
Que peut bien avoir Grayscale pour attirer autant de capitaux ? Malgré des frais élevés et une sortie de plus de 18,6 milliards de dollars, elle reste au deuxième rang parmi les ETF physiques sur le bitcoin
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Que peut bien avoir Grayscale pour attirer autant de capitaux ? Malgré des frais élevés et une sortie de plus de 18,6 milliards de dollars, elle reste au deuxième rang parmi les ETF physiques sur le bitcoin
Cet article décrypte les raisons profondes du fort ancrage des fonds dans le GBTC de Grayscale, à travers des angles tels que le rendement sur investissement, la liquidité, l'écart de prix et la fiscalité.
Rédaction : Nancy, PANews
Avec la croissance constante du marché, les mouvements de capitaux des ETF bitcoin au comptant sont devenus un indicateur clé pour l'analyse du marché, et une forte capacité d'attraction des fonds peut davantage galvaniser le secteur. Parmi ces ETF, bien que Grayscale fasse face à des sorties continues de capitaux qui suscitent la controverse, sa gestion d'actifs sous GBTC conserve toutefois une position dominante malgré des frais nettement supérieurs à ceux de ses concurrents.
Dans cet article, PANews analyse les raisons profondes expliquant la forte rétention des capitaux dans le GBTC de Grayscale, en examinant notamment le retour sur investissement, la liquidité, l'écart prix et les aspects fiscaux. Il convient de noter que l'approche des périodes d'exonération de frais pour des ETF tels que FBTC, ARKB, BITB, BTCO et EXBC pourrait influencer la part de marché concurrentielle.
GBTC : plus de 18,6 milliards USD de sorties nettes, Grayscale envisage un fractionnement d'ETF pour alléger la pression tarifaire
Depuis sa conversion en ETF au comptant en janvier 2024, le GBTC de Grayscale connaît continuellement des sorties de capitaux. Selon les données de SoSoValue, au 11 juillet, les sorties nettes cumulées atteignaient 18,66 milliards USD, un montant proche de l'apport net total de BlackRock.
Outre la prise de bénéfices par les investisseurs, les frais de gestion constituent également une raison majeure de ce retrait massif. Alors que BlackRock, Fidelity et Bitwise appliquent des frais inférieurs ou égaux à 0,25 %, le GBTC facture quant à lui 1,5 %. Même avant l'approbation par la SEC des ETF bitcoin au comptant, alors que les dix autres ETF avaient abaissé leurs frais pour séduire les investisseurs, Grayscale n'a pas modifié sa politique tarifaire.
Pour les investisseurs sensibles aux coûts, le GBTC n'est donc guère attractif. À ce sujet, Michael Sonnenshein, PDG de Grayscale, a justifié ces frais en invoquant la taille du fonds, sa liquidité et ses performances passées sur dix ans comme éléments légitimes. Dan McArdle, cofondateur de Messari, a suggéré une explication plus simple : « L’explication la plus simple est peut-être aussi la plus plausible. Par exemple, Grayscale a pu anticiper tous les paramètres, et maintenir des frais élevés leur permet simplement de gagner davantage. Ils ont probablement effectué des calculs précis sur le pourcentage de capitaux qui partiront malgré ces frais élevés, et celui qui restera fidèle plusieurs années. »
Toutefois, afin de faire face à cette pression concurrentielle liée aux frais, Grayscale a déposé une demande pour un « mini-GBTC » avec des frais réduits à 0,15 %. Grayscale prévoit d'alimenter ce Mini Fund avec plus de 63 000 bitcoins, soit environ 10 % des actifs actuels du GBTC. Pour inciter les détenteurs existants à rester, le transfert automatique vers ce nouveau fonds ne déclenchera pas d'impôt sur les plus-values.
En dehors des ETF bitcoin au comptant, les ETF spot sur Ethereum, y compris celui de Grayscale, pourraient bientôt être lancés. Eric Balchunas, analyste ETF chez Bloomberg, prévoit que la SEC pourrait approuver ces produits le 18 juillet. Toutefois, concernant les frais, Grayscale n’a pas encore divulgué les taux dans les documents S-1 révisés soumis pour son ETF spot Ethereum et son trust miniature. D’après les estimations du secteur, les frais de gestion servent à couvrir les coûts d’exploitation du fonds (marketing, salaires, services de garde), et la plupart des émetteurs d’ETF bitcoin choisissent des taux entre 0,19 % et 0,3 %. Les émetteurs d’ETF Ethereum devraient suivre une tendance similaire.
Adopté par 671 entreprises cotées : ces facteurs expliquent sans doute sa forte détention
Malgré les sorties de capitaux observées ces derniers mois, l’échelle du GBTC reste significative par rapport à ses nombreux concurrents. Selon SoSoValue, au 11 juillet, la valeur nette d’actifs du GBTC atteignait encore 15,65 milliards USD, représentant environ 30,9 % du marché total des ETF bitcoin au comptant, juste derrière le géant traditionnel BlackRock.
Selon une compilation de PANews, parmi les cinq principaux ETF bitcoin au comptant, le GBTC compte 671 institutions dépositaires, largement devant les autres. Les données de Fintel indiquent que des sociétés cotées telles que le géant de gestion SIG, Horizon Kinetics Asset Management, le géant de Wall Street Morgan Stanley, ou encore le prestigieux hedge fund Millennium Management détiennent conjointement plus de 7 735 actions de GBTC, dont la valeur actuelle approche 3,94 milliards USD.

Ci-dessous, PANews compare la performance de marché des cinq principaux ETF bitcoin au comptant afin d’identifier les multiples avantages concurrentiels du GBTC de Grayscale.
Une base utilisateur consolidée grâce à l’avantage du premier entrant
Comparé aux autres émetteurs d’ETF bitcoin au comptant, le GBTC de Grayscale existe depuis 2013, offrant ainsi plus de dix ans d’avance et une base d’utilisateurs solide. Durant cette période, des écarts importants à la hausse (jusqu’à +43 %) ont attiré des arbitragistes, tandis que les forts décotes antérieurs (jusqu’à -48 %) se sont progressivement résorbés, renforçant la confiance des investisseurs. De plus, les détenteurs précoces ont réalisé des rendements exceptionnels. Selon Google Finance, au 11 juillet, la progression totale du GBTC atteint 9 325,9 %.
Rentabilité et résilience en cas de baisse
Le rendement et la maîtrise du risque figurent parmi les critères essentiels pour les investisseurs. En matière de rentabilité, depuis leur introduction le 11 janvier 2024, le rendement moyen des cinq premiers ETF bitcoin au comptant s’élève à 25,7 %. Le GBTC affiche quant à lui un gain de 38,2 %, surpassant IBIT, FBTC et ARKB. Concernant la volatilité, le repli maximal moyen de ces ETF est de 22,7 %, sans écart notable significatif entre eux en termes de résistance au risque.
Liquidité et dynamique de la demande
La liquidité est étroitement liée à la taille du produit : plus elle est élevée, plus les transactions sont faciles et moins coûteuses, et plus l’impact sur les prix est limité. Selon VettaFi, le volume moyen mensuel des cinq principaux ETF bitcoin au comptant atteint 287 millions USD, avec IBIT, FBTC et GBTC au-dessus de cette moyenne. Bien que GBTC arrive troisième avec 233 millions USD, les deux premiers — BlackRock et Fidelity — bénéficient d’une réputation et de ressources considérables dans la finance traditionnelle, ce qui facilite l’accès de leurs ETF bitcoin à des investisseurs extérieurs au monde crypto. L’écart acheteur-vendeur, indicateur de l’équilibre offre-demande, est en moyenne de 0,04 % pour ces ETF ; BlackRock se distingue avec un écart minimal de 0,02 %.
Problématiques fiscales potentielles
Bien que les ETF bitcoin au comptant offrent une voie plus simple et sécurisée pour investir, ils impliquent néanmoins des obligations fiscales sur les plus-values, dont le taux dépend de la durée de détention. Cela signifie que les détenteurs du GBTC doivent peser le coût des frais contre celui de l’impôt sur les gains en capital.
Précédemment, Shehan Chandrasekera, responsable fiscal chez CoinTracker, a expliqué que si un investisseur vend son actif ETF bitcoin détenu depuis moins d’un an, les gains à court terme sont imposés selon le barème de l’impôt sur le revenu ordinaire, variant entre 10 % et 37 % selon le revenu global et la situation déclarative. Si la vente intervient après plus de 12 mois, les gains à long terme sont soumis à l’impôt sur les plus-values, avec des taux possibles de 0 %, 15 % ou 20 %. Au-delà d’un certain seuil de revenu, un supplément d’impôt de 3,8 % peut s’ajouter à ces taux.
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