
Le plus grand opérateur mondial de distributeurs automatiques de cryptomonnaies, Bitcoin Depot, dépose son bilan ; ses 9 700 machines sont toutes mises hors service.
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Le plus grand opérateur mondial de distributeurs automatiques de cryptomonnaies, Bitcoin Depot, dépose son bilan ; ses 9 700 machines sont toutes mises hors service.
Assailli par plusieurs États en l’espace de six mois, son chiffre d’affaires trimestriel a chuté de près de 50 %.
Auteur : Ben Dooley
Traduction : TechFlow
Introduction de TechFlow : Les distributeurs automatiques de cryptomonnaies (ATM crypto), autrefois omniprésents dans les supérettes américaines, sont en train de disparaître collectivement sous la pression réglementaire. Bitcoin Depot, le plus grand opérateur mondial d’ATM crypto, a déposé le 18 mai une demande de protection contre les créanciers au titre du chapitre 11 du Code américain de la faillite ; ses quelque 9 700 machines ont été désactivées. La cause directe réside dans l’entrée en vigueur, état par état, de plafonds stricts sur les transactions, de suspensions de licences et d’actions en justice pour fraude : selon les données du FBI, les consommateurs auraient perdu 389 millions de dollars via ces ATM crypto en 2025. Ce reportage, issu de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), retrace étape par étape la trajectoire de cette entreprise cotée en bourse, de son expansion fulgurante à son effondrement.
Légende de l’image : Le 6 avril 2026, un policier débranche l’alimentation électrique d’un ATM Bitcoin Depot dans une supérette de Haverhill, dans le Massachusetts.
Source de l’image : Jessica Rinaldi / The Boston Globe via Getty Images
Bitcoin Depot, autrefois le plus grand opérateur mondial d’ATM crypto, a officiellement déposé le 18 mai une demande de protection contre les créanciers au titre du chapitre 11. Cette entreprise, longtemps accusée d’avoir facilité la commission de fraudes, porte un nouveau coup sévère à tout le secteur.
Alex Holmes, PDG de la société, a publié sur le site internet de l’entreprise un communiqué annonçant que ses quelque 9 700 ATM crypto avaient toutes été retirées du réseau et que leurs activités étaient définitivement suspendues.
Holmes attribue cette situation à « des exigences de conformité de plus en plus strictes, notamment de nouveaux plafonds applicables aux transactions ainsi que des restrictions ou interdictions directes imposées aux ATM crypto dans certains ressorts juridictionnels », ce qui rendrait désormais insoutenable le modèle économique de la société.
Au cours de la dernière année, les autorités locales et étatiques américaines ont considérablement renforcé leur régulation des ATM crypto. Ces appareils fonctionnent comme des guichets automatiques bancaires, mais permettent d’échanger des espèces contre des cryptomonnaies. En raison des craintes qu’ils ne deviennent des outils privilégiés de fraude, les autorités de régulation ont lancé des enquêtes ciblées contre leurs opérateurs.
Selon les données du FBI, les pertes subies par les consommateurs suite à des escroqueries commises via des ATM crypto s’élèvent à 389 millions de dollars en 2025. Les fraudeurs utilisent ces machines pour transférer rapidement les fonds de leurs victimes à l’étranger, hors de portée des services répressifs américains.
Une offensive coordonnée menée par plusieurs États en six mois, avec un recul du chiffre d’affaires trimestriel proche de 50 %
En tant que principal opérateur d’ATM crypto, Bitcoin Depot est devenu la cible privilégiée des autorités de régulation. À quel point cette offensive s’est-elle intensifiée au cours des six derniers mois ?
Le Connecticut a révoqué la licence bancaire de Bitcoin Depot, invoquant des lacunes graves dans ses dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent ; le procureur général du Missouri a ouvert une enquête contre cette société ainsi que contre d’autres opérateurs d’ATM crypto ; le Nevada et le Maine ont conclu des accords amiables avec la société, lui imposant le paiement d’amendes et le respect strict des règles étatiques. Le procureur général du Massachusetts a quant à lui engagé une action en justice contre Bitcoin Depot, l’accusant de tirer la majeure partie de ses revenus de la fraude liée aux cryptomonnaies. Le bureau du procureur général de l’Iowa a également déposé une plainte.
Cette vague de mesures réglementaires se reflète clairement dans les résultats financiers. Selon les documents récemment déposés auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le chiffre d’affaires du trimestre clos en mars a chuté de près de 50 % en glissement annuel, principalement en raison de « l’interdiction ou de la restriction des ATM crypto par les lois étatiques et municipales, du plafonnement des frais de transaction et de la limitation des montants pouvant être échangés », ainsi que des « mesures de conformité et de lutte contre la fraude » renforcées adoptées par la société elle-même, notamment l’intensification des procédures KYC (« Know Your Customer » – « Connaître son client »).
En février dernier, la société avait annoncé que toute transaction exigerait désormais la vérification de l’identité du client, ce qui rend plus difficile pour les fraudeurs l’utilisation de ces machines, mais dissuade aussi un grand nombre d’utilisateurs légitimes.
Des litiges multiples et des frais juridiques colossaux
Parallèlement à ce recul spectaculaire des revenus, Bitcoin Depot supporte des frais juridiques considérables. Selon les documents déposés dans le cadre de la procédure de faillite, la société fait face à plusieurs actions en justice centrées sur un même grief : n’avoir pas pris suffisamment de mesures pour empêcher que des transactions frauduleuses soient effectuées via ses machines. Par ailleurs, une sentence arbitrale rendue fin 2025 dans le cadre d’un différend commercial avec sa filiale canadienne l’a condamnée à verser près de 19 millions de dollars.
Une enquête conjointe menée en 2025 par l’ICIJ et CNN a révélé qu’au moins 1,5 million de dollars de transactions frauduleuses avaient été réalisées via des centaines de machines Bitcoin Depot installées dans des supérettes Circle K. Bitcoin Depot versait à Circle K plusieurs millions de dollars de frais de location, tout en percevant une commission sur chaque transaction.
L’enquête a également mis en lumière le fait que la direction de Circle K était informée de ce problème, mais avait néanmoins poursuivi sa collaboration avec Bitcoin Depot.
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