
Rapport hebdomadaire du marché Wintermute : fin de la guerre en Iran, inflation conforme aux attentes, le BTC rebondit vers les 60 000 dollars, mais ne vous précipitez pas pour acheter à bas prix
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Rapport hebdomadaire du marché Wintermute : fin de la guerre en Iran, inflation conforme aux attentes, le BTC rebondit vers les 60 000 dollars, mais ne vous précipitez pas pour acheter à bas prix
À moins qu’une nouvelle majeure ne survienne, la volatilité des marchés se poursuivra jusqu’en été.
Auteur : Wintermute
Traduction et synthèse : TechFlow
Introduction de TechFlow : Cette semaine, les marchés se sont redressés sous l’effet d’une inflation américaine conforme aux attentes et de l’annonce par Donald Trump de la fin du conflit avec l’Iran. La chute brutale des cours du pétrole a stimulé les actifs à risque. Toutefois, le véritable tournant pour les marchés cryptographiques dépendra moins d’un simple rebond des prix que de l’afflux de capitaux : ni les stablecoins, ni les ETF, ni les fonds institutionnels n’ont encore montré d’amélioration structurelle. Avant de voir ces signaux, mieux vaut éviter de céder à la panique face aux mouvements de marché volatils.
Marchés macroéconomiques
Ce redressement hebdomadaire est porté par deux événements qui, de façon inhabituelle, agissent dans la même direction.
Premièrement, les données sur l’IPC de mai.
L’inflation annuelle s’élève à 4,2 %, en hausse pour le troisième mois consécutif et au plus haut depuis 2023 — mais conforme aux anticipations. Ce « conforme aux anticipations » résume toute l’histoire. Les marchés obligataires s’étaient préparés à une inflation plus élevée, craignant qu’elle ne pousse la présidente de la Fed, Michelle Warsh, à durcir sa posture plus tôt que prévu. Or les chiffres ne sont pas aussi mauvais. L’inflation sous-jacente recule à 2,9 %, ce qui suggère que l’inflation liée à l’énergie a atteint son sommet et ne se propage pas aux services ni aux salaires. Trois semaines après que les marchés eurent commencé à craindre une spirale inflationniste secondaire, un chiffre conforme aux attentes suffit à soulager les tensions.
Deuxièmement — et c’est encore plus important — la fin du conflit avec l’Iran.
Plus de cent jours après le début des hostilités, Donald Trump a annoncé dimanche la conclusion d’un accord, autorisant la réouverture du détroit d’Ormuz et la levée du blocus maritime. La signature officielle aura lieu le 19 juin en Suisse. Le Brent, tombé à 110 dollars le baril il y a un mois, a chuté à plus de 80 dollars, perdant 6,6 % rien que cette semaine. La prime géopolitique qui avait soutenu les marchés depuis fin février s’érode rapidement, entraînant une baisse du dollar (DXY –1 %) et des taux (le rendement à 10 ans revenu à environ 4,50 %). La baisse des cours du pétrole réduit directement les perspectives d’inflation à long terme — raison pour laquelle les données sur l’IPC et l’accord de cessez-le-feu se renforcent mutuellement cette semaine, plutôt que de s’annuler.
L’évolution transversale des actifs raconte clairement cette histoire d’apaisement. L’indice Russell 2000 mène la hausse (+4,0 %), suivi du Nasdaq (+2,3 %), des altcoins (+3,1 %), du BTC (+1,9 %), tandis que le Brent termine en queue de peloton. Le regain d’appétit pour le risque se traduit par un retrait de la prime énergétique. Le seul actif notablement en retard est la dette souveraine à long terme : les obligations à plus de 20 ans ne progressent que de +0,8 %, car l’inflation globale à 4,2 % limite la baisse possible des rendements, même avec la disparition de la prime liée à la guerre.
L’ensemble de ces éléments crée une situation particulièrement délicate à l’approche de la prochaine réunion du FOMC. L’inflation globale à 4,2 % plaide pour une politique « plus haute, plus longue ». En revanche, l’atténuation de l’inflation sous-jacente et la chute vertigineuse des cours du pétrole suggèrent que ce choc est temporaire, voire ouvrent la voie à une baisse des taux. Personne ne s’attend à un changement de politique mercredi : ce sont donc le « dot plot », les nouvelles projections et la première conférence de presse de Michelle Warsh qui retiendront toute l’attention. La façon dont elle encadrera cette contradiction — en ancrant son discours sur l’inflation globale ou en perçant au-delà des apparences pour privilégier l’inflation sous-jacente et l’impact du pétrole — définira le ton du second semestre.
Actifs numériques
Pour comprendre cette semaine, il faut remonter à il y a deux semaines, lorsque l’ensemble du secteur a perdu plus de 10 %, le BTC chutant de 14 % en une semaine. Ceux qui ne suivent que les marchés cryptographiques l’ont attribué à la vente de 32 bitcoins par Michael Saylor et aux inquiétudes qui en ont découlé concernant les flux de capitaux. La réalité repose sur deux autres facteurs :
(i) une montée des craintes inflationnistes combinée à des données solides sur l’emploi non agricole, déclenchant une rotation généralisée vers la prudence ;
(ii) et la confirmation que la hausse allant du creux à 60 000 dollars jusqu’à 83 000 dollars n’avait plus de soutien ultérieur. Il s’agissait d’un rebond haussier propre aux marchés baissiers — désormais confirmé.
Cette semaine marque un rebond : le BTC remonte depuis son creux à 60 000 dollars et clôture en hausse de +1,9 %, les altcoins gagnent +3,1 %, profitant à la fois de l’IPC conforme aux attentes et de l’accord de cessez-le-feu. L’ETH est nettement en retard, perdant 0,4 % alors que tout le reste augmente, prolongeant sa faiblesse relative. Aucun changement structurel n’est à signaler ici : il s’agit simplement de la réaction classique d’actifs à fort bêta face à un environnement de marché plus favorable.
Un pas en arrière permet de constater que, depuis octobre dernier, nous avons connu trois corrections supérieures à 20 %. Ce qui les distingue, c’est leur nature. Les deux premières correspondaient à des ventes orientées. La dernière, entre 83 000 et 60 000 dollars, est un faux mouvement baissier typique — un mouvement qui piège à la fois les acheteurs et les vendeurs. Les contrats perpétuels et les options montrent un intérêt très limité pour les positions directionnelles, ce qui est tout à fait normal dans ce contexte. À moins d’un événement majeur, le scénario de base reste un marché latéral jusqu’à l’été.
La question la plus difficile concerne le moment du virage. La réponse réside dans la liquidité. Les crypto-actifs restent des actifs macroéconomiques, une soupape de libération de la liquidité excédentaire, qui parvient via trois canaux : les stablecoins, les ETF et les DAT (Digital Asset Treasury companies). Aucun de ces trois canaux ne connaît de retournement. Les actifs gérés par les DAT sont passés d’environ 220 milliards de dollars à environ 140 milliards de dollars, et les nouveaux financements se sont pratiquement arrêtés, à l’exception de Strategy, Bitmine et Strive. Les ETF viennent de battre le record de sorties de capitaux depuis leur lancement, et la semaine dernière n’a pas marqué de tournant significatif. Les flux de stablecoins suivent également cette tendance à la sortie.
Il convient de rappeler comment le cycle précédent a réellement démarré. Il y a eu un creux, puis une reprise — mais la véritable dynamique haussière a débuté début 2024 avec l’approbation des ETF, anticipée à l’avance, ainsi que les flux de capitaux qu’ils ont générés. Si l’on avance l’hypothèse d’un retour à 100 000 dollars, la question devient : d’où viendront ces capitaux ? Pour l’instant, les institutions observent depuis la touche, tandis que les investisseurs particuliers se concentrent sur les ETF à effet de levier et les actions individuelles. Avant que cette tendance ne s’inverse, juger que le creux est atteint semble prématuré. Nous devons observer des changements structurels dans les flux de stablecoins (émission/rachat), dans les entrées/sorties d’ETF ou dans l’activité des DAT.
Nos points de vue
Ne vous laissez pas piéger par la volatilité
Le rapport risque/rendement offert par le creux à 60 000 dollars est attrayant sur le long terme : chaque épuration laisse derrière elle une base d’investisseurs plus qualifiée et plus résolue. Cela ne signifie pas pour autant que le creux soit déjà atteint. Il n’est pas impossible de descendre à 50 000 dollars avant toute amélioration. Les positions ont été liquidées, la pression vendeuse nette s’est atténuée — mais cela se produit sur des volumes estivaux réduits.
Le seul indicateur à surveiller est le flux de capitaux, pas les cours, ni les actualités. Un retournement durable des entrées dans les ETF et les stablecoins a marqué le véritable démarrage du précédent cycle — or aucun signe de ce type n’est encore perceptible. Face à cette configuration, notre conseil est de ne pas miser trop fortement sur tout rebond, afin d’éviter d’être pris dans les mouvements de volatilité.
À court terme, l’intervention de Michelle Warsh mercredi constituera un catalyseur décisif. Une interprétation dovish de l’atténuation de l’inflation sous-jacente et de la baisse des cours du pétrole prolongera cet apaisement ; une lecture hawkish de l’inflation globale à 4,2 % mettra fin à ce scénario. Par ailleurs, la cérémonie de signature américano-iranienne vendredi en Suisse constitue un événement majeur.
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