
Les notes cryptées de la capitale de la musique : aperçu de la fiscalité et de la réglementation des cryptomonnaies en Autriche
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Les notes cryptées de la capitale de la musique : aperçu de la fiscalité et de la réglementation des cryptomonnaies en Autriche
Cet article présente un aperçu du régime fiscal autrichien relatif aux cryptomonnaies ainsi que des dernières évolutions réglementaires.
Rédaction : Fintax
1. Introduction à la République d'Autriche
L’Autriche, pays européen situé en Europe centrale et entièrement enclavé, est une démocratie parlementaire représentative composée de 9 États fédéraux. Membre de l’Union européenne depuis 1995, elle fait également partie des pays fondateurs de l’OCDE. L’Autriche figure parmi les premiers États membres de l’UE à avoir réformé son régime fiscal relatif aux cryptomonnaies. Cet article présente un aperçu du système fiscal autrichien concernant les actifs numériques ainsi que les dernières évolutions réglementaires.
2. Système fiscal général de l’Autriche
2.1 Aperçu du système fiscal autrichien
Le ministère fédéral des Finances (Federal Ministry of Finance, FMA) est l’autorité chargée de l’application des lois fiscales et du prélèvement des impôts en Autriche. Les recettes fiscales collectées sont allouées aux services publics et sociaux afin d’améliorer le niveau de vie des résidents. L’année fiscale suit le calendrier civil (du 1er janvier au 31 décembre). Le pays applique un barème progressif d’imposition sur le revenu, dont les taux varient entre 20 % et 55 %, parmi les plus élevés en Europe.
En matière d’impôt, peuvent être redevables tant les résidents que les non-résidents. Une personne physique est considérée comme résidente fiscale si elle réside en Autriche et y séjourne plus de 180 jours par an, indépendamment de sa nationalité. Les résidents fiscaux doivent déclarer leurs revenus mondiaux, qu’ils proviennent de l’emploi, d’activités commerciales, d’investissements ou de biens immobiliers. Les non-résidents, quant à eux, ne sont imposés que sur les revenus générés en Autriche (« obligation fiscale limitée »). Toutefois, si la majeure partie des revenus d’un non-résident provient d’Autriche (par exemple, plus de 90 %), celui-ci peut être considéré comme ayant une « obligation fiscale illimitée », et donc imposé sur ses revenus mondiaux. Les personnes non ressortissantes autrichiennes soumises à l’impôt en Autriche peuvent bénéficier des conventions contre les doubles impositions (CDI) basées sur le modèle de l’OCDE, évitant ainsi de payer deux fois l’impôt sur un même revenu.
Selon le rapport mondial 2024 sur l’érosion de la base fiscale, l’Autriche perd annuellement 130 millions USD (environ 1 % de ses recettes fiscales) en raison des abus fiscaux transnationaux. Le pays renforce donc la durée d’examen et les sanctions pour les cas importants d’évasion fiscale (amendes à partir de 150 000 €). Pour prévenir l’évasion et l’optimisation fiscale, l’Autriche participe au système d’échange automatique d’informations (AEOI), qui permet aux administrations fiscales de différents pays de partager des données, facilitant ainsi la détection et la supervision des infractions fiscales. Dans le système fiscal national, le numéro de sécurité sociale (Sozialversicherungsnummer) sert d’identifiant fiscal ; il est généralement attribué par l’employeur. Les travailleurs indépendants peuvent obtenir ce numéro via l’organisme de sécurité sociale pour travailleurs indépendants (SVS). En outre, chaque contribuable doit disposer d’un numéro fiscal personnel (ATIN), délivré par l’administration fiscale lors de l’enregistrement d’un nouveau domicile ou auprès des autorités fiscales. Pour les entreprises, un numéro d’identification à la TVA (numéro UID) doit être obtenu lors de l’inscription de l’entreprise, nécessaire à l’enregistrement à la TVA.
2.2 Impôt sur le revenu des particuliers
L’Autriche impose les revenus mondiaux des résidents et les revenus locaux des non-résidents selon un barème progressif comprenant six tranches : 20 %, 30 %, 41 %, 48 %, 50 % et 55 %. Les revenus inférieurs à 13 308 € sont exonérés. Le taux marginal maximal de 55 % est le troisième plus élevé d’Europe, après le Danemark (55,9 %) et la France (55,4 %) ; à titre de comparaison, le taux maximal moyen dans l’UE est d’environ 42,8 %.
2.3 Impôt sur les sociétés
Depuis 2023, l’impôt sur les sociétés en Autriche est fixé à 24 %, proche de celui de l’Espagne (25 %) et de la Belgique (25 %), supérieur à Singapour (17 %), mais inférieur à l’Afrique du Sud (27 %) et à la moyenne des pays BRICS (27,20 %). Lorsque les bénéfices sont distribués, une retenue à la source sur les dividendes s’applique : 23 % pour les sociétés, 27,5 % pour les autres bénéficiaires.
2.4 Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
Le taux standard de TVA en Autriche est de 20 %, bien que certaines zones comme Jungholz et Mittelberg appliquent un taux réduit de 19 %. Ce taux est légèrement inférieur à la moyenne européenne de 21,6 %. Un taux réduit de 10 % s’applique aux livres, denrées alimentaires, etc., tandis qu’un taux intermédiaire de 13 % concerne les activités culturelles, spectacles, vin et vols intérieurs. Certaines exportations, services transfrontaliers, ainsi que les secteurs médical, éducatif et financier, sont exonérés de TVA.
2.5 Autres taxes
Outre ces impôts, l’Autriche prélève une taxe foncière et une taxe sur les mutations immobilières pour les particuliers. Les entreprises doivent s’acquitter d’une taxe municipale auprès des autorités locales où elles disposent d’un établissement stable, prélever l’impôt sur les salaires des employés, et verser conjointement avec ces derniers diverses cotisations sociales. Dans le cadre de sa politique environnementale, le gouvernement autrichien impose des taxes sur l’énergie, les transports et la pollution, notamment la taxe automobile, une taxe unique d’immatriculation (liée aux émissions de CO₂), la taxe carbone, et la taxe sur les services numériques.
À la différence d’autres juridictions, l’Autriche a supprimé en 2008 les droits de succession et dons formels. Les donations en dessous d’un certain seuil sont exemptées de déclaration : 50 000 € pour les dons entre parents directs ou partenaires, 15 000 € pour les tiers, et 1 000 € pour les objets d’art, biens domestiques ou dons occasionnels. Comparativement, d’autres pays européens maintiennent des taux élevés : par exemple, le Royaume-Uni applique 40 % au-delà de 325 000 £, tandis que la France et l’Allemagne se situent généralement entre 20 % et 45 %.
2.6 Nouvelles règles fiscales en Autriche
En 2025, afin de faire face à l’inflation, le gouvernement autrichien a relevé les seuils d’imposition de l’impôt sur le revenu. À l’exception du taux de 55 % applicable aux revenus excédant 1 million d’euros, tous les autres seuils ont été augmentés d’environ 4 %. Cela signifie que les particuliers dont le revenu annuel dépasse 13 308 € devront payer l’impôt sur le revenu. Certains abattements, tels que ceux pour les parents isolés ou les retraités, ont également été légèrement revalorisés. Pour les petites entreprises, la modification clé concerne la hausse du seuil d’inscription à la TVA, porté de 35 000 € à 55 000 €. Désormais, les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 55 000 € n’ont ni à s’inscrire ni à payer la TVA.
3. Régime fiscal des cryptomonnaies en Autriche
En janvier 2022, l’Autriche a adopté une réforme de la loi sur l’impôt sur le revenu (Einkommensteuergesetz, EStG), mettant à jour l’article 27b relatif aux revenus en capital, établissant ainsi un cadre fiscal systématique pour les cryptomonnaies. Depuis le 1er mars 2022, influencée par l’Agence européenne pour l’environnement (EEA), l’Autriche a engagé une réforme fiscale écologique et sociale (Eco-Social Tax Reform), impactant indirectement sa politique fiscale sur les cryptomonnaies.
En tant que membre fondateur de l’OCDE, l’Autriche doit également respecter le Modèle de convention fiscale de l’OCDE, visant à éviter les doubles impositions, à fournir des orientations contre l’évasion fiscale, et à proposer un cadre standardisé pour les conventions fiscales internationales, facilitant ainsi la coordination et la simplification des affaires fiscales transfrontalières et l’échange d’informations.
3.1 Qualification des cryptomonnaies en Autriche
Le ministère autrichien des Finances (FMA) considère les cryptomonnaies comme des actifs incorporels (intangible assets), et non comme des monnaies légales (fiat currency). Toutefois, les cryptomonnaies sont traitées comme des revenus imposables, encadrées par la loi autrichienne sur l’impôt sur le revenu (EStG).
Selon l’EStG, une cryptomonnaie est définie comme une représentation numérique de valeur, non déterminée ou garantie par une banque centrale ou une institution étatique, sans lien obligatoire avec une monnaie légale, et sans statut légal de monnaie ou moyen de paiement, mais pouvant être acceptée comme moyen d’échange par des personnes physiques ou morales, et transférée, stockée ou échangée par voie électronique. De plus, les créances découlant du transfert de cryptomonnaies sont elles-mêmes considérées comme des cryptomonnaies.
Cette définition couvre les cryptomonnaies publiques acceptées comme moyen d’échange, y compris les stablecoins, mais exclut les jetons non fongibles (NFT) et les jetons adossés à des actifs réels (asset tokens). Ces produits sont soumis aux règles fiscales générales en fonction de leur nature spécifique.
3.2 Régime fiscal spécifique des cryptomonnaies
3.2.1 Impôt sur le revenu des cryptomonnaies (Income Tax)
Conformément à l’article 27a, paragraphe 1, de l’EStG, les revenus liés à la détention de cryptomonnaies sont soumis à un taux spécial de 27,5 %, sans entrer dans le barème progressif des autres revenus. Ces revenus sont classés en deux catégories : revenus courants (current income) et gains réalisés (realised gain). Leurs définitions et opérations imposables sont détaillées ci-dessous.
3.2.1.1 Revenus courants (Current Income)
Les revenus courants proviennent de la détention d’actifs cryptographiques, c’est-à-dire toute rémunération ou gain obtenu par transfert ou échange de cryptomonnaies. Sont imposables : les intérêts perçus par prêt de cryptomonnaies, la fourniture de liquidités dans des protocoles de finance décentralisée (DeFi), la participation au minage de liquidité (liquidity mining), l’exploitation de nœuds maîtres (master node), ou encore les revenus issus des frais de transaction (transaction fee), qu’ils génèrent ou non de nouvelles unités. Ne sont pas imposés, bien qu’ils puissent prêter à confusion : le « staking » impliquant uniquement la validation des transactions sans rémunération directe, les transferts gratuits de cryptomonnaies (airdrops) et les primes (bounties), ainsi que les cryptomonnaies résultant d’un « hard fork ». Comme leur coût d’acquisition est alors considéré comme nul, ils ne sont pas imposés à la réception, mais seront pleinement imposables lors de leur vente ultérieure.
Il convient de noter que, selon le Modèle de convention fiscale de l’OCDE, les revenus du minage ne relèvent ni de l’article 11 (revenus du capital) ni de l’article 7 (activités commerciales), mais sont plutôt classés comme « autres revenus » (article 21), donnant au pays de résidence du contribuable le droit prioritaire d’imposition. Toutefois, sous l’angle du droit autrichien, l’article 27b, paragraphe 2, point 2, qualifie les cryptomonnaies acquises par processus technique de revenus courants.
3.2.1.2 Gains réalisés (Realised Gain)
Les gains réalisés sur la valeur des cryptomonnaies sont imposables lorsqu’elles sont converties en euros ou en autre monnaie fiduciaire, ou utilisées pour acheter des biens ou services. Le gain imposable est calculé comme la différence entre le prix de vente et le coût d’achat, le prix de vente étant pris comme valeur de marché raisonnable. Les frais de transaction (commissions, conseils) peuvent être déduits du coût, mais les dépenses liées aux actifs financiers (électricité, matériel informatique) ne sont pas déductibles, sauf si le contribuable opte pour le mécanisme d’imposition standard (standard taxation option). La conversion d’une cryptomonnaie en une autre n’est pas considérée comme une « cession » (disposal), donc non imposable. Les frais associés (gas fees, commissions de plateforme) ne sont pas considérés comme significatifs et ne sont pas déductibles ; le coût d’acquisition initial est reporté sur la nouvelle cryptomonnaie.
3.2.2 Compensation des pertes
Conformément aux règles fiscales générales autrichiennes, les profits et pertes issus des cryptomonnaies peuvent être compensés avec ceux provenant d’autres actifs financiers, tels que les dividendes ou la cession d’actions.
3.2.3 Revenus commerciaux
Si les revenus tirés des cryptomonnaies sont qualifiés d’activités commerciales en Autriche, ils sont traités comme des bénéfices commerciaux. Dans le secteur des cryptomonnaies, les équipements nécessaires au minage ou au staking sont souvent coûteux et spécialisés, installés en lieu fixe, répondant généralement à la définition d’« établissement stable ». Si la production ou les revenus de cryptomonnaies sont liés à un tel établissement, le pays hôte dispose du droit principal d’imposition. Le pays de résidence de l’entreprise peut exonérer ces revenus, mais applique toutefois un traitement progressif (progression).
En principe, le taux spécial de 27,5 % s’applique aux actifs commerciaux et aux actifs financiers traditionnels. Toutefois, si les revenus en cryptomonnaies constituent l’activité principale de l’entreprise, ce taux spécial ne s’applique pas. Ainsi, les entreprises exerçant des activités commerciales avec des cryptomonnaies ou pratiquant le minage commercial ne bénéficient pas de ce régime. Leurs revenus sont imposés selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les pertes nettes issues de la détention de cryptomonnaies, si elles font partie d’un actif d’entreprise, sont traitées comme des pertes sur actifs commerciaux.
3.2.4 Impôt sur les plus-values (Realized Capital Gain)
À compter du 31 décembre 2023, les prestataires de services en Autriche doivent percevoir l’impôt sur les plus-values. À partir de 2025, toute entité tenue de retenir cet impôt devra produire un rapport fiscal sur tous les revenus en cryptomonnaies (sur demande du contribuable).
Depuis 2023, seule la réalisation d’un profit lors de la vente de cryptomonnaies est imposable (taux habituel de 27,5 %). En cas de perte, celle-ci peut être imputée sur les gains futurs issus d’autres cryptomonnaies, réduisant ainsi la charge fiscale globale. Contrairement à l’ancien régime, la nouvelle règle limite l’événement imposable aux transactions bénéficiaires, et introduit la possibilité d’imputer les pertes. Il convient de préciser que cette règle concerne principalement la valorisation d’actifs via la vente, tandis que le minage, les airdrops, etc., sont traités comme des revenus actifs, non soumis à l’impôt sur les plus-values.
3.2.5 Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
En tant que membre de l’UE, l’Autriche suit la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) concernant les cryptomonnaies. L’échange entre Bitcoin et monnaie fiduciaire est exempt de TVA. Les institutions offrant des services liés au Bitcoin sont traitées comme des prestataires de services monétaires classiques, la base d’imposition étant déterminée par la valeur des actifs Bitcoin. Par ailleurs, conformément à la jurisprudence CJUE (arrêt Hedqvist du 22 octobre 2015, affaire C-264/14), l’exploitation minière de Bitcoin n’est pas soumise à la TVA, faute de prestation de service identifiable.
4. Réglementation des cryptomonnaies
4.1 Règlement sur les marchés d’actifs cryptographiques (MiCAR)
Le règlement MiCAR vise à créer un cadre réglementaire européen harmonisé pour encadrer l’émission publique, l’accès aux marchés et la prestation de services relatifs aux cryptomonnaies dans l’UE, tout en favorisant l’innovation, exploitant le potentiel des cryptomonnaies, et assurant la stabilité financière et la protection des investisseurs.
MiCAR définit de manière technologiquement neutre la « cryptomonnaie » comme : « une représentation numérique de valeur ou de droits, transférable et stockable électroniquement via la technologie de registre distribué ou similaire ». Le texte encadre notamment la transparence et les obligations d’information lors de l’émission et du négoce, les exigences d’autorisation et de surveillance continue des prestataires de services sur actifs cryptographiques (CASPs) et des émetteurs, les normes organisationnelles des entreprises, les règles de protection des investisseurs et consommateurs lors de l’émission, du négoce et de la conservation, ainsi que des mesures contre la manipulation de marché. Il prévoit des pouvoirs de sanction (injonction, suspension, mise en conformité), un mécanisme de sanctions administratives, des obligations de déclaration et des procédures visant à assurer la cohérence avec les normes et directives européennes.
Le 3 juillet 2024, le parlement autrichien a adopté la loi de mise en œuvre du règlement MiCA (MiCA-VVG), entrée en vigueur le 20 juillet 2024. L’Autorité autrichienne des marchés financiers (FMA) en est l’autorité compétente, avec la Banque nationale d’Autriche comme partenaire, pour superviser les plateformes de cryptomonnaies opérant en Autriche, qui doivent désormais s’enregistrer selon MiCAR. MiCAR procède à une reclassification des jetons fonctionnels et de paiement, imposant des exigences différenciées en matière de prospectus.
4.1.1 Jeton indexé sur un actif (Asset-Referenced Token, ART)
L’ART est une cryptomonnaie distincte du jeton monnaie électronique (EMT), dont la valeur est stabilisée par référence à un autre actif, droit ou combinaison (Article 3(1)(6) de MiCAR).
Conformément aux articles 16 et 20 de MiCAR, tout émetteur d’ART doit obtenir une autorisation préalable, et être une personne morale établie dans l’UE ou une entité autorisée. La procédure d’autorisation débute par une demande formelle (article 18 de MiCAR). Actuellement, les standards techniques restent en projet et la période de transition pourrait s’achever le 31 décembre 2025.
La demande doit inclure un avis juridique confirmant l’existence effective de la cryptomonnaie, son appartenance au champ de MiCAR, et son exclusion du statut d’EMT. Enfin, l’émetteur doit publier un livre blanc approuvé avant toute émission.
4.1.2 Jeton monnaie électronique (Electronic Money Token, EMT)
La valeur de l’EMT est stabilisée par ancrage à une monnaie officielle (ex. euro, dollar), assimilable à un stablecoin indexé sur une monnaie unique, spécifiquement défini et réglementé par MiCAR.
Conformément à l’article 81(1) de MiCAR, seules les institutions de crédit ou les établissements de monnaie électronique peuvent émettre des EMT. Comme les EMT sont juridiquement classés comme de la monnaie électronique, les chapitres II et III de la directive sur la monnaie électronique (EMD) s’appliquent également. Contrairement aux ART, les émetteurs d’EMT ne doivent pas obtenir d’autorisation, mais simplement notifier leur activité à l’Autorité des marchés financiers (FMA) et publier un livre blanc.
4.1.3 Autres cryptomonnaies
Les jetons utilitaires (utility tokens) et le Bitcoin, qui ne sont ni ART ni EMT, et ne relèvent pas des exclusions de MiCAR, n’ont pas besoin d’autorisation d’émission, mais doivent publier un livre blanc et respecter des obligations de marketing équitable, de lutte contre la fraude et de divulgation d’informations.
4.2 Loi relative à la lutte contre le blanchiment d’argent (AML)
Un objectif central du secteur financier autrichien est de prévenir l’utilisation des marchés et systèmes financiers pour dissimuler ou transférer des actifs d’origine illégale, ou financer le terrorisme. Les acteurs financiers doivent donc prendre des mesures préventives (connaître son client - KYC, traçabilité des flux monétaires).
Certaines activités liées aux cryptomonnaies peuvent être soumises aux lois sur le transfert de fonds. Si une cryptomonnaie est conçue comme moyen de paiement entre tiers, avec une large diffusion géographique, variété de biens/services ou nombre d’utilisateurs, une licence peut être requise. De même, toute entité gérant des comptes liés à des monnaies, instruments ou moyens de paiement pourrait nécessiter une licence de prestataire de services de paiement (PSP).
Toute activité suivante : conservation des clés privées cryptographiques pour le compte de clients (portefeuilles gérés), échange entre cryptomonnaies et monnaies fiduciaires, entre cryptomonnaies, transfert de cryptomonnaies, ou prestation de services financiers liés à l’émission et à la vente de cryptomonnaies — exige l’enregistrement auprès de la FMA en tant que prestataire de services sur actifs virtuels (VASP), et le respect des obligations AML, KYC et de diligence client.
4.3 Champ d’application de la réglementation fiscale sur les cryptomonnaies
Conjointement à la réforme fiscale écologique et sociale (Eco-Social Tax Reform), l’obligation d’imposer les revenus liés à la détention de cryptomonnaies est entrée en vigueur le 1er mars 2022, s’appliquant aux cryptomonnaies acquises après le 28 février 2021 (dites « nouveaux actifs »). Les cryptomonnaies détenues avant cette date (« anciens actifs ») restent régies par les règles antérieures, traitées comme des biens économiques.
Toutefois, si un « ancien actif » acquis avant le 1er mars 2021 est utilisé pour générer des revenus courants, ou s’il donne lieu à l’acquisition de nouvelles cryptomonnaies via staking, airdrop, bounty ou hard fork, les nouvelles acquisitions sont soumises aux règles fiscales prévues à l’article 27b(2) de l’EStG, et sont dès lors considérées comme des « nouveaux actifs ».
4.4 Coopération et régulation internationale des cryptomonnaies
Au niveau international, l’OCDE fournit à l’Autriche un cadre de coordination fiscale, guidant la répartition des droits d’imposition sur les cryptomonnaies. Par exemple, les revenus du minage, classés comme « autres revenus », sont imposés dans le pays de résidence du contribuable. Pour les revenus commerciaux, le pays de résidence de l’entreprise a priorité pour imposer ces bénéfices, sauf si l’activité s’exerce via un établissement stable dans un autre État contractant (selon l’article 5 du Modèle OCDE).
L’OCDE promeut actuellement un Cadre de déclaration pour les actifs cryptographiques (Crypto-Asset Reporting Framework, CARF), visant à instaurer un mécanisme mondial d’échange automatique d’informations. L’Autriche sera tenue de se conformer à la norme AEOI.
Par ailleurs, afin d’éviter les doubles impositions, l’Autriche a conclu des conventions contre les doubles impositions (CDI) conformes au modèle OCDE avec plusieurs pays. Ces accords clarifient les droits d’imposition entre États, empêchant la double imposition lorsque des résidents ont des obligations fiscales dans plusieurs pays. Ce mécanisme repose sur un partage étroit d’informations et une coopération internationale, jouant aussi un rôle dans la lutte contre le blanchiment.
En tant que membre du Groupe d'action financière (GAFI / FATF), l’Autriche suit étroitement les recommandations du FATF sur les « actifs virtuels et leurs prestataires de services (VASP) ». Ces lignes directrices imposent aux plateformes de cryptomonnaies des obligations de conformité, notamment la mise en œuvre de procédures KYC, la vérification des clients, et la déclaration des transferts suspects à l’Unité d’information financière autrichienne (FIU).
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