Rédaction : Luke, Mars Finance
Prélude : Éliminer les vestiges politiques de l'ancienne ère
Le 22 août 2025, plus de sept mois se sont écoulés depuis l'arrivée du nouveau gouvernement. Depuis janvier de cette année, l'attitude favorable de Washington envers l'industrie des cryptomonnaies est devenue une orientation politique claire. Cependant, bien que la direction générale soit désormais établie, des obstacles hérités de l'administration précédente persistent encore sur la voie du développement du secteur. La stratégie de « régulation par poursuites » menée par l'ancien président de la SEC Gary Gensler avant son départ en janvier 2025 ressemble à des récifs laissés par la marée descendante : bien que leur impact s'atténue, de nombreux litiges en suspens et des définitions réglementaires floues continuent de limiter le potentiel du secteur.
Sous l'ère Gary Gensler, la logique centrale de la SEC consistait à considérer la grande majorité des actifs numériques comme des titres, définissant les limites non pas par la législation mais par des poursuites judiciaires. Les conséquences de cette approche sont évidentes : des leaders du secteur tels que Coinbase font toujours face à des actions en justice ; le controversé SAB 121 (Employee Accounting Bulletin No. 121) continue de restreindre la capacité des banques à offrir des services de garde à grande échelle ; les développeurs et porteurs de projets manquent toujours d’un « port sûr » clair et prévisible pour déterminer ce qui constitue un titre.
Ainsi, pour l’industrie des cryptomonnaies en 2025, le défi n’est plus de faire face à une autorité réglementaire hostile, mais de coopérer efficacement avec un gouvernement bienveillant afin de « démanteler rapidement les structures provisoires du passé » et de mettre en place rapidement un cadre juridique clair et solide capable de soutenir le développement des dix prochaines années. Tout le secteur attendait un événement emblématique, un signal accéléré marquant le passage d’une simple « attitude amicale » à une « mise en œuvre complète des règles ».
Moment d’accélération : L’action coordonnée de Washington
Ce signal est arrivé clairement le 22 août. Il ne s’agit pas d’un revirement politique soudain, mais d’une action concertée, mûrement réfléchie, visant à formaliser et systématiser les politiques amicales. Deux grandes institutions financières américaines – la Commission du commerce des matières premières (CFTC) et la Commission des valeurs mobilières (SEC) – ont lancé simultanément une opération coordonnée, marquant officiellement le début d'une « grande campagne » pour établir un cadre réglementaire clair au profit de l’industrie américaine des cryptomonnaies.
Caroline D. Pham, présidente intérimaire de la CFTC, a annoncé le lancement d'une nouvelle « Initiative Sprint Crypto ». Son objectif principal est d'exécuter rapidement les recommandations du rapport du groupe de travail présidentiel sur les marchés des actifs numériques, faisant de la promotion au niveau fédéral des transactions au comptant sur actifs numériques une « priorité absolue ». Cela marque une transition complète des institutions réglementaires, passant d'une phase de déclaration politique à une phase d'exécution efficace et de mise en œuvre concrète.

La SEC a également lancé officiellement son propre grand projet complémentaire : le « Project Crypto ». Ce projet vise à coopérer étroitement avec la CFTC pour concevoir ensemble un système de régulation des marchés d'actifs numériques capable à la fois de protéger les investisseurs et de stimuler au maximum l'innovation. Les deux institutions ont parlé d'une seule voix, toutes deux renvoyant au rapport du groupe de travail présidentiel intitulé « Renforcer le leadership américain dans le domaine des technologies financières numériques », indiquant ainsi que toutes leurs actions s'inscrivent désormais dans un cadre stratégique national unifié.

L’importance de cette action coordonnée est capitale : elle signifie que les organismes de réglementation ne travaillent plus isolément, mais agissent désormais comme une « armée conjointe » pour résoudre les problèmes hérités du passé et construire ensemble l'avenir. Cela marque officiellement le passage de la réglementation américaine des cryptomonnaies d’une phase de « remise en ordre » à une nouvelle ère de « construction institutionnelle ».
Les deux piliers de la nouvelle politique : Le « sprint » et le « plan »
L’« Initiative Sprint Crypto » et le « Project Crypto » fonctionnent comme deux forces complémentaires, formant ensemble le cœur de cette initiative réglementaire.
Le « Sprint Crypto » de la CFTC joue le rôle d’une « unité du génie pratique », concentrée sur l’ouverture de la route la plus critique. Sa mission principale est d’établir un marché réglementé au comptant reconnu au niveau fédéral pour des biens numériques comme le Bitcoin et l’Ethereum. Ceci constitue la base fondamentale de la prospérité du secteur. En invitant activement le public à donner son avis sur des règles précises telles que l’effet de levier ou les marges, la CFTC affiche un style ouvert et efficace, visant à tracer rapidement une autoroute reliant les actifs numériques à la finance traditionnelle.
Le « Project Crypto » de la SEC incarne quant à lui le « grand architecte visionnaire », chargé de dessiner le plan d’ensemble du futur système financier numérique. Son programme est hautement prospectif : premièrement, moderniser les anciennes règles de garde pour préparer l’abrogation du SAB 121, permettant ainsi aux banques traditionnelles de détenir massivement des actifs numériques de manière sûre et conforme ; deuxièmement, créer un « port sûr pour l’innovation », permettant aux jeunes projets, sous réserve de divulgation d’informations spécifiques, d’émettre des jetons, offrant ainsi un espace vital au développement précoce de l’innovation ; sa proposition la plus révolutionnaire consiste à promouvoir le modèle de « super-application » (super-apps), autorisant une entité unique et conforme à offrir simultanément des services de trading sur des biens numériques (sous supervision CFTC) et des titres numériques (sous supervision SEC), éliminant ainsi radicalement les barrières artificielles entre activités.
L’un se charge de « déblayer rapidement les obstacles », l’autre de « tracer le plan à long terme ». Chacun joue son rôle tout en collaborant étroitement, transformant conjointement la position favorable du gouvernement actuel envers les cryptomonnaies en un ensemble de mesures concrètes et prévisibles.
Débarquement de Wall Street
Dès lors qu’un cadre réglementaire clair commence à être mis en place, les capitaux de Wall Street sont les premiers à détecter l’opportunité. Pour ces géants financiers, cette action coordonnée sonne le signal d’entrée massive dans le domaine des actifs numériques. Les signaux amicaux des sept derniers mois les avaient déjà mis en éveil ; aujourd’hui, avec des plans réglementaires précis, ils peuvent désormais déployer leurs forces sans hésitation.
Un afflux massif de capital institutionnel : La réglementation claire de la CFTC sur le marché au comptant, combinée à l’attente de réforme des règles de garde par la SEC, signifie que le dernier obstacle réglementaire empêchant l’entrée des fonds de pension, des fonds souverains et autres capitaux profonds commence à disparaître. L’afflux de capitaux ne sera plus un filet d’eau, mais pourrait bien devenir un véritable torrent.
Modernisation des infrastructures financières : La position des bourses américaines locales telles que Coinbase va être rehaussée. Elles passeront du statut d’acteurs cherchant à prouver leur conformité à celui d’infrastructures financières centrales officiellement reconnues au double niveau fédéral. Dans le cadre de la « super-application », elles pourraient devenir des « ports super-connectés », liant la finance traditionnelle au monde numérique, capables d’accueillir des volumes massifs d’ordres venus de Wall Street.
Retour du moteur d’innovation : La création d’un « port sûr pour l’innovation » exercera une attraction considérable sur les talents mondiaux du Web3 et les projets innovants. Elle envoie un message clair : les États-Unis n’accueillent pas seulement les entreprises de cryptomonnaies, mais leur offrent aussi le meilleur environnement d’innovation au monde. Un « retour du capital intellectuel » et une explosion de l’innovation locale sont imminents.
Avec la mise en œuvre progressive du cadre réglementaire, le pouvoir de fixation des prix va accélérer son transfert des premiers acteurs vers les investisseurs institutionnels. L’entrée de Wall Street apportera au marché une profondeur, une liquidité et une stabilité sans précédent.
Épilogue : Poser les bases du leadership pour les dix prochaines années
Bien entendu, Rome ne s’est pas construite en un jour. La mise en œuvre complète de ces nouvelles politiques exigera encore la résolution de nombreuses questions techniques, et les débats sur la classification des nouveaux types de jetons se poursuivront dans le cadre du nouveau système. Mais il ne s’agit plus désormais de luttes sur la direction à suivre, mais plutôt de discussions techniques inhérentes à tout processus de construction.
Le changement fondamental, c’est que les États-Unis ont accompli un bond décisif, passant d’une simple « attitude bienveillante » à un cadre de « règles claires ». Le rôle des autorités de régulation s’est fermement transformé en celui de partenaires et bâtisseurs du marché. Cette action conjointe menée par la CFTC et la SEC ne se contente pas de nettoyer les vestiges politiques de l’ancienne ère : elle jette les bases solides du leadership américain dans la finance numérique pour les dix prochaines années.
À l’échelle mondiale, face à la concurrence intense de Hong Kong, Dubaï et d'autres places, les États-Unis répondent par une construction réglementaire coordonnée, efficace et visionnaire. Une Amérique dotée d’un cadre clair deviendra la destination finale incontournable du capital, des talents et de l’innovation à l’ère de l’économie numérique mondiale.















