
Le président de la SEC, Atkins : « Quatre catégories d’actifs cryptographiques ne sont pas des titres », mettant ainsi fin à une décennie d’incertitude réglementaire
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Le président de la SEC, Atkins : « Quatre catégories d’actifs cryptographiques ne sont pas des titres », mettant ainsi fin à une décennie d’incertitude réglementaire
Atkins a proposé trois voies de levée de fonds conformes à la réglementation, ouvrant ainsi aux entrepreneurs une porte institutionnelle véritablement opérationnelle.
Auteur : Paul Atkins, président de la SEC
Traduction et synthèse : TechFlow
Introduction de TechFlow : Il s’agit l’un des discours les plus importants de l’histoire de la régulation américaine des actifs cryptographiques. Le président de la SEC, Paul Atkins, a officiellement annoncé que quatre catégories d’actifs — les biens numériques, les objets de collection numériques, les outils numériques et les stablecoins à usage de paiement — ne relèvent pas de la loi fédérale sur les valeurs mobilières. Ainsi s’achève, après dix ans, le débat juridique fondamental sur la qualification ou non des actifs cryptographiques en tant que titres. Plus important encore, il a présenté trois voies de financement conformes à la réglementation, ouvrant aux entrepreneurs une porte institutionnelle véritablement opérationnelle.
Texte intégral :
Mesdames et Messieurs, bonjour. Je tiens à remercier chaleureusement le président Selig pour son intervention profonde et éclairée.
Aujourd’hui, j’ai le grand honneur de vous parler d’un sujet qui se situe au carrefour même de l’innovation américaine, de la formation du capital et des principes fondamentaux de la loi fédérale sur les valeurs mobilières. Avant d’aller plus loin, je tiens à préciser que les vues exprimées ici reflètent uniquement ma position personnelle en tant que président de la SEC, et non celle de l’institution elle-même ni celle des autres commissaires.
Depuis plus de dix ans, les acteurs du marché opèrent sans directives claires face à une question fondamentale : à quel moment les actifs cryptographiques sont-ils soumis à la loi fédérale sur les valeurs mobilières ?
Aujourd’hui, je suis heureux d’annoncer la fin officielle de cette longue période durant laquelle la SEC n’a pas su fournir de clarification suffisante sur cette question. À l’instant même, la Commission met en œuvre un cadre de classification des jetons ainsi qu’un document interprétatif sur le contrat d’investissement.
Notre interprétation — fondée sur le droit en vigueur et enrichie par une large consultation du public — établit qu’il existe quatre catégories d’actifs qui ne sont pas considérés comme des titres : les biens numériques, les objets de collection numériques, les outils numériques, ainsi que les stablecoins à usage de paiement tels que définis dans le projet de loi GENIUS.
Grâce à cette classification, le document interprétatif précise ensuite qu’une seule catégorie d’actifs cryptographiques reste soumise à la loi sur les valeurs mobilières : les titres numériques, c’est-à-dire les titres traditionnels ayant fait l’objet d’une tokenisation. Cette distinction ramène la Commission à sa mission centrale : protéger les investisseurs participant aux marchés des valeurs mobilières.
Bien entendu, même si un actif cryptographique n’est pas lui-même un titre, il peut toutefois relever de la loi fédérale sur les valeurs mobilières s’il entre dans la composition d’un contrat d’investissement lors d’une émission ou d’une vente donnée. C’est pourquoi il est encore plus essentiel que notre document interprétatif clarifie précisément comment un contrat d’investissement cesse d’exister — libérant ainsi l’actif cryptographique concerné de la compétence de la SEC. L’un des principes fondamentaux de ce document est l’exigence faite aux équipes de projets de divulguer clairement leurs déclarations ou engagements, afin que les investisseurs comprennent exactement quel « faisceau de droits » ils achètent.
Nous précisons explicitement que toute déclaration ou tout engagement susceptible, au regard du critère de Howey, de créer une relation de dépendance doit être formulé de manière explicite, sans ambiguïté, quant aux activités de gestion centrales que l’équipe du projet s’engage à mener.
Ce document interprétatif fournit enfin les orientations tant attendues. Toutefois, je tiens à vous assurer que l’annonce d’aujourd’hui marque un point de départ, et non une arrivée. J’aborderai ultérieurement la manière dont la SEC et la CFTC comptent collaborer pour mettre en œuvre ce document interprétatif.
Avant cela, je souhaite présenter le cadre plus large que nous sommes en train de construire. Je tiens également à remercier chaleureusement une personne qui a largement contribué à ce que je vais vous exposer aujourd’hui — ma collègue, la commissaire Hester Peirce.
Pendant des années, la commissaire Peirce a été une voix constante, cohérente et souvent isolée, appelant à une clarification réglementaire des marchés des actifs cryptographiques. La proposition que je vais vous présenter aujourd’hui — ma vision d’une « Régulation des actifs cryptographiques » — puise directement son origine dans le cadre du « port sûr pour les jetons » (Token Safe Harbor) qu’elle avait initialement proposé en février 2020.
Merci, commissaire Peirce, pour votre leadership remarquable sur ces questions. Sans vos efforts, nous ne serions pas là où nous en sommes aujourd’hui.Prévenir la régulation abusive : la loi est la garantie ultime
Avant de poursuivre, je souhaite insister sur un point essentiel : seul un texte législatif global sur la structure des marchés, adopté par le Congrès, permettra de garantir que la régulation applicable à ce domaine résistera à l’épreuve du temps.
Je soutiens fermement les initiatives bipartites actuellement menées au Capitole afin d’établir un cadre pérenne pour ces marchés. La « Régulation des actifs cryptographiques » s’inspirera largement des travaux récents du Congrès, notamment du projet de loi CLARITY. Toute règle d’exemption envisagée par la Commission servira de fondement à la mise en œuvre de la loi historique bipartite sur la structure des marchés, qui sera bientôt soumise à la signature du président Trump.
Les voies vers la conformité : le cadre de la « Régulation des actifs cryptographiques »
Maintenant, je souhaite vous présenter les éléments concrets que pourrait comporter la proposition relative au « port sûr ». Ce « port sûr » offrirait aux innovateurs cryptographiques une voie exclusive de financement aux États-Unis, tout en assurant une protection adéquate des investisseurs.
L’exemption pour les jeunes entreprises
Premièrement, je pense que la Commission devrait envisager de créer une « exemption pour les jeunes entreprises » — une exemption temporaire d’enregistrement applicable à certaines émissions de contrats d’investissement liés à des actifs cryptographiques.
Cette exemption pourrait durer jusqu’à quatre ans, offrant aux développeurs une période tampon réglementaire leur permettant de faire mûrir leur projet. Il est important de souligner que cette exemption serait conçue de façon non exclusive, c’est-à-dire que les entreprises pourraient continuer à recourir aux autres exemptions de financement prévues par la loi fédérale sur les valeurs mobilières.
Cette exemption permettrait également aux entrepreneurs de lever, au cours des quatre ans, un montant maximal fixé à l’avance (par exemple 5 millions de dollars), sous réserve de notifier la Commission à l’activation de l’exemption et à son expiration.
Pour bénéficier de cette exemption, les entrepreneurs devraient fournir plusieurs éléments de divulgation fondés sur des principes — similaires à ceux contenus dans les livres blancs existants — relatifs au contrat d’investissement et à l’actif cryptographique associé, et publier ces informations sur un site web accessible au public.
L’exemption de financement
Deuxièmement, la Commission pourrait envisager de créer une « exemption de financement » — une nouvelle exemption d’émission applicable à certains contrats d’investissement liés à des actifs cryptographiques. Les entrepreneurs pourraient ainsi lever, sur une période de douze mois, un montant maximal fixé à l’avance (par exemple 75 millions de dollars), tout en conservant le droit d’utiliser d’autres exemptions d’enregistrement prévues par la loi fédérale sur les valeurs mobilières.
Les émetteurs bénéficiant de cette exemption devraient soumettre à la Commission un document de divulgation comprenant : (1) les mêmes éléments de divulgation fondés sur des principes que ceux requis dans le cadre de l’exemption pour les jeunes entreprises ; (2) une description de la situation financière de l’émetteur ; (3) les états financiers de l’émetteur.
Le « port sûr » pour les contrats d’investissement
Troisièmement, j’aimerais que la Commission envisage la création d’un « port sûr » pour les contrats d’investissement, permettant d’exclure certains actifs cryptographiques de la définition légale de « titre ». Ce « port sûr » s’appliquerait dès lors que l’émetteur aura achevé ou cessé définitivement toutes les activités de gestion centrales qu’il s’était engagé à mener dans le cadre du contrat d’investissement.
Ce « port sûr » établira un ensemble de critères fondés sur des règles, offrant ainsi davantage de certitude aux émetteurs et aux autres acteurs du marché quant au moment précis où un actif cryptographique cesse d’être soumis à la loi fédérale sur les valeurs mobilières.
Ce « port sûr » sera cohérent avec les principes exposés dans le document interprétatif de la Commission. Bien entendu, cette proposition ne contraint aucunement les émetteurs à adopter ce cadre.
Un nouveau chapitre pour l’innovation américaine
Dans les semaines à venir, je prévois que la Commission examinera la publication de ces propositions réglementaires afin de recueillir les observations du public.
J’attends avec intérêt les contributions des investisseurs, des développeurs, des universitaires et de l’ensemble des acteurs de l’écosystème.
Lorsque nous envisageons le prochain chapitre de l’histoire économique nationale, il nous faut nous souvenir de ce qui a toujours rendu les États-Unis exceptionnels. Ce n’est pas seulement la taille de leur marché ou la maturité de leurs institutions financières, mais bien la liberté accordée aux individus d’innover, d’oser prendre des risques, de construire de nouveaux systèmes et de créer davantage d’opportunités pour autrui.
Notre loi sur les valeurs mobilières vise à amplifier cette énergie, non à la freiner. En tant que régulateurs, nous devons veiller à ce que nos règles restent fidèles aux principes fondateurs qui les ont inspirées.
Si nous y parvenons, la génération suivante d’entrepreneurs ne se demandera plus si l’innovation est possible aux États-Unis.
Elle le saura : oui, c’est possible. Et c’est ici qu’elle construira l’avenir.
Merci beaucoup. J’attends avec impatience les travaux à venir et j’ai hâte d’approfondir ces idées lors des discussions qui suivront. Merci.
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