
La forme ultime d'Uber Eats : des robots livreurs qui utilisent la DeFi pour racheter des rues entières
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La forme ultime d'Uber Eats : des robots livreurs qui utilisent la DeFi pour racheter des rues entières
Cet article explore l'avenir de l'économie des machines.
Rédaction : Paige Xu
Traduction : white55, Mars Finance
Nous avons tous vécu ce « moment de commande de nourriture » : un simple clic sur le téléphone, et un burrito est déjà en route. Mais cette fois, imaginez qu’aucun chauffeur humain ne circule dans la circulation pour vous livrer. À la place, un robot de livraison guidé par des capteurs et une intelligence artificielle avance en bourdonnant sur le trottoir, ou bien une voiture autonome transportant un robot humanoïde dépose votre repas à votre porte, résolvant ainsi le défi du « dernier kilomètre ».
Le plus fascinant, c’est ce qui se passe en coulisses, hors de vue.
Pendant que ce robot traverse la ville, il effectue aussi des transactions. Il paie en dollars sur chaîne des frais de passage via une route intelligente privée ; il donne un pourboire à un oracle de navigation décentralisé pour obtenir l’itinéraire de déviation le plus rapide ; il se recharge rapidement dans une station alimentée par énergie solaire grâce à des micropaiements ; et au moment précis où il termine la livraison de votre commande, les frais de service gagnés sont versés directement dans son propre coffre-fort numérique sur chaîne. Voilà à quoi ressemble le commerce machine-à-machine (M2M).
Des robots dotés de portefeuilles
Au cours des dix dernières années, nous avons accordé de l’autonomie aux algorithmes : recommander de la musique, filtrer l’actualité, voire trader des actions. Aujourd’hui, nous leur conférons cette autonomie accompagnée d’argent — et donc d’agence (agency).
Grâce à la finance décentralisée (DeFi), aux contrats intelligents et aux API lisibles par les machines, les portefeuilles numériques offrent aux machines une véritable autonomie : négocier en temps réel des conditions avec des bornes de recharge, des fournisseurs de services ou d’autres machines ; générer des revenus en proposant des services comme la livraison, la collecte de données ou la maintenance des infrastructures ; et payer leurs besoins opérationnels tels que carburant, réparations ou mises à jour logicielles.
Fondamentalement, les robots évoluent d’outils en agents autonomes, devenant des acteurs économiques à part entière, dotés de leurs propres droits.
L’émergence d’une main-d’œuvre synthétique
Pendant des siècles, la « main-d’œuvre » a signifié des êtres humains exécutant des tâches contre salaire. Aujourd’hui, nous assistons à l’aube de la main-d’œuvre synthétique (synthetic labor) : des robots et agents IA fournissant des services sur chaîne et générant des revenus, allant jusqu’à financer leur propre existence.
Un robot de livraison peut choisir des missions mieux rémunérées selon la demande du marché ; un drone peut ajuster dynamiquement ses tarifs pendant une crise météorologique ; un agent IA juridique peut soumissionner pour des micro-contrats destinés à des start-ups ayant besoin d’un examen réglementaire rapide.
Ces agents sont conçus pour l’optimisation, et n’ont absolument pas besoin de congés maladie. Cela transforme la nature même du travail, de la création de valeur, voire du sens du mot « travail ».
Selon Kevin Leffew, responsable de la plateforme développeur AgentKit chez Coinbase, nous entrons dans une ère où les machines ne sont plus seulement des outils, mais participent activement à l’économie. Il s’agit d’un changement structurel dans la manière dont les logiciels interviennent sur les marchés : en gagnant, en dépensant, voire en fonctionnant de manière indépendante.
Qui est payé, et qui est remplacé ?
Si votre robot de livraison génère des revenus, une question se pose : à qui appartiennent ces revenus ? À l’entreprise ? À la DAO qui gère les robots ? À vous, utilisateur ? Ou peut-être… à personne ?
Et si les robots accomplissent des transactions, distribuent des pourboires, facturent des services et collaborent à une vitesse largement supérieure à celle des humains, que deviendront les personnes qu’ils remplacent ?
L’économie des machines promet une efficacité accrue, mais menace aussi d’écarter progressivement les humains de la chaîne de valeur. Pour la comprendre, nous avons besoin de nouveaux modèles de propriété. Peut-être que chaque citoyen pourrait posséder des parts des robots opérant dans sa ville ; peut-être que les robots de livraison devraient payer une taxe locale ; peut-être que vous recevriez des jetons à chaque fois que vous acceptez une livraison.
Accorder une autonomie financière à l’IA crée une nouvelle catégorie d’acteurs capables de diffuser la valeur à travers toute l’économie, tout en posant de nouveaux défis de collaboration homme-machine.
Le coût caché derrière la commodité
La vision de l’« économie des machines autonomes » est séduisante : pas d’intermédiaires, pas d’inefficacités. Des machines capables de générer des revenus, de consommer de façon autonome et de s’intégrer parfaitement à notre quotidien, c’est comme si Uber Eats rencontrait DeFi, puis le monde de Wall-E.
À terme, le nombre de robots dépassera-t-il celui des travailleurs de l’économie de petits boulots ? Les agents autonomes pourront-ils former des DAO afin de posséder collectivement les infrastructures qu’ils exploitent ?
Que se passera-t-il lorsque votre drone de livraison vous facturera un prix plus élevé en heure de pointe ? Pas parce qu’il est malveillant, mais parce qu’il est rationnel et cherche à maximiser ses profits.
Les machines paient des péages et collaborent entre elles ; chaque micropaiement réécrit fondamentalement la logique du fonctionnement des marchés.
Dans cette économie, le code est la main-d’œuvre, le portefeuille est l’autonomie, et les données sont la monnaie. Si les robots peuvent gagner, dépenser et échanger, ils ont besoin de mécanismes de contrôle et de responsabilité. Ce qui suppose des cadres juridiques, et pas seulement des protocoles.
Si nous ne fixons pas de limites dès maintenant, la prochaine fois qu’un robot se présentera à votre porte, ce ne sera peut-être pas juste pour livrer un repas ; ce sera peut-être pour acheter votre maison.
Et devinez quoi ?
Il aura déjà son portefeuille prêt.
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