
Synthèse du marché du 28 avril : le S&P 500 et le Nasdaq établissent tous deux de nouveaux records historiques, le prix du pétrole dépasse 107 $, et le bitcoin, après avoir atteint un sommet en 12 semaines, recule.
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Synthèse du marché du 28 avril : le S&P 500 et le Nasdaq établissent tous deux de nouveaux records historiques, le prix du pétrole dépasse 107 $, et le bitcoin, après avoir atteint un sommet en 12 semaines, recule.
Le grand spectacle commence : cette semaine déterminera la qualité du rebond.
Auteur : TechFlow
Marchés américains : à la limite du record historique, la semaine des résultats financiers commence officiellement
Lundi, les acheteurs de Wall Street ont encore fait un pas sur un fil tendu.
L’indice S&P 500 a progressé de 0,12 % pour clôturer à 7 173,91 points, un nouveau sommet historique. L’indice composé Nasdaq a lui aussi grimpé de 0,20 %, atteignant 24 887,10 points — un autre record historique à la clôture. En revanche, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a reculé de 62,92 points (–0,13 %) à 49 167,79 points ; le balancier entre actions technologiques et industrielles s’est de nouveau inversé lundi.
Cette divergence — hausse simultanée de l’indice S&P 500 et du Nasdaq, mais baisse du DJIA — dure depuis plusieurs jours. La logique en est limpide : la forte narration autour de l’intelligence artificielle (IA) et des semi-conducteurs continue de soutenir les valeurs technologiques à fort poids dans les indices, tandis que les entreprises réelles composant le DJIA — consommation, industrie, restauration — subissent progressivement la pression exercée par un baril de pétrole à 107 $ et une confiance des consommateurs en berne.
Deux facteurs ont tiré les marchés ce jour :
Nvidia a de nouveau bondi de 4 %, revenant vers les 208 $, après avoir établi vendredi dernier un nouveau record historique ; lundi, elle a poursuivi sa progression. Le marché considère désormais cette action comme un indicateur d’humeur en temps réel pour les investissements liés à l’IA. Alphabet a gagné 1,8 %, Micron a explosé de 5,6 % : le secteur des semi-conducteurs continue d’attirer massivement les capitaux.
D’un autre côté, Apple a reculé de 1,3 %, McDonald’s de 3 %, et Domino’s Pizza a chuté de 10 % — cette chaîne de pizzas ayant enregistré, au premier trimestre, une croissance des ventes comparables dans ses magasins existants de seulement 0,9 %, bien en dessous des attentes de 2,7 %, et abaissant ses prévisions annuelles pour 2026 à une croissance à un chiffre faible. Lorsque les coûts de livraison à domicile augmentent sous l’effet de la hausse des prix du pétrole et que le porte-monnaie des consommateurs se contracte, la logique même de fixation des prix d’une pizza commence à se désintégrer.
Un chiffre mérite ici d’être mentionné : depuis le début du mois, l’indice S&P 500 a progressé de plus de 9 %, le Nasdaq de plus de 15 %, et l’indice SOX (semi-conducteurs) a rebondi de plus de 50 % depuis son creux de mars, enchaînant 18 séances consécutives de hausse, avec un indicateur RSI (Relative Strength Index) signalant un surachat proche de 85.
Il s’agit d’un signe technique de surchauffe impossible à ignorer. Certes, le marché peut continuer à grimper dans cette zone surchauffée, mais dès qu’une mauvaise nouvelle survient, le repli sera plus rapide que la montée.
Et cette mauvaise nouvelle pourrait bien arriver cette semaine.
Le compte à rebours le plus important de la semaine : MAG4 + Réserve fédérale, collision mercredi
Mercredi 29 avril marque, à ce stade de la saison des résultats, la journée la plus dense : Alphabet, Meta, Microsoft et Amazon publieront collectivement leurs résultats du premier trimestre après la clôture, tandis que, le même jour en après-midi, la Réserve fédérale américaine (Fed) annoncera sa décision sur les taux d’intérêt — il s’agira vraisemblablement de la dernière réunion du président actuel, Jerome Powell.
Les cours de ces quatre sociétés ont déjà grimpé chacun de plus de 10 % ce mois-ci, ce qui témoigne d’un soutien anticipé du marché aux importants investissements en capital liés à l’IA. Toutefois, les précédents récents de ServiceNow et IBM restent gravés dans toutes les mémoires : même un résultat supérieur aux attentes peut servir de prétexte à la vente à découvert, tout dépendant des perspectives fournies.
Dan Ives, analyste chez Wedbush, a déjà déclaré publiquement s’attendre à « de bonnes nouvelles continues, avec la révolution IA qui avance à plein régime ».
Mais jeudi 30 avril, Apple et Amazon publieront également leurs résultats ; mercredi, la Banque du Japon tiendra sa réunion de politique monétaire, et jeudi, ce sera au tour de la Banque centrale européenne (BCE). Trois banques centrales majeures, combinées aux sept géants technologiques (MAG7), forment un système où toute dérive de l’un entraîne inévitablement les autres.
Cette semaine constitue donc une fenêtre critique susceptible de décider si ce rebond actuel touche à sa fin.
Pétrole : la façade d’un cessez-le-feu tient encore, mais à 107 $ le baril, les fissures apparaissent déjà
Lundi, le Brent a franchi la barre des 107 $ le baril, tandis que le WTI s’est élevé dans la fourchette 95–97 $. En une seule semaine, le WTI a ainsi grimpé de plus de 13 % depuis les 89 $.
La raison n’est pas compliquée : en apparence, un cessez-le-feu ; en réalité, une impasse.
Lundi, Axios, citant des responsables américains et des sources informées, a rapporté qu’l’Iran avait transmis par l’intermédiaire du Pakistan une nouvelle proposition aux États-Unis : rouvrir le détroit d’Hormuz et cesser les attaques contre les navires, en échange de la levée par les forces américaines du blocus maritime et du report des négociations nucléaires. À première vue, cela semble une percée, mais samedi, Donald Trump avait déjà annoncé l’annulation du voyage au Pakistan de Jared Kushner et de Robert C. O’Brien (alias « Witkoff »), écrivant sur Truth Social : « Trop de perte de temps, un simple appel suffit. »
Cette phrase a laissé les diplomates muets. Si les représentants chargés des négociations ne se déplacent même plus, toute proposition ne reste qu’encre sur papier. Le détroit d’Hormuz demeure fermé, les pétroliers continuent de contourner le cap de Bonne-Espérance, et l’Asie subit chaque jour une perte d’approvisionnement estimée à environ 5 millions de barils.
Un détail rendant encore plus complexe l’humeur des marchés : l’Iran avait auparavant proposé de percevoir des « frais de passage » via le détroit d’Hormuz, payables en stablecoins ou en bitcoins, à hauteur d’environ 1 $ par baril. Cette semaine, Chainalysis, société spécialisée dans l’analyse des chaînes de blocs, a révélé que les activités en chaîne de blocs de la Garde révolutionnaire islamique (IRGC) avaient dépassé 3 milliards de dollars en 2025, principalement en stablecoins. Le « péage cryptographique » d’Hormuz passe ainsi d’une théorie du complot à un fait documenté.
Or : 4 730 $, suit l’inflation sans parvenir à la devancer
L’or a clôturé lundi dans la fourchette 4 730–4 750 $, suivant la hausse du pétrole mais avec une progression limitée.
La logique sous-jacente reste la même chaîne contradictoire : hausse des prix du pétrole → augmentation des anticipations d’inflation → renforcement du dollar → pression baissière sur l’or ; toutefois, les risques de conflit persistent → demande de refuge soutenant le cours de l’or. Ces deux forces s’opposent mutuellement, transformant l’or en une ligne horizontale en légère pente ascendante.
La déclaration faite lors de l’audition devant le Sénat du candidat à la présidence de la Fed, Philip Warsh — « construire un nouveau cadre pour faire face à l’inflation » — reste toujours sans suite. Si la Fed maintient ses taux inchangés cette semaine tout en adoptant un ton résolument « faucon », l’or subira une pression baissière à court terme ; à l’inverse, si la prestation d’adieu de Powell revêt un caractère « colombin », l’or pourrait connaître un rattrapage.
Crypto-monnaies : 79 488 $ à portée de main… puis retournement
Dans la nuit de lundi, durant la session européenne, le bitcoin a brièvement atteint 79 488 $, un plus haut depuis 12 semaines, ne manquant que quelques points pour franchir le seuil psychologique des 80 000 $.
Puis le Brent a dépassé 107 $ le baril, et le bitcoin a commencé à reculer.
À la clôture des marchés américains lundi, le bitcoin était retombé dans la fourchette 76 600–77 900 $, en baisse d’environ 1,5 % sur 24 heures ; l’Ethereum a perdu environ 3 %, XRP et Solana environ 3 % chacun. L’indice CoinDesk 20 (indice large couvrant le marché des crypto-actifs) a reculé d’environ 2 %. La capitalisation boursière globale des crypto-actifs s’élevait à environ 2,68 billions de dollars, tandis que l’indice de peur et de cupidité se maintenait sous 46, dans une zone neutre teintée de crainte.
Dans son rapport publié lundi, l’analyste de Bitfinex a mis en lumière un signal structurel important : les détenteurs à court terme ont profité de ce rebond pour réaliser massivement leurs gains dans la fourchette 78 000–79 000 $, compensant partiellement les achats soutenus provenant des fonds négociés en bourse (ETF) et des stratégies institutionnelles. Autrement dit, les institutions achètent, mais les spéculateurs à court terme vendent. Ces deux forces contraires ont empêché le bitcoin de franchir le seuil des 80 000 $.
Des données citées par Bloomberg indiquent que l’annonce initiale de la proposition iranienne concernant Hormuz a effectivement propulsé le bitcoin depuis la fourchette des 75 000 $ jusqu’à 79 488 $. Mais la reprise des cours du pétrole a ensuite dissipé cet optimisme. Le prix du bitcoin est désormais un baromètre en temps réel des progrès des négociations au Moyen-Orient.
Résumé de la journée : le grand spectacle commence — cette semaine décidera de la qualité de ce rebond
Le 27 avril, l’indice S&P 500 et le Nasdaq ont tous deux établi de nouveaux records historiques, mais les marchés américains évoluent sur un fil extrêmement ténu :
Marchés américains : S&P 500 clôturé à 7 173,91 (+0,12 %), Nasdaq à 24 887,10 (+0,20 %), tous deux à des sommets historiques. Les valeurs technologiques et les semi-conducteurs continuent de mener la danse, tandis que les valeurs de consommation subissent la pression. La chute de 10 % de Domino’s illustre parfaitement comment la hausse des prix du pétrole « comprime la consommation réelle ». Depuis le début du mois, le Nasdaq a grimpé de plus de 15 %, et l’indice SOX (semi-conducteurs) enchaine 18 séances positives consécutives — les signaux techniques de surachat sont manifestes.
Pétrole : le Brent a franchi 107 $ le baril, le WTI s’est élevé dans la fourchette 95–97 $, soit une hausse cumulative supérieure à 13 % sur la semaine. L’Iran a présenté une proposition visant à rouvrir le détroit d’Hormuz, mais les négociations stagnent réellement, et Trump a annulé la mission diplomatique américaine au Pakistan.
Crypto-monnaies : le bitcoin a atteint dans la nuit un plus haut en 12 semaines à 79 488 $, puis a reculé vers 77 000 $ avec la remontée des cours du pétrole, perdant 1,5 % sur la journée. Chaque échec à franchir le seuil des 80 000 $ épuise un peu plus les munitions des acheteurs.
Cette semaine, le marché ne s’intéresse qu’à une chose : les résultats du MAG4 de mercredi résisteront-ils aux attentes ?
Alphabet, Meta, Microsoft et Amazon ont chacun grimpé de plus de 10 % ce mois-ci : leurs valorisations intègrent déjà pleinement le scénario d’une poursuite explosive de la vague IA. Si les perspectives de ces quatre entreprises tombent en deçà des attentes du marché, ou si leur croissance des dépenses en capital (Capex) déçoit les investisseurs, la séance de mercredi après la clôture pourrait marquer une fin douloureuse de ce rebond. En revanche, si toutes dépassent les attentes, le marché pourrait encore monter un peu plus.
Un signal mineur, mais non négligeable : la Commission nationale du développement et de la réforme de Chine (NDRC) a ordonné cette semaine à Meta d’annuler son acquisition de 2 milliards de dollars de la start-up singapourienne spécialisée en IA, Manus. La fragmentation géopolitique de la course à l’IA s’étend désormais des restrictions à l’exportation de puces aux opérations de fusion-acquisition.
Cette semaine promet d’être nettement plus animée que la précédente.
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