
« Jardin infini » : la vision d'Ethereum
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« Jardin infini » : la vision d'Ethereum
Quel est exactement le lien entre la Fondation Ethereum et « Infinite Garden » ?
Traduit par : Elsa
Le 18 septembre 2024, le documentaire « Vitalik : l'histoire d'Ethereum » est sorti. À l'origine intitulé « Ethereum : le jardin infini » (Ethereum: The Infinite Garden), ce nom faisait référence à la philosophie de la Fondation Ethereum. Toutefois, puisque ce film est une production indépendante (non réalisée par la Fondation Ethereum), l'équipe a malheureusement dû renoncer à ce titre afin d'éviter toute confusion au sein de la communauté [1]. Quel est donc le lien entre la Fondation Ethereum et le concept du « jardin infini » ?
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« Un jeu fini vise la victoire, un jeu infini vise à poursuivre le jeu. »[2] — James P. Carse, Les jeux finis et infinis
La compétition et le désir de victoire sont profondément ancrés dans la nature humaine. Nous sommes obsédés par la réussite et l’échec. Dans les jeux à somme nulle (zero-sum games), il existe toujours des gagnants et des perdants : le gain de l’un correspond à la perte de l’autre, et l’échec des uns rend notre propre succès encore plus précieux.
Pourtant, les jeux à somme nulle représentent une forme de croissance unidirectionnelle. On pense souvent : « Je dois travailler davantage, aller plus vite pour dépasser X et remporter X ». Dans ce modèle, le développement est motivé par le désir de surpasser autrui.
Mais imaginez s’il n’y avait pas de prochaine partie ? Cela signifierait qu’il n’existe aucun aboutissement clair, et donc aucun gagnant ou perdant au sens traditionnel. Nous ne serions que des participants au jeu. Dans cette situation, la logique du jeu à somme nulle perd tout sens, et nous n’avons plus besoin de l’échec d’autrui pour valider notre propre réussite.
Finalement, nous aboutissons à un environnement coopératif, ouvert, d’apprentissage et de travail[3].
Tout comme l’a exposé Aya Miyaguchi, directrice exécutive de la Fondation Ethereum, lors de sa conférence à EthCC en 2021 intitulée « Cultiver le jardin infini – Ethereum » (Growing the Infinite Garden - Ethereum) [4], la vision d’Ethereum repose précisément sur ce principe, qu’elle appelle le « jardin infini » (Infinite Garden).

Capture d'écran de la vidéo de la conférence d'Aya Miyaguchi « Cultiver le jardin infini - Ethereum »
Ce concept s’inspire du livre Les jeux finis et infinis (Finite and Infinite Games) écrit par le chercheur américain James P. Carse. Ce livre contient une phrase particulièrement marquante : « Un jeu fini vise la victoire, un jeu infini vise à poursuivre le jeu. »
Dans cet ouvrage, James P. Carse distingue deux types de jeux dans le monde : les jeux finis et les jeux infinis. Les jeux finis ont des règles bien définies, une durée limitée et des critères clairs de victoire ou de défaite ; leur objectif ultime est de gagner. Dans ces jeux, les relations entre joueurs sont souvent antagonistes.
À l’inverse, les jeux infinis n’ont ni règles fixes ni limite de temps. Le but n’est pas de gagner, mais d’inviter toujours plus de personnes à participer, afin que le jeu se prolonge indéfiniment. Dans les jeux infinis, les joueurs adoptent une logique de coopération, d’innovation et d’adaptation aux changements.
Lors de sa présentation, Aya Miyaguchi donne l’exemple d’enfants jouant au football dans la rue : ils ne sont pas forcés par leurs parents, mais participent parce qu’ils aiment sincèrement ce sport. Certains n’ont pas de chaussures, d’autres entrent ou sortent du jeu à tout moment, mais cela n’empêche pas leur plaisir. Si un nouveau joueur arrive, ils suspendent la partie pour lui apprendre les bases. En effet, plus le nouveau joueur s’améliore, plus le jeu devient intéressant, ce qui profite à tous.

Capture d'écran de la vidéo de la conférence d'Aya Miyaguchi « Cultiver le jardin infini - Ethereum »
Mais lorsque l’objectif devient la victoire, la situation change radicalement. Se concentrer sur la victoire perturbe vos plans et votre stratégie, trouble l’esprit, et vous empêche de vous plonger pleinement dans le jeu. Si vous n’êtes pas victorieux à la fin, vous risquez de ressentir frustration et déception.
Aya Miyaguchi estime que garder Ethereum amusant consiste à se souvenir de l’excitation partagée de jouer ensemble, afin de continuer le jeu. Pendant le déroulement d’un jeu infini, des jeux finis peuvent émerger, mais un jeu fini ne peut jamais contenir un jeu infini. Par exemple, les débats et concurrences internes à Ethereum ne visent pas à faire triompher un acteur particulier, mais à améliorer constamment Ethereum pour le rendre plus solide.
L’écosystème d’Ethereum ressemble à un jardin vivant, inséré dans un environnement naturel. Ici, nous pouvons librement jouer à toutes sortes de jeux. Les premiers jardiniers ont semé la première graine. Avec le temps, arbres et diverses plantes ont poussé, rendant le jardin dynamique et riche en diversité. Cet écosystème a évolué naturellement, sans avoir été conçu par un individu ou une organisation unique, mais grâce à un groupe de personnes curieuses, passionnées et désireuses d’améliorer le jardin.
Dans ce jeu infini, quel rôle joue la Fondation Ethereum ?
La mission de la Fondation Ethereum est de « cultiver le jardin infini ». Elle s’identifie elle-même au « jardinier », dont le rôle consiste à favoriser la croissance de l’écosystème Ethereum, sans chercher à le contrôler.
Lors de la conférence des développeurs Ethereum Devcon 6 en octobre 2022, Aya Miyaguchi a prononcé une nouvelle conférence sur le thème du « jardin infini » d’Ethereum, intitulée « Agir par soustraction dans le jardin infini » (Executing with Subtraction in the Infinite Garden) [5], où elle a détaillé le rôle et la fonction de la Fondation Ethereum (EF) au sein du « jardin infini ».
Au début, la Fondation Ethereum n’était pas encore une organisation formelle, mais simplement un groupe de développeurs et de chercheurs. Il n’y avait pas encore d’équipe financière ni d’équipe de financement, et le système de collaboration interne à Ethereum était encore imparfait. Lorsque Aya Miyaguchi a pris ses fonctions, elle était confrontée à deux choix : appliquer une logique d’addition, c’est-à-dire construire un puissant empire EF. Cette option était tout à fait envisageable à l’époque, techniquement réalisable, surtout avec un prix de l’ether déjà élevé ; ou appliquer une logique de soustraction, c’est-à-dire réduire son pouvoir. La Fondation a finalement opté pour la « soustraction », transformant son rôle en soutien de l’ensemble de l’écosystème, en tant que soutien du « jardin infini ». Car Ethereum était déjà une vaste communauté open source avec de nombreux axes d’amélioration. La Fondation Ethereum devait se concentrer uniquement sur les tâches qu’elle seule pouvait accomplir, et que personne d’autre ne ferait. C’est ainsi qu’est né le programme de soutien à l’écosystème Ethereum (ESP) ainsi que d’autres initiatives de financement. De plus, la Fondation Ethereum a priorisé le soutien à un maximum de programmes de financement tiers, tels que Gitcoin, Clr.fund, Protocol Guild et MolochDAO. Son soutien ne se limite pas à une équipe spécifique, mais vise le développement à long terme et la prospérité de tout l’écosystème.

Capture d'écran de la vidéo de la conférence d'Aya Miyaguchi « Agir par soustraction dans le jardin infini »
La Fondation Ethereum sait bien que pour maintenir la prospérité et la croissance continues de cet écosystème, il faut encourager l’innovation et la croissance par la diversité et la collaboration. Vous souvenez-vous du site Ethereum.org ? Sa maintenance et sa traduction sont assurées par des bénévoles et développeurs de la communauté Ethereum. Pour la traduction notamment, environ 5 000 bénévoles du monde entier ont collaboré à la traduction du site en pas moins de 48 langues.
Dans le système de collaboration d’Ethereum, bien que la coopération soit privilégiée, cela ne signifie pas l’exclusion de la compétition. Au contraire, la communauté Ethereum encourage la participation ouverte et la concurrence, car elles contribuent toutes deux à l’amélioration d’Ethereum. Ici, les jeux à somme nulle n’existent pas : le succès d’une personne ne signifie pas l’échec d’une autre, mais profite à la prospérité de toute la communauté.
En juin 2024, Juan David, cofondateur de Ethkipu.org, a approfondi le concept du « jardin infini » sous l’angle de la croissance des plantes. Dans son article « Pourquoi Ethereum évolue-t-il comme un jardin ? » (Why Ethereum Evolves Like a Garden?) [6], il cite Stefano Mancuso, botaniste italien, tiré de son ouvrage Le Royaume des plantes : « Le royaume végétal ne reconnaît pas la hiérarchie animale fondée sur un centre de commandement et une centralisation, mais promeut plutôt une démocratie végétale dispersée et décentralisée. » Autrement dit, le monde végétal ne dépend pas, comme le monde animal, d’une structure hiérarchique stricte ou centralisée. Dans la nature, les plantes partagent et échangent des ressources via le « Wood Wide Web », se soutenant mutuellement.
Tout comme le monde végétal, Ethereum repose sur la décentralisation pour innover et coopérer. Grâce à la diversité du jardin, Ethereum peut accueillir différents projets, comme les solutions Optimistic Rollups et ZK-Rollups. Ces approches variées garantissent l’adaptabilité et la croissance durable d’Ethereum.

Source : https://typeshare.co/juandaveth/posts/why-ethereum-evolves-like-a-garden
Que ce soit le concept du jeu infini mis en avant par Aya Miyaguchi ou le principe de décentralisation expliqué par Juan David à travers la sagesse de la croissance végétale, tous deux illustrent le charme singulier d’Ethereum. Avec le temps et le développement continu d’Ethereum, notre compréhension de ces concepts s’approfondit, et chacun d’entre nous devient un participant actif et un témoin de ce processus.
Le « jardin » d’Ethereum accueille tout le monde, permettant à chacun d’y jouer et d’explorer librement. Ce « jardin » est ouvert et infini ; dans l’écosystème d’Ethereum plein de possibilités, chacun peut être à la fois participant et gardien. C’est précisément grâce à ces caractéristiques d’ouverture, de coopération et de décentralisation que le « jardin » d’Ethereum parvient à être « infini ».
Références
[1] Le documentaire cryptographique « Vitalik : l'histoire d'Ethereum » arrive, bande-annonce le 23 juillet. https://www.chaincatcher.com/article/2134211
[2] James P. Carse, Les jeux finis et infinis. Traduit par Ma Xiaowu et Yu Qian, China Communications Publishing House, Publishing House of Electronics Industry, 2019.
[3] Équipe Gitcoin, 29 août 2022, The Infinite Garden Relies on the Infinite Game. https://www.gitcoin.co/blog/infinite-gardens
[4] Aya Miyaguchi : Growing the Infinite Garden - Ethereum. https://www.youtube.com/watch?v=ny83XarlecE&t=404s
[5] Executing with Subtraction in the Infinite Garden. https://www.youtube.com/watch?v=noXPewi5qOk
[6] Why Ethereum Evolves Like a Garden?. https://typeshare.co/juandaveth/posts/why-ethereum-evolves-like-a-garden
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