
Hong Kong Web3 nouveau modèle : magasin en façade, usine à l’arrière, croissance outre-mer
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Hong Kong Web3 nouveau modèle : magasin en façade, usine à l’arrière, croissance outre-mer
Réorganiser les capacités de production chinoises à Hong Kong (y compris Singapour) afin d'offrir finalement des produits et services à l'échelle mondiale.

Qu'est-ce que « boutique en façade, usine à l'arrière » ?
En 1978, la première entreprise chinoise du modèle « trois approvisionnements et une compensation » (Sanlai Yibu), l'usine de sacs à main Taiping, s'installait à Dongguan.
Le modèle « boutique en façade, usine à l'arrière » (anglais : « front shop, back factory ») est un modèle économique mis en œuvre au début des réformes et de l'ouverture de la Chine, basé sur une coopération entre la province du Guangdong et Hong Kong. Il consistait à utiliser Hong Kong comme plaque tournante pour exporter vers l'Europe et les États-Unis les produits fabriqués en Chine continentale. Ce modèle a progressivement décliné après l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Depuis, Hong Kong s'est progressivement transformée en centre axé sur la finance et les industries de haute technologie.
Dans l'écosystème Web3, ce modèle semble renaître progressivement. Nous pensons qu’il pourrait devenir un mode opératoire dominant : exploiter la capacité productive chinoise, intégrer les ressources à Hong Kong (y compris Singapour), puis fournir produits et services à l’échelle mondiale. En huit caractères, nous le résumons par : « boutique en façade, usine à l’arrière ; croissance outre-mer ».
Chine continentale : avantages du « back-end »
Nous entrons maintenant dans une phase de développement accéléré du Web3, avec une prolifération d'équipes de startups. Dans un tel contexte concurrentiel intense, les avantages du « back-end » deviennent particulièrement évidents. Ce modèle présente trois principaux atouts.
1.1 Avantage d'une équipe à grande échelle à faible coût

Les données ci-dessus ne sont pas exhaustives, mais elles montrent clairement que la taille des équipes des entreprises leaders augmente continuellement. Bien que le Web3 compte encore de nombreuses petites startups, celles qui atteignent la série B doivent souvent constituer des équipes de plus de 100 personnes, comme c’est le cas pour Uniswap. Dans des régions comme la Silicon Valley, les coûts liés au recrutement et à l'exploitation sont extrêmement élevés. Ajoutés aux contraintes politiques complexes et aux différences culturelles, il devient difficile d'agrandir les équipes. La Silicon Valley convient peut-être aux startups en phase d'amorçage, mais pour la compétition suivante, construire une partie technique et opérationnelle en Chine offre un avantage concurrentiel indéniable.
1.2 Adapté à une incubation interne en mode « course interne »
De nombreux secteurs du Web3 deviennent de plus en plus standardisés et modulaires, et l'innovation provient souvent de projets internes concurrents. Par exemple, dans le domaine DeFi, l’ère du travail isolé est révolue : certaines équipes développent désormais plus d'une vingtaine de protocoles sur une même blockchain, avec des synergies opérationnelles mutuelles, voire utilisent un mécanisme de concurrence interne pour innover. Dans ces domaines à la fois très capitalistes et intensifs en main-d'œuvre, une grande équipe capable de coopérer tout en se concurrençant en interne dispose d’un net avantage face aux petites équipes de passionnés. Le coût d'apprentissage de Solidity diminue constamment, l’information circule davantage ; dans ces environnements, la capacité à imiter et à suivre rapidement dépasse souvent celle de l’originalité. Réaliser un fork de haute qualité constitue ainsi une autre voie entrepreneuriale. C’est précisément là que le « back-end » installé en Chine excelle.
1.3 Avantage sur la chaîne d'approvisionnement matériel
Nous observons deux nouveaux secteurs émergents : d’une part l'économie des créateurs, incluant les NFT musicaux et l’économie du divertissement, et d’autre part les réseaux matériels décentralisés (DePIN). L’innovation conceptuelle dans ces domaines naît peut-être en Silicon Valley, mais lors de la mise en œuvre, on constate que les talents opérationnels et une partie de la chaîne logistique se trouvent en Asie, voire en Chine.
Pour l’économie des créateurs, il faut attirer massivement des créateurs vers le réseau : designers, rédacteurs, musiciens, illustrateurs… Ces professions sont largement représentées en Chine, offrant une immense capacité productrice de contenu.
Prenons l’exemple du DePIN : ces projets nécessitent une grande capacité matérielle pour réduire les coûts d’exploitation du réseau. L’un de nos investissements phares dans la production de matériel DePIN possède des chaînes d’approvisionnement en Chine et au Vietnam, et fournit actuellement du matériel à sept projets DePIN, dont DIMO, Hivemapper et React. Pour ces projets Web3 natifs internationaux, il constitue un partenaire stratégique essentiel.

Appareil Dimo (source : site officiel de Dimo)
Ainsi, le « back-end » bénéficie de ces trois avantages. À condition d’opérer légalement et conformément à la réglementation chinoise, cette capacité peut pleinement être exportée vers les marchés internationaux.
Hong Kong en avant : hub de financement et d'investissement
Notre récent voyage à Hong Kong nous a grandement éclairés, mais sur le plan pratique, deux aspects méritent attention. En résumé, deux personnalités et deux signaux importants doivent être surveillés.
Les deux personnalités sont John Lee (Li Jiachao) et Xiao Feng. John Lee a exprimé une attitude ouverte envers l’innovation autour des actifs virtuels, annonçant la mise en place prochaine d’un système de licences. Xiao Feng, quant à lui, a affirmé que l’application incontournable du Web3 serait la tokenisation, prononçant un discours intitulé « Trois modèles de jetons pour les applications Web3 », et annonçant le lancement du jeton écologique HSK. Ces deux figures illustrent un accueil sans précédent de Hong Kong envers le Web3 et les tokens, marquant une reconnaissance tant politique que commerciale d’un sujet auparavant très sensible.
Les deux signaux à observer sont :
1. Un passage d'une régulation basée sur les objets à une régulation fondée sur les comportements. Plutôt que de juger globalement illégales les transactions d’actifs virtuels ou d’interdire catégoriquement certains ressortissants, l’approche consistera à considérer que toute activité conforme au cadre juridique et réglementaire de Hong Kong sera protégée.
2. L'examen et la protection des transactions OTC (Over-The-Counter).
Ces deux signaux ne sont pas encore pleinement visibles ; leur apparition reste à attendre et à observer.
Un autre avantage de Hong Kong réside dans son environnement favorable au financement. Beaucoup ont raillé lors de ce voyage que « l’argent dépasse le nombre de projets ». En réalité, c’est justement un atout. Des investisseurs en capital-risque (VC), des fonds de capital-investissement (PE) et des family offices sont facilement accessibles ici, permettant aux entrepreneurs d’échanger directement avec eux, depuis le stade amorce jusqu’à une éventuelle introduction en bourse à Hong Kong. Cette proximité rend l’approche bien plus efficace et pragmatique que de « partir en Silicon Valley chercher a16z ».
Par conséquent, Hong Kong ressemble davantage à un lieu légitime et réglementé pour ouvrir boutique, facilitant la gestion du « back-end » tout en offrant un accès aisé au financement — un cadre à la fois attrayant et rationnel.
Croissance internationale : placer marché, R&D et développement commercial à l’étranger
Le modèle « boutique en façade, usine à l’arrière » ne représente qu’une moitié de la chaîne. Les entreprises Web3 doivent s’intégrer pleinement au marché mondial, faute de quoi elles resteraient limitées, voire exposées à de graves risques opérationnels. Trois méthodes principales de croissance, souvent absentes chez les projets asiatiques, se dégagent.
Mode de croissance n°1 : sortir de la communauté, retourner vers la communauté
Une partie de l’innovation Web3 répond à des besoins clairs d’efficacité, tandis qu’une autre découle de recherches approfondies sur le comportement des utilisateurs, révélant de nouvelles solutions. Cette vague de demande post-distribution ne peut émerger que dans les zones où la pensée Web3 est la plus radicale. Par exemple, notre artiste investi Daniel Allen s’est signé lui-même via un DAO, redistribuant directement ses revenus aux détenteurs de jetons et aux participants à la gouvernance. Cette pratique est déjà une réalité dans les cercles NFT de Los Angeles. Les outils de gouvernance et de gestion des droits d’auteur impliqués offrent des opportunités entrepreneuriales. Nous avons aidé à restructurer la stack technique du streaming décentralisé, identifié ces outils, puis développé des solutions adaptées. Il faut avoir des équipes au cœur des communautés occidentales pour comprendre les usages, puis mobiliser nos équipes asiatiques afin de produire rapidement des produits alignés sur les besoins du marché.

Source : Twitter de Daniel Allen
Mode de croissance n°2 : obtenir la légitimité décentralisée
Pour une équipe asiatique, être perçue comme un projet local (« shitcoin ») ou comme un acteur légitime n’est pas une question de discrimination, mais un véritable problème dans l’écosystème Web3. Puisque la blockchain implique des transactions à haute valeur et le transfert de données sensibles, il est crucial de garantir que tout cela soit transparent sur la chaîne et suffisamment décentralisé. Je pense qu’il est encore nécessaire d’aller à l’étranger rencontrer les blockchains, leurs écosystèmes et leurs équipes dirigeantes. Même si ceux-ci ne viennent pas immédiatement à Hong Kong, il est essentiel de nouer de bonnes relations avec les équipes centrales, de participer à leurs hackathons, de promouvoir nos produits et de les intégrer à leurs solutions existantes. Obtenir cette légitimité apporte un effet de « parrainage » et de « redirection de trafic » extrêmement puissant.
Par exemple, l’un de nos projets investis, un roll-up de stockage décentralisé, a réalisé une étude approfondie sur la feuille de route technique et la stratégie d'Ethereum, intégrant son produit à la stack technique d’Ethereum. Il a ainsi obtenu une subvention de la Fondation Ethereum, assurant la légitimité décentralisée du protocole. Une telle démarche stratégique constitue une étape cruciale pour distancer la concurrence.
Mode de croissance n°3 : fluidité internationale
Le Web3 est un réseau mondial d’échange de valeur fonctionnant 24h/24 et 7j/7. Il exige naturellement de grandes quantités de transactions d’actifs virtuels et une forte liquidité. Il doit suivre les grands marchés internationaux plutôt que de rester lié à des marchés régionaux mineurs. Il est donc nécessaire de construire un réseau mondial de participants et d’investisseurs qualifiés. Nous n’insisterons pas davantage sur ce point.
Conclusion
Nous observons que ce modèle complet de « boutique en façade, usine à l’arrière ; croissance outre-mer » est déjà appliqué avec succès par certaines équipes, produisant des résultats impressionnants. Cela deviendra l’un des thèmes centraux de nos futurs investissements et explorations.
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