
La gestion juridique actuelle des monnaies virtuelles en Chine : une étude sur la conformité des voies de traitement
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La gestion juridique actuelle des monnaies virtuelles en Chine : une étude sur la conformité des voies de traitement
Actuellement, il est difficile que le traitement judiciaire des cryptomonnaies soit centralisé par un organisme ou une institution étatique comme certains l'avaient prédit ou espéré, car cela soulève de grandes questions relatives à la compétence financière et à la compétence juridictionnelle.
Rédaction : Liu Zhengyao
I. La nécessité de la gestion judiciaire des monnaies virtuelles
De point de vue des autorités judiciaires, il existe deux types courants de traitement judiciaire des monnaies virtuelles impliquées dans des affaires pénales : le premier consiste, avant tout jugement du tribunal, à ce que les organes de police ou judiciaires vendent et convertissent en espèces les monnaies virtuelles saisies ; le second intervient après l'entrée en vigueur du jugement pénal, où ces mêmes autorités procèdent alors à la gestion des monnaies virtuelles concernées. Ces deux modèles reposent sur des bases juridiques précises, que nous ne détaillerons pas ici.
Nous allons plutôt nous intéresser à la question suivante : pourquoi un tel traitement judiciaire des monnaies virtuelles est-il nécessaire ?
Jusqu’en 2021, la politique chinoise de régulation des monnaies virtuelles s'est progressivement resserrée. Le 15 septembre 2021, dix départements gouvernementaux ont conjointement publié le « Avis sur le renforcement de la prévention et de la gestion des risques liés à la spéculation et aux transactions de monnaies virtuelles » (appelé ci-après le « Avis du 24 septembre »), qui a établi la position officielle de la Chine sur les monnaies virtuelles depuis cette date. Ce document stipule notamment que :
(1) Les monnaies virtuelles telles que le Bitcoin, l’Ethereum ou l’USDT ne sont pas des monnaies légales et ne doivent ni ne peuvent circuler comme telles sur le marché ; (2) Il est strictement interdit aux entités situées en Chine continentale d’exercer des activités d’échange entre monnaies virtuelles et monnaie légale, des échanges entre monnaies virtuelles (« coin-to-coin »), ou de fournir des services de cotation et d’information relatifs aux transactions de monnaies virtuelles ; (3) Il est strictement interdit aux plateformes d’échange de monnaies virtuelles établies à l’étranger de proposer leurs services aux utilisateurs situés en Chine continentale.
C’est précisément là qu’apparaît une contradiction. Dans les affaires pénales impliquant des monnaies virtuelles, les biens saisis prennent souvent la forme de divers types de monnaies numériques, qui sont conservés comme preuves ou actifs saisis. Pour les affaires devant faire l’objet d’une confiscation (telles que celles liées aux pyramides financières, à l’exploitation illégale de casinos, ou à l’exercice illégal d’activités commerciales), en vertu du « Avis du 24 septembre », les tribunaux ne peuvent pas ordonner que les monnaies virtuelles saisies soient transférées directement au Trésor public. Elles doivent impérativement être converties en monnaie légale avant confiscation.
Pourtant, la Chine interdit formellement toute activité d’échange entre monnaies virtuelles et monnaie légale. Cette interdiction crée donc un conflit insoluble entre la nécessité, dans le cadre d’un processus judiciaire, de convertir des monnaies virtuelles en monnaie fiduciaire, et l’interdiction absolue, sur le territoire chinois, d’effectuer de telles conversions. C’est cette contradiction qui fait que toutes les opérations de gestion judiciaire légitimes des monnaies virtuelles doivent aujourd’hui être réalisées à l’étranger.

II. Les modèles courants actuels de gestion
D’après mon expérience pratique et mes échanges avec diverses entreprises spécialisées dans la gestion des actifs, je peux résumer les modèles actuellement utilisés comme suit :
Le premier modèle est celui de la **gestion conjointe Chine-Étranger**. Il s’agit du modèle le plus répandu actuellement. Une entreprise intermédiaire basée en Chine signe un contrat de mandat avec l’autorité judiciaire ou le suspect, puis délègue la gestion effective à un partenaire établi à l’étranger. Ce partenaire doit respecter la législation locale et disposer des agréments requis pour effectuer des opérations d’échange entre monnaies virtuelles et monnaie légale. Après conversion, les fonds en monnaie fiduciaire sont transférés sur le compte de l’entreprise intermédiaire en Chine, qui procède ensuite au change et verse le montant final sur le compte de l’autorité judiciaire ou sur un compte fiscal désigné.
Le deuxième modèle consiste à réaliser la **gestion dans des zones de libre-échange sino-étrangères**. Certaines entreprises s’installent dans des zones de libre-échange conjointement développées par la Chine et un pays étranger, bénéficiant ainsi d’un régime juridique hybride permettant de contourner l’interdiction chinoise des transactions en monnaies virtuelles. La vente s’effectue alors sous forme d’enchères publiques : l’autorité judiciaire concernée se rend sur place avec les monnaies virtuelles à vendre, et le prix le plus élevé remporte l’enchère. L’entreprise gestionnaire reverse ensuite les fonds obtenus en Chine via les canaux bancaires classiques de change.
Le troisième modèle repose sur une **collaboration directe avec une banque étrangère**. Certains acteurs concluent des partenariats avec des banques étrangères agréées pour convertir des monnaies virtuelles en monnaie fiduciaire. Une fois la conversion effectuée, les fonds en devise sont rapatriés en Chine.
Le quatrième modèle consiste à **faire racheter les monnaies virtuelles par leur émetteur**. En 2023, la Direction provinciale des finances du Shandong a publié un document (« Règlement provisoire sur la gestion des objets confisqués », n° Lu Cai Shui [2023] 18), stipulant que les autorités chargées de l’application de la loi pouvaient négocier avec l’émetteur de la monnaie virtuelle pour son rachat, à un prix ne représentant pas moins de 80 % de sa valeur marchande. Cela a permis l’émergence d’un nouveau modèle : pour les monnaies virtuelles centralisées (comme l’USDT), certaines sociétés de gestion ont noué des accords avec Tether afin que celle-ci rachète directement les USDT saisis, en versant à la société gestionnaire une somme en devise correspondant à au moins 80 % de leur valeur. La société gestionnaire peut ensuite rapatrier ces fonds en Chine après change.
III. Vers un modèle de gestion conforme ?
Depuis 2020 (voire avant), la gestion judiciaire des monnaies virtuelles a connu trois phases successives : Gestion 1.0, 2.0 et 3.0. Bien entendu, cette classification chronologique se base principalement sur l’évolution du premier modèle décrit ci-dessus. Les autres modèles (zones de libre-échange, banques étrangères, rachat par l’émetteur) n’ont pas encore montré de progrès significatif comparable.
Lors de la phase 1.0, les entreprises chinoises achetaient directement les monnaies virtuelles aux autorités judiciaires en yuans. Or, selon le « Avis du 24 septembre », cette pratique constitue fondamentalement une activité financière illégale. À l’étape 2.0, des entreprises intermédiaires sont apparues en Chine, déplaçant la véritable opération à l’étranger. Toutefois, cette opération n’était pas toujours conforme aux réglementations locales (par exemple, certains pays interdisent aussi les échanges de monnaies virtuelles ; ou bien la vente se faisait à des particuliers étrangers sans contrôle anti-blanchiment ni lutte contre le financement du terrorisme). Par ailleurs, lors du rapatriement des fonds, les opérations de change étaient souvent réalisées sous couvert de commerce de biens, de services ou d’investissements, sans correspondre à une réalité économique réelle, violant ainsi les règles de l’Administration d’État des changes.
À l’ère 3.0, la plupart de ces problèmes ont été corrigés. Toutefois, certains points restent à améliorer : fixation transparente du cours de référence des monnaies virtuelles, absence d’avis juridique émis par des cabinets d’avocats sino-étrangers, absence d’annexe blockchain traçant les transactions à l’étranger, ou encore absence d’un mécanisme efficace pour empêcher le reflux des monnaies virtuelles confisquées vers la Chine.
En résumé, le modèle de gestion actuellement le plus conforme semble être celui de la coopération transfrontalière Chine-Étranger. Néanmoins, des ajustements restent nécessaires pour garantir la conformité totale en matière de change, de transactions à l’étranger, d’encadrement juridique et de traçabilité blockchain. Ces questions techniques seront abordées plus en détail par Maître Liu dans ses prochains articles ou vidéos.

IV. Conclusion
Il est peu probable, contrairement à ce que certains anticipent ou espèrent, que la gestion des monnaies virtuelles soit un jour centralisée sous l’autorité unique d’un département ou d’une institution nationale. Derrière cette question se cachent des enjeux majeurs de compétence financière et judiciaire. Actuellement, même les affaires traitées au niveau local ne sont pas nécessairement signalées aux autorités provinciales, et même si celles-ci ou des ministères centraux en ont connaissance, elles ne peuvent pas intervenir directement. Ces réalités ne relèvent ni d’une disposition légale précise, ni d’un ouvrage de droit, et dépassent largement le champ d’influence des avocats. Notre rôle consiste simplement à servir nos clients au mieux, en veillant à ce que chaque opération de gestion soit menée de manière légale, sécurisée, efficace et sans conséquences futures indésirables.
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