
La gestion judiciaire des monnaies virtuelles est devenue une « nécessité impérieuse », avec trois difficultés principales.
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La gestion judiciaire des monnaies virtuelles est devenue une « nécessité impérieuse », avec trois difficultés principales.
Il est très important de partager l'argent légalement dans un programme.
Auteur : Liu Honglin
Ces dernières années, nous pouvons clairement constater un changement : le nombre d'affaires criminelles liées aux monnaies virtuelles traitées par les organes de sécurité publique augmente sensiblement. Que ce soit la fraude télécom, les canaux de blanchiment, les pyramides financières organisées ou même des projets locaux de type Ponzi, de plus en plus de flux financiers finissent par se matérialiser sur la chaîne ou dans des comptes d'échanges, et le statut des monnaies virtuelles dans ces affaires est passé du simple « actif périphérique » au rôle central d'« objet principal ». Autrement dit, bien que la Chine continentale maintienne une approche réglementaire marginale vis-à-vis des monnaies virtuelles, celles-ci sont désormais pleinement entrées dans le champ principal de l'application pénale chinoise.
Par conséquent, la question de la gestion judiciaire des monnaies virtuelles n'est plus une option du type « faut-il ou non agir », mais un problème concret posant les questions pratiques de « comment faire » et « qui doit le faire ». C’est une problématique sans laquelle aucune action ne peut être entreprise : dès lors qu'une affaire s'approfondit et que de nombreux jetons sont saisis, les étapes suivantes — restitution, remboursement ou liquidation — se heurtent inévitablement à la difficulté de la « gestion ».
Aujourd’hui, nous assistons enfin à la mise officielle de ce sujet à l’ordre du jour — que ce soit via les recherches internes de la Cour populaire suprême, l’exploration par le Ministère de la Sécurité publique de mécanismes opérationnels, ou encore les études académiques et sectorielles, tous cherchent à établir un cadre exécutable et reproductible pour la gestion judiciaire de ces cas.
En tant que professionnels du droit, l’équipe d’avocats Manqin, dont fait partie Me Honglin, a participé à plusieurs projets d’échanges transnationaux et d’assistance judiciaire, et souhaite ici partager quelques observations et réflexions.
Les nouveaux points de blocage dans les affaires impliquant des cryptomonnaies
Voici un détail très concret : au cours des deux dernières années, de nombreuses affaires de clients avec lesquels j’ai été en contact se sont heurtées à une impasse au stade de la gestion judiciaire. Dans certains cas, c’était dû à des limites techniques de traçabilité sur la chaîne, empêchant d’associer les jetons saisis à une identité ou à une clé privée correspondante ; dans d’autres, bien que des comptes aient été gelés et des actifs bloqués, personne ne savait quoi faire de ces USDT ainsi immobilisés.
Dans les méthodes traditionnelles d’enquête, le gel d’un compte bancaire est une procédure courante : un simple arrêté judiciaire suffit, les banques coopèrent au gel, au transfert ou à la restitution, et tout s’enchaîne sans accroc. Mais face aux monnaies virtuelles, cette fluidité disparaît :
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Premièrement, ces actifs n’ont souvent aucun « émetteur » ou « institution d’émission » clairement identifié, ni de « compte unique », mais sont dispersés entre diverses adresses, comptes d’échange et portefeuilles froids, rendant floue toute identification du responsable de leur gestion ;
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Deuxièmement, même quand il existe un compte sur une plateforme, beaucoup d’entre elles étant situées à l’étranger, les autorités chinoises n’ont pas de pouvoir d’intervention direct, et doivent compter sur la « coopération volontaire » de la plateforme, ce qui soulève toute une série de questions — mécanisme de coordination, accords préalables, coûts de confiance, etc. ;
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Troisièmement, même lorsque les actifs sont récupérés, il n’existe toujours aucun protocole établi pour leur valorisation, leur conversion en espèces, ou leur redistribution.
Face à cela, certaines polices locales ont commencé à appliquer des solutions empiriques : exploiter les traces visibles sur la blockchain, faire appel à des tiers locaux spécialisés pour l’évaluation, voire demander directement au projet concerné de racheter les actifs pour restituer aux victimes. Ces méthodes peuvent sembler rudimentaires, mais en l’absence de directives uniformes, ces initiatives locales autonomes ont permis de débloquer certains dossiers.
Cependant, ces approches entraînent également d’importants risques en matière de conformité et d’exécution. Par exemple, le prix de traitement d’un même type de jeton varie fortement selon les villes, donnant lieu à des controverses sur des ventes à bas prix ou des transactions opaques, voire à de nouvelles plaintes indépendantes de l'affaire initiale. Cette situation oblige désormais les autorités centrales à prendre au sérieux ce « nouveau point de blocage » : si l’on veut résoudre les affaires et exécuter les décisions, il faut absolument régler la question de la gestion judiciaire des monnaies virtuelles.
Ainsi, selon les informations disponibles, des études thématiques ont déjà été menées à plusieurs reprises au sein du Ministère de la Sécurité publique, du Parquet populaire suprême et de la Cour populaire suprême. Des universités telles que l’Université de droit et sciences politiques du Sud-Ouest ou l’Université de droit et sciences politiques de Chine ont formé des groupes de recherche afin d’élaborer un modèle opérationnel applicable de manière générale. Lors de discussions avec plusieurs plateformes d’actifs cryptographiques à Hong Kong, on observe aussi que certaines grandes plateformes cherchent activement à collaborer avec les autorités chinoises, souhaitant jouer à l’avenir le rôle de « pont conforme » dans les processus de gestion.
Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’une demande locale d’exécution, mais d’un effort national en cours pour construire un système réglementaire cohérent.
À qui revient le droit de gestion ? Enjeu derrière le mécanisme d’incitation financière
Si la première section concerne la « difficulté opérationnelle », la seconde touche à la « faible motivation ».
Nous devons reconnaître une réalité : les systèmes locaux de sécurité publique en Chine vivent depuis longtemps dans une logique où ils doivent « assurer eux-mêmes leurs ressources ». Les enquêtes, la récupération transfrontalière de fonds détournés, la traçabilité numérique coûtent cher. Si, après avoir découvert des millions, voire des centaines de millions de yuans en monnaies virtuelles, l’intégralité de ces actifs doit être versée au Trésor central, cela revient pour les forces locales à « travailler pour rien ».
C’est pourquoi de nombreuses polices locales éprouvent un sentiment ambivalent : d’un côté, elles souhaitent sincèrement renforcer la rigueur et la conformité de leurs interventions ; de l’autre, elles redoutent qu’un mécanisme de gestion trop centralisé aboutisse à une situation où « celui qui mène l’enquête ne bénéficie pas des fruits de son travail ».
Dans ce contexte, si la compétence de gestion n’est pas clairement définie, ni un mécanisme équitable de partage budgétaire mis en place, l’enthousiasme des équipes opérationnelles va s’affaiblir. Nous observons déjà certaines juridictions adopter une attitude du type « l’enquête s’arrête au moment où les cryptomonnaies sont identifiées », afin d’éviter toute responsabilité dans la gestion ultérieure des actifs.
La question se pose donc :
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L’autorité chargée de la gestion judiciaire des monnaies virtuelles doit-elle être la police municipale, la brigade économique provinciale, ou un organe directement rattaché au Ministère de la Sécurité publique ?
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Les revenus provenant de la liquidation des actifs doivent-ils rester à disposition des collectivités locales comme complément budgétaire, ou doivent-ils intégralement être versés au Trésor national ?
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Les coûts d’enquête seront-ils couverts ? Existe-t-il une incitation pour les agents impliqués ? Un mécanisme de subvention pour les frais d’enquête sera-t-il introduit à l’avenir ?
Sans réponse à ces questions, aucun prétendu « mécanisme standardisé de gestion » ne pourra véritablement fonctionner sur le terrain. À mon avis, si l’État souhaite institutionnaliser ce dispositif, il ne suffira pas de normaliser les aspects techniques et procéduraux : la clé réside surtout dans une répartition équitable des intérêts financiers. Il s’agit en réalité d’une refonte du système de gouvernance et du mécanisme d’incitation à l’action judiciaire.
Sur le territoire ou à l’étranger ? Le « no man’s land » de la gestion doit être éclairé
Une fois clarifiées les deux premières questions, on peut aborder celle du « comment concrètement gérer ». Et là se trouve précisément l’un des écosystèmes les plus réels et sensibles du moment.
La tendance actuelle montre qu’un nombre croissant d’opérations de gestion judiciaire tentent de contourner le système intérieur, en passant directement par des plateformes d’échange à Hong Kong ou à Singapour pour liquider les actifs. Ce choix répond à une nécessité pratique : d’un côté, les banques et institutions financières nationales refusent généralement toute activité liée aux actifs cryptographiques ; de l’autre, la capacité réelle de règlement des plateformes se situe majoritairement à l’étranger, et la conformité opérationnelle à Hong Kong présente un coût relativement faible, facilitant la boucle complète du processus.
Mais cela crée un nouveau problème : si nous acceptons implicitement que la gestion judiciaire doive s’effectuer sur des plateformes étrangères, alors :
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Quelles plateformes peuvent être « agréées » ? Existe-t-il une « liste blanche » officiellement reconnue ?
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Faut-il signer des accords de coopération judiciaire ? Quelles obligations les plateformes doivent-elles assumer ?
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Quelles entreprises nationales peuvent devenir des intermédiaires dans la gestion judiciaire ? Comment définir leur statut, leurs tarifs et leurs prérogatives ?
Actuellement, certaines institutions tierces tentent d’entrer sur ce marché, en proposant de prendre en charge mandatées par la police les évaluations, la gestion fiduciaire ou l’assistance aux transactions à l’étranger. Mais le problème est que ce domaine manque encore de système public et transparent d’appel d’offres et de cadre réglementaire, risquant de devenir un secteur gris dominé par les relations personnelles.
Par ailleurs, nous constatons que de nombreuses plateformes entrent proactivement en contact avec les autorités policières — mais il reste difficile de distinguer entre une « coopération conforme » et une « stratégie commerciale ».
À long terme, je pense que les autorités nationales finiront par instaurer un « mécanisme de liste blanche judiciaire » et des « lignes directrices de gestion », comprenant notamment :
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La publication d’une liste officielle des plateformes habilitées à coopérer avec les forces de l’ordre et la définition de leurs obligations ;
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L’exigence que tout processus de gestion soit traçable et vérifiable ;
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La création de comptes spéciaux transfrontaliers pour la gestion judiciaire, afin de surveiller les flux d’entrée et de sortie des actifs ;
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L’encouragement à la participation de cabinets d’avocats, d’auditeurs et d’institutions technologiques nationales dans tout le cycle, afin d’améliorer la rigueur du processus.
Il s’agit à la fois de garantir une gestion légale et conforme des actifs, et d’assurer une protection de base aux utilisateurs et aux parties concernées par les affaires.
Recommandations du cabinet Manqin
La gestion judiciaire des monnaies virtuelles semble à première vue relever d’une question technique, mais elle représente en réalité un processus continu d’amélioration de la capacité du système judiciaire à gouverner les nouveaux actifs numériques. Que ce soit en matière de traçabilité des origines des actifs, de contrôle et de liquidation des actifs sur la chaîne, ou de construction de mécanismes de coopération transfrontalière, des pistes de plus en plus structurées sont en train d’émerger.
Nous constatons que de plus en plus de polices locales ne fuient plus ce sujet, mais cherchent activement à collaborer avec des plateformes, des cabinets d’avocats et des institutions technologiques pour élaborer des procédures à la fois adaptées à la réalité opérationnelle et capables de résister à tout contrôle. Nous voyons aussi que des chercheurs universitaires, des organismes politiques et des institutions judiciaires fournissent un appui théorique et des références réglementaires pour rendre cette voie reproductible et normalisée.
Pour le secteur, cela signifie qu’un environnement de gestion plus stable et prévisible est en train de se construire. Cela facilitera non seulement l’avancement des affaires, mais aussi soutiendra fondamentalement le développement sain de l’écosystème des actifs numériques. Plus important encore, une fois pleinement mature, ce mécanisme deviendra une « procédure standard » du système judiciaire chinois face à l’ère future des actifs numériques, jetant des bases solides pour les prochaines étapes de gouvernance.
Nous croyons qu’avec les efforts conjoints de toutes les parties, la gestion judiciaire des monnaies virtuelles cessera d’être une « zone opaque » dans les enquêtes, pour devenir une étape transparente, conforme et efficace de l’action judiciaire. Et cet effort contribuera in fine à orienter tout le secteur vers un développement plus clair et ordonné.
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