
Anthropic refuse l’accès d’un think tank chinois à son modèle d’IA le plus puissant, Mythos : la compétition en matière d’IA entre la Chine et les États-Unis s’intensifie encore
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Anthropic refuse l’accès d’un think tank chinois à son modèle d’IA le plus puissant, Mythos : la compétition en matière d’IA entre la Chine et les États-Unis s’intensifie encore
Les logiciels sous-jacents utilisés par de nombreuses banques, entreprises énergétiques et institutions gouvernementales en Chine chevauchent fortement les systèmes dans lesquels Mythos a découvert des vulnérabilités.
Auteur : Claude, TechFlow
Introduction de TechFlow : Selon un article du New York Times daté du 12 mai, lors d’une réunion confidentielle organisée à Singapour le mois dernier par la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un représentant d’un think tank chinois aurait demandé à Anthropic d’ouvrir l’accès à son modèle d’intelligence artificielle Claude Mythos. Cette demande a été immédiatement rejetée.
L’incident a ensuite été porté à l’attention de la Maison-Blanche, suscitant une vive inquiétude au sein du Conseil national de sécurité américain.
Mythos, le modèle d’IA le plus puissant lancé par Anthropic en avril 2026, est considéré comme une « technologie de nature militaire numérique » en raison de ses capacités exceptionnelles en matière d’attaque et de défense cybernétique. À ce jour, seules environ quarante institutions américaines et britanniques y ont accès. Cet incident survient alors que l’administration Trump prépare un décret exécutif sur la régulation de l’IA ; cette semaine, le président Trump se rendra en Chine accompagné d’une délégation d’entreprises pour discuter de questions liées à l’IA.

Un échange confidentiel tenu à Singapour est ainsi devenu le point de déclenchement le plus récent de la compétition sino-américaine dans le domaine de l’IA.
Selon un article du New York Times publié le 12 mai, lors d’une réunion non publique organisée à Singapour le mois dernier par la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un représentant d’un think tank chinois aurait, en marge de la réunion, demandé aux responsables d’Anthropic d’assouplir leur politique afin de permettre aux entités chinoises d’accéder à leur modèle d’IA le plus récent et le plus performant, Claude Mythos.
Anthropic a rejeté cette demande sur-le-champ.
Il ne s’agissait pas d’une demande diplomatique officielle émanant du gouvernement chinois. Toutefois, selon plusieurs médias, cet incident, une fois rapporté à Washington, a fortement alerté les responsables du Conseil national de sécurité (CNS) de l’administration Trump, qui y voient un nouveau signe de la pression constante exercée par la Chine dans le domaine de l’IA.
Mythos : une « arme numérique » dotée de capacités largement supérieures à celles de ses prédécesseurs, soumise à des restrictions strictes
Pour mesurer l’importance de cet événement, il convient de revenir sur les caractéristiques propres à Mythos.
Claude Mythos Preview a été officiellement lancé le 7 avril 2026, mais sans être mis à la disposition du grand public. Anthropic l’a intégré dans le cadre d’une initiative de défense cybernétique baptisée « Projet Glasswing », et n’en autorise l’accès qu’à environ quarante institutions partenaires, notamment Amazon, Apple, Microsoft, CrowdStrike, Cisco, NVIDIA, JPMorgan Chase et la Fondation Linux.
Comme le rapportent le blog officiel d’Anthropic et TechCrunch dans un article du 7 avril, Mythos a découvert, lors de tests internes, des milliers de vulnérabilités zero-day (c’est-à-dire des failles de sécurité encore inconnues des développeurs), affectant tous les principaux systèmes d’exploitation et navigateurs web ; certaines de ces vulnérabilités existent depuis jusqu’à 27 ans. Lors d’évaluations de cybersécurité telles que CyberGym, Mythos surpasse nettement son prédécesseur, Claude Opus 4.6. Son score sur le benchmark SWE-bench atteint 93,9 %, contre 80,8 % pour Opus 4.6.
Exclusion de la Chine et étiquetage comme « nation adversaire »
Anthropic classe la Chine parmi les « nations adversaires » et ses services sont déjà indisponibles sur le territoire continental chinois ; la diffusion restreinte de Mythos exclut donc explicitement les institutions chinoises.
Une série de trois reportages publiés par le South China Morning Post entre la fin avril et le début mai met en lumière la réaction nuancée de la Chine face à cet incident. Au niveau officiel, la réponse a été relativement modérée : aucune déclaration majeure n’a été faite, ni de réaction vigoureuse observée. Certains spécialistes chinois du secteur de l’IA remettent même en cause la sincérité d’Anthropic, estimant que l’entreprise utilise le risque sécuritaire comme argument marketing pour limiter l’accès au modèle aux seules entreprises américaines.

En revanche, le secteur de la cybersécurité a réagi différemment. Après le lancement de Mythos, les cours boursiers des principales entreprises chinoises spécialisées dans la cybersécurité — Qihoo 360, Sangfor Technologies et Qi An Xin — ont connu une hausse continue sur plusieurs jours, reflétant les attentes du marché concernant une accélération de la demande de solutions de cybersécurité pilotées par l’IA.
Austin Zhao, chercheur principal chez IDC Chine, a déclaré au South China Morning Post que « la Chine développera inévitablement son propre modèle de niveau Mythos », tout en reconnaissant que les capacités actuelles globales des modèles chinois en cybersécurité « restent très éloignées de celles de Mythos ». Il souligne néanmoins que les performances des modèles chinois progressent rapidement, une tendance irréversible. IDC prévoit que le marché chinois de la cybersécurité basée sur l’IA passera d’un chiffre d’affaires de 1,58 milliard de yuans en 2025 à 59,35 milliards de yuans (environ 8,7 milliards de dollars) en 2030, soit une croissance supérieure à 37 fois.
La difficulté concrète réside dans le fait que de nombreuses banques, entreprises énergétiques et institutions gouvernementales chinoises utilisent des logiciels sous-jacents identiques ou très similaires à ceux dont Mythos a révélé les vulnérabilités. Or, pour l’heure, la Chine n’a pas de place à cette table stratégique visant à renforcer les défenses.
L’alerte à la Maison-Blanche et les manœuvres politiques : un décret en gestation, Trump en route vers la Chine
L’inquiétude suscitée par la réunion confidentielle de Singapour s’inscrit dans un contexte plus large de luttes politiques.
Selon un article du Washington Post daté du 11 mai, des désaccords profonds émergent au sein de l’administration Trump quant à la régulation de l’IA. D’un côté, les responsables chargés de la sécurité nationale — notamment de la NSA et du Bureau du directeur du renseignement national — plaident pour une évaluation préalable à toute diffusion publique des modèles d’IA, menée par les services de renseignement. De l’autre, le Département du Commerce privilégie la conservation de cette compétence au sein de ses propres structures. Kevin Hassett, directeur du Conseil national de l’économie à la Maison-Blanche, a indiqué la semaine dernière, dans un entretien accordé à Fox Business, que le gouvernement étudiait la possibilité de publier un décret exécutif définissant clairement la procédure d’évaluation de la sécurité des modèles d’IA, à l’instar du dispositif de contrôle préalable à la mise sur le marché des médicaments appliqué par la FDA.
Dans le même temps, Trump se rendra en Chine cette semaine pour aborder notamment des questions liées à l’IA.
Selon un article d’Axios publié le 12 mai, des responsables américains affirment vouloir « saisir la rencontre entre chefs d’État pour ouvrir un dialogue et examiner la possibilité de créer un canal de communication dédié aux questions d’IA ». Toutefois, Melanie Hart, directrice principale du Centre global Chine du Conseil de l’Atlantique, rappelle que, sous l’administration Biden, la Chine avait surtout utilisé les dialogues sur la sécurité de l’IA pour « recueillir des informations auprès des États-Unis, plutôt que pour engager une discussion sérieuse sur les mesures de protection ». Les représentants chinois présents à ces réunions étaient souvent des diplomates du ministère des Affaires étrangères, peu familiarisés avec les aspects techniques de l’IA.

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