
L'orientation de la gouvernance du chiffrement « Boussole枫向标 » : Le système fiscal et réglementaire des cryptomonnaies au Canada
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

L'orientation de la gouvernance du chiffrement « Boussole枫向标 » : Le système fiscal et réglementaire des cryptomonnaies au Canada
Le gouvernement canadien a élaboré, au cours de son exploration de la régulation des cryptomonnaies, un système de gouvernance équilibrant maîtrise des risques et ouverture technologique, grâce à une législation progressive et à une régulation en profondeur.
Rédaction : FinTax
En explorant la réglementation des cryptomonnaies, le gouvernement canadien a progressivement mis en place, par une législation itérative et une surveillance approfondie, un système d'encadrement équilibré entre la maîtrise des risques et l'acceptation technologique. Cet article s'appuie sur les dispositifs juridiques existants et les dernières évolutions législatives au Canada afin d'analyser de manière systématique le cadre fiscal et réglementaire relatif aux cryptomonnaies.
1. Aperçu du système fiscal canadien
1.1 Le système fiscal canadien
Le Canada dispose d’un système d’imposition à trois niveaux : fédéral, provincial et local. Le gouvernement fédéral et les provinces jouissent chacun d’une certaine autonomie en matière de législation fiscale, bien que les lois provinciales ne puissent contredire celles du niveau fédéral. Quant aux pouvoirs locaux, ils tiennent leur compétence fiscale des provinces. Surnommé « pays des mille taxes », le Canada applique un grand nombre de prélèvements qui touchent tous les aspects de la vie quotidienne des citoyens, notamment l’impôt sur le revenu des particuliers, l’impôt sur les sociétés, la taxe sur les ventes, la taxe sur les transferts immobiliers, la taxe foncière, la taxe de consommation et la taxe sur les services numériques.
1.2 Principaux types d’imposition
1.2.1 Impôt sur le revenu des particuliers
Conformément à la Loi de l’impôt sur le revenu, les contribuables résidents doivent déclarer l’ensemble de leurs revenus mondiaux, tandis que les non-résidents ne sont imposables que sur les revenus générés au Canada. Les particuliers au Canada doivent payer à la fois un impôt fédéral et un impôt provincial. L’impôt fédéral est un impôt global sur le revenu, incluant les revenus d’emploi, les bénéfices commerciaux, les revenus mobiliers et les gains en capital.
Les critères de résidence sont les suivants :
(1) Une personne physique ayant un domicile ou habituellement résidente au Canada est généralement considérée comme résidente fiscale canadienne ;
(2) Un non-résident présent sur le territoire canadien pendant au moins 183 jours civils dans une même année civile sera réputé résident pour cette année-là ;
(3) Une personne vivant ou voyageant hors du Canada mais maintenant des liens de résidence significatifs avec le Canada peut être qualifiée de résident de fait. Parmi les facteurs clés permettant d’évaluer ces liens figurent le domicile, les biens immobiliers, les relations sociales, les liens économiques et le statut migratoire de la personne.
L’impôt fédéral sur le revenu des particuliers s’applique selon cinq tranches progressives : 15 % pour les revenus imposables jusqu’à 53 359 CAD ; 20,5 % entre 53 359 CAD et 58 713 CAD ; 26 % entre 58 713 CAD et 70 569 CAD ; 29 % entre 70 569 CAD et 235 675 CAD ; et 33 % au-delà de 235 675 CAD. En outre, des impôts provinciaux ou territoriaux sont ajoutés, dont les taux maximaux peuvent atteindre 25,75 % selon les provinces et territoires.
Par ailleurs, le Canada prévoit deux formes d’allégements fiscaux pour les particuliers remplissant certaines conditions : les crédits d’impôt et les déductions fiscales. Les crédits d’impôt comprennent notamment le crédit d’impôt de base pour particuliers, les frais médicaux, les cotisations à la sécurité sociale, les dons, les prestations pour enfants admissibles (âgés de moins de 17 ans ou handicapés), ainsi que divers autres crédits liés à l’emploi, aux soins, ou à la formation professionnelle. Les déductions fiscales portent sur des dépenses spécifiques telles que les intérêts d’emprunt, les primes d’assurance, les allocations pour garde d’enfants, les pensions alimentaires, les frais de garde d’enfants admissibles, etc.
1.2.2 Impôt sur les sociétés
Les entreprises canadiennes sont assujetties à l’impôt sur les sociétés en vertu de la Loi de l’impôt sur le revenu. Elles sont classées en entreprises résidentes et non-résidentes. Une entreprise résidente est une société constituée au Canada ou dont la direction principale et le contrôle effectif se situent au Canada. Elle doit s’acquitter de l’impôt sur l’ensemble de ses revenus mondiaux. Une entreprise non-résidente n’est imposable qu’au titre des revenus réalisés dans le cadre d’une activité commerciale au Canada, indépendamment de l’existence d’un établissement stable.
Les entreprises résidentes paient l’impôt fédéral et provincial sur leurs revenus mondiaux. Les entreprises non-résidentes sont imposables sur leurs revenus tirés d’une activité commerciale exercée au Canada, qu’ils proviennent ou non d’un établissement stable. Le taux nominal fédéral de l’impôt sur les sociétés est de 38 %, tandis que les taux provinciaux varient entre 0 % et 16 %. Certaines entreprises répondant à des critères précis peuvent bénéficier de taux réduits, notamment 28 % ou 15 %, et des allégements spécifiques sont accordés aux petites entreprises rentables ou à certains secteurs d’activité. Enfin, les succursales étrangères relevant d’un traité fiscal bilatéral peuvent bénéficier du taux prévu par ledit traité.
Les entreprises non-résidentes sont également soumises à une retenue à la source sur certains revenus perçus auprès de résidents canadiens. Ces revenus incluent les dividendes, les intérêts, les redevances, les frais techniques, les bénéfices transférés par une succursale, les revenus locatifs, les frais de gestion et autres produits. Le taux standard de retenue à la source est de 25 %, sauf si un traité fiscal prévoit un taux inférieur.
1.2.3 Taxe sur les ventes
Le système canadien de taxe sur les ventes est complexe, car il implique des prélèvements aux niveaux fédéral et provincial (ou territorial). Selon leur lieu d’exploitation, les entreprises peuvent être concernées par trois types de taxes : la taxe fédérale sur les ventes, la taxe provinciale sur les ventes et la taxe de vente harmonisée.
Au niveau fédéral, la taxe applicable est la taxe sur les produits et services (TPS), appelée en anglais « goods and services tax » (GST). Elle s’applique à la majorité des biens et services vendus au Canada, avec un taux fixe de 5 %. Au niveau provincial ou territorial, on trouve la taxe de vente provinciale (TVP), ou « provincial sales tax » (PST), perçue par les autorités locales. À l’exception de l’Alberta, des Territoires du Nord-Ouest, du Nunavut et du Yukon, où seule la GST est appliquée, et du Québec, qui impose la TPSQ (« Quebec Sales Tax ») en plus de la GST, la plupart des provinces perçoivent une PST lors de la vente au détail, dont le taux varie entre 8 % et 10 %.
Récemment, le gouvernement canadien a lancé une réforme visant à fusionner la GST et la PST sous la forme de la taxe de vente harmonisée (TVH), ou « harmonized sales tax » (HST). Les contribuables assujettis à la TVH ne paient ni la GST ni la PST séparément. Pour l’instant, seules quelques provinces ont adopté ce système. Gérée par le gouvernement fédéral, la TVH suit les mêmes règles que la GST, à l’exception du taux. La TVH est fixée à 15 % dans quatre provinces : Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard. En Ontario, elle est de 13 %.
En résumé, la taxe sur les ventes peut être considérée comme une forme de TVA large, supportée par le consommateur final, et collectée par les entreprises ou fournisseurs à chaque étape de production ou de distribution des biens et services, bien que son mode d’application varie selon les politiques provinciales.
2. Politique fiscale canadienne relative aux cryptomonnaies
Quant à la nature des cryptomonnaies, l’Agence du revenu du Canada (ARC) considère qu’il s’agit de biens ayant une certaine dimension financière, et non de monnaie légale. Par conséquent, les revenus générés par les transactions en cryptomonnaies sont imposables soit comme revenu ordinaire, soit comme gain en capital. De plus, puisque l’ARC ne reconnaît pas les cryptomonnaies comme une monnaie légale, tout paiement effectué via cryptomonnaie pour acquérir un bien ou un service est assimilé à une opération d’échange, ou « transaction de troc » (barter transaction). Pour évaluer la valeur fiscale d’une cryptomonnaie, l’ARC exige de se baser sur sa « juste valeur marchande » (fair market value, FMV), définie comme le prix convenu librement entre deux parties informées dans une transaction équitable. Étant donné que les gains ou pertes issus des cryptomonnaies peuvent être classés comme revenus commerciaux ou gains en capital, cette distinction influence directement le montant de l’impôt dû ainsi que la manière dont les contribuables doivent déclarer leurs activités liées aux cryptomonnaies.
Pour les revenus commerciaux, 100 % du profit issu des cryptomonnaies est imposable. En revanche, pour les gains en capital, seul 50 % du montant est inclus dans le revenu imposable. L’ARC classe comme revenu commercial les opérations de cryptomonnaies lorsque les conditions suivantes sont remplies : intention de réaliser un profit (indépendamment de la durée de détention) ; promotion du produit ou du service ; activité menée pour des raisons commerciales et selon des modalités viables ; activité conduite de façon « semblable à une entreprise » (par exemple, constitution d’un stock ou d’actifs capitaux, élaboration d’un plan d’affaires). Lorsqu’une opération n’est pas effectuée dans un but commercial mais qu’un profit est réalisé, l’ARC traite alors le gain comme un gain en capital. Lors de la déclaration fiscale, les Canadiens doivent déclarer tout gain en capital provenant de la vente de cryptomonnaies dans la section des revenus. Les contribuables peuvent compenser leurs gains en capital par des pertes en capital issues de la vente de cryptomonnaies. Toutefois, les pertes en capital ne peuvent pas être utilisées pour compenser des pertes provenant d’autres sources. Si les pertes en capital excèdent les gains en capital, elles peuvent être reportées sur les trois années suivantes. Le calcul du gain en capital doit s’appuyer sur la base amortie ou le coût moyen pondéré, ce qui signifie que le contribuable doit faire une moyenne du coût d’achat des unités identiques d’un même actif. En d’autres termes, une moyenne unique doit être calculée pour chaque type de cryptomonnaie. Par exemple, si une personne achète du BTC à deux moments différents au cours d’une année, et du ETH à trois moments différents, puis vend l’ensemble dans la même année, la base amortie sera la moyenne des deux achats de BTC et des trois achats de ETH.
Compte tenu de la nature des cryptomonnaies, l’ARC considère que la simple détention de cryptomonnaies ne génère aucune obligation fiscale. En revanche, toute donation, vente, échange, conversion ou utilisation en paiement entraîne une obligation déclarative. Dans le cadre du système fiscal canadien, les transactions spécifiques en cryptomonnaies sont imposées selon les modalités suivantes :
(1) Trading intrajournalier de cryptomonnaies : les opérations intrajournalières sont classées comme revenus commerciaux. Le bénéfice net (après déduction des pertes nettes) doit donc être déclaré dans la déclaration d’impôt sur le revenu.
(2) Extraction de cryptomonnaies (minage) : le « minage » désigne le processus par lequel des mineurs utilisent du matériel spécialisé pour produire des cryptomonnaies. Pour l’imposition, il faut distinguer si l’activité de minage relève d’un passe-temps ou d’une activité commerciale. Si elle constitue un hobby, le mineur est imposé sur les gains en capital, avec une base de coût nulle, et l’ARC n’autorise aucune déduction de frais. Si elle est exercée à titre commercial, les cryptomonnaies extraites sont considérées comme des stocks, et les revenus sont imposables selon le régime de l’impôt sur le revenu. La valorisation s’effectue au coût d’acquisition ou à la juste valeur marchande au moment de l’extraction. Pour différencier un mineur professionnel d’un amateur, il convient d’analyser au cas par cas l’intention et le comportement du mineur : un professionnel agit dans un but lucratif, mène son activité de façon structurée, avec une fréquence élevée, un investissement temporel important et des connaissances spécialisées ; un amateur, en revanche, agit de manière plus « occasionnelle », principalement pour le plaisir ou par divertissement.
(3) Détention de cryptomonnaies : la simple détention ne donne lieu à aucune imposition.
(4) Transfert entre portefeuilles : aucun impôt n’est dû lors du transfert de cryptomonnaies entre deux portefeuilles, plateformes ou comptes.
(5) Achat de cryptomonnaies : l’achat de cryptomonnaies n’est pas imposé. Toutefois, l’acheteur doit conserver des documents précis, car la valeur d’achat servira ultérieurement à déterminer la base de coût lors d’une éventuelle vente.
(6) Vente de cryptomonnaies contre une monnaie fiduciaire : lorsque des cryptomonnaies sont vendues contre des dollars canadiens ou une autre monnaie légale, le gain réalisé est imposé comme un gain en capital.
(7) Échange d’une cryptomonnaie contre une autre : le gain réalisé est également imposé comme un gain en capital. Le calcul de la valeur au moment de la vente repose sur la valeur de la cryptomonnaie cédée. Par exemple, si une personne achète une unité de cryptomonnaie A pour 100 CAD, puis la convertit quelques mois plus tard en 3 unités de cryptomonnaie B, la valeur de ces 3 unités B au moment de l’échange (supposons 200 CAD) détermine le gain en capital à déclarer, soit 100 CAD.
(8) Utilisation de cryptomonnaies pour acheter des biens ou des services : l’ARC considère qu’il s’agit d’une transaction de troc. Le contribuable doit donc évaluer la valeur des biens ou services acquis, et traiter cette opération comme une vente de cryptomonnaies aux fins fiscales.
(9) Perception de cryptomonnaies en rémunération : toute personne recevant des cryptomonnaies en tant que salaire ou rémunération doit les déclarer comme un revenu ordinaire.
3. Cadre réglementaire et évolutions récentes au Canada
3.1 Cadre réglementaire
Au-delà de la supervision fiscale assurée par l’ARC, le gouvernement canadien exerce également une réglementation sur le marché des cryptomonnaies par d’autres voies. Ce domaine est principalement encadré par deux organismes clés : l’Autorité canadienne des valeurs mobilières (Canadian Securities Administrators, CSA) et le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (Financial Transactions and Reports Analysis Centre of Canada, FINTRAC). Chaque institution intervient selon une logique différente : la CSA supervise les cryptomonnaies ayant des caractéristiques de valeurs mobilières, veillant à ce que les plateformes d’échange et les activités connexes respectent la réglementation boursière et protègent les investisseurs ; FINTRAC, quant à lui, supervise les aspects liés à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, en imposant aux plateformes d’échange et fournisseurs de portefeuilles le respect des obligations AML (anti-blanchiment) et KYC (connaissance du client).
3.2 Évolution de la réglementation
Le cadre canadien de régulation des cryptomonnaies suit une trajectoire allant d’une approche expérimentale vers un encadrement progressivement renforcé. En 2014, l’ARC publie pour la première fois des directives fiscales sur les cryptomonnaies, les qualifiant de biens plutôt que de monnaie légale, et exigeant leur imposition. Toutefois, ces premières orientations ignoraient les risques associés à d'autres domaines. Ces dernières années, le gouvernement canadien a pris conscience de la nécessité de créer un cadre spécifique pour encadrer ce nouveau secteur, et a adopté plusieurs mesures importantes :
Le 1er juin 2020, le Canada modifie le Règlement sur les entreprises de services monétaires afin d’inclure les fournisseurs de services de cryptomonnaies dans la définition des entreprises de services monétaires (MSB). Dès lors, toutes les plateformes d’échange et activités connexes doivent s’inscrire auprès de FINTRAC et respecter les exigences AML et KYC, intégrant ainsi les plateformes d’échange dans le champ de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. En mars 2021, la CSA publie ses Directives relatives aux plateformes d’échange d’actifs numériques, exigeant l’enregistrement des plateformes d’échange de cryptomonnaies et leur conformité aux lois sur les valeurs mobilières. Ces initiatives montrent que le gouvernement canadien commence à prendre au sérieux les risques potentiels liés au blanchiment, au financement du terrorisme et aux activités boursières illégales dans le secteur des cryptomonnaies, et construit progressivement un cadre réglementaire de base.
En 2022, le Canada renforce davantage la réglementation avec la proposition de la Loi sur les plateformes d’échange d’actifs numériques, imposant aux plateformes des exigences strictes en matière d’exploitation et de rapports : identification renforcée des clients (KYC), mesures anti-blanchiment (AML) plus rigoureuses, rapports réguliers aux autorités de contrôle et audits obligatoires. En novembre 2022, le gouvernement lance un examen législatif du secteur financier axé sur la numérisation monétaire, afin de préserver la stabilité et la sécurité du système financier. Dans le budget présenté en avril 2022, il annonce un financement de 17,7 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir cet examen. La première phase porte sur les monnaies numériques : elle vise à étudier comment adapter le cadre de régulation du secteur financier face aux nouveaux risques liés à la digitalisation, à garantir la sécurité et la stabilité du système financier dans un contexte de modèles économiques et technologiques évolutifs, et à évaluer la nécessité potentielle d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). Cette démarche jette les bases d’un ajustement futur de la politique de régulation des cryptomonnaies. En décembre 2022, l’effondrement de l’exchange FTX continue de secouer les marchés, provoquant la faillite de plusieurs entreprises affiliées et de lourdes pertes pour les investisseurs. Ce krach attire l’attention mondiale sur la nécessité d’une réglementation accrue des cryptomonnaies, y compris au Canada. Le 22 février 2023, la CSA publie une mise en demeure exigeant que toutes les plateformes d’échange de cryptomonnaies signent une « lettre d’engagement préalable à l’enregistrement », juridiquement contraignante, pour continuer à opérer légalement au Canada. Ce durcissement augmente le seuil d’entrée pour les exchanges, poussant certains grands acteurs, comme Binance, à se retirer du marché canadien. Malgré l’utilisation croissante des actifs numériques pour contourner les sanctions ou commettre des actes illégaux, le gouvernement affirme toutefois maintenir une attitude ouverte « envers les projets capables d’apporter des bénéfices substantiels ».
Le 18 avril 2024, le gouvernement canadien annonce son intention d’appliquer, à partir de 2026, le Cadre international de déclaration sur les cryptomonnaies (CARF) élaboré par l’OCDE. Ce cadre exigera que les fournisseurs de services de cryptomonnaies établis au Canada ou y exerçant des activités transmettent annuellement des rapports à l’ARC. Conformément au budget, ces entités devront divulguer des informations détaillées par client et par cryptomonnaie, notamment les conversions entre cryptomonnaies et monnaies fiduciaires (comme le dollar canadien), les échanges entre cryptomonnaies, et les transferts d’actifs. Les fournisseurs de services seront également tenus de communiquer à l’ARC les données personnelles de chaque client : nom, adresse, date de naissance et juridiction de résidence. Cette obligation s’appliquera aux transactions postérieures à 2026, et le premier échange d’informations internationales aura lieu en 2027. Cette mesure constitue une modernisation du cadre fiscal et déclaratif national et international, visant à renforcer la conformité et la transparence des fournisseurs de services de cryptomonnaies, et à promouvoir une réglementation internationale harmonisée. En septembre 2024, la CSA met également à jour sa réglementation sur les stablecoins, prolongeant jusqu’à la fin 2024 le délai de conformité pour les plateformes d’échange, afin de leur offrir un temps supplémentaire pour s’adapter aux nouvelles exigences réglementaires et assurer une transition progressive du marché.
À la lumière de l’évolution récente de la réglementation des cryptomonnaies au Canada, il apparaît que, depuis la mise en place du cadre réglementaire, les échanges de cryptomonnaies font face à une surveillance de plus en plus stricte et globale. Toutefois, tout en cherchant à contenir les risques financiers potentiels, le gouvernement canadien conserve une attitude relativement ouverte, tentant de trouver un équilibre dynamique entre innovation et protection des investisseurs. Comme l’a souligné Lucas Matheson, directeur de Coinbase Canada, lors de la conférence des futurologues de la blockchain en août 2024 : « Honnêtement, le Canada a encore beaucoup de travail à faire en matière de modification des lois. Notre objectif est de transformer le droit canadien afin d’accroître la liberté économique et de moderniser le système financier canadien. » Il reste donc un long chemin à parcourir pour une réglementation moderne des cryptomonnaies au Canada.
4. Conclusion et perspectives
En somme, l’attitude du gouvernement canadien envers le marché des cryptomonnaies est relativement ouverte. Il reconnaît le potentiel des cryptomonnaies et de la technologie blockchain, encourage l’innovation et le développement technologique, tout en étant conscient des risques que ce marché comporte, notamment en matière de lutte contre le blanchiment, de protection des investisseurs et de préservation de l’ordre du marché. À l’avenir, le Canada pourrait intensifier sa coopération internationale, adopter des mesures réglementaires plus strictes et précises, et mettre en œuvre des dispositions spécifiques pour mieux protéger les investisseurs sur les plateformes d’échange de cryptomonnaies, telles qu’un renforcement de la divulgation d’information ou la répression accrue des fraudes liées aux cryptomonnaies, afin d’assurer un développement sain et conforme de ce nouveau secteur dans un cadre réglementaire adapté.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News














