
SEC contre CFTC : Qui le projet de loi CLARITY veut-il investir du « pouvoir de vie ou de mort » sur le monde des cryptomonnaies ?
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SEC contre CFTC : Qui le projet de loi CLARITY veut-il investir du « pouvoir de vie ou de mort » sur le monde des cryptomonnaies ?
La CFTC et la SEC ont des responsabilités distinctes.
Rédaction : Cointelegraph
Traduction : AididiaoJP, Foresight News
Le projet de loi CLARITY vise à établir une répartition claire des compétences entre la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), afin de clarifier le fonctionnement du marché américain des cryptomonnaies en matière d’actifs numériques, de plateformes d’échange, de divulgation d’informations et de régulation.
Points clés
- Clarification des définitions et des rôles respectifs : Ce projet de loi entend résoudre, au moyen d’un cadre structuré, l’incertitude réglementaire persistante depuis des années, en définissant précisément ce qu’est un actif numérique, quel rôle jouent les intermédiaires et quelles informations doivent être divulguées.
- Compétences distinctes pour la CFTC et la SEC : La plupart des transactions au comptant portant sur des jetons admissibles relèveront de la compétence de la CFTC, tandis que la SEC conservera sa responsabilité concernant les émissions sur le marché primaire, la divulgation d’informations et la protection des investisseurs.
- Régulation à la fois des actifs et des comportements : Le texte ne se limite pas à la nature des actifs eux-mêmes, mais vise également à encadrer les pratiques du marché. Il instaure des exigences d’enregistrement et de conduite éthique applicables aux plateformes d’échange, aux courtiers et aux négociants, afin de renforcer l’intégrité et la transparence du marché.
- Complémentarité avec la loi relative aux stablecoins : Les stablecoins relèvent principalement de la loi GENIUS. Le projet de loi CLARITY intervient uniquement de façon complémentaire dans certains domaines spécifiques, tels que la divulgation d’informations liées à l’utilisation des stablecoins ou les mécanismes de récompense associés.
Le projet de loi CLARITY (Loi de 2025 sur la clarté des marchés des actifs numériques) cherche à débloquer l’impasse législative qui paralyse le secteur grâce à une approche en deux volets : d’une part, définir clairement la notion d’actif numérique ; d’autre part, attribuer les pouvoirs de régulation en fonction de la fonction réelle remplie par ces actifs sur le marché. Cette initiative vise à remplacer la pratique actuelle fondée sur des actions répressives cas par cas par un cadre global couvrant la classification des actifs, les rôles des intermédiaires et les obligations de divulgation d’informations.
Cet article explique ce qu’est le projet de loi CLARITY, pourquoi il revêt une importance capitale, présente ses objectifs principaux et examine la manière dont il entend réguler les stablecoins. Il aborde également la notion de « blockchain mature », les arguments principaux avancés contre ce projet de loi ainsi que l’état d’avancement de sa procédure législative.
Pourquoi le projet de loi CLARITY est-il important ?
Le projet de loi CLARITY s’attaque à un problème chronique du domaine des cryptomonnaies : l’incertitude réglementaire.
Depuis plusieurs années, les entreprises spécialisées dans les actifs numériques sont confrontées à une ambiguïté persistante quant aux compétences respectives de la SEC et de la CFTC. La SEC qualifie fréquemment de nombreux jetons de titres, tandis que la CFTC les classe comme marchandises. Cette zone grise freine l’innovation, complique la conformité réglementaire et crée de la confusion chez les investisseurs, causant ainsi de sérieuses difficultés aux entreprises du secteur des cryptomonnaies.
Le projet de loi CLARITY vise précisément à lever cette impasse en définissant clairement les actifs numériques et en répartissant les responsabilités réglementaires selon le type d’actif concerné et les activités associées. Grâce à un cadre préétabli et transparent, les acteurs du marché sauront dès le départ quelles règles ils doivent respecter, plutôt que de devoir faire face à l’incertitude inhérente aux interventions répressives.
Objectifs principaux du projet de loi CLARITY
Ce projet de loi entend établir un système réglementaire cohérent selon trois axes principaux :
Définition plus précise des catégories d’actifs
Le projet de loi CLARITY introduit la notion de « marchandise numérique », désignant un actif numérique dont la valeur provient essentiellement de l’utilisation de son système blockchain sous-jacent. Cette définition exclut explicitement les titres traditionnels et les stablecoins. Ainsi, les transactions au comptant portant sur de nombreux jetons admissibles relèveront de la compétence de la CFTC. Compte tenu du fonctionnement réel des réseaux cryptographiques, cette définition met particulièrement l’accent sur la fonctionnalité de la blockchain et sur le degré de décentralisation du réseau.
Clarification des frontières réglementaires
Le projet de loi répartit les compétences réglementaires selon les fonctions exercées :
- La CFTC obtient la compétence principale en matière de transactions portant sur des marchandises numériques, notamment sur les marchés secondaires, les marchés au comptant et les plateformes d’échange.
- La SEC conserve ses compétences sur les émissions sur le marché primaire, la protection des investisseurs, les obligations de divulgation d’informations et les ventes initiales.
- Le projet de loi encourage également la coopération entre les deux instances afin d’élaborer conjointement des règles dans les domaines où leurs compétences se chevauchent, notamment en matière de divulgation d’informations.
Mise en place d’un cadre unifié de divulgation d’informations et de normes de conduite
Afin de protéger les investisseurs et garantir l’équité du marché, le projet de loi impose aux développeurs et aux émetteurs une divulgation standardisée d’informations. Celles-ci devront couvrir les aspects techniques de la blockchain, le modèle économique des jetons et les principaux risques associés, permettant ainsi aux acteurs du marché de disposer d’éléments comparables pour évaluer différents projets. Les intermédiaires, tels que les plateformes d’échange de marchandises numériques, les courtiers et les négociants, devront quant à eux satisfaire à des exigences d’enregistrement, de déclaration et de surveillance réglementaire. Les activités liées aux transactions relèveront principalement de la compétence de la CFTC.
Dans l’ensemble, le projet de loi CLARITY cherche à substituer des règles claires à une zone d’incertitude, tout en conciliant protection des investisseurs, intégrité du marché et soutien à l’innovation sectorielle.
Les débats sur la structure du marché des cryptomonnaies influencent aujourd’hui la réflexion des décideurs politiques sur la régulation des modèles d’intelligence artificielle, car ces deux domaines soulèvent des questions similaires en matière de détermination de la responsabilité et de rapidité de l’innovation.
Comment le projet de loi CLARITY régule-t-il les stablecoins ?
La loi GENIUS, adoptée en 2025, a déjà établi un cadre fédéral de régulation des stablecoins destinés aux paiements. Elle prévoit que, sous réserve du respect rigoureux de conditions strictes relatives aux réserves, au rachat et à la supervision réglementaire, les stablecoins admissibles ne seront ni considérés comme des titres ni comme des marchandises.
Le projet de loi CLARITY ne couvre pas ni ne duplique ce dispositif réglementaire spécifique aux stablecoins. En revanche, ses dispositions agissent de façon complémentaire, notamment en ce qui concerne les mécanismes de récompense liés aux stablecoins, les obligations de divulgation d’informations et leur interaction avec le marché plus large des actifs numériques.
La notion de « blockchain mature »
Compte tenu de l’évolution intrinsèque des actifs, le projet de loi CLARITY établit un parcours permettant à une blockchain d’obtenir la qualification de « mature », dès lors qu’elle atteint un certain degré de décentralisation et satisfait à d’autres critères fonctionnels.
Une fois cette qualification obtenue, les jetons associés seront reclassés comme « marchandises numériques » et relèveront donc de la compétence de la CFTC. À condition que le projet réponde aux autres exigences requises, cela peut alléger considérablement sa charge réglementaire, par exemple en supprimant la nécessité d’un enregistrement préalable.
La notion de « blockchain mature » illustre l’idée selon laquelle, à mesure qu’un réseau devient plus décentralisé et plus largement distribué, le régime réglementaire applicable doit évoluer en conséquence. Elle offre aux projets une trajectoire plus claire vers des exigences de conformité potentiellement moins contraignantes.
Dans les litiges réglementaires antérieurs, les tribunaux ont parfois eu recours à des précédents juridiques datant de plusieurs décennies, issus du droit des valeurs mobilières, pour qualifier la nature des jetons cryptographiques. Cela met en lumière la difficulté d’appliquer des cadres juridiques anciens à des marchés numériques entièrement nouveaux.
Critiques persistantes à l’égard du projet de loi CLARITY
Bien que ce projet de loi vise à apporter de la clarté, des réserves subsistent. Certains critiques estiment que ses définitions restent lacunaires, notamment dans le domaine de la finance décentralisée (DeFi), où les projets échappent souvent aux modèles réglementaires traditionnels.
D’autres considèrent que le niveau de protection des investisseurs offert par ce projet de loi est inférieur aux normes actuelles du droit des valeurs mobilières. D’autres inquiétudes portent sur les risques potentiels de chevauchement des compétences, notamment sur la manière dont le pouvoir de la SEC de réprimer les pratiques frauduleuses s’appliquera dans les domaines relevant principalement de la CFTC, surtout pour les jetons présentant plusieurs caractéristiques simultanément.
État d’avancement de la procédure législative du projet de loi CLARITY
La Chambre des représentants des États-Unis a adopté le projet de loi CLARITY (H.R. 3633) en juillet 2025, avec un large soutien bipartisan. Au 1er janvier 2026, le texte est en attente d’examen au Sénat, où il a été renvoyé à la commission bancaire, du logement et des affaires urbaines et rurales. La procédure législative implique également l’avis consultatif de la commission sénatoriale de l’agriculture, de la nutrition et des forêts sur les questions relevant de la régulation exercée par la CFTC.
Au 1er janvier 2026, les commissions sénatoriales concernées ont organisé des audiences publiques, publié des documents de réflexion, proposé des amendements et fait progresser certaines versions de textes législatifs plus larges relatifs à la structure des marchés. Toutefois, en raison de désaccords persistants sur des questions telles que les rendements générés par les stablecoins et la protection des investisseurs, l’achèvement et l’ajustement du projet de loi connaissent des retards. Le travail de coordination entre le projet de loi adopté par la Chambre des représentants et le projet de loi sénatorial est toujours en cours, et aucune décision finale n’a encore été prise au Sénat.
Si le projet de loi CLARITY est finalement adopté dans une version harmonisée, il constituera le premier cadre juridique fédéral complet aux États-Unis dédié à la structure des marchés des actifs numériques.
Certaines blockchains publient désormais des tableaux de bord de transparence en temps réel, indiquant le degré de concentration des validateurs, la vitesse de circulation des jetons et le niveau de participation à la gouvernance. Lorsqu’ils examinent si un réseau est « suffisamment décentralisé », les régulateurs se réfèrent parfois à ces données.
Analyse du plan directeur du projet de loi CLARITY
L’objectif central du projet de loi CLARITY est de résoudre un problème chronique du secteur des cryptomonnaies : le flou persistant autour des frontières réglementaires, qui entrave à la fois l’innovation et conduit à une application répressive a posteriori, au lieu d’une conformité proactive a priori.
En définissant clairement les catégories d’actifs, en imposant une divulgation uniforme d’informations et en clarifiant la répartition des compétences entre la SEC et la CFTC, ce projet de loi vise à créer un environnement réglementaire plus prévisible, permettant aux acteurs du marché de connaître dès le départ les règles auxquelles ils doivent se soumettre.
Certes, la loi n’est qu’une première étape. La manière dont elle sera mise en œuvre, les décrets d’application qui en découleront et les adaptations futures constitueront les éléments décisifs de son efficacité réelle. Son succès final à instaurer la clarté promise influencera profondément l’orientation de la politique américaine en matière de cryptomonnaies et la compétitivité du secteur au cours des prochaines années.
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