
Fonds négocié en bourse (ETF) sur la mémoire DRAM : Samsung, SK Hynix et Micron ont tous dépassé la barre du trillion de dollars ; l’ère de l’IA pour les puces de mémoire ne fait que commencer.
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Fonds négocié en bourse (ETF) sur la mémoire DRAM : Samsung, SK Hynix et Micron ont tous dépassé la barre du trillion de dollars ; l’ère de l’IA pour les puces de mémoire ne fait que commencer.
Les vendeurs restent toujours haussiers, mais il convient d’adopter une posture prudente tout en retenant l’essentiel de leur analyse.
Auteurs : Dave Mazza, Thomas DiFazio
Traduction : TechFlow
Introduction de TechFlow : Les capitalisations boursières des trois plus grands fabricants mondiaux de puces de mémoire ont toutes dépassé 1 000 milliards de dollars américains. Morningstar a immédiatement publié un article pour rappeler aux investisseurs l’importance des fondamentaux. Roundhill Investments (émetteur de l’ETF DRAM) a rédigé un contre-argument point par point : les infrastructures de l’intelligence artificielle (IA) transforment structurellement l’équilibre offre-demande du secteur de la mémoire ; les barrières à l’entrée liées à la fabrication de la mémoire à large bande (HBM) empêchent totalement toute nouvelle entrée sur le marché ; et les bénéfices prévus pour 2027 des trois géants s’élèveront collectivement à 704 milliards de dollars américains. Il convient de noter que les auteurs de cet article sont gestionnaires de l’ETF DRAM, ce qui implique naturellement une orientation haussière.
Les trois plus grands fabricants mondiaux de puces de mémoire — Samsung Electronics (005930 KS), SK Hynix (000660 KS) et Micron (MU) — ont tous franchi le seuil des 1 000 milliards de dollars américains en capitalisation boursière, rejoignant ainsi un club extrêmement restreint. Ce jalon a toutefois suscité un examen critique.
Morningstar a récemment publié un billet de blog destiné à rappeler aux investisseurs des ETF spécialisés dans la mémoire qu’il ne faut pas négliger les fondamentaux, soulevant plusieurs questions percutantes :
- L’expérience historique mérite d’être prise au sérieux : Le secteur de la mémoire connaît régulièrement des cycles de boom et de crise ; les investisseurs risquent d’ignorer cette histoire.
- Les entreprises de mémoire ne disposent pas de « douves » défensives : La mémoire est, en substance, une marchandise de base ; de nouvelles capacités de production peuvent toujours entrer sur le marché et éroder le pouvoir de fixation des prix, tandis que les entreprises manquent de véritables barrières pour protéger leurs marges.
- La hausse des cours pourrait être portée par le momentum plutôt que par les fondamentaux : L’engouement autour des actions de sociétés de mémoire reflète davantage l’enthousiasme pour l’IA que des analyses rationnelles des bénéfices, des marges et de la dynamique offre-demande.
- Les valorisations se sont envolées : Les actions de sociétés de mémoire ont fortement progressé, et leurs cours pourraient déjà devancer les fondamentaux.

Légende de l’illustration : Aperçu du secteur des puces de mémoire
La position de Roundhill est la suivante : cette fois-ci, c’est différent. Pour comprendre l’avenir du secteur de la mémoire, il faut d’abord revenir sur son passé.
L’histoire est certes inquiétante, mais reste-t-elle pertinente aujourd’hui ?
Il est indéniable que le secteur des puces de mémoire connaît des cycles de boom et de crise. Le cycle le plus emblématique s’est produit au milieu des années 1990. En août 1995, Microsoft lançait Windows 95, transformant l’ordinateur personnel d’un outil réservé aux entreprises en un bien de consommation courante ; la capacité de DRAM par ordinateur passa alors de 1 à 2 mégabits à 4 à 8 mégabits, soit un quadruplement. Les fabricants furent pris de court par cette demande soudaine et lancèrent frénétiquement des projets de construction d’usines, entraînant finalement un excès d’offre et un effondrement des prix.
Une situation similaire s’est reproduite au milieu des années 2010. Lors du lancement de l’iPhone 7, Apple augmenta la capacité de stockage de base de 16 Go à 32 Go : un changement apparemment mineur, mais qui, à grande échelle, provoqua une explosion de la demande. Les fabricants investirent massivement à nouveau, avant de connaître encore une fois un excès de capacité suivi d’une baisse des prix.
Ces cycles partagent un schéma commun : percée technologique → forte hausse de la demande → expansion de la capacité de production → excès d’offre → effondrement des prix.
La question est la suivante : ce schéma reste-t-il applicable aujourd’hui ?
Le secteur des puces de mémoire a subi une transformation structurelle. La demande de mémoire n’est plus liée aux cycles de renouvellement des appareils électroniques grand public, mais à l’expansion de la puissance de calcul fournie par les infrastructures de l’IA. Ce marché dépasse largement l’ampleur d’une simple vague de mise à niveau des smartphones et possède un potentiel de croissance bien plus important.
Depuis janvier 2024, les prix de la DRAM et de la NAND ont augmenté de plus de 500 %. Les clients hyperscale commencent à exiger la conclusion d’accords d’approvisionnement à long terme afin de sécuriser leur bande passante. Historiquement, ces accords étaient des cadres souples, susceptibles d’être modifiés en fonction de l’évolution du marché. Ce modèle a désormais changé. Lors de sa conférence téléphonique sur les résultats du premier trimestre 2026, SK Hynix a déclaré que les accords actuels traduisent un « engagement mutuel renforcé » entre clients et fournisseurs, en raison de l’intensité exceptionnelle des investissements requis pour la fabrication de mémoires avancées. Micron a également signalé des conditions similaires pour ses accords à long terme.

Légende de l’illustration : Évolution des prix de la DRAM et de la NAND
La « douve » du secteur des puces de mémoire : la complexité de la fabrication
Toutes les puces de mémoire ne se valent pas. Celle qui alimente actuellement les systèmes d’IA s’appelle mémoire à large bande (HBM, High Bandwidth Memory) ; elle diffère radicalement des puces utilisées dans les smartphones ou les ordinateurs. Conçue spécifiquement pour les charges de travail liées à l’IA, la fabrication de l’HBM impose des conditions extrêmement exigeantes.
Des données de Goldman Sachs indiquent que SK Hynix, Samsung et Micron contrôlent presque l’intégralité de l’offre mondiale d’HBM. Des décennies de consolidation sectorielle ont permis à ces acteurs d’accumuler une expertise manufacturière impossible à reproduire rapidement. Cette complexité technique constitue en soi une « douve » défensive — précisément ce qui explique pourquoi ces trois entreprises dominent aujourd’hui le marché.

Légende de l’illustration : Répartition des parts de marché mondiales de l’HBM
Cela diffère fondamentalement de la logique des anciens cycles. Dans le passé, la hausse de la demande entraînait automatiquement l’entrée de nouvelles capacités de production, suivie d’un effondrement des prix. Aujourd’hui, la contrainte n’est ni financière ni liée à la volonté d’investir, mais relève purement des capacités techniques. SK Hynix détient actuellement environ 58 % de l’offre mondiale d’HBM et a annoncé, le 2 juin, son intention de doubler sa capacité de wafers au cours des cinq prochaines années, tout en prévenant que les pénuries persisteront jusqu’en 2030. La construction d’une nouvelle usine nécessite au moins trois ans ; si le site est entièrement nouveau, ce délai peut dépasser cinq ans.
En outre, ASML — unique fabricant mondial de machines de lithographie à rayons ultraviolets extrêmes (EUV) — comptait, début 2026, une liste d’attente de commandes de 38,8 milliards d’euros, dépassant son chiffre d’affaires annuel prévu ; le délai de livraison d’une seule machine EUV excède 12 mois. Ce goulot d’étranglement ne peut être résolu à court terme.
Fondamentaux : les fabricants de mémoire vont bientôt figurer parmi les entreprises les plus rentables au monde
Les perspectives de bénéfices, de chiffre d’affaires et de marges des entreprises Samsung, SK Hynix et Micron reflètent l’onde profonde et concrète de l’adoption de l’IA. Selon le consensus Bloomberg, ces trois entreprises devraient figurer, d’ici 2027, parmi les dix sociétés les plus rentables au monde.

Légende de l’illustration : Prévisions du classement mondial des entreprises les plus rentables en 2027 (consensus Bloomberg)
Le bénéfice net cumulé attendu pour 2027 s’élève à 704 milliards de dollars américains, avec un chiffre d’affaires total supérieur à 1 000 milliards de dollars américains.

Légende de l’illustration : Prévisions du chiffre d’affaires des trois principaux fabricants de mémoire

Légende de l’illustration : Prévisions des bénéfices des trois principaux fabricants de mémoire
Sur le plan des marges, les taux de marge opérationnelle brutes de Samsung, SK Hynix et Micron ont atteint des niveaux historiques, dépassant même les sommets précédents observés en 2018.

Légende de l’illustration : Évolution historique des marges brutes opérationnelles des trois principaux fabricants de mémoire
Ces chiffres sont sans précédent dans l’histoire du secteur de la mémoire. Même si la croissance ralentit, le secteur devrait stabiliser ses performances à un niveau historiquement élevé, grâce à l’intégration continue de l’IA générative dans l’économie mondiale.
Revalorisation sous un nouveau régime de profitabilité
La performance historique des cours, combinée à une révision à la hausse substantielle des fondamentaux, montre que le secteur connaît actuellement une réévaluation majeure, portée par la croissance des bénéfices et l’expansion des marges.
SK Hynix et Samsung constituent deux exemples typiques. Depuis près de dix ans, leurs ratios cours/valeur comptable (NTM, « next twelve months ») ont fluctué dans une fourchette relativement stable, limitée par la nature cyclique des bénéfices caractéristique du secteur de la mémoire. Ce plafond pourrait désormais ne plus s’appliquer. Le rendement sur les capitaux propres (ROE) anticipé pour ces deux entreprises a grimpé à des niveaux sans précédent dans l’histoire du secteur de la mémoire, ce qui oblige les investisseurs à revoir en profondeur les cadres d’évaluation traditionnellement utilisés pour juger ces titres.

Légende de l’illustration : Évolution du ratio cours/valeur comptable (NTM) et du ROE de SK Hynix

Légende de l’illustration : Évolution du ratio cours/valeur comptable (NTM) et du ROE de Samsung Electronics
Bien que les cours aient connu une progression spectaculaire récemment, le ratio cours/bénéfice (P/E) médian NTM du portefeuille de l’ETF DRAM s’élève seulement à 8,37, ce qui représente une valorisation attractive comparée à celle du secteur technologique dans son ensemble. Par ailleurs, la croissance médiane attendue du bénéfice par action (EPS) pour l’exercice en cours s’élève à 632 %. Dire que les actions de sociétés de mémoire sont surévaluées revient à appliquer des données anciennes à un secteur entièrement nouveau. Pour Roundhill, l’écart entre les conventions historiques de valorisation et la réalité actuelle des fondamentaux constitue précisément une opportunité.

Légende de l’illustration : Aperçu des valorisations et de la croissance des bénéfices du portefeuille de l’ETF DRAM
Conclusion : pourquoi Roundhill n’est pas inquiet
Il est tout à fait légitime de nourrir des doutes face à une envolée des cours ; à long terme, les fondamentaux demeurent toujours essentiels. Or, dans ce cas précis, ce sont justement les fondamentaux qui expliquent la hausse des actions de sociétés de mémoire.
Le caractère distinctif des anciens cycles était le suivant : une demande explosive, sans limite claire, poussait les fabricants à surinvestir, entraînant inévitablement un effondrement des prix. La situation actuelle est structurellement différente : les barrières à l’entrée liées à la fabrication limitent drastiquement l’arrivée de nouveaux acteurs ; les leaders du secteur eux-mêmes affirment que les pénuries persisteront jusqu’en 2030 ; et le cycle de profitabilité ne fait que commencer à refléter l’ampleur des investissements dans les infrastructures de l’IA.
Roundhill considère que le marché ne valorise pas une bulle spéculative, mais plutôt l’entrée d’un secteur qui a lutté pendant des décennies contre des cycles de boom et de crise dans une ère nouvelle.
⚠️ Note de la rédaction : Les auteurs de cet article, Dave Mazza et Thomas DiFazio, sont tous deux membres de Roundhill Investments, société émettrice et gestionnaire de l’ETF DRAM (Roundhill Memory ETF). L’article reflète donc naturellement une orientation haussière. Les lecteurs sont invités à compléter cette analyse avec des points de vue tiers tels que ceux de Morningstar. L’avertissement relatif aux risques liés à l’ETF et la déclaration juridique figurant à la fin de l’article original ont été omises ; pour consulter l’intégralité des informations, veuillez vous reporter au lien vers l’article original.
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