
Une nouvelle « infraction fourre-tout » apparaît dans le milieu des cryptomonnaies, comment se protéger ?
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Une nouvelle « infraction fourre-tout » apparaît dans le milieu des cryptomonnaies, comment se protéger ?
L'époque évolue, on ignore si la technologie blockchain suscitera d'autres innovations financières à l'avenir. Seuls ceux qui survivront pourront envisager de nouveaux développements.
Selon des informations pertinentes, Zhao Mou, PDG de la société XXBit, a été emmené par la police pour suspicion de recel ou de blanchiment de produit d'activité criminelle, et l'affaire est désormais en phase de révision et de poursuite. On constate que les risques pénaux liés à l'anonymat et à la décentralisation du secteur des cryptomonnaies ne se limitent plus au seul délit de blanchiment, mais tendent à s'étendre. À cet égard, l'équipe de Sacha procède ici à une analyse approfondie du délit de recel ou de dissimulation de produits criminels afin d'aider les professionnels et participants du secteur à mieux comprendre ces risques.
Pourquoi le blanchiment est-il un « fourre-tout » ?
Sur le plan chronologique, le délit de recel ou de dissimulation de produits criminels a été introduit dans le Code pénal chinois avant celui de blanchiment. Ce dernier a été spécifiquement défini pour lutter contre des crimes particuliers tels que ceux liés au trafic de drogue, aux infractions financières, etc. Selon les normes de l'organisation internationale de lutte contre le blanchiment (GAFI), la législation pénale chinoise relative à la prévention du blanchiment couvre à la fois le blanchiment proprement dit et le recel de produits criminels. Le blanchiment est désormais une accusation courante dans le monde des cryptomonnaies, tandis que le délit de recel ou de dissimulation de produits criminels est souvent oublié. Certains professionnels pensent même qu'une plateforme OTC (Over-The-Counter) ne saurait être concernée par ce chef d'accusation. L'équipe de Sacha rappelle donc clairement que le recel de produits criminels relève du blanchiment au sens large, et qu’aucune particularité ne protège les plateformes OTC lorsqu’il s’agit d’analyser les risques pénaux associés à ce délit.
Différences au-delà du crime source
En termes juridiques, beaucoup considèrent que le blanchiment et le recel de produits criminels sont en concurrence législative. Comme indiqué dans nos précédents articles, l’une des principales différences entre ces deux délits réside dans le fait que le blanchiment impose des restrictions strictes sur la nature des crimes sources, alors que le délit de recel n’en comporte aucune. Par ailleurs, le blanchiment est précisément défini.
Les actes constitutifs de blanchiment consistent à dissimuler ou à masquer l’origine et la nature des produits criminels par les moyens suivants : « (1) fournir un compte bancaire ; (2) aider à convertir des biens en espèces, instruments financiers ou titres négociables ; (3) faciliter le transfert de fonds par virement ou tout autre mode de règlement ; (4) aider à envoyer des fonds à l’étranger ; (5) toute autre méthode permettant de dissimuler ou de masquer l’origine ou la nature des produits criminels ». En revanche, les comportements visés par le délit de recel comprennent le fait de cacher, transférer, acheter, vendre pour autrui, ou dissimuler par tout autre moyen. La définition du recel est plus floue et ne précise pas exhaustivement les types d’actes incriminés.
Par ailleurs, le blanchiment exige que l’auteur ait modifié l’origine et la nature des produits criminels, alors que le délit de recel ne requiert qu’un acte de dissimulation ou de masque, sans imposer de changement de nature des fonds.
L’incertitude juridique : avantage ou désavantage ?
L’incertitude entourant le délit de recel se manifeste principalement de deux manières : premièrement, les types d’actes visés sont larges et le seuil d’incrimination est bas ; deuxièmement, la loi ne précise pas explicitement comment traiter les actes de dissimulation impliquant un changement de nature des fonds.
Concernant le premier point, un seuil d’incrimination bas signifie un risque pénal accru, et la clause générale « toute autre méthode » étend considérablement le champ d’application de ce délit.
Quant au second point, bien que la loi stipule théoriquement que tout changement de nature des fonds devrait relever du blanchiment, ce dernier nécessite que le crime source soit d’un type spécifique (bien que les amendements futurs tendent à assouplir cette condition). Or, le délit de recel, qui admet une définition plus souple du crime source, ne mentionne pas expressément le changement de nature des fonds.
L’équipe de Sacha estime que, bien que selon le principe de légalité des délits et des peines, aucun acte ne puisse être sanctionné sans base légale explicite, le changement de nature des fonds accroît généralement le danger social. Le droit pénal, en tant qu’instrument de gouvernance sociale, ne peut ignorer des comportements objectivement dangereux. En raison de l’anonymat et de la décentralisation des cryptomonnaies, convertir des produits criminels en cryptomonnaies puis les reconvertir en monnaie fiduciaire implique inévitablement un changement de nature des fonds. Ce type d’opération n’est pas une zone de liberté hors la loi, mais plutôt un terrain semé de risques latents.
Comment se prémunir ?
Lorsqu’un individu est soupçonné de recel ou de dissimulation de produits criminels, les autorités judiciaires peuvent recourir à la présomption pour établir s’il « savait ou aurait dû savoir ». Dans ce contexte, il est très difficile pour une plateforme neutre de prouver son innocence. Pour offrir aux professionnels du secteur une marge de manœuvre, l’équipe de Sacha recommande au minimum les mesures suivantes :
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Appliquer rigoureusement les obligations de lutte contre le blanchiment ;
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Renforcer la procédure KYC (Know Your Customer) pour filtrer les utilisateurs dès l’entrée, en éliminant les risques à la source ;
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Mener activement des évaluations de conformité, clarifier le champ d’activité et conserver toutes preuves favorables ;
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Si vous disposez d'une fondation à Singapour, d'une licence financière au Japon ou d'une autorisation financière à Hong Kong, conservez uniquement en Chine les activités expressément autorisées par la loi locale. Ne tentez surtout pas de défier la loi.
Conclusion
Les problèmes du secteur des cryptomonnaies reflètent les frictions entre le cadre juridique et la pratique. Éradiquer complètement ce secteur est peu réaliste, car tant qu’il y aura une demande, il y aura une offre. Toutefois, les acteurs impliqués doivent connaître les bases juridiques et respecter les limites interdites par la loi. Par ailleurs, l’avenir réserve peut-être de nouvelles innovations financières grâce à la technologie blockchain. Seuls ceux qui survivront pourront en bénéficier. Espérons que chacun évite de devenir un rouage du blanchiment, sache identifier les risques et survive pendant cet hiver difficile.
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