
Cartographie du secteur : BTC Staking, une narration clé pour accueillir les L2
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

Cartographie du secteur : BTC Staking, une narration clé pour accueillir les L2
L'ère narrative autour du lancement d'actifs BTC est terminée. Les Memecoin resteront toujours populaires, mais ils ne représentent pas la forme ultime de l'écosystème BTC. Prochainement, la narration autour du rendement des actifs BTC deviendra dominante.
Rédaction : blockpunk
I. La narration autour du lancement d’actifs BTC est terminée
La phase de lancement d’actifs sur BTC touche à sa fin. Les memecoins resteront toujours populaires, mais elles ne représentent pas la forme ultime de l’écosystème BTC. La nouvelle tendance dominante sera désormais celle du rendement généré par les actifs BTC.
Des projets comme Babylon permettent de staker du BTC pour fournir une sécurité économique aux chaînes Proof-of-Stake (PoS), générant ainsi des revenus passifs. Cela ouvre une nouvelle voie pour le staking du BTC et transforme radicalement l’utilisation de l’écosystème BTC, en passant d’un usage basé sur le capital BTC lui-même à un modèle fondé sur les intérêts générés.
Le staking du BTC repose sur deux récits clés. Le premier concerne l’amélioration du rendement global des actifs, similaire à ce que propose DeFi sur Ethereum.
Selon DefiLlama, le marché du yield farming avec BTC dépasse aujourd’hui 10 milliards de dollars, avec des taux de rendement compris entre 0,01 % et 1,25 %. Ces produits exigent généralement de confier ses BTC à des institutions CeFi tierces. En revanche, les récompenses de staking sur les blockchains PoS varient entre 5 % et 20 %. Le fait de staker du BTC pour sécuriser d'autres chaînes PoS pourrait offrir des rendements comparables, soit environ 50 fois plus élevés que les solutions traditionnelles de yield farming sur BTC — un potentiel de croissance considérable.
Le second argument s’inscrit dans le contexte du développement fulgurant des couches L2 Bitcoin. Il s'agit de combler le vide narratif qui sépare ces L2 de la blockchain principale BTC. Actuellement, près de 80 projets de L2 BTC existent. Or, même si tous les blocs de la chaîne principale étaient entièrement dédiés au stockage de données (DA), ils ne pourraient accueillir qu’une vingtaine de L2 maximum. Beaucoup de L2 ont donc dû réduire la fréquence de leurs publications sur BTC à quelques mois. Comment alors convaincre la communauté que ces L2, qui utilisent des ponts centralisés, n’ont pas la sécurité garantie par BTC et sont construites sur EVM, sont réellement liées à l’écosystème BTC ? Ce manque de lien narratif crée un énorme vide.
Il devient alors crucial pour une L2 BTC de pouvoir justifier son existence via une légitimité accrue. Devenir un validateur sur Babylon ou BounceBit permet non seulement d’obtenir cette légitimité, mais aussi de bénéficier tôt des effets de bord du staking BTC. Cela profite directement aux jetons et à l'écosystème global.
Toutefois, contrairement à Eigenlayer sur Ethereum, le contexte du marché BTC diffère fortement. La majorité des détenteurs de BTC sont des investisseurs passifs : 67 % d’entre eux n’ont pas bougé leurs avoirs depuis plus d’un an. Convaincre ces détenteurs de participer au staking représente donc un défi majeur.
En outre, le staking BTC ne bénéficie pas, comme sur ETH, d’intérêts libellés dans la monnaie native. Les revenus proviennent souvent de jetons propres aux L2, ce qui comporte certains risques. Certains projets L2 qui utilisent BTC comme frais de gaz (gas fee) tentent de redistribuer une partie de ces frais aux participants au staking, mais cela reste insuffisant pour assurer un modèle viable.
Pour dire les choses crûment, la principale fonction des L2 BTC est d’attirer (voire de manipuler) les dépôts de BTC. Le staking BTC constitue ici une méthode bien plus efficace.
Au-delà du staking, il faut également repenser les performances du BTC. Construire des L3 sur des solutions L2 matures déjà dotées de mécanismes de staking n’est pas une fausse nécessité, mais une étape obligatoire. Des projets comme Nubit, capables d’imbriquer des L2 dans des systèmes de DA, ou CBK avec son cadre UTXO Stack, tirent parti d’avantages techniques significatifs.
II. @babylon_chain
Babylon utilise des méthodes cryptographiques pour permettre, via un staking natif au niveau L1 de BTC, d’assurer la sécurité des blockchains PoS.
Le staking sur Babylon est interchaînes : les bitcoins mis en jeu restent verrouillés dans un script sur le réseau Bitcoin, tandis que les stakers peuvent désigner des validateurs spécifiques afin de percevoir des revenus sur la chaîne PoS cible.
Sur le plan technique, le processus de staking repose entièrement sur un mécanisme appelé « signatures uniques extractibles (EOTS) », fonctionnant sans aucun tiers, ni pont ni service de garde. Babylon implémente également un système complet de slashing : si un staker (également validateur sur la chaîne PoS) reste honnête et signe uniquement un seul bloc valide à chaque hauteur, il reçoit les récompenses associées. En revanche, s’il tente de tricher en signant deux blocs à la même hauteur, sa clé privée EOTS peut être déduite, permettant à quiconque de transférer ses BTC mis en jeu sur la chaîne Bitcoin, réalisant ainsi le slashing.
Actuellement, Babylon est en phase de testnet de staking. Une nouvelle campagne SBTC de test est prévue en mai, suivie d’un dépôt anticipé au second semestre. Le jeton pourrait être lancé avant la fin de l’année. Babylon a indiqué envisager de lancer un actif liquide représentant le BTC staké (similaire au stETH). D’autres projets de restaking et de liquid staking (lrt, lst) sont déjà en cours, notamment @Chakrachain@LorenzoProtocol @yalaorg @SataBTC.
III. @ChakraChain
Chakra est un protocole de staking et restaking pour BTC. Les BTC déposés par les utilisateurs sont placés dans des protocoles de staking BTC tels que Babylon pour générer des rendements multiples. Chakra fournit également un service de validation géré par des stakers, renforçant ainsi la sécurité des L2 BTC.
Grâce au protocole MuSig2, Chakra agrège les signatures des utilisateurs pour créer un UTXO avec verrouillage temporel, permettant ainsi un « staking » temporaire de bitcoins. Les détenteurs de BTC n’ont pas besoin de transférer leurs BTC vers une adresse tierce, mais conservent le contrôle via une adresse dérivée, assurant une autogestion complète au niveau L1.
Les conditions de déblocage d’un UTXO BTC après staking sont simples : premièrement, récupération conjointe avec signature du réseau Chakra, lorsque l’utilisateur demande un déblocage anticipé, offrant ainsi de la flexibilité ; deuxièmement, expiration de la période initiale de verrouillage, permettant à l’utilisateur de reprendre automatiquement le contrôle de ses BTC, même si le réseau Chakra cessait de fonctionner.
Contrairement à Babylon, qui peut slashing les BTC des utilisateurs malhonnêtes, Chakra ne dispose pas du pouvoir de saisir les BTC mis en jeu. À la place, il pénalise les mauvais comportements en réduisant les récompenses de consensus, évitant ainsi tout risque d’erreur de slashing pouvant compromettre les actifs BTC des utilisateurs.
Chakra introduit également la technologie ZK dans l’écosystème du staking BTC, attirant des investissements de Starkware, ABCDE, Bixin et Coin Summer. Le testnet est actuellement accessible ; rendez-vous sur chakrachain.io/devnet pour connecter votre portefeuille et obtenir une preuve de participant précoce.

IV. @build_on_bob
BOB est une architecture de sidechain EVM pour BTC, construite avec le SDK OP Superchain. Elle utilise des BTC emballés comme wBTC ou tBTC issus d’Ethereum comme frais de gaz, et prévoit à l’avenir d’intégrer la sécurité du BTC via un nouveau protocole de minage fusionné (merge-mining).
Le testnet BOB fonctionne depuis plusieurs mois et possède déjà un certain écosystème. Le réseau principal sera lancé le 1er mai, accompagné d’une première campagne de dépôt. Les points « Spice » accumulés via les dépôts seront convertis en jetons $BOB lors du lancement officiel (TGE).
Pour participer au pré-staking BOB, les opérations doivent se faire sur Ethereum. Les détenteurs de BTC doivent d’abord les convertir en $tBTC ou $wBTC. Le multiplicateur de récompense est de 1,5x. Sont également acceptés : DAI, eDLLR, rETH, USDC, USDT, wstETH et STONE (multiplicateur 1,3x), ainsi que ALEX, ETH et eSOV (multiplicateur 1x).
BOB bénéficie de ressources solides : il collabore avec $MARA, le plus grand mineur coté aux États-Unis, pour lancer une L2 BTC, et vient d’annoncer un investissement de 10 millions de dollars de Coinbase. Il peut être vu comme un concurrent direct de Binance et Bouncebit. Le volume total de dépôts (TVI) de la première phase atteint environ 250 millions de dollars, montrant un fort potentiel.
Lien de dépôt : fusion.gobob.xyz/?refCode=cdmzz5
V. @BotanixLabs
BotanixLabs construit une L2 compatible EVM sur Bitcoin, fonctionnant selon un modèle PoS. Les utilisateurs peuvent déposer du BTC dans une adresse multisignature pour participer au staking de la L2, ou transférer leur BTC vers la L2 pour intégrer son écosystème. L’originalité réside dans le fait que ces actifs BTC sont protégés par un réseau multisig décentralisé appelé Spiderchain.
En stakant du BTC, on peut devenir un nœud validateur participant au PoS et au réseau multisig Spiderchain. Botanix utilise le hachage des blocs Bitcoin comme source aléatoire pour sélectionner les nœuds chargés de produire les blocs. Les en-têtes de blocs validés sont ensuite gravés dans la blockchain BTC pour finaliser la confirmation.
La couche de règlement de BotanixL2 est BTC, les frais de gaz sont payés en BTC transmis via pont, et la sécurité du consensus s’appuie elle aussi sur celle de Bitcoin.
Tous les actifs BTC sur la L2 sont protégés par le réseau multisig Spiderchain. Les nœuds forment aléatoirement des groupes multisig pour contrôler les adresses contenant les BTC. Le coût d’un comportement malveillant est élevé, car les BTC mis en jeu peuvent être slashés.
Le testnet de Botanix fonctionne depuis six mois. Rendez-vous sur botanixlabs.xyz/en/testnet pour participer aux tests et recevoir divers NFT témoins. BotanixLabs travaille sur les L2 BTC depuis 2022, démontrant une expertise technique solide. Son testnet représente une excellente opportunité d’engagement précoce.
VI. @bounce_bit
BounceBit est une infrastructure de yield farming et de restaking basée sur BTC. Il cherche à intégrer les services CeFi et DeFi autour du rendement du BTC, en utilisant le staking de BTC pour garantir la sécurité des blockchains.
BounceBit est lui-même une L2 EVM BTC. Pour le staking PoS sur sa L2, outre son jeton natif BB, les utilisateurs peuvent également staker des actifs BTC.
Les actifs BTC collectés par BounceBit (y compris BTC mainnet, BTCB et WBTC sur BNB Chain) sont détenus par des services de custody centralisés soutenus par Mainnet Digital et Ceffu — le seul cas où Binance utilise un tel service institutionnel. Cette caution vise à rassurer les détenteurs de BTC quant à la sécurité de leurs fonds.
Les BTC déposés deviennent des bounceBTC sur BounceBit. Les utilisateurs peuvent choisir de les staker auprès d’autres réseaux de validation, comme des chaînes EVM, des ponts décentralisés ou des oracles, afin de percevoir les récompenses associées.
BounceBit offre ainsi trois sources de revenus : les BTC sur la chaîne principale génèrent des rendements stables via des plateformes CeFi comme Binance ; les utilisateurs peuvent staker sur la chaîne BounceBit pour gagner des jetons BB ; ou encore participer au restaking pour gagner d’autres récompenses, ou encore utiliser leurs actifs dans des protocoles DeFi comme AMM ou prêt. Binance soutient BounceBit en attribuant 8 % de ses jetons aux participants au Binance Megadrop ayant staké du BNB.
VII. @MezoNetwork
Mezo est une L2 BTC construite sur tBTC, utilisant l’architecture CosmosEVM et un pont multichain multisig basé sur tBTC pour transférer les actifs BTC vers Mezo L2.
Mezo introduit une innovation économique appelée HODLProof, similaire au modèle ve33 du staking BTC. Les utilisateurs peuvent verrouiller leurs BTC pour participer au consensus : plus la durée de verrouillage est longue, plus le poids de validation augmente exponentiellement, entraînant des récompenses plus élevées.
Le système PoS de Mezo se divise en deux parties : une partie BTC et une partie jeton natif MEZO, toutes deux éligibles à des récompenses sous forme de veMEZO. Les incitations sont réparties dans différents pools : un tiers des récompenses totales va aux stakers de BTC, deux tiers aux stakers de MEZO.
Le 9 avril, le réseau Mezo a levé 21 millions de dollars lors d’un tour de série A, mené par Pantera Capital, avec la participation de Multicoin, HackVC, DraperAssociates, etc.
Mezo a déjà lancé une campagne de dépôt précoce, acceptant actuellement BTC natif, wBTC et tBTC. Le lancement du réseau principal est prévu pour le second semestre 2024.
VIII. @LorenzoProtocol
Protocole de staking liquide pour Bitcoin, construit sur Babylon, proposant un service de déploiement rapide de type « L2-as-a-service ». Lorenzo vise à abaisser les seuils d’entrée pour les projets de staking BTC comme Babylon, réduire les risques de slashing pour les stakers, et libérer la liquidité des BTC mis en jeu.
Babylon est un protocole de staking BTC assez fondamental, similaire au staking natif d’Ethereum, avec probablement un minimum requis de BTC à staker.
De plus, pour un utilisateur individuel, les revenus de staking sont instables et accompagnés d’un risque de slashing. Il devient donc nécessaire de regrouper les fonds via des pools de staking, agissant comme une entité collective avec un partage du risque et des retours. C’est précisément ce que propose Lorenzo, à l’instar de Lido.
Les stakers choisissent la chaîne PoS sur laquelle ils souhaitent participer, puis déposent leurs bitcoins dans un coffre-fort délégué de Lorenzo, une adresse multisig Bitcoin.
En échange, les stakers reçoivent sur la propre blockchain de Lorenzo un montant équivalent de stBTC, servant de preuve liquide de leur participation au staking BTC via Babylon, et leur permettant de percevoir les revenus générés.
La chaîne Lorenzo est elle-même une L2 Bitcoin compatible EVM, protégée par la sécurité partagée de Babylon. À l’avenir, elle aidera au déploiement de nombreuses autres L2 BTC via une approche modulaire, jouant le rôle de chaîne d’interopérabilité entre ces L2.
[Avertissement] Les marchés comportent des risques. Cet article ne constitue pas un conseil d'investissement. Les lecteurs doivent évaluer si les opinions, points de vue ou conclusions exprimés conviennent à leur situation personnelle. Tout investissement réalisé le sera sous leur propre responsabilité.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News














