
Variant : L'équilibre entre les risques juridiques et la valeur commerciale dans l'industrie de la cryptographie
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

Variant : L'équilibre entre les risques juridiques et la valeur commerciale dans l'industrie de la cryptographie
Du point de vue macroéconomique, le contrôle apporte des avantages du point de vue commercial, mais implique des coûts en termes de risque.
Rédaction : Daniel Barabander, Vice-conseiller juridique de Variant Fund
Traduction : Saoirse, Foresight News
Les fondateurs du secteur de la cryptographie savent bien que la « maîtrise » juridique comporte des risques non négligeables. Bien que je sois satisfait de constater que l'importance de la maîtrise commence enfin à être prise au sérieux (des progrès indéniables ont été accomplis ces dernières années), j'observe encore une certaine confusion quant à sa juste appréhension. Les fondateurs semblent généralement considérer que « maîtrise = zone dangereuse », sans toutefois bien comprendre la logique sous-jacente.
À mon sens, il est plus pertinent de concevoir la maîtrise comme un concept spectral (spectrum – ici, cela désigne une gradation continue allant d’un extrême de contrôle fort à un autre de contrôle faible). Pour déterminer précisément sa position sur ce spectre, deux questions fondamentales doivent être posées :
-
Qui exerce le contrôle ?
-
Quelle est l'étendue du pouvoir de contrôle ?
Concernant « qui exerce le contrôle »
La variable centrale est le degré de décentralisation, dont la forme spectrale est la suivante (du contrôle le plus fort au plus faible) :
-
Contrôle par une entité unique → Contrôle par signature multiple interne → Contrôle par signature multiple externe indépendante → Contrôle par une organisation autonome décentralisée (DAO) → Incorruptibilité totale
Concernant « l’étendue du pouvoir de contrôle »
La variable centrale est la limite des permissions, dont la forme spectrale est la suivante (du contrôle le plus fort au plus faible) :
-
Pouvoir total de mise à jour → Pouvoir total de mise à jour avec temporisation (time lock) → Pouvoir de mise à jour limité à certaines dépendances externes (ex. : remplacement d’oracle) → Pouvoir de suspension → Incorruptibilité totale
Une fois la position sur chacun de ces deux axes spectraux clairement définie, on peut l’appliquer au cadre juridique ciblé. Je suis convaincu que l’analyse du contrôle s’applique à presque tous les domaines du droit. La logique fondamentale de la responsabilité juridique repose généralement sur la question : « Qui a le contrôle sur quoi ? ».
Prenons l'exemple de la qualification juridique de transmission monétaire : j'ai avancé que le contrôle unilatéral sur les fonds des utilisateurs constitue une condition nécessaire pour qu'une entité soit qualifiée de transmetteur d'argent (money transmitter) – bien que l'arrêt dans l'affaire Tornado Cash adopte un point de vue différent, dont j'ai déjà exprimé mon désaccord dans un article académique. Pour définir ce qu'est un « contrôle unilatéral », il faut examiner simultanément : (1) le degré de décentralisation ; et (2) les limites des permissions.
-
Scénario A : un administrateur unique détient les clés, mais ne peut suspendre le protocole qu’en cas d’urgence ;
-
Scénario B : une DAO véritablement décentralisée dispose d’un pouvoir total de mise à jour.
Ces deux scénarios n’impliquent pas un contrôle unilatéral par une personne interne, et permettent donc, d’un point de vue juridique, de soutenir que les projets concernés ne relèvent pas de la catégorie des transmetteurs d’argent.
Cette analyse du contrôle peut également s’étendre à d’autres domaines juridiques. Par exemple, dans le test Howey applicable au droit des valeurs mobilières, l’élément central du critère « efforts d’autrui » revient essentiellement à déterminer s’il existe un gestionnaire disposant d’un pouvoir de contrôle, et la structure technique du contrôle au sein du protocole constitue alors un indicateur majeur.
Quant à la détermination précise de la position sur le spectre du contrôle, elle doit être effectuée avec prudence en tenant compte du système juridique spécifique et en concertation avec des conseillers juridiques. Mais d’un point de vue global : le contrôle apporte des avantages commerciaux, mais comporte aussi des coûts en termes de risques. L’enjeu principal est d’assurer un équilibre dans l’analyse coût-avantage, et de clarifier l’objectif fondamental du maintien du contrôle. Par exemple, si le besoin principal de conserver un certain contrôle vise uniquement à faire face à des situations d’urgence, alors le « coût du contrôle » (au sens des responsabilités juridiques) lié à un simple droit de suspension sera nettement inférieur à celui associé à un pouvoir total de mise à jour. Il convient donc d’identifier avec précision les besoins réellement indispensables en matière de contrôle, puis d’y adjoindre le niveau de contrôle approprié.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News














