
Synthèse du marché du 6 mai : Le bitcoin franchit pour la première fois en trois mois la barre des 80 000 dollars, tandis qu’AMD bondit de 15 % après la clôture.
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Synthèse du marché du 6 mai : Le bitcoin franchit pour la première fois en trois mois la barre des 80 000 dollars, tandis qu’AMD bondit de 15 % après la clôture.
Ceux qui, avec un prix du pétrole à 126 $, criaient « Le bitcoin devrait chuter » doivent une explication au marché.
Auteur : TechFlow
Marchés américains : rebond mardi après les pertes de lundi, AMD a lancé un feu d’artifice après la clôture
Mardi 5 mai, les marchés se sont pleinement relevés du choc des tirs de missiles survenu lundi.
L’indice S&P 500 a progressé d’environ 0,6 %, le Nasdaq d’environ 0,9 % et le Dow Jones d’environ 0,55 % : les trois indices ont rebondi simultanément, effaçant quasiment intégralement leurs pertes de lundi. Ce redressement s’explique par deux facteurs : une décrue de la tension géopolitique et la publication, après la clôture, des résultats trimestriels d’AMD, les plus solides à ce jour dans le secteur des semi-conducteurs pour cette période de publications.
La détente géopolitique provient surtout d’un changement de ton adopté par Donald Trump. Mardi après-midi, ce dernier a annoncé la suspension de son plan précédent visant à « guider des navires à travers le détroit d’Hormuz », invoquant des « progrès dans les négociations ». Lors d’une déclaration à la presse à la Maison Blanche, il a également évoqué, de façon vague, un appel téléphonique reçu d’Iran. Aucun détail ni calendrier n’a été fourni, mais cela a suffi aux marchés : le Brent est tombé de 114 $ à 112 $, tandis que le WTI a reculé de 106 $ à 104 $. Les marchés actions ont aussitôt suivi cette tendance haussière.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a lui aussi livré, lors d’un entretien mardi, une déclaration elliptique mais parfaitement claire : « Le détroit d’Hormuz revêt une importance plus grande pour le reste du monde que pour les États-Unis ; ce chenal nécessite, à terme, un leadership américain pour garantir sa sécurité. » En clair : les États-Unis ne sont pas pressés, mais ne laisseront pas non plus la question en suspens indéfiniment.
Le véritable spectacle boursier de la journée s’est déroulé après la clôture.
Palantir (PLTR) : les résultats du premier trimestre, publiés après la clôture lundi, ont affiché un chiffre d’affaires record et une révision à la hausse des prévisions annuelles. Pourtant, le cours de l’action a chuté de 6,59 % mardi. La raison ? L’évaluation de la société avait déjà intégré un scénario parfait : même une performance légèrement supérieure aux attentes ne suffit plus. Lorsque tout le monde croit déjà à votre victoire, celle-ci ne constitue plus qu’une simple confirmation des attentes. Tel est désormais le destin inéluctable des valeurs technologiques très valorisées en 2026.
Shopify (SHOP) : malgré un chiffre d’affaires supérieur aux attentes, le cours a chuté d’environ 10 %. La crainte d’un bouleversement par l’intelligence artificielle pèse comme une épée de Damoclès sur chaque entreprise de logiciels. Même les meilleurs résultats doivent désormais être accompagnés d’une explication claire quant à la résilience face à cette menace avant de susciter un intérêt d’acheteurs.
Puis vint le moment tant attendu.
AMD après la clôture : BPA de 1,37 $, contre 1,29 $ attendus (+9,6 %) ; chiffre d’affaires de 1,025 milliard $, contre 989 millions $ attendus ; prévisions pour le Q2 fixées à 1,12 milliard $, largement supérieures aux attentes du marché. Le cours de l’action a bondi d’environ 15 % après la clôture.
La ligne la plus importante de ce communiqué n’est pas tant le résultat du Q1 que les prévisions pour le Q2 : la demande de puces IA ne ralentit pas — elle s’accélère. La série de GPU IA MI300X d’AMD gagne une part croissante des commandes passées par les centres de données, notamment dans un contexte où la capacité de production des GPU H100/H200 de NVIDIA demeure contrainte. Lors de la conférence téléphonique, la PDG Lisa Su a explicitement déclaré que la demande de puissance de calcul IA de la part de ses plus grands clients « en est encore à ses toutes premières étapes ». La hausse de 15 % après la clôture traduit un consensus implicite sur le marché : le cycle des semi-conducteurs n’a pas encore atteint son sommet.
Le même jour, le Département du Commerce américain a annoncé que Microsoft, Google et xAI (la société d’Elon Musk) avaient accepté d’ouvrir leurs modèles d’IA les plus avancés aux agences fédérales, afin qu’elles puissent procéder à des tests de sécurité et à des recherches. Cette initiative sera coordonnée par le Centre des normes et de l’innovation en IA, une entité rattachée au Département du Commerce. Il s’agit de la première concrétisation tangible du cadre réglementaire américain en matière d’IA, mis en place dans un contexte de tensions géopolitiques accrues. Une première ligne commence ainsi à être tracée, sur le plan réglementaire, entre l’IA militaire et l’IA commerciale.
La nouvelle la plus absurde de la semaine : GameStop envisage d’acquérir eBay pour 56 milliards $.
Dans l’ensemble des actualités marchandes, celle-ci mérite une mention séparée.
GameStop (GME) a annoncé son intention d’acquérir la plateforme en ligne de revente d’occasion eBay pour environ 56 milliards $, en numéraire et en actions.
Le cours de l’action a chuté de 10 % lundi. Les analystes ont émis, cette semaine, leur jugement le plus unanime : il s’agit d’une idée extrêmement mauvaise. GameStop dispose d’environ 4,6 milliards $ de trésorerie, soit plus d’un ordre de grandeur inférieur à l’offre de 56 milliards $. Son chiffre d’affaires trimestriel est inférieur à 300 millions $, alors qu’elle souhaite acquérir une entreprise dont la capitalisation dépasse 20 milliards $. Pour concrétiser cette opération, GameStop devrait soit diluer massivement son capital, soit contracter une dette colossale — or, dans un contexte où le rendement des obligations d’État à dix ans s’élève à 4,4 % et où les conditions de crédit se resserrent continuellement, les marchés financiers ne seront guère disposés à lui accorder un tel crédit.
Deux analystes de BNN Bloomberg ont souligné le même point dans leur analyse : « Une fusion entre Shopify et eBay pourrait sembler cohérente, mais l’acquisition d’eBay par GameStop est inacceptable. GameStop devrait plutôt redistribuer ses liquidités à ses actionnaires. »
Pourtant, GameStop existe toujours — et en proposant une offre de 56 milliards $, elle rappelle au marché son existence même. C’est là, peut-être, la dernière valeur qui justifie encore sa présence sur les marchés.Pétrole et or : après le pic à 114 $, les marchés cherchent à identifier « le vrai prix plancher du conflit »
Le niveau de 114,44 $ atteint lundi par le Brent représente le deuxième plus haut de cette crise iranienne, juste derrière le sommet de 126 $ enregistré le 29 avril.
Pourtant, les marchés l’ont absorbé en deux jours seulement. Mardi, avec la suspension par Trump de son plan de « guidage des navires », le Brent est retombé de 114 $ à environ 112 $, tandis que le WTI a reculé de 106 $ à 104 $.
Mike Wirth, PDG de Chevron, a prononcé lors de la conférence mondiale Milken une phrase qu’il convient de méditer : « Il ne s’agit pas uniquement d’une question de prix. Je pense que, dans les semaines à venir, nous verrons apparaître, dans certaines régions du monde, des pénuries réelles de carburants — ce ne sera pas un problème de prix, mais bien un problème d’approvisionnement : “peut-on effectivement se procurer la marchandise ?” » Il a ajouté que, même si le détroit rouvrait définitivement, plusieurs mois seraient nécessaires pour rétablir des exportations normales : il faudrait désamorcer les mines marines, puis réaffecter les centaines de navires actuellement immobilisés dans le golfe Persique.
Cette déclaration redéfinit l’horizon temporel des marchés. Il ne s’agit plus de penser que « dès que les négociations aboutiront, le pétrole reviendra à 70 $ », mais plutôt que « même après un accord, plusieurs mois seront requis pour retrouver un approvisionnement normal ». Cette prise de conscience constitue désormais un soutien structurel à la persistance des cours au-dessus de 100 $.
L’or a légèrement renforcé sa position mardi, oscillant entre 4 625 $ et 4 640 $, tandis que le rendement des obligations d’État à dix ans a légèrement reculé, passant de 4,34 % lundi à environ 4,38 %.Cryptomonnaies : le bitcoin franchit pour la première fois depuis trois mois la barre des 80 000 $, sans cri ni fanfare
Le 5 mai, le bitcoin a dépassé les 80 000 $, atteignant un sommet intrajournalier de 81 000 $, avant de se stabiliser autour de 80 500–80 740 $. Il s’agit de son premier retour à ce niveau depuis l’effondrement brutal survenu en octobre 2025.
Cette fois, aucune conférence internationale, aucun candidat à la présidentielle n’a fait monter le cours par des déclarations publiques.
Trois événements simultanés ont conduit à cette percée :
Premièrement, les entrées sur les ETF Bitcoin en avril ont atteint un nouveau record annuel. Selon les données de CoinGecko et SoSoValue, les ETF Bitcoin spot ont enregistré en avril des entrées nettes d’environ 244 millions $, le meilleur chiffre mensuel de l’année. Cela signifie que les investisseurs institutionnels, après avoir acheté massivement aux creux du premier trimestre (autour de 62 000 $), ont achevé leur rattrapage actif. BlackRock (IBIT), Fidelity (FBTC) et ARK Invest (ARKB) ont absorbé la majeure partie de ces flux.
Deuxièmement, une liquidation massive des positions vendeuses. Une forte concentration de positions courtes à court terme s’était constituée entre 78 000 $ et 79 000 $. Avec la percée haussière, une vague de liquidations forcées s’est déclenchée, entraînant en quelques heures l’élimination de centaines de millions de dollars de positions vendeuses — ce qui a amplifié davantage la hausse.
Troisièmement, un signal inhabituel issu du théâtre des opérations. Lundi, alors que des missiles iraniens frappaient un port pétrolier des Émirats arabes unis et que le Brent grimpait brièvement vers 114 $, le bitcoin a choisi de monter, et non de baisser. Ce comportement a radicalement modifié la perception des analystes : le bitcoin n’est plus seulement une valeur sensible au « sentiment de risque », mais est désormais porté simultanément par deux récits distincts : « l’érosion de la crédibilité du dollar » et « la couverture contre l’inflation liée au conflit ». FinanceMagnates cite ainsi un analyste du groupe LMAX : « Cette hausse repose sur une dynamique fondamentale, et non sur une spéculation à effet de levier. Le taux de financement restant neutre confirme qu’il ne s’agit pas d’une manœuvre spéculative, mais bien d’un réel afflux d’acheteurs. »
Parallèlement, la conférence Consensus 2026 s’est ouverte à Miami, rassemblant des milliers d’acteurs du secteur et créant un contexte émotionnel favorable. Toutefois, contrairement à la conférence de Las Vegas la semaine précédente — où les discours enthousiastes n’avaient pas été suivis d’une hausse effective — cette fois, le cours a monté en premier, la conférence n’ayant fait que conforter la tendance.
Le bitcoin se trouve désormais face à un seuil critique : 82 228 $, soit sa moyenne mobile sur 200 jours — et surtout, le niveau qu’il n’a jamais réussi à franchir en clôture depuis son sommet d’octobre. Un dépassement de ce seuil constituerait un retournement technique confirmé ; à l’inverse, un échec à le maintenir replacerait immédiatement 75 000 $ comme support inférieur.Résumé de la journée : le conflit a fait grimper le pétrole à 114 $, AMD a bondi de 15 %, le bitcoin a percé les 80 000 $
Entre le 4 et le 5 mai, les marchés ont connu une accumulation exceptionnelle d’événements.
Marchés américains : Lundi, le Dow Jones a perdu 557 points (suite aux tirs de missiles iraniens sur un port pétrolier des Émirats arabes unis) ; mardi, tous les indices ont rebondi, revenant dans le vert. Après la clôture, AMD a publié un résultat du Q1 de 1,37 $ par action, largement supérieur aux attentes, et des prévisions pour le Q2 à 1,12 milliard $, largement supérieures aux estimations du marché. Son cours a grimpé de 15 % après la clôture : c’est le signal le plus important de cette période de résultats, confirmant que le cycle des semi-conducteurs n’a pas encore atteint son sommet. Palantir et Shopify illustrent, avec leurs baisses malgré des résultats supérieurs aux attentes, la nouvelle logique boursière qui prévaut pour les valeurs fortement valorisées. GameStop a proposé d’acquérir eBay pour 56 milliards $, entraînant une chute de 10 % lundi et la perplexité généralisée des analystes.
Prix du pétrole : Lundi, le Brent a atteint 114,44 $ (son deuxième plus haut de cette crise), avant de reculer à 112,90 $ mardi, tandis que le WTI est tombé à 104,10 $. Bien que Trump ait annoncé la suspension de son plan de « guidage des navires », les négociations n’ont pas enregistré de progrès concrets. Le PDG de Chevron a souligné que, même si le détroit rouvrait, plusieurs mois seraient nécessaires pour rétablir un approvisionnement normal.
Cryptomonnaies : Le bitcoin a dépassé les 80 000 $, touchant un sommet intrajournalier de 81 000 $, son plus haut niveau depuis trois mois. Les entrées nettes sur les ETF en avril (244 millions $) constituent le meilleur chiffre annuel, tandis que la liquidation des positions vendeuses et l’afflux d’acheteurs fondamentaux ont conjointement alimenté la hausse. Sa progression contre-courant durant le conflit a profondément transformé la perception de son rôle sur les marchés. Le prochain seuil critique est 82 228 $ (moyenne mobile sur 200 jours) : seule une clôture au-dessus de ce niveau permettrait de considérer que le bitcoin a véritablement émergé de l’ombre des sept derniers mois.
Actuellement, le marché ne s’intéresse qu’à une seule chose : combien de la hausse de 15 % d’AMD après la clôture se traduira-t-elle en gains réels dès l’ouverture ?
Si la hausse d’AMD après la clôture se convertit sans heurt en une progression intrajournalière stable, et si la posture de Trump vis-à-vis de l’Iran continue de se détendre, le Nasdaq pourrait viser 25 500. Toutefois, au-delà de 25 000, l’atmosphère devient plus rare : il s’agit d’un territoire inexploré historiquement, sans précédent ni repère fiable.
Au moins une chose est désormais certaine : en deux mois, le bitcoin est passé de 62 000 $ à 81 000 $, battant l’or, surpassant l’indice S&P 500 et invalidant toutes les voix qui, en février, prédisaient sa chute imminente. Ceux qui, au moment où le pétrole atteignait 126 $, ont clamé que « le bitcoin devait baisser », ont une explication à fournir au marché.
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