
Synthèse du marché du 20 mars : l’or chute de 322 dollars en une seule journée, tandis que les marchés boursiers américains flottent au bord d’un nouveau plus bas annuel.
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Synthèse du marché du 20 mars : l’or chute de 322 dollars en une seule journée, tandis que les marchés boursiers américains flottent au bord d’un nouveau plus bas annuel.
Lorsque la liquidité se tarit, il n’existe aucun actif véritablement sûr.
Auteur : TechFlow
Marchés actions américains : aux prises avec un nouveau plus bas annuel
Jeudi, l’indice Dow Jones a reculé de 204 points, soit –0,44 %, pour clôturer à 46 021 points. Les baisses les plus marquées ont été enregistrées par Boeing (–2,28 %), McDonald’s (–1,95 %) et 3M (–1,63 %). À l’inverse, les meilleures performances ont été affichées par Chevron (+1,39 %), Cisco Systems (+1,15 %) et Goldman Sachs (+0,58 %).
Les indices américains ont largement comblé leurs pertes intrajournalières jeudi : le S&P 500 et le Nasdaq ont finalement reculé de seulement 0,2 %, tandis que le Dow Jones a cédé 0,3 %, après avoir rebondi depuis ses plus bas de quatre mois. Le pétrole brut américain est revenu vers les 94 dollars le baril après que le Premier ministre israélien Netanyahou eut déclaré qu’Israël aidait les États-Unis à rouvrir la voie stratégique du détroit d’Hormuz, ce qui a atténué la volatilité sur l’ensemble des classes d’actifs.
Ce fut une séance particulièrement nerveuse. Ces développements ont temporairement apaisé les craintes d’une stagflation, alors que les investisseurs évaluaient les commentaires diplomatiques du président américain Trump et du secrétaire au Trésor Bessent concernant la réactivation des chaînes mondiales d’approvisionnement énergétique.
Sur le plan technique, la rupture est totale.
L’indice Nasdaq Composite avait brièvement retrouvé, en début de semaine, sa position au-dessus de sa moyenne mobile sur 200 jours — niveau clé qu’il avait pour la première fois depuis mai franchi à la baisse — mais il est retombé sous les 22 223 points mercredi, clôturant à 22 152,42 points. L’indice S&P 500 a lui aussi franchi à la baisse sa moyenne mobile sur 200 jours pour la première fois depuis mai, clôturant à 6 624 points, soit seulement quelques points au-dessus de ce seuil. L’indice Dow Jones Industrial Average a quant à lui enregistré un plus bas annuel en clôture.
Les pertes se sont accélérées à la clôture, suggérant que, si la séance n’avait pas pris fin, les deux indices auraient subi des dépréciations supplémentaires. Cela a jeté les bases d’une faiblesse technique persistante jeudi. Plusieurs clôtures consécutives sous la moyenne mobile sur 200 jours pourraient déclencher une nouvelle vague de ventes techniques. Le plus bas de novembre du S&P 500, à 6 538 points, constitue une zone à surveiller de près ; en dessous se trouve le seuil psychologique des 6 500 points.
Les valorisations restent élevées, et les entreprises commencent à émettre des avertissements sur leurs résultats.
La récente correction a ramené le ratio cours/bénéfice anticipé du S&P 500 à 20,9, légèrement inférieur au sommet de 22 atteint plus tôt cette année, mais encore supérieur à la moyenne quinquennale de 20.
Dans un signe avant-coureur inquiétant, le titre Honeywell International (HON) a chuté mardi après que l’entreprise eut averti que le conflit militaire pourrait nuire aux revenus du premier trimestre. Ce conflit a fait grimper les prix de l’énergie, tendu l’approvisionnement en matières premières et suscité des doutes quant à la fiabilité des principales routes commerciales, exerçant ainsi une pression accrue sur les coûts et les marges bénéficiaires dans tous les secteurs.
Or/Argent : « l’échec du refuge » des actifs refuges
Jeudi, les marchés mondiaux ont assisté à l’un des scénarios les plus contre-intuitifs : l’or a chuté de 322 dollars en une seule journée.
Le prix de l’or a reculé de 322 dollars, atteignant 4 569 dollars, tandis que le bitcoin tombait sous la barre des 70 000 dollars. En dépit des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et d’une inflation accrue, les actifs traditionnellement considérés comme refuges — or et argent — subissent de fortes baisses.
Bien que les tensions au Moyen-Orient se soient intensifiées — notamment avec des frappes contre des infrastructures énergétiques critiques — l’or (XAU/USD) et le bitcoin (BTC/USD) ont tous deux reculé. Traditionnellement, ces actifs constituent les principaux « couvertures contre les catastrophes » mondiales, mais ils ont tous deux cédé face à la vente généralisée sur les marchés après la prise de position résolument haussière de la Réserve fédérale américaine mercredi.
Il ne s’agit pas de la « mort du récit refuge », mais bien d’un cas d’école de « compression de liquidité ».
Cette « double chute » ne signifie pas que le statut d’actif refuge est obsolète. Il s’agit plutôt d’un exemple classique de compression de liquidité, provoquée par un renforcement du dollar américain et une hausse des rendements obligataires. Avec le prix du pétrole dépassant désormais les 110 dollars le baril, les marchés intègrent désormais la perspective d’une inflation « collante », obligeant la Fed à maintenir des taux élevés — ce qui crée historiquement une résistance temporaire pour les actifs sans rendement, comme l’or, ou à fort bêta, comme le bitcoin.
La principale raison de la baisse de l’or et du bitcoin aujourd’hui réside dans la décision de la Fed de maintenir ses taux d’intérêt entre 3,5 % et 3,75 %, tout en indiquant une réduction du nombre de baisses prévues d’ici la fin de 2026. Cette décision a renforcé l’indice du dollar (DXY), rendant plus coûteux les actifs libellés en dollars.
En outre, les investisseurs vendent leurs positions gagnantes sur l’or et le bitcoin afin de couvrir les appels de marge déclenchés par les chutes brutales des marchés actions et énergétiques.
Niveaux techniques de l’or : 4 840–4 750 dollars constitue la « zone d’achat ».
Après avoir flirté avec la résistance psychologique des 5 000 dollars début de semaine, l’or est entré dans une phase de correction brutale. Le 19 mars, vers midi, l’or au comptant a glissé vers la zone des 4 800 dollars, marquant la série de pertes consécutives la plus importante depuis plus d’un an.
Support principal : 4 840–4 750 dollars. Cette fourchette correspond à la zone historique où les banques centrales achètent systématiquement « au creux ». Résistance principale : 5 000 dollars. La reprise de ce niveau est cruciale pour la restauration d’une tendance haussière.
Prix du pétrole : une « ouverture partielle » illusoire du détroit d’Hormuz
Le pétrole brut américain est revenu vers les 94 dollars le baril après que le Premier ministre israélien Netanyahou eut déclaré qu’Israël aidait les États-Unis à rouvrir la voie stratégique du détroit d’Hormuz.
Mais les marchés ne croient guère à cette « bonne nouvelle ». Alors que la guerre entre les États-Unis et l’Iran ne montre aucun signe d’apaisement, les cours du pétrole repartent à la hausse.
Les tensions géopolitiques liées à l’Iran et les inquiétudes concernant le détroit d’Hormuz affectent les marchés financiers mondiaux, faisant grimper les cours du pétrole tout en exerçant une pression baissière sur l’or et le bitcoin.
Le détroit d’Hormuz demeure l’une des routes maritimes les plus vitales pour le commerce énergétique mondial. Une part substantielle du transport mondial de pétrole emprunte ce passage étroit, ce qui le rend extrêmement sensible aux aléas géopolitiques. Toute interruption ou menace perçue sur cette voie entraîne généralement une réaction immédiate sur les marchés énergétiques. L’aggravation des tensions accroît les craintes d’une interruption potentielle de l’offre, faisant ainsi monter les cours du pétrole brut.
La hausse des prix du pétrole peut influencer la situation économique plus large en alimentant les pressions inflationnistes, affectant ainsi les décisions des banques centrales et la stabilité des marchés financiers.
Cryptomonnaies : le bitcoin tombe sous les 70 000 dollars, même les ETF ne suffisent pas
Le bitcoin est tombé sous la barre des 70 000 dollars.
Cette évolution prolonge la réaction classique de « vente sur la nouvelle » suivant la décision de la FOMC, mais la baisse de jeudi s’est avérée encore plus sévère, car tous les actifs à risque subissent une compression de liquidité.
Le bitcoin a fait preuve d’une relative résilience par rapport au vaste ensemble des « actifs à risque », mais il n’a pas réussi à maintenir sa progression vers les 76 000 dollars. Jeudi, le BTC a franchi à la baisse le seuil des 71 000 dollars, reflétant un affaiblissement généralisé de la liquidité mondiale.
Fait intéressant, la corrélation entre or et bitcoin a changé en 2026. Selon les données les plus récentes d’Investing.com, le bitcoin se comporte de plus en plus comme une « éponge mondiale de liquidité » : il prospère lorsque les liquidités sont abondantes. Or, avec le ton résolument haussier de la Fed, le bitcoin fait face à une sortie temporaire de capitaux. Toutefois, la demande institutionnelle via les ETF bitcoin constitue un soutien structurel empêchant un effondrement sous les 66 000 dollars.
Aspects techniques : 74 434–76 159 dollars constitue la résistance clé.
Le bitcoin a rebondi de plus de 14,5 % depuis son plus bas mensuel, enchaînant huit séances haussières consécutives. Il teste désormais la résistance clé située entre 74 434 et 76 159 dollars — zone définie par le plus bas de 2025, l’extension à 100 % de la hausse de février et le plus bas de clôture mensuel de 2025.
Le support initial se situe aux niveaux des plus bas de clôture journalière et hebdomadaire de 2026 (LDC/LWC), soit respectivement 70 283 et 70 531 dollars, soutenus par l’objectif de l’ouverture mensuelle à 66 982 dollars. Une cassure sous ce niveau menacerait la reprise d’une tendance baissière plus large, les prochains objectifs de support étant le plus bas de clôture annuel à 62 795 dollars et le retracement de 61,8 % de la hausse de 2022, à 57 885 dollars.
Synthèse du jour : en cas de sécheresse de liquidité, aucun actif ne peut véritablement servir de refuge
Le 20 mars, les marchés ont infligé une leçon impitoyable à tous : lorsqu’une véritable sécheresse de liquidité survient, aucun actif n’y échappe.
L’or a chuté de 322 dollars en une seule journée, soit plus de 6 %. Le bitcoin est tombé sous les 70 000 dollars. L’argent, le pétrole, les actions — pratiquement tous les actifs ont reculé.
Comme l’a souligné l’économiste EJ Antoni dans le Financial Times : « Je ne crois pas qu’il existe une économie capable de supporter un baril de pétrole à 100 dollars — elle ne le peut pas. »
Le conflit militaire ayant ravivé les craintes d’un choc énergétique, il risque facilement d’accroître les pressions inflationnistes à travers le monde. Les banques centrales observent attentivement l’évolution de la situation : la Fed a mentionné les effets incertains du conflit, tandis que la Banque du Japon a maintenu ses taux inchangés, notant une hausse des risques inflationnistes.
Pourquoi l’or et le bitcoin baissent-ils simultanément ?
L’or est traditionnellement considéré comme un actif refuge en période d’incertitude. Pourtant, le comportement récent des marchés montre une baisse de son prix. La hausse des cours du pétrole nourrit les inquiétudes inflationnistes… Ces facteurs peuvent, à court terme, réduire l’attrait des actifs sans rendement comme l’or.
Le bitcoin et les autres cryptomonnaies ont également subi une pression baissière durant cette période. Les données de marché indiquent que, en période d’incertitude géopolitique, les actifs numériques continuent de suivre de près l’ensemble des actifs à risque… Le marché des cryptomonnaies reste sensible aux grands mouvements macroéconomiques mondiaux, en particulier à ceux qui influencent l’appétit des investisseurs pour le risque.
Le véritable moteur : la force du dollar + la hausse des taux réels.
Les investisseurs vendent leurs positions gagnantes sur l’or et le bitcoin afin de couvrir les appels de marge déclenchés par les chutes brutales des marchés actions et énergétiques.
Telle est la nature d’une crise de liquidité : les acteurs vendent ce qu’ils peuvent vendre, non pas ce qu’ils souhaiteraient vendre. L’or et le bitcoin ne baissent pas parce qu’ils « cessent d’être des actifs refuge », mais parce qu’ils constituent les seuls actifs encore liquides, donc encore négociables.
Les tensions autour du détroit d’Hormuz font grimper les cours du pétrole et accroissent l’incertitude sur les marchés. Dans ce contexte, l’or et le bitcoin reculent, reflétant l’impact combiné des anticipations d’inflation, de la dynamique des taux d’intérêt et du sentiment général de risque sur les marchés mondiaux.
Le 20 mars nous enseigne ceci : lorsque le pétrole approche les 110 dollars le baril, que l’inflation échappe à tout contrôle, que la Fed refuse de baisser ses taux et que le rendement des obligations américaines à 10 ans dépasse 4,2 % — aucun actif n’est sécurisé.
Le seul actif refuge véritable est la trésorerie. Mais même celle-ci brûle sous l’effet de l’inflation.
Tel est le 20 mars 2026 : une journée où tous les « actifs refuge » s’effondrent simultanément, une journée où la sécheresse de liquidité révèle la vérité des marchés.
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