
Première évaluation du premier stablecoin natif Bitcoin YU : le moment DAI d'Ethereum ?
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Première évaluation du premier stablecoin natif Bitcoin YU : le moment DAI d'Ethereum ?
Yala utilise le BTC natif comme collatéral, générant par surencadrement une monnaie stable négociable appelée YU.
Rédaction : Haotian
En tant que premier stablecoin natif du bitcoin, YU, @yalaorg a annoncé hier soir une levée de fonds de 8 millions de dollars en série Seed, menée par @polychaincap et @etherealvc. Cet événement marque officiellement l'ambitieux projet de Yala visant à stimuler le marché des rendements de liquidité dans l'écosystème BTCFi via un stablecoin. Comment analyser ce que fait Yala ? C’est un peu comme le « moment DAI » d’Ethereum : Yala cherche à créer un véritable « moment YU » pour l’écosystème BTCFi. Voici brièvement mon analyse :
1) Si je ne me trompe pas, la dernière fois que ces deux fonds ont co-animé une levée fut celle d’Eigenlayer en phase seed. Les autres investisseurs participants à cette levée incluent Galaxy, Anagram et Amber Group, ce qui constitue un tour de table sérieux — principalement composé d’institutions américaines de premier plan.
2) Le récit autour du BTCFi est depuis longtemps en gestation souterraine. Yala entend s’y insérer en utilisant un « stablecoin », conçu pour offrir haute liquidité et stabilité, afin de permettre aux utilisateurs de participer à l’écosystème DeFi sans avoir à vendre leur BTC natif.
La position de Yala peut être comparée simplement à celle qu’avait autrefois MakerDAO avec la création du « DAI », qui avait mis le feu aux poudres du DeFi sur Ethereum. Sur le plan conceptuel, le stablecoin YU de Yala suit une logique très similaire au DAI.
Yala utilise du BTC natif comme collatéral, permettant de générer un stablecoin négociable, YU, via un système de sur-collatéralisation. L’offre de YU est régulée grâce à un taux de mise en gage dynamique et à des mécanismes d’arbitrage liés aux processus de liquidation, ce qui permet de stabiliser le prix de YU autour de 1 dollar américain. Ce dernier devient ainsi un actif de liquidité interopérable entre les chaînes Bitcoin, les chaînes EVM et d'autres blockchains.
3) Comment cela fonctionne-t-il concrètement ? D’après le livre blanc, voici la logique générale telle que je la comprends :
1. Yala repose sur un mécanisme d’indexation des données issues du réseau principal Bitcoin. Lorsqu’un utilisateur envoie une transaction sur le réseau Bitcoin, il peut intégrer directement dans le champ OP_RETURN les informations concernant la chaîne cible et l’adresse de réception ;
2. L’utilisateur dépose ses actifs BTC natifs vers une adresse spécifique. Le système de pont (bridge) de Yala détecte ces transactions et frappe instantanément un yBTC équivalent (1:1) sur la chaîne cible. Afin d’éviter toute falsification de données, un délai de 6 blocs est appliqué par défaut ;
3. Le yBTC ainsi généré peut être mis en gage auprès du protocole Yala pour produire, via sur-collatéralisation, le stablecoin YU. Le taux de mise en gage sera ajusté dynamiquement, tout comme pour DAI ;
4. Si l’utilisateur souhaite retirer son BTC, il suffit de créer une transaction de brûlage (burn) sur la chaîne correspondante. La destruction du yBTC, déclenchée par un contrat intelligent, sera prise en compte dans le dépôt de garantie sur le réseau Bitcoin. Par mesure de sécurité, après une attente de 12 blocs sur le réseau principal, le BTC sera finalement renvoyé à l’adresse Bitcoin spécifiée par l’utilisateur.
On voit donc clairement que Yala s’appuie sur les données immuables et décentralisées du réseau Bitcoin comme preuve fiable, utilisée ensuite par un pont inter-chaînes pour contrôler la frappe de jetons sur d'autres blockchains via des contrats intelligents. Yala nomme cette méthode MetaMint. Contrairement aux Ordinaux, qui émettent directement des actifs sur le réseau Bitcoin, cette approche exploite uniquement les index de données générés par Bitcoin pour piloter des opérations sur d’autres chaînes intégrées.
4) En raison des limitations inhérentes au langage de script du Bitcoin, cette procédure de création d’un stablecoin adossé au BTC natif prévoit des délais de confirmation de sécurité indispensables, afin de maximiser la sûreté du système. Face aux risques de liquidation induits par la forte volatilité, le système doit faire face à des défis importants, notamment en matière d’exécution du taux de mise en gage dynamique et de la nécessité pour les utilisateurs de réapprovisionner rapidement leurs collatéraux.
Pour y remédier, Yala met en œuvre, outre la sur-collatéralisation comme tampon contre les fluctuations du marché, des ajustements de taux de stabilité, un système de liquidation, ainsi qu’une série d’incitations destinées à stimuler le marché.
Par exemple : la génération de YU est soumise à un frais de stabilité. Lorsque le prix de YU descend sous 1 dollar, augmenter légèrement ce frais permet de freiner sa création ; inversement, on peut le baisser pour encourager la production. Autre exemple : Yala lance diverses incitations liées au market making, à l’arbitrage ou aux enchères, mobilisant ainsi l’énergie du marché lui-même pour absorber les incertitudes causées par la volatilité. Tout cela deviendra plus clair lorsque le testnet de Yala sera lancé la semaine prochaine.
En résumé, l’écosystème BTCFi construit progressivement son récit autour de la génération de rendements. Depuis la sortie de consensus sécurisée proposée par @babylonlabs_io, en passant par le cadre de protocole ZK généraliste de @GOATRollup, jusqu’à la couche d’abstraction unifiée de liquidité portée par @SolvProtocol, sans oublier Yala qui vise à enrichir les infrastructures DeFi via un stablecoin, l’écosystème BTCFi devient de plus en plus mature. Il y a donc toutes les raisons d’attendre la suite avec impatience.
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