
3,3 billions de réduction d'impôts, 5 billions de relèvement du plafond de la dette, Musk furieux : décryptage du projet de loi "Great America" de Trump
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3,3 billions de réduction d'impôts, 5 billions de relèvement du plafond de la dette, Musk furieux : décryptage du projet de loi "Great America" de Trump
La taille est déjà évidente, la beauté reste à découvrir.
Rédaction : TechFlow
3 300 milliards de dollars de réductions d'impôts, 1 130 milliards de coupes budgétaires, un texte de loi de 1 118 pages... Un projet législatif qualifié de « One Big Beautiful Bill Act of 2025 » (OBBBA) est en train de redessiner le paysage économique américain, tout en ravivant les tensions bipartites et suscitant la colère de Musk.
Le 1er juillet, Musk a publié sur la plateforme X qu’il fonderait un « Parti Amérique » (America Party) dès le lendemain si ce « projet de loi fou » (le OBBBA) était adopté.
En tant que mesure phare du second mandat de Trump, ce projet de loi se veut exhaustif. Il incarne les ambitions du parti républicain, mais déclenche également de vives controverses sociales.
Cet article analyse en profondeur le contenu central du « One Big Beautiful Bill », les débats qu’il suscite et ses effets potentiels sur l’industrie crypto, afin d’en dresser un panorama complet.
Un grand projet de loi
Le « One Big Beautiful Bill Act » (OBBBA) est un vaste projet de loi fiscal et budgétaire lancé en 2025 par l’ancien président américain Donald Trump. Il couvre six grands domaines : réforme fiscale, réforme du système de santé, politique migratoire, budget de la défense, politique énergétique, ainsi que réformes de l’éducation et des prestations sociales.
Marque emblématique du second mandat de Trump, ce projet vise à stimuler l’économie via de larges baisses d’impôts, une augmentation des dépenses publiques et divers ajustements politiques, tout en tentant de résoudre les problèmes budgétaires, migratoires et liés à la sécurité nationale.
Le texte compte 1 118 pages pour 237 327 mots, incluant de nombreuses clauses complexes. Lors du débat au Sénat, la lecture intégrale mot à mot du texte a pris 16 heures. Selon un résumé de BBC du 28 juin, le projet comprend neuf volets principaux :

D’après les estimations du Tax Foundation, le OBBBA entraînera une baisse d’environ 3 300 milliards de dollars des recettes fiscales fédérales entre 2025 et 2034 (estimation dynamique), tout en augmentant les dépenses de défense d’environ 150 milliards de dollars, principalement destinés à la défense antimissile, aux munitions et à la construction navale. Parallèlement, il prévoit des économies budgétaires d’environ 1 130 milliards de dollars, dont 800 milliards issus de coupes dans Medicaid et 330 milliards grâce à la réforme des prêts étudiants.
Sur le plan économique, ce projet devrait accroître la croissance du PIB à long terme de 0,6 %, mais réduire le stock de capital et les salaires avant impôt respectivement de 0,2 % et 0,1 %. En revanche, il créerait environ 794 000 emplois à plein temps. À terme, il devrait alourdir le déficit de 3 300 milliards de dollars entre 2025 et 2034, avec un risque accru d’insoutenabilité budgétaire à long terme lié à la hausse des taux d’intérêt et à l’éviction des investissements privés.
De plus, selon le Bureau du budget du Congrès (CBO), si le projet était appliqué dans sa version adoptée à la Chambre des représentants, la dette américaine augmenterait de 2 400 milliards de dollars, tandis que le pouvoir d’achat des 10 % les plus pauvres diminuerait de 4 % entre 2026 et 2034, contre une hausse proche de 3 % pour les 10 % les plus riches, suscitant des accusations de « spoliation des pauvres au profit des riches ».
Mais les controverses ne s’arrêtent pas là.
Une grande controverse
Le projet OBBBA a été initialement publié le 12 mai 2025 par la Commission des finances de la Chambre des représentants, adopté à la Chambre le 22 mai par 215 voix contre 214, puis approuvé le 28 juin au Sénat par 51 voix contre 49 lors d’un vote procédural, ouvrant la phase d’examen officiel. Son adoption par Trump est prévue avant le 4 juillet, jour de la fête de l’Indépendance américaine. En raison de son ampleur, de sa complexité et de son impact profond, il est devenu un sujet central dans le débat politique et médiatique américain, provoquant de vives polémiques.
Ses promoteurs considèrent ce projet comme une priorité absolue du gouvernement Trump. Ses partisans affirment qu’en stimulant la croissance par des baisses d’impôts et en renforçant les dépenses de défense, il améliorera la sécurité nationale. La politique stricte sur l’immigration et les frontières séduit également une partie de l’électorat.
Toutefois, des divisions marquées existent au sein du parti républicain. Certains membres radicaux exigent des coupes supplémentaires dans les prestations sociales, tandis que les modérés souhaitent préserver des programmes comme Medicaid, craignant que le projet n’alourdisse le déficit et n’affecte durement les ménages à faible revenu.
Les deux votes du 22 mai et du 28 juin se sont soldés par des marges très étroites, reflétant clairement ces fractures internes.
Au-delà des divisions internes, la critique la plus médiatisée vient d’Elon Musk, ancien responsable du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) et fondateur de Tesla. Sa dispute publique avec Trump marque une rupture ouverte entre les deux hommes. Dès le 3 juin, Musk a qualifié le projet de « massif, absurde et profondément répugnant ». Après le dernier vote procédural du 28 juin, il maintient fermement que ce projet constitue un « suicide politique » pour le parti républicain.

Musk critique l’augmentation massive du déficit budgétaire prévue par le projet : il anticipe une hausse de 600 milliards de dollars du déficit au prochain exercice, atteignant potentiellement 2 500 milliards de dollars sur dix ans, ce qui contredit directement l’objectif affiché par l’administration Trump de réduire les dépenses publiques.
En outre, la suppression progressive des crédits d’impôt pour les véhicules électriques pourrait nuire à Tesla, aggravant ainsi son mécontentement. Il avait proposé de confier la gestion du système de contrôle aérien de la Federal Aviation Administration (FAA) à son réseau Starlink, proposition rejetée, ce qui a alimenté davantage la controverse. Musk a même menacé de financer des candidats républicains opposés au projet, soulignant l’étendue de son désaccord avec Trump.
Les démocrates rejettent unanimement le projet, jugeant qu’il finance des baisses d’impôts pour les riches en réduisant les aides médicales et sociales aux plus pauvres, une forme typique de « spoliation des pauvres au profit des riches ». Le leader démocrate au Sénat, Schumer, a exigé une lecture mot à mot intégrale du texte pour ralentir le vote, illustrant leur opposition farouche. Le prix Nobel d’économie Paul Krugman a qualifié le projet de « redistribution sans précédent des pauvres vers les riches », affirmant que combiné aux politiques tarifaires de Trump, il pénalisera davantage les 80 % les plus modestes des ménages.
Les réactions du public et des médias sont polarisées.
Les partisans jugent que le projet tient les promesses électorales de Trump, notamment en matière de baisse d’impôts et de politique migratoire ferme. Les opposants craignent quant à eux une aggravation des inégalités sociales et du fardeau de la dette. Certains citoyens s’inquiètent également des risques liés à l’identité numérique et à la surveillance de masse après l’adoption du projet, soulevant des questions sur la protection de la vie privée.
D’un point de vue international, les investisseurs étrangers adoptent une attitude prudente et relativement optimiste, pensant que les mesures de relance pourraient compenser en partie l’impact négatif d’environ 1 % sur le PIB causé par les politiques tarifaires. Toutefois, l’article 899 du projet, intitulé « Mesures correctives contre les taxes étrangères injustes », prévoit des taxes de rétorsion, suscitant des inquiétudes sur les motivations des investissements étrangers et la stabilité du dollar.
En résumé, l’adoption du « One Big Beautiful Bill » a non seulement provoqué de vives controverses politiques et sociales aux États-Unis, mais a aussi eu un impact profond sur l’environnement économique international et la confiance des investisseurs. Bien que la Maison Blanche ait publié un article mettant en regard rumeurs et faits répondant aux principales critiques, les effets concrets de sa mise en œuvre restent à observer.
Et la crypto dans tout ça ?
À première vue, les dispositions bien connues du OBBBA semblent affaiblir le pouvoir des tribunaux fédéraux, fragiliser le système de santé, alourdir la dette, durcir l’application des lois migratoires, limiter les investissements étrangers, aggraver la pollution atmosphérique et accroître le budget de la défense. Bien que leurs effets soient vastes, ils semblent peu liés à la crypto.
La réalité pourrait être différente. L’adoption du projet OBBBA pourrait avoir des conséquences profondes sur les cryptomonnaies et le secteur financier.
Dès 2024, le programme du parti républicain américain incluait explicitement des dispositions favorables aux cryptomonnaies, s’opposant à une régulation excessive et soutenant le droit des citoyens à gérer librement leurs actifs numériques, témoignant d’une attitude positive du gouvernement vis-à-vis de cette industrie. Par ailleurs, l’ordonnance exécutive instaurant une « réserve stratégique de bitcoins » marque une reconnaissance fondamentale du bitcoin comme actif stratégique national.
Le projet devrait entraîner un déficit supplémentaire de près de 5 000 milliards de dollars pour le gouvernement américain. Une expansion budgétaire d’une telle ampleur pourrait affaiblir la confiance dans le dollar et les obligations américaines. La désession des obligations américaines par les investisseurs étrangers est désormais une tendance structurelle. Les capitaux évacués pourraient se diriger vers les marchés boursiers asiatiques, l’or ou encore le bitcoin (BTC), renforçant ainsi le statut du bitcoin comme actif de réserve mondiale, d’autant plus qu’il fait désormais partie des réserves stratégiques nationales.
Par ailleurs, les politiques de baisse d’impôts et de relance budgétaire créent un environnement macroéconomique plus favorable aux actifs numériques. Les avantages fiscaux sur les plus-values encouragent les investisseurs à conserver leurs actifs numériques sur le long terme, injectant ainsi des capitaux stables sur le marché crypto et consolidant davantage la position des États-Unis comme centre mondial des cryptomonnaies.
Le 11 juin 2025, le cabinet Cahill a publié une analyse concernant un projet d’amendement législatif sur les actifs numériques. Ce rapport indique qu’un « projet de loi non encore rendu public sur les actifs numériques, censé être déposé par la sénatrice républicaine du Wyoming Cynthia Lummis », serait « intégré sous forme d’amendement au OBBBA ».
Ce projet de loi comprend des dispositions précises sur le minage, le staking, les airdrops, les transactions transfrontalières, ainsi que des politiques inclusives comme un seuil minimum de 600 dollars et la taxation des investisseurs étrangers, reflétant une approche prudente des autorités pour équilibrer développement industriel et gestion fiscale.

Les indicateurs du marché montrent que depuis mai, plus de 100 000 BTC ont quitté des plateformes comme Coinbase, tandis que les « baleines » accumulent activement, signe d’un fort optimisme de long terme sur le bitcoin.
Que ce soit l’équilibre entre baisse d’impôts et déficit, le virage dur de la politique migratoire, ou l’impact potentiel sur les cryptomonnaies et les marchés financiers, tous ces éléments façonneront durablement le paysage économique et social américain dans les années à venir.
Le « grand » est déjà visible ; le « beau » reste à démontrer.
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