
UBS entre en lice : 20 banques suisses proposent déjà des services de trading crypto, couvrant 2,5 millions de comptes
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UBS entre en lice : 20 banques suisses proposent déjà des services de trading crypto, couvrant 2,5 millions de comptes
La capacité de la Suisse à conserver sa position de leader mondial d’ici 2027 dépendra de la manière dont cette réforme réglementaire sera finalement mise en œuvre.
Auteur : Jakub Dziadkowiec
Traduction : TechFlow
Introduction de TechFlow : En janvier 2026, UBS, la plus grande institution mondiale de gestion de patrimoine, a ouvert aux clients de sa banque privée en Suisse l’accès direct aux transactions de bitcoin et d’Ethereum. Ce fait en soi n’est pas surprenant, mais il prend un sens particulier lorsqu’on l’observe dans le contexte suisse dans son ensemble : environ 20 banques suisses proposent déjà des services liés aux actifs numériques, couvrant plus de 2,5 millions de comptes. Les données démographiques des clients de ZKB viennent contredire le stéréotype selon lequel « les cryptomonnaies ne concernent que les jeunes », tandis que les rapports financiers de plusieurs banques montrent clairement que les activités cryptos génèrent désormais des profits tangibles.

UBS entre enfin sur le marché
En janvier 2026, UBS a officiellement ouvert aux clients de sa banque privée en Suisse l’accès direct aux transactions de bitcoin et d’Ethereum.
Cette institution, qui gère plus de 4 700 milliards de dollars d’actifs et est la plus grande société mondiale de gestion de patrimoine, avait jusqu’alors adopté une position prudente à l’égard des cryptomonnaies. À la fin de l’année 2021, lorsque le bitcoin atteignait un nouveau record historique, l’ancien président du conseil d’administration d’UBS, Axel Weber, déclarait publiquement : « Les paiements anonymes ne survivront pas. »
Le changement de cap s’explique principalement par la demande croissante de la clientèle et les pressions concurrentielles. Morgan Stanley a ouvert, dès la fin de l’année 2025, l’accès aux fonds cryptos à l’ensemble de ses clients de gestion de patrimoine, sans plus restreindre cette offre aux seuls clients disposant d’un patrimoine supérieur à 1,5 million de dollars et présentant une forte appétence pour le risque. JPMorgan Chase autorise désormais certains de ses clients à utiliser l’ETF physique sur le bitcoin de BlackRock comme garantie pour des prêts. Même Vanguard, longtemps considéré comme le dernier « bastion anti-crypto », a capitulé en décembre 2025 en autorisant ses clients à négocier des ETF cryptos.
UBS est actuellement en train de sélectionner ses partenaires de garde et d’exécution ; dans un premier temps, ce service sera uniquement accessible à un petit groupe de clients de sa banque privée en Suisse. Une extension vers les marchés d’Asie-Pacifique et des États-Unis est envisagée à l’avenir.
La Suisse : leader mondial de la bancarisation des cryptomonnaies
L’entrée d’UBS complète encore davantage le paysage bancaire suisse en matière de cryptomonnaies. Aujourd’hui, environ 20 banques suisses proposent des services liés aux actifs numériques — un chiffre sans égal au niveau mondial. Viennent ensuite les États-Unis (15 banques) et l’Allemagne (12 banques).
Ce nombre reflète une réalité concrète en termes de volume d’utilisateurs : après avoir lancé leurs offres de services cryptos en 2024, la Banque cantonale de Zurich (ZKB) et PostFinance ont ainsi mis à disposition plus de 2,5 millions de comptes suisses un accès aux transactions d’actifs numériques.
PostFinance, une banque publique suisse d’importance systémique, a créé, dès sa première année de mise en service, 36 000 comptes de garde pour actifs numériques et traité plus de 565 000 transactions. Ces chiffres dépassent largement le stade d’un simple « projet pilote ».
Le profil des acheteurs de cryptomonnaies : différent de ce qu’on imagine
Peter Hubli, responsable des actifs numériques chez ZKB, a reconnu, dans un entretien accordé à The Big Whale, que la banque s’attendait initialement à attirer une clientèle jeune.
« Cela a probablement été la plus grande surprise liée à ce lancement. Comme beaucoup d’autres, nous pensions attirer une clientèle très jeune. Or, ce n’est absolument pas le cas. »
La réalité est tout autre : l’âge moyen des acheteurs d’actifs numériques chez ZKB se situe entre 30 et 50 ans ; ils sont majoritairement des hommes et relèvent essentiellement de la banque privée, plutôt que de la banque de détail.
Un chiffre encore plus révélateur : plus de 40 % des détenteurs de comptes de garde pour actifs numériques chez ZKB ne détenaient auparavant aucun portefeuille d’investissement auprès de la banque. Leurs liquidités étaient simplement dormantes sur leurs comptes. Les transactions en cryptomonnaies ont ainsi permis d’activer une partie de ces « fonds endormis », qui n’auraient autrement généré aucun revenu pour la gestion d’actifs.
Les activités cryptos sont déjà rentables
Les rapports financiers de plusieurs banques suisses confirment que les activités cryptos ne sont plus seulement une « preuve de concept » :
Plus de 20 % des bénéfices bancaires de Maerki Baumann proviennent de ses activités liées aux actifs numériques. Swissquote tire environ 10 % de son chiffre d’affaires total des cryptomonnaies. Chez Arab Bank Switzerland, les actifs cryptos ne représentent que 5 % des actifs sous gestion (AUM), mais contribuent à hauteur de 7 % au bénéfice net.
Bien que leur volume reste modeste, leur contribution aux profits est disproportionnée. La rentabilité unitaire des services cryptos est manifestement supérieure à celle des activités bancaires traditionnelles.
La Suisse n’est pas un cas isolé, mais un reflet de la vague mondiale d’institutionnalisation
Les initiatives des banques suisses s’inscrivent dans une tendance globale des investisseurs institutionnels. En janvier 2026, EY-Parthenon et Coinbase ont mené une enquête auprès de plus de 350 investisseurs institutionnels dans le monde — gestionnaires d’actifs, offices familiaux et banques privées — et constaté que 73 % d’entre eux prévoient d’augmenter leur exposition aux cryptomonnaies en 2026, tandis que 84 % utilisent déjà des stablecoins ou envisagent sérieusement de le faire.
La sécurité de la garde et la clarté réglementaire demeurent toutefois les deux préoccupations majeures des investisseurs institutionnels. Sur ces deux plans, la Suisse dispose d’un avantage précoce : la loi suisse sur la technologie des registres distribués (DLT Act), entrée en vigueur en 2021, fournit un cadre juridique solide, tandis que des prestataires de services de garde bancaires tels que Taurus et Sygnum fournissent les infrastructures nécessaires. La bancarisation des cryptomonnaies en Suisse constitue donc, en substance, un modèle local d’une tendance mondiale d’entrée des institutions sur ce marché.
Le cadre fiscal de l’OCDE + la réforme des licences de la FINMA : deux défis cruciaux pour l’avantage suisse
Le Cadre de déclaration des actifs cryptos (CARF) de l’OCDE entrera en vigueur le 1er janvier 2027, mettant ainsi fin à l’ère de l’opacité fiscale concernant les actifs cryptos. La consultation publique sur la réforme des licences de la FINMA s’est quant à elle close en février 2026 : elle redéfinira les règles applicables à la garde et aux stablecoins, certains de ses dispositions étant alignées sur le cadre européen MiCA.
Ilya Volkov, membre du conseil d’administration de la Crypto Valley Association, met en garde contre un « micro-réglementation » excessive, susceptible de compromettre durablement l’avantage pratique dont la Suisse a toujours bénéficié.
La capacité de la Suisse à conserver sa position de leader mondial en 2027 dépendra donc de la manière dont cette réforme réglementaire sera concrètement mise en œuvre.
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