
Dialogue avec Shen Yu : comment détenir des bons actifs sur le long terme ? Que faire après avoir vendu trop tôt, comment se repositionner massivement ensuite ?
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Dialogue avec Shen Yu : comment détenir des bons actifs sur le long terme ? Que faire après avoir vendu trop tôt, comment se repositionner massivement ensuite ?
Les bons actifs, lorsqu'on les détient sur le long terme, présentent deux aspects : premièrement, gagner de l'argent dans la limite de sa propre compréhension ; deuxièmement, l'argent évolue souvent de manière non linéaire, dépassant très probablement toutes les anticipations initiales.
Compilation : E2M Research
Ce contenu est issu de l'émission hebdomadaire « Conjectures et réfutations » organisée par E2M Research chaque vendredi sur Space.
Le livre Conjectures et réfutations a profondément inspiré les intervenants d'E2M Research. Nous souhaitons que la lecture ne se limite pas à la simple compréhension, mais qu'elle permette également d'appliquer ces idées solides à la pratique, voire de les tester dans nos propres cas d'investissement.
Tel que nous le croyons fermement : de nombreuses situations dans le monde ne sont pas binaires, noir ou blanc. Il existe bien des « pensées tierces », qui nous encouragent à chercher continuellement de meilleures explications, à oser formuler des hypothèses audacieuses, à les remettre activement en question, et à les valider rigoureusement dans la réalité.
Récemment, les marchés ont bien performé. Comment conserver durablement de bons actifs ? Et après avoir vendu trop tôt, comment reconstituer une position importante ? Ces questions méritent d'être approfondies. Les invités ont partagé leurs expériences sectorielles.
Enregistrement audio complet :
https://www.xiaoyuzhoufm.com/episodes/673b43ef43dc3a43879d5cb8
Points clés sélectionnés
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Shen Yu Twitter @bitfish1
Évaluer un bon actif consiste, avec la compréhension actuelle, à porter un jugement sur sa valeur future. Si la courbe de développement, la tendance de croissance et les points critiques futurs d’un actif sont déjà visibles aujourd’hui, alors cet actif peut être inclus dans le panier des « bons actifs » pour comparaison avec d'autres.
La question centrale devient donc : une fois identifié, comment conserver durablement un bon actif ?
« Conserver » implique ici non pas tant une logique rationnelle qu’un facteur psychologique. C’est pourquoi il faut, quand on est encore rationnel, établir des règles et des systèmes afin de rester relativement lucide même dans un état de FOMO (peur de manquer).
Comment construire ce cadre ?
Il faut appliquer cette « grande méthode de gestion des positions », qui consiste à diviser son portefeuille d’actifs en quatre compartiments :
Le premier est le portefeuille froid (cold wallet), utilisé principalement pour accumuler des cryptomonnaies, en créant volontairement des obstacles pour limiter l’accès. Les actifs stratégiques y sont placés, représentant généralement plus de 60 % du total.
Le deuxième est le portefeuille tiède (warm wallet), un système destiné à gérer les actifs de manière sûre et stable, capable de fournir une trésorerie régulière, assurant ainsi une stabilité psychologique même en période de pessimisme extrême. Il représente environ 20 à 30 % du portefeuille.
Le troisième est le portefeuille chaud (hot wallet), dédié aux dépenses quotidiennes, aux essais spéculatifs ou à l'expérimentation de nouveaux produits. Ce portefeuille sert à tester des hypothèses sur la qualité future d'un actif. Il contient quelques pourcents du capital, voire moins. Si ce portefeuille grossit grâce à la spéculation, ses gains doivent immédiatement être transférés vers le portefeuille tiède ou froid.
Le dernier compartiment est le portefeuille en monnaie fiduciaire, régi par une règle simple : le principe des 4 %. Autrement dit, 4 % du montant détenu en monnaie fiduciaire équivaut aux dépenses annuelles. Ainsi, même si les autres portefeuilles subissent un revers, les intérêts générés par les dépôts à terme ou les obligations d'État peuvent couvrir les besoins fondamentaux. Ce portefeuille constitue à la fois une réserve de sécurité et un actif isolé.
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Zhen Dong Twitter @zhendong2020
Lorsqu’on détient des actifs crypto ou des actions Tesla, il est essentiel de comprendre des modèles comme l’évolution des systèmes complexes, la croissance non linéaire ou la diffusion de l’innovation. À l’ère d’internet, la vitesse, l’efficacité et le coût de diffusion de l’information ou des connaissances ont augmenté de façon exponentielle par rapport à il y a plusieurs décennies.
Pour comprendre ce qu’est un bon actif, il faut d’abord acquérir certaines bases. Un obstacle majeur empêchant beaucoup de personnes de conserver de bons actifs est une mauvaise perception du « long terme ». En réalité, le principal ennemi de la détention longue est l’engouement pour le trading à court terme. Beaucoup confondent détention prolongée et opérations fréquentes.
Ce que Popper met surtout en avant ? L’humilité intellectuelle.
Comment analyser un bon actif ? Il s’agit de prendre constamment des décisions d’investissement ayant une espérance positive, des choix capables de générer des rendements composés sur le long terme, plutôt que de répéter des gestes inutiles comme « serrer des boulons ». L’humilité signifie reconnaître qu’on peut se tromper, et corriger rapidement dès qu’une erreur est détectée.
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Odyssey Twitter @OdysseysEth
Conserver durablement un bon actif repose sur deux piliers : la compréhension et la durée. La compréhension elle-même se divise en deux aspects : la compréhension rationnelle et la compréhension émotionnelle. Comment les construit-on ? Tout ce que vous avez élaboré au moment de l’achat agira aussi bien au niveau cognitif qu’émotionnel lors de la vente. La manière dont vous construisez cette compréhension au moment de l’achat détermine votre capacité à identifier un bon actif.
Plusieurs éléments interviennent dans ce processus cognitif, et chacun jouera un rôle au moment de la vente.
Le premier point : ne pas s'intéresser aux actifs précoces qui n'ont jamais franchi leur seuil critique. Si on ne comprend pas un actif dès le départ, on ne le touche pas, et on ne le vendra pas non plus plus tard. En revanche, si l'on entre après que le seuil critique a été atteint, notre attention sera plus focalisée, et notre compréhension bien plus profonde.
Le deuxième point : penser et vérifier la dimension monopolistique selon plusieurs angles. Si l'on achète à cause d’un monopole, on ne vendra que si ce monopole disparaît ou si un nouveau monopole supérieur émerge. Cette symétrie peut être entièrement construite. Comprendre le processus monopolistique enrichit considérablement notre vision des besoins des utilisateurs, du marché potentiel global, etc., renforçant ainsi à la fois la construction rationnelle et émotionnelle.
Conserver longtemps un bon actif comporte deux dimensions :
D’abord, gagner l’argent que l’on mérite selon sa propre compréhension. On avait anticipé une feuille de route à long terme, puis on l’a vue se réaliser. Faut-il vendre à ce moment-là ? Pas nécessairement. Certains réussissent à tirer profit de cette phase, mais ceux qui ont eu moins de chance rateront les gains au-delà de leur compréhension initiale.
Ensuite, les rendements peuvent souvent être non linéaires, allant bien au-delà de toute anticipation initiale. En tant qu’investisseur, il faut être capable d’accueillir cette surprise. Plutôt que d’utiliser notre cerveau limité d’il y a dix ans pour prédire l’avenir, il faut construire une asymétrie favorable afin de capter les bénéfices futurs. Comment saisir ces opportunités futures ? Une fois en possession de l’actif, il faut en reconnaître les caractéristiques, admettre qu’il s’agit d’un bon actif, et croire qu’il peut dépasser toutes nos attentes.
Après une vente prématurée, comment reconstituer une position importante ? C’est surtout une question psychologique, même si la cognition intervient aussi. Du point de vue cognitif, si l’on augmente sa position progressivement avec le renforcement du monopole, alors on finit par se désolidariser du prix. Peu importe qu’il soit plus haut ou plus bas qu’avant, car l’ajustement se fait désormais indépendamment du niveau de prix. Le plus difficile reste de revenir après avoir vendu. Pour presque tout le monde, corriger une erreur est douloureux. Beaucoup croient que l’investissement est purement technique, mais en réalité, il reflète souvent un désir de se prouver quelque chose ou de résoudre des difficultés personnelles immédiates. Pour prendre de bonnes décisions d’investissement, il faut d’abord résoudre ces désirs cachés ou problèmes psychologiques sous-jacents. Si l’on est dominé par un désir intense, il devient quasi impossible de faire preuve de rationalité.
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Q : Pourquoi créer un tel système de gestion des positions ?
J’ai analysé mes décisions de trading les plus importantes : mon taux de réussite ne dépasse guère 40-45 %. J’ai donc commencé à tenir un journal de décision, notant les circonstances, mes émotions, ma perception de l’évolution du monde, mes prévisions sur l’événement, mes raisons de décision, et si je regretterais ou non. Six mois ou un an plus tard, je fais un retour critique.
À l’issue, j’en conclus que le monde est incertain, et que notre modélisation rationnelle de la réalité est limitée. Dans ce processus, il est indispensable de garder un esprit ouvert.
Certaines erreurs douloureuses sont en réalité des informations que la réalité elle-même nous transmet. Ce qui détermine vraiment la croissance d’un individu, c’est la capacité à recevoir ces retours efficaces et authentiques sans sombrer dans l’émotion, puis à les revoir, réfléchir et itérer. (Shen Yu Twitter @bitfish1)
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Q : Qu’est-ce qui est plus difficile : découvrir un bon actif ou le reconstituer après l’avoir vendu trop tôt ?
Reconstituer une position importante est plus difficile que de trouver un bon actif. Beaucoup de détenteurs de Bitcoin ont réalisé des profits partiels puis vendu, très peu parviennent à racheter ensuite, encore moins à reconstituer une position significative. Revenir massivement signifie allouer une part substantielle de son capital à un actif, ce qui est en soi un défi.
Quand j’ai acheté Tesla, j’avais fait beaucoup de recherches, mais au moment d’acheter, j’étais incapable de passer à l’acte — je n’ai pu acheter qu’une petite quantité. On découvre alors que l’esprit humain peine à appréhender les grands chiffres absolus. Même au poker, j’avais remarqué que l’augmentation absolue du montant des jetons exerçait une pression psychologique, bien que proportionnellement cela reste faible. Ce montant absolu finit toujours par être inconsciemment comparé aux dépenses habituelles.
Le plus difficile, après avoir vendu trop tôt, est de faire face à l’erreur. Reconnaître une erreur ne suffit pas : il faut souvent reconstruire entièrement ses fondations logiques. En outre, notre attitude face à l’erreur pose problème. Parfois, on l’associe à son image personnelle, on pense qu’admettre une erreur est humiliant. Pour beaucoup, commettre une erreur est honteux. Mais pour les personnes intelligentes, ce qui est vraiment honteux, c’est de ne pas savoir corriger ses erreurs.
Le cadre philosophique scientifique de Popper constitue un antidote. Il permet, au niveau philosophique, de comprendre que l’humanité progresse justement à travers ses erreurs. Le seul moyen de créer de nouvelles connaissances est la conjecture et la réfutation : éliminer les hypothèses erronées pour aboutir à celles qui sont relativement correctes. Cela signifie que l’erreur, bien qu’inévitable, est aussi le seul chemin vers la découverte de nouvelles connaissances. (Peicai Li Twitter @pcfli)
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