l’étape la plus cruciale de cette grande aventure. Il signifie que, aux États-Unis, les cryptomonnaies intègrent le centre du système financier à une vitesse et une profondeur inédites, passant rapidement du statut d’« actif alternatif » à celui de « composante principale des portefeuilles ». Cette campagne menée par Coinbase pourrait ne pas provoquer de secousses immédiates sur les marchés, mais elle transforme bel et bien les fondations mêmes de l’industrie et ses règles du jeu. Désormais, la compétition dans le monde crypto ne portera plus sur qui possède le code le plus décentralisé, mais sur qui saura bâtir le pont le plus solide, le plus pratique et le plus irrésistible entre les deux continents financiers — l’ancien et le nouveau.
Coinbase vient justement de poser, avec ses contrats perpétuels et sa carte Amex, les deux pierres les plus lourdes et les plus décisives de ce pont.
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