
Tendance du marché américain : le Dow Jones chute de 620 points, Broadcom assène un nouveau coup après la clôture
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

Tendance du marché américain : le Dow Jones chute de 620 points, Broadcom assène un nouveau coup après la clôture
Si les chiffres de l’emploi non agricole publiés vendredi s’avèrent solides, les rendements des obligations du Trésor américain pourraient dépasser à nouveau 4,5 %, ce qui exercerait une pression accrue sur la logique d’évaluation des marchés boursiers.
Rédaction : Recherche TechFlow

Contradiction centrale du jour
Neuf jours consécutifs de hausse ont presque fait oublier au marché un fait essentiel : la guerre entre les États-Unis et l’Iran, entamée il y a trois mois, n’est pas encore terminée. Le 3 juin, l’Iran a tiré 13 missiles balistiques et déployé 17 drones contre le Koweït ; l’aéroport international de Koweït a subi des dégâts sévères et une personne a perdu la vie. En réaction immédiate, les forces américaines ont mené une frappe précise contre une station de contrôle militaire au sol iranienne située sur l’île de Qeshm, à l’entrée du détroit d’Ormuz. Le prix du pétrole brut WTI a bondi à 96 dollars le baril, tandis que le rendement des obligations américaines à 10 ans s’est également accru, mettant fin brutalement à la série de neuf hausses consécutives enregistrée par l’indice S&P 500.
L’intelligence artificielle peut faire rêver, mais les missiles vous réveillent.
Mercredi, Wall Street a connu un recul généralisé.
L’indice Dow Jones a chuté de 620,72 points (–1,21 %), atteignant 50 687,07, ce qui en fait l’indice majeur ayant enregistré la plus forte baisse de la journée. L’indice S&P 500 a reculé de 0,74 %, à 7 553,68, mettant ainsi fin à sa série de neuf hausses consécutives débutée le 21 mai ; la dernière fois qu’une telle série s’était produite remonte à la fin de l’année 2024. Le Nasdaq a baissé de 0,89 %, à 26 853,98, tandis que l’indice Russell 2000 a perdu 1,25 % : les petites capitalisations ont encore une fois prouvé qu’elles constituent le thermomètre le plus sensible de l’appétit pour le risque.
La veille seulement, les trois principaux indices se trouvaient tous à des niveaux historiquement élevés.
Réactivation des hostilités au Moyen-Orient : l’envolée des cours du pétrole alimente les anticipations d’inflation
La vente massive du 3 juin a été déclenchée par un événement très précis : une importante attaque aérienne lancée par l’Iran contre le Koweït dans la nuit.
Les autorités koweïtiennes ont confirmé que l’Iran avait tiré 13 missiles balistiques et déployé 17 drones ; l’aéroport international principal du Koweït a subi des dommages importants, entraînant la mort d’une personne. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont ensuite revendiqué des frappes contre le quartier général de la Cinquième Flotte américaine et contre « des installations militaires américaines dans un autre pays », sans toutefois nommer explicitement le Koweït. Ils ont affirmé que cette action constituait une riposte aux frappes américaines contre l’île de Qeshm.
Le Commandement central américain a annoncé avoir mené une frappe précise contre une station de contrôle militaire au sol iranienne située sur l’île de Qeshm, à l’entrée du détroit d’Ormuz — un point stratégique clé où l’Iran exerce une menace directe contre la circulation commerciale maritime.
Donald Trump a déclaré ce jour-là que « l’Iran avait accepté de ne pas développer d’armes nucléaires », ajoutant aussitôt : « Mais ils peuvent changer d’avis. » Ce même jour, la Chambre des représentants américaine a adopté une résolution sur les pouvoirs de guerre, exigeant la cessation des opérations militaires contre l’Iran — une forme de veto symbolique à la gestion de la crise par Trump.
Dans son rapport du jour, JPMorgan a souligné que l’accélération de la consommation des stocks pétroliers « finira par forcer la réouverture du détroit d’Ormuz, quelle qu’en soit la forme », et prévoit que le détroit pourrait retrouver une pleine navigabilité dès juin. Toutefois, pour les traders, le simple mot « possible » ne suffit pas.
Conséquence directe de la détérioration de la situation au Moyen-Orient : le brut WTI a progressé de 2,41 %, atteignant 96,02 dollars le baril, tandis que le Brent a grimpé de 1,89 %, à 97,81 dollars le baril.
Cette hausse des cours du pétrole a déclenché une chaîne de réactions en cascade : renforcement des anticipations d’inflation → maintien de la probabilité d’un relèvement des taux par la Réserve fédérale d’ici la fin de l’année à plus de 60 % → nouvelle hausse du rendement des obligations américaines à 10 ans → pression accrue sur les actions à forte valorisation appartenant au secteur de la croissance. Cette chaîne causale s’est déjà répétée à plusieurs reprises ces trois derniers mois, mais le marché l’avait volontairement ignorée durant l’euphorie autour de l’IA en mai. Le 3 juin, la réalité est revenue lui présenter la facture.
L’indice de volatilité VIX a nettement augmenté, passant de la fourchette de 15 à 16 observée la veille, mettant ainsi fin à près de deux semaines de faible volatilité. L’indicateur de peur reprend sa respiration, signifiant un retour de la demande de couverture.
Tous les secteurs sous pression : télécommunications, finance et technologie en tête des pertes
Les 11 secteurs composant l’indice S&P 500 ont presque tous enregistré des baisses.
Le secteur des services de communication reste le plus faible de la semaine : Alphabet continue de subir la pression liée à l’annonce, la veille, d’une augmentation de capital de 80 milliards de dollars (–0,67 %). Microsoft a chuté de 3,28 % ce jour-là, pesant lourdement sur le secteur technologique. Quant aux valeurs financières, elles affichent une nette hésitation face à la perspective d’un environnement de taux plus élevés, alors qu’elles attendent les données sur l’emploi non agricole (NFP) publiées vendredi.
Le secteur des logiciels a reculé globalement de 2,43 %. Palo Alto Networks (PANW), dont le cours avait bondi de 8 % après la clôture la veille, a été massivement vendu à l’ouverture et a fini la séance en baisse de 4,37 %, malgré des résultats trimestriels supérieurs aux attentes : ce mouvement illustre parfaitement le passage du marché d’une logique d’« achat sur les anticipations » à celle de « vente sur les faits avérés ».
Le secteur de l’énergie devrait être l’un des rares à afficher une hausse, bénéficiant directement de la flambée des cours du pétrole. Néanmoins, la largeur du marché était extrêmement faible ce jour-là : il ne s’agissait pas d’un simple « roulement sectoriel », mais bien d’un « retrait collectif ».
Broadcom après la clôture : chiffres records pour les revenus IA, mais le marché reste indifférent
L’actualité majeure après la clôture du 3 juin fut le rapport financier du deuxième trimestre de Broadcom (AVGO).
Les chiffres en eux-mêmes sont impressionnants : chiffre d’affaires total de 22,2 milliards de dollars, en hausse de 48 % par rapport à l’année précédente — une accélération marquée comparée à la croissance de 29 % enregistrée au premier trimestre ; résultat par action ajusté de 2,44 dollars, dépassant légèrement les attentes de Wall Street (2,40 dollars) ; revenus issus des semi-conducteurs IA : 10,8 milliards de dollars, en hausse de 143 % sur un an, un record absolu, et treizième trimestre consécutif de croissance tirée par l’IA ; flux de trésorerie libre : 10,26 milliards de dollars, soit 46 % du chiffre d’affaires. Le PDG Hock Tan a fixé pour le troisième trimestre un objectif de chiffre d’affaires de 29,4 milliards de dollars, dont plus de 16 milliards provenant des puces IA, soit une croissance supérieure à 200 % sur un an.
Pourtant, Broadcom a chuté de plus de 8 % après la clôture, puis de près de 5 % à l’heure de la rédaction de cet article. Deux points ont suscité les critiques du marché :
Premièrement, le chiffre d’affaires total de 22,187 milliards de dollars est légèrement inférieur aux attentes consensuelles de 22,27 milliards de dollars — un écart inférieur à 100 millions de dollars, soit moins de 0,4 %. Or, sur une action cotée à 87 fois son bénéfice et ayant déjà grimpé de 13,6 % en cinq séances, la marge d’erreur est quasi nulle.
Deuxièmement, les revenus du secteur des logiciels d’infrastructure (y compris VMware) se sont établis à 7,178 milliards de dollars, contre 7,32 milliards attendus. Ce segment constitue le cœur stratégique de Broadcom depuis son acquisition pharaonique de VMware pour 69 milliards de dollars en 2023, et le marché nourrit des attentes spécifiques quant à son rythme de croissance.
Il s’agit d’un cas d’école classique de « vente sur les faits avérés ». La croissance des activités IA de Broadcom est irréprochable, mais lorsque le cours d’une action augmente de 13,6 % en cinq séances avant la publication des résultats, toutes les bonnes nouvelles sont déjà intégrées au cours ; toute déception, même minime, devient alors un motif de vente.
CrowdStrike : résultats largement supérieurs aux attentes, annonce d’un fractionnement d’actions
CrowdStrike (CRWD), qui a également publié ses résultats après la clôture, a livré un bilan remarquable : chiffre d’affaires du premier trimestre fiscal 2027 de 1,39 milliard de dollars (+26 %), résultat par action de 1,10 dollar, largement supérieur aux attentes de 0,88 dollar. Augmentation nette du revenu récurrent annuel (ARR) de 256 millions de dollars (+32 %), un record pour un seul trimestre.
La direction a également annoncé un fractionnement d’actions à raison de 4 pour 1, la date limite d’inscription au registre des actionnaires étant fixée au 25 juin, avec entrée en vigueur du nouveau cours fractionné à compter du 2 juillet. Le PDG George Kurtz a qualifié ce trimestre de « moment où la cybersécurité rencontre l’IA de pointe », décrivant CrowdStrike comme une « infrastructure de sécurité IA ».
Après l’incident mondial de panne survenu l’an dernier, CrowdStrike a démontré sa résilience grâce à plusieurs trimestres consécutifs de performances solides. La décision de procéder à un fractionnement d’actions envoie également un message clair : la direction exprime une confiance affirmée dans la trajectoire à long terme du cours de l’action.
Aperçu de la semaine : les chiffres de l’emploi non agricole détermineront la direction du marché
Les données ADP sur l’emploi et l’indice PMI du secteur des services ISM ont déjà été publiés mercredi ; vendredi sera le véritable rendez-vous décisif de la semaine avec la publication du rapport sur l’emploi non agricole (NFP) pour le mois de mai.
Dans un contexte où l’inflation demeure tenace, soutenue par des cours du pétrole persistants à des niveaux élevés, les données sur l’emploi ne reflètent pas seulement la santé de l’économie, mais surtout la question de savoir si la Réserve fédérale sera contrainte de relever ses taux. Selon les données JOLTS, le nombre de postes vacants a bondi à 7,6 millions en avril (niveau le plus élevé depuis deux ans, bien supérieur aux 6,88 millions attendus), ce qui conforte la robustesse du marché du travail et laisse les partisans d’une baisse des taux pratiquement muets. Si les chiffres du NFP de vendredi s’avèrent supérieurs aux attentes, le rendement des obligations américaines pourrait franchir de nouveau la barre des 4,5 %, accentuant encore la pression sur la valorisation boursière.
Sources : CNBC, Yahoo Finance, Bloomberg, NPR, BLS, TheStreet, JPMorgan Research. Avertissement : Le présent article reflète uniquement les opinions de son auteur et ne constitue en aucun cas une recommandation d’investissement. Les marchés comportent des risques ; l’investissement doit être effectué avec prudence.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News














