
Parier contre MicroStrategy, Citron Capital va-t-il encore perdre ?
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Parier contre MicroStrategy, Citron Capital va-t-il encore perdre ?
Le BTC monte en flèche, MicroStrategy devient la meilleure action américaine.
Rédaction : shaofaye123, Foresight News
Le 21 novembre, Citron Capital a publié un tweet annonçant sa prise de position vendeuse sur l'action MicroStrategy. D’un côté, une légende de la vente à découvert de Wall Street, de l’autre, l’action américaine la plus performante de 2024. Citron Capital va-t-il encore perdre ? Cet article vous raconte l’histoire entre ces deux entreprises emblématiques.
Citron Capital, géant de la vente à découvert, est depuis longtemps une entité singulière des marchés financiers, présente à travers plusieurs cycles. En 2012, après avoir mis en cause Qihoo 360 et causé un dommage à sa réputation, puis en 2021, confronté à GameStop (GME), il fut contraint de couvrir ses positions. En 2022, il tenta même de spéculer à la baisse sur Ethereum, dont la capitalisation atteignait alors 13 milliards de dollars.
Depuis l'annonce hier par Citron Capital de sa position vendeuse sur MicroStrategy, le cours de cette dernière a chuté brutalement, reculant jusqu’à 30 % par rapport à son plus haut de la journée.
L’historique de vente à découvert de Citron Capital
Citron Capital, l’une des institutions américaines les plus influentes dans le domaine du short selling, a été fondée en 2001. En six ans, elle a attaqué 20 sociétés chinoises cotées aux États-Unis, provoquant une chute de plus de 80 % du cours pour 15 d’entre elles, dont sept ont fini par être radiées. À cette époque, Citron était au sommet de sa puissance. Elle s’est ensuite tournée vers Evergrande. Dans son rapport, elle affirmait : « La fin d’Evergrande est inévitable, seul le moment reste incertain. » L’effondrement ultérieur d’Evergrande a confirmé la prédiction de Citron.
Soudainement, Citron était devenue invincible. En 2021, GameStop attire l’attention des grands fonds spéculatifs. GameStop, principal détaillant mondial de jeux vidéo en physique, voyait son activité marginalisée par la concurrence numérique. Tout semblait indiquer une nouvelle victoire facile pour les vendeurs à découvert. Mais l’apparition soudaine du « Roaring Kitty » allait offrir à Wall Street une spectaculaire bataille de corner. Derrière ce pseudonyme se cachait Keith Gill, bien que cela ne fût pas connu à l’époque. Grâce à l’impulsion du « Roaring Kitty » et de la communauté WSB (WallStreetBets), les petits investisseurs ont fait passer l’action de 19,95 $ à 39,91 $, puis davantage. Face à cette surévaluation manifeste, Citron n’a pu rester inactif. Le 19 janvier, elle publie un rapport massif contre GME, qualifiant d’« idiots » les petits porteurs qui achetaient à des prix élevés. Les investisseurs particuliers ripostent avec force. Soutenus par un tweet de Musk disant « Gamestonk ! », le cours bondit jusqu’à 483 $. Cette fois, Citron subit une perte de 100 %, couvrant ses positions à 90 $, tandis que Melvin Capital essuyait des pertes colossales de 6,8 milliards de dollars.
Après cet événement, Citron a annoncé qu’elle mettrait fin à ses recherches de vente à découvert menées pendant 20 ans, cessant de publier tout nouveau rapport négatif, et se concentrerait désormais sur l’identification d’opportunités haussières pour les petits investisseurs. On aurait pu croire que l’ère des fonds baissiers était terminée. Tous les grands fonds semblaient vaincus, et la victoire des petits contre Wall Street paraissait totale. Pourtant, l’interruption des services par Robinhood a fait chuter le cours en flèche. Au final, comme souvent, cette affaire s’est soldée par une victoire pour une minorité.
Cependant, Citron n’a pas tenu parole. En 2022, elle a lancé une attaque à la baisse contre Ethereum, dont la capitalisation atteignait alors 13 milliards de dollars. Aujourd’hui, la capitalisation d’Ethereum a triplé.
MicroStrategy, l’action américaine la plus forte de 2024
MicroStrategy, une entreprise encore plus légendaire que Citron Capital, incarnant une supercherie de haut niveau.
Fondée en 1989 par Michael Saylor, Sanju Bansal et Thomas Spahr, MicroStrategy débuta comme société de conseil spécialisée dans la modélisation et la simulation multidimensionnelles. Dans sa jeunesse, Saylor ne croyait pas au bitcoin ; en 2013, il moquait même les cryptomonnaies. Mais à partir de 2020, MicroStrategy commence à explorer des actifs alternatifs à la trésorerie, utilisant ses liquidités pour acheter plus de 21 000 bitcoins, devenant progressivement la société cotée détenant le plus grand nombre de BTC au monde. De manière systématique, MicroStrategy a massivement investi dans le bitcoin, y compris en contractant de la dette pour augmenter ses réserves. Aujourd'hui, leader mondial parmi les entreprises cotées en détention de bitcoin, elle a réalisé en seulement deux ans un gain non réalisé supérieur à 15 milliards de dollars, dépassant même le volume d’échanges journalier d’actions Nvidia sur le marché américain.
Quelle est donc la stratégie de MicroStrategy ? Comment génère-t-elle de tels profits ?
En résumé, MicroStrategy est aujourd’hui une entreprise entièrement centrée sur l’achat de BTC. En achetant du bitcoin, elle stimule la hausse du prix du BTC, ce qui fait monter son cours de bourse. Elle s’endette alors davantage pour racheter plus de bitcoin, ce qui fait remonter encore le prix du BTC et son propre cours, lui permettant de lever plus de fonds pour acheter encore plus de bitcoin, et ainsi de suite. Ce cercle vertueux entraîne une augmentation continue de la valeur nette par action et des bénéfices…
Ce modèle de « flywheel » rappelle immanquablement celui de Luna, dont l’effondrement reste gravé dans les mémoires. Par ailleurs, MicroStrategy affiche actuellement une prime de 300 % par rapport au bitcoin. Les investisseurs dans MSTR paient en réalité chaque bitcoin 250 000 dollars, alors que le cours du BTC est inférieur à 100 000 dollars. Son action comporte donc une surcote significative.
Vente à découvert : victoire ou défaite ?
Dans ce contexte, Citron Capital frappe à nouveau. Le 21 novembre, elle publie sur Twitter :
« Il y a près de quatre ans, Citron a été le premier à signaler à ses lecteurs que MicroStrategy (MSTR) représentait la manière ultime d’investir dans le bitcoin, fixant un objectif de 700 dollars.
Sautons à aujourd’hui : MSTR a grimpé au-delà de 5 000 dollars (après ajustement). Hommage à la stratégie visionnaire de Michael Saylor sur le bitcoin.
Mais désormais, avec l’accès facilité aux investissements en bitcoin, le cours de MSTR s’est complètement détaché des fondamentaux du bitcoin. Bien que Citron reste optimiste sur le bitcoin, nous avons pris une position vendeuse sur MSTR pour nous couvrir.
Nous respectons profondément Saylor, mais même lui doit savoir que MSTR est surchauffée. »

En réalité, Citron n’est pas la première institution à recommander de vendre à découvert MSTR pour couvrir une exposition haussière au bitcoin. En mars dernier, Kerrisdale Capital Management, un autre fonds renommé, avait déjà formulé une suggestion similaire, préconisant d’acheter du bitcoin tout en vendant à découvert l’action MSTR.
Les vendeurs à découvert repartent à l’attaque, et le cours de MicroStrategy plonge immédiatement. S’agit-il d’un nouvel épisode à la Hunt Brothers, ou d’une simple correction avant une nouvelle envolée ? Est-ce une anticipation de marché ou une erreur de jugement ?
D’après les données, le volume du MSTZ (ETF inverse 2x sur MSTR) a fortement augmenté le 21 novembre, atteignant près de 1,53 milliard de dollars en une seule journée, contre une moyenne habituelle de 84 millions. Sur le plan fondamental, MicroStrategy affiche actuellement une prime de 300 % par rapport au bitcoin. Avec l’approbation des ETF bitcoin, l’investissement direct devient beaucoup plus accessible. À long terme, MSTR pourrait perdre sa « prime d’unicité ».
Pourtant, de nombreux partisans (source : @0x_Todd) continuent de croire en MSTR, arguant que :
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MicroStrategy n’est pas Luna, elle dispose d’un coussin bien plus important. Selon les dernières données, le coût moyen du bitcoin détenu par MicroStrategy est de 49 874 dollars, soit un gain virtuel proche de 100 % — une marge de sécurité très confortable.
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MicroStrategy utilise des obligations et des levées de fonds par émission d’actions pour accumuler du bitcoin. Elle recourt à un effet de levier hors bilan, sans risque de liquidation automatique. Ses créanciers mécontents peuvent au maximum convertir leurs obligations en actions MSTR à une date donnée, puis les jeter rageusement sur le marché.
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La prochaine échéance de remboursement n’est qu’en 2027, soit plus de deux ans d’ici. Même si le cours de MSTR tombait à zéro, l’entreprise n’aurait toujours aucune obligation de vendre ses bitcoins, car la première dette contractée n’arrive à échéance qu’en février 2027.
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La seule menace potentielle actuelle vient des gros détenteurs de bitcoin (whales), mais ceux-ci préfèrent généralement une situation gagnant-gagnant.
Alors, la stratégie effrénée de MicroStrategy consistant à acheter du bitcoin est-elle un mécanisme d’ascension spiralaire pouvant mener à une capitalisation de mille milliards, ou simplement une danse vouée à s’arrêter ? Le temps, sans doute, apportera la réponse.
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