
Dialogue Arthur Hayes : Le pari risqué de Trump sur les tarifs douaniers, l'ETH retrouvera un nouveau plus haut historique, l'introduction en bourse de Circle n'est pas un investissement intéressant
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

Dialogue Arthur Hayes : Le pari risqué de Trump sur les tarifs douaniers, l'ETH retrouvera un nouveau plus haut historique, l'introduction en bourse de Circle n'est pas un investissement intéressant
Arthur Hayes estime qu'Ethereum est la première couche principale la plus sous-estimée et qu'elle atteindra son sommet historique avant Solana, tout en restant prudemment haussier sur SOL.
Invité du podcast : Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX et CIO de Maelstrom
Rédaction : BitpushNews

Résumé : Dans cet épisode du podcast, Arthur Hayes aborde la politique tarifaire de Trump, explique pourquoi le bitcoin bénéficiera d'une politique monétaire mondiale accommodante, considère que l’Ethereum est la première couche (L1) principale la plus sous-estimée, qu’il dépassera Solana pour retrouver son sommet historique, adopte une position prudemment haussière sur SOL, et partage son avis sur la demande de cotation en bourse (IPO) de Circle, émetteur de l’USDC.
Voici le contenu de l'entretien :
Animateur : Quelle est votre opinion sur la politique tarifaire de Trump ? Qui seront les gagnants et les perdants de cette guerre des tarifs ?
Arthur Hayes : Je commence par écarter toute appréciation morale des politiques économiques, pour me concentrer sur l’adaptation à la situation afin d’en tirer profit. Les bonnes ou mauvaises questions sont toujours relatives ; plutôt que de réagir émotionnellement, mieux vaut ajuster son portefeuille.
Si Trump souhaite vraiment ramener à zéro le déficit commercial annuel de plusieurs milliers de milliards de dollars et prouver à ses électeurs que sa politique fonctionne, alors ses mesures actuelles sont parfaitement logiques.
Mais il y a un revers à la médaille : lorsque des pays comme le Japon gagnent des dollars via leurs exportations, afin de maintenir leur monnaie faible, ils n’échangent pas ces dollars contre leur monnaie locale, mais achètent des actifs financiers américains (principalement des obligations d'État et des actions). C’est précisément ce mécanisme qui explique pourquoi les marchés américains ont largement surperformé le reste du monde ces 20 à 30 dernières années, et pourquoi les rendements des obligations américaines restent stables malgré une dette multipliée par sept.
Trump tente de briser ce cycle : il dit aux Américains « je vais ramener des emplois de qualité (surtout pour ceux sans diplôme universitaire) », mais au prix d’un affaiblissement du financement étranger du gouvernement et des marchés boursiers américains — car leurs revenus en dollars diminuent. C’est fondamentalement une équation simple : la balance courante et la balance financière s’équilibrent mutuellement.
Quant à juger si c’est bien ou mal ? Du point de vue de la logique politique de Trump, cela paraît tout à fait cohérent. L’enjeu clé est que sa base électorale se compose principalement d’ouvriers peu qualifiés ; tandis que les électeurs démocrates sont davantage des personnes diplômées, aisées, détenant des actifs financiers. Ces 40 dernières années, dans le cadre de la mondialisation, les premiers ont souffert du déplacement industriel, tandis que les seconds ont profité de la hausse des bénéfices d’entreprise et des marchés boursiers. Deux visions du monde s’opposent donc inévitablement, et Trump honore simplement les promesses faites à son électorat.
Animateur : Vous semblez éviter tout jugement de valeur. En tant qu’Américain, êtes-vous personnellement favorable aux objectifs politiques de Trump ?
Hayes : Tout dépend de qui vous voulez satisfaire. Les données montrent que plus de 50 % des personnes gagnant plus de 100 000 dollars par an ont voté pour Harris, tandis que les classes populaires ont majoritairement soutenu Trump.
Le diplôme universitaire constitue la ligne de fracture centrale : les diplômés exercent des métiers intellectuels (technologie, finance, droit, etc.) ; les non-diplômés travaillaient traditionnellement dans l’industrie manufacturière.
La réalité américaine depuis 40 ans est celle du transfert des usines à l’étranger pour réduire les coûts salariaux → hausse des profits → rachats d’actions → enrichissement des actionnaires. Mais les ouvriers américains sont devenus les victimes collatérales de la mondialisation. Trump parle pour eux, tandis que les démocrates défendent les intérêts des premiers. Il n’y a pas de vérité absolue, seulement une confrontation entre intérêts divergents.
Animateur : Vous aviez prédit que la Fed n’allait pas resserrer sa politique monétaire à cause des tarifs douaniers. Maintenez-vous cette analyse ?
Hayes : Dans mon article « BBC », j’ai développé le concept de « domination budgétaire » — la Réserve fédérale est essentiellement un outil de financement du gouvernement. L’ancien président de la Fed, Arthur Burns, l’avait clairement exposé dans un discours célèbre en Yougoslavie en 1979 : quand la société attend que le gouvernement résolve tous les problèmes (ce qui implique nécessairement une expansion budgétaire), la mission de la banque centrale de lutter contre l’inflation devient secondaire face à la nécessité de contenir le coût du financement public.
Jerome Powell se trouve exactement dans cette situation : l’économie américaine affiche des indicateurs solides (croissance du PIB supérieure à la tendance, taux de chômage historiquement bas), pourtant il ralentit anormalement le QT (reduction quantitative) et a baissé les taux en septembre et décembre derniers. La raison fondamentale ? Une dette de 36 000 milliards de dollars et des paiements d’intérêts en croissance exponentielle. Lorsque des acheteurs rigides comme le Japon réduisent leurs recettes en dollars à cause des tarifs, la Fed doit prendre le relais — Powell l’a d’ailleurs explicitement indiqué :
Réduction du rythme du QT ; possibilité de réinvestir les remboursements de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) en obligations du Trésor ; affirmation que l’impact inflationniste des tarifs est « temporaire » (répétant ainsi l’erreur de 2022).
Cela révèle clairement sa véritable priorité : garantir au Trésor un financement bon marché. L’objectif de Trump de réduire le ratio déficit/PIB de 7 % à 3 % n’est pas une véritable contraction, mais une dilution de la dette grâce à la croissance nominale du PIB. Dans ce contexte de surabondance monétaire fiduciaire, le bitcoin augmentera de pair avec l’or.
Animateur : Vous aviez anticipé que le bitcoin franchirait d’abord 110 000 dollars plutôt que de rompre à 76 500. Votre avis a-t-il changé ?
Hayes : Je maintiens mon scénario initial. 76 500 $ était le creux de mars dernier, 110 000 $ le pic historique atteint le 20 janvier, jour de l’investiture de Trump. Car la liquidité mondiale va exploser : la Fed, la BCE et la BoJ seront toutes contraintes d’assouplir. Le bitcoin profite aussi bien d’un effondrement déflationniste que d’une poussée inflationniste.
Animateur : Vous avez mentionné que le bitcoin pourrait se désynchroniser des marchés traditionnels. Quel est votre pronostic pour son évolution future ?
Arthur Hayes : Je pense que le cours du bitcoin connaîtra un rebond dans les prochains mois. J’ai prédit qu’il dépasserait 110 000 dollars, puis pourrait continuer jusqu’à 250 000 dollars. Tout dépendra de la liquidité mondiale ainsi que des politiques monétaires de la Fed et des autres grandes économies.
Animateur : Quelle est votre opinion sur les récents événements concernant Hyperliquid ?
Arthur Hayes : Il est évident, selon moi, que les gens doivent comprendre qu’un grand nombre de projets affichent une décentralisation qui n’est qu’un idéal. Hyperliquid a pris une position très claire à ce sujet. Sans connaître les détails techniques, cela ressemble à un contrôle centralisé. Nous avons connu des situations similaires chez BitMEX : les contrats à fort effet de levier et faible liquidité sont facilement exploitables. Les développeurs d’Hyperliquid devraient s’inspirer des principales bourses (y compris celles ayant copié le modèle BitMEX). Ils devraient revoir attentivement leurs politiques de marge et leurs mécanismes de liquidation afin d’éviter de tels incidents à l’avenir. Ce type de comportement centralisé dans des projets apparemment décentralisés n’est pas nouveau — BitMEX et d’autres grandes plateformes ont déjà été confrontés à ce genre de problème.
Deuxièmement, la plupart des utilisateurs se préoccupent surtout du prix, de la rapidité et des frais. Tant que l’expérience de trading est bonne et lucrative, ils ne s’intéressent guère au fonctionnement interne. Du point de vue utilisateur, tant qu’ils sont indemnisés et peuvent continuer à trader, cela leur importe peu.
Il s’agit là du dilemme de la décentralisation. Investisseurs et traders doivent peser les risques liés aux plateformes décentralisées : vulnérabilités face aux mauvais acteurs, pressions réglementaires possibles. Les équipes de projet doivent aussi réfléchir à ces enjeux, mais leurs limites ne coïncident pas toujours avec celles des utilisateurs. Ce débat reste ouvert, sans réponse claire ni bonne ni mauvaise.
Animateur : Que pensez-vous du projet de cotation en bourse de Circle ?
Arthur Hayes : Honnêtement, je ne pense pas que l’IPO de Circle mérite d’être investie. Le modèle économique de Circle repose sur la marge nette d’intérêt, or sa clientèle fait face à une forte concurrence, notamment de Tether.
En outre, Circle dépend fortement de Coinbase comme canal de distribution. Il dépend entièrement du département de distribution de Coinbase pour survivre, car une grande partie de ses revenus d’intérêts nets va à Coinbase, qui assure ensuite la distribution. Alors pourquoi investirai-je dans l’IPO de Circle ? Si vous voulez posséder le leader du marché, achetez directement Coinbase.
Animateur : Quelles sont, selon vous, les opportunités d’investissement actuelles dans la crypto ? Sur quels projets portez-vous votre attention ?
Arthur Hayes : Notre stratégie d’investissement consiste à contrôler strictement les prix. Nous n’investissons pas aveuglément dans les projets à la mode. Actuellement, beaucoup de projets sont surévalués, en particulier ceux en phase initiale. Nous préférons donc nous orienter vers des projets de haute qualité ayant traversé l’épreuve du marché, dont le prix a fortement baissé.
Animateur : Concernant Ethereum et Solana, quelle est votre opinion ? Lequel a le plus de potentiel selon vous ?
Arthur Hayes : D’un point de vue rapport risque/rendement, je pense qu’Ethereum a plus de potentiel.
Bien qu’Ethereum soit aujourd’hui perçu par beaucoup comme un actif impopulaire, ce sont justement ces actifs « détestés » qui offrent généralement les meilleures performances lors d’un rebond du marché. Solana a certes bien performé récemment, mais son avenir comporte encore des incertitudes.
Je reste fidèle au principe d’investissement contracyclique : chercher les actifs les plus rejetés par le marché au début d’un nouveau cycle. Aujourd’hui, Ethereum est un exemple typique. En tant que L1 principale la plus critiquée, elle dispose pleinement du potentiel pour dépasser Solana et retrouver son sommet historique proche de 5 000 dollars atteint en 2021. Ce décalage entre sentiment de marché et valeur fondamentale crée une opportunité exceptionnelle.
Donc, si vous me demandez dans quoi investir, je penche pour Ethereum. Son rôle dans l’écosystème crypto reste incontournable. Surtout en matière d’applications décentralisées (dApp) et de contrats intelligents, Ethereum demeure la chaîne de base la plus compétitive. À condition de résoudre ses problèmes d’évolutivité, son potentiel de croissance reste immense.
Animateur : Revenons au bitcoin. Vous avez évoqué un possible cours de 250 000 dollars. Quand pensez-vous que cela pourrait arriver ?
Arthur Hayes : Cela dépendra des politiques monétaires mondiales. Si les grandes économies continuent d’élargir l’offre monétaire, les marchés financiers seront inondés de liquidités fiduciaires. Dans ce contexte, le bitcoin, en tant qu’actif anti-inflation, connaîtra une nouvelle vague de hausse. Un objectif de 250 000 dollars n’est donc pas irréaliste, probablement aux alentours de 2025.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News













