
Cobo – Bilan et perspectives 2025 des stablecoins : de la narration cryptographique à l’adoption concrète
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Cobo – Bilan et perspectives 2025 des stablecoins : de la narration cryptographique à l’adoption concrète
2025 ne sera pas simplement une simple note en bas de page d’un autre cycle haussier et baissier, mais plutôt une « Déclaration d’indépendance » dans l’histoire des stablecoins.
L’année 2025 est désormais révolue. En nous plaçant au seuil de 2026 et en regardant en arrière, nous pouvons enfin affirmer avec certitude que 2025 n’a pas été simplement une simple note en bas de page d’un autre cycle haussier/baissier, mais bien une « Déclaration d’indépendance » dans l’histoire des stablecoins.
Si l’on mesure le progrès à la volatilité des prix, 2025 aura peut-être semblé banale, voire régressive, pour le secteur cryptographique. C’est précisément cette année-là, toutefois, que les stablecoins ont accompli leur transformation la plus cruciale : ils se sont officiellement libérés du récit macroéconomique des crypto-actifs pour s’ancrer comme un outil plus fondamental, et surtout plus essentiel : un moyen de règlement mondial natif d’internet.
En 2026, des centaines de millions de dollars circulent sur les blockchains en quelques millisecondes, permettant des virements transfrontaliers entre plusieurs continents pour payer des salaires ou orchestrer des liquidités complexes au sein des trésoreries d’entreprises. Tout cela se produit presque entièrement en arrière-plan, hors de la perception directe des utilisateurs. Le plus grand succès commercial des stablecoins à ce jour réside justement dans leur totale invisibilité : leur adoption réelle se déploie silencieusement, mais intensément, dans ces scénarios discrets et répétés.
C’est précisément à partir de ces changements déjà survenus — mais encore largement sous-estimés — que le rapport Cobo – Bilan et perspectives 2025 des stablecoins : du récit cryptographique à l’adoption concrète (ci-après dénommé « Cobo – Bilan et perspectives 2025 des stablecoins ») choisit de structurer son analyse autour d’un mot-clé fréquemment évoqué, mais rarement pris au sérieux : « l’adoption concrète ». Ce rapport cherche à répondre aux questions suivantes : qu’est-ce que l’adoption concrète des stablecoins ? Comment se produit-elle ? Où se produit-elle ? Et, dans différents marchés et selon diverses trajectoires entrepreneuriales, quelle forme prend concrètement le PMF (« Product-Market Fit », adéquation produit-marché) ?
Avant même d’aborder ces questions, il convient tout d’abord de clarifier ce que l’adoption concrète n’est *pas*.
Elle ne correspond ni à une inflation de la capitalisation boursière, ni à une explosion des volumes de transferts, ni à des fluctuations ponctuelles du cours. À l’inverse, l’adoption concrète se produit souvent en silence — dissimulée au cœur des processus comptables, des itinéraires de règlement et des opérations de gestion des liquidités.
Seule une élimination de ces bruits ambiants nous permet d’accéder à des indicateurs plus fins, dotés d’une véritable signification monétaire : les stablecoins sont-ils désormais intégrés de façon durable dans des circuits économiques répétitifs et pérennes tels que la paie, les règlements B2B ou les paiements fréquents ? Ce n’est que lorsqu’ils sont régulièrement mobilisés dans ces contextes qu’ils commencent réellement à remplir les fonctions propres à une monnaie.
L’adoption concrète se manifeste également par sa localisation et ses scénarios d’usage. Elle ne se produit généralement pas dans les environnements de consommation de détail tels qu’on les imagine, mais émerge d’abord dans des domaines extrêmement sensibles à la rapidité, à l’efficacité et à la certitude — comme la gestion des trésoreries d’entreprise, les règlements transfrontaliers ou les transferts internes de fonds. Ces usages se soucient peu de l’expérience utilisateur ; ils ne privilégient qu’un seul critère : la rapidité, la stabilité et le contrôle absolu des fonds.
Sur le plan de la structure des utilisateurs, l’adoption concrète exige aussi de reconnaître une dissonance évidente. Le marché suppose souvent que les utilisateurs cibles des stablecoins seront naturellement attirés par l’idéal décentralisé. Or, les observations terrain de Cobo montrent que les premières mises en œuvre à grande échelle sont le fait de directeurs financiers (CFO) et d’équipes comptables fortement averses au risque. Dans leurs systèmes décisionnels, l’auditabilité, le contrôle et la traçabilité des responsabilités priment toujours sur les concepts technologiques eux-mêmes — ce qui explique pourquoi les modèles entièrement gérés (« full custody ») et les procédures institutionnalisées dominent aujourd’hui l’adoption concrète des stablecoins.
Si nous souhaitons véritablement embrasser cette adoption concrète, nous devons inévitablement faire face à la réalité commerciale. Il n’existe pas de modèle économique universellement applicable aux stablecoins : leur PMF est façonné conjointement par l’environnement monétaire local, les infrastructures financières existantes et le cadre réglementaire. Entre les différentes régions — Nord/Sud, économies développées/économies émergentes — les rôles assumés par les stablecoins et les voies de déploiement viables présentent des différences marquées. Pour les entrepreneurs, le véritable défi ne consiste pas à reproduire un modèle de réussite donné, mais à identifier, dans chaque marché spécifique, un PMF adapté aux contraintes réelles.
C’est précisément pourquoi ce rapport ne suit pas la vague de l’actualité, mais s’attache à restituer la réalité — une réalité qui, la plupart du temps, va à l’encontre de l’intuition. À l’orée du prochain cycle des stablecoins, comprendre *où* et *pourquoi* l’adoption concrète se produit revêt davantage d’importance que de chercher à anticiper le prochain sujet tendance.
Pour améliorer l’expérience de lecture et l’efficacité de diffusion, ce document constitue une version allégée, conçue pour livrer les jugements fondamentaux concernant l’adoption concrète des stablecoins et l’évolution structurelle du secteur — une sorte de « TL;DR » (« trop long, je ne lis pas ») en format étendu. Les lecteurs souhaitant accéder au contexte complet, aux sources de données et à une analyse plus systématique (en particulier les entrepreneurs actifs dans le domaine des stablecoins et les personnes intéressées par la nouvelle finance) pourront télécharger, à la fin de cet article, la version intégrale du rapport, richement illustrée et accompagnée de données chiffrées.
Voici le texte principal de la version allégée de Cobo – Bilan et perspectives des stablecoins : du récit cryptographique à l’adoption concrète :
Données du marché : analyse panoramique de l’usage réel des stablecoins
Lorsqu’on évoque l’adoption massive des stablecoins, l’erreur la plus courante consiste à les imaginer comme une monnaie universelle utilisée par tous pour acheter un café avec du USDC. Or, la réponse fournie par l’année 2025 va exactement à l’encontre de cette vision : les stablecoins ont d’abord séduit les entreprises (segment B2B), et non les consommateurs.
L’adoption la plus authentique ne se produit pas derrière le comptoir d’un Starbucks, mais discrètement au sein des trésoreries d’entreprises, des règlements transfrontaliers et des transferts internes de fonds. Ces cas d’usage exigent une vitesse et une certitude extrêmes quant aux flux financiers, mais se soucient très peu de l’expérience utilisateur. Pour eux, les paiements de détail ne constituent pas une priorité : ils représentent plutôt le « dernier kilomètre » d’une infrastructure financière déjà mature.
Cette dissonance se retrouve également dans notre interprétation des données. Bien que la capitalisation globale des stablecoins ait dépassé 300 milliards de dollars en 2025, et que les transferts mensuels sur chaîne aient atteint ponctuellement 4 000 milliards de dollars, les endroits les plus animés ne sont souvent pas ceux où l’usage réel est le plus dense. Une analyse désaturée montre que ces flux de l’ordre du trillion de dollars correspondent majoritairement à des mouvements et réallocations d’actifs financiers, et non à des échanges réels de biens ou de services.
Dans ce nouveau cycle, le volume émis et les montants transférés ne suffisent donc plus à mesurer la valeur réelle des stablecoins. L’indicateur clé devient désormais la « densité d’usage » : les stablecoins pénètrent-ils durablement des circuits économiques répétitifs tels que la paie, les règlements B2B ou les paiements fréquents ? Car ce n’est que lorsqu’ils sont régulièrement sollicités dans ces contextes qu’ils acquièrent une véritable signification monétaire.
Fondé sur ce constat, Cobo – Bilan et perspectives 2025 des stablecoins ne se contente plus de décrire une croissance apparente, mais adopte un modèle de filtrage en trois niveaux afin d’éliminer la spéculation et le bruit ambiant, de reconstituer la carte réelle de l’usage des stablecoins, et de répondre à la question centrale : *Où* les stablecoins sont-ils véritablement utilisés ?
Une croisée des chemins concurrentiels : défense souveraine et percée sectorielle
La technologie cryptographique, conçue initialement pour être décentralisée, emprunte, via les stablecoins, une direction inattendue : celle d’une extension numérique de la suprématie du dollar.
Tether et Circle ont mis en place un cycle numérique automatisé du dollar : la demande mondiale d’actifs cryptographiques se traduit directement en une demande accrue de stablecoins libellés en dollars, tandis que les émetteurs de stablecoins réinvestissent cette demande sous forme de détention à long terme d’obligations du Trésor américain. Résultat : pour la première fois, le dollar s’incorpore, sous forme de code, dans la couche la plus fondamentale de la nouvelle infrastructure de règlement qu’est la blockchain — créant ainsi un processus de numérisation du dollar efficace, sans recourir ni à la diplomatie ni à la puissance militaire.
Dans ce contexte, les monnaies non américaines sont contraintes d’accepter un schéma binaire impitoyable de 90/10 : 90 % des épargnes et des attributs d’actif sont spontanément transférés vers les stablecoins libellés en dollars ; les stablecoins nationaux se voient relégués à une part résiduelle de 10 %, limitée au rôle de simples canaux de transit pour le paiement des impôts, le remboursement de crédits ou la conversion finale en espèces.
Face à ce choc asymétrique, les banques traditionnelles, afin de préserver leur marge d’intérêt net (NIM), construisent une architecture défensive sophistiquée en trois couches : au cœur, elles utilisent des dépôts tokenisés pour assurer leur capacité de compensation et de création monétaire ; au niveau intermédiaire, elles assurent l’interopérabilité via des registres unifiés ; enfin, à la périphérie, elles connectent de façon limitée des stablecoins externes afin d’étendre leur portée.
Lorsque l’expansion horizontale du dollar rencontre la défense verticale des banques, la concurrence se concentre finalement sur un goulot d’étranglement unique : les canaux réglementaires autorisés (« Access »). En 2026, ce qui devient véritablement rare, c’est l’accès légal au système monétaire réel. Des infrastructures physiques autrefois perçues comme des fardeaux numériques — telles que le réseau de 500 000 points de service de Western Union ou les comptes bancaires compatibles avec les actifs cryptographiques, si rares soient-ils — se transforment en actifs stratégiques quasi impossibles à reproduire. Pour les centaines de millions de personnes dépourvues de compte bancaire à travers le monde, ces points constituent la seule porte étroite permettant d’injecter des espèces dans l’économie numérique.
L’adoption concrète en 2025 : les vérités commerciales contre-intuitives
Dans ce chapitre du rapport Cobo – Bilan et perspectives 2025 des stablecoins, nous abordons l’adoption concrète des stablecoins du point de vue de l’entrepreneur. Sur le terrain, nous observons que la logique réelle de déploiement des stablecoins diverge profondément du récit technologique dominant sur le marché. Prendre conscience de cette divergence constitue la condition première pour définir une orientation produit pertinente. Cette section vise à offrir aux entrepreneurs actifs dans le domaine des stablecoins un cadre de référence plus réaliste, leur permettant de mieux comprendre *comment* et *par qui* les stablecoins sont véritablement utilisés.
Qui utilise réellement les stablecoins ?
D’après les observations terrain de Cobo, l’adoption concrète des stablecoins provient principalement des entreprises (segment B2B), qui y recourent de manière rationnelle pour alléger leurs pressions sur la trésorerie, accélérer leurs délais de règlement et renforcer la certitude de leurs opérations. Il s’agit d’une adoption typiquement pilotée par les états financiers. C’est pourquoi les premiers groupes à avoir réalisé un déploiement à grande échelle sont précisément ces CFO et ces équipes comptables fortement averses au risque. Dans leurs systèmes décisionnels, la sécurité, l’auditabilité et la traçabilité des responsabilités passent toujours avant les idéaux décentralisés.
Cela explique pourquoi les entreprises se tournent massivement vers des modèles entièrement gérés (« full custody ») et des processus institutionnalisés : pour les systèmes comptables modernes, les pertes irréversibles causées par une erreur de manipulation de clés privées dépassent largement les gains tirés d’une amélioration de l’efficacité des règlements. Le choix de la chaîne de blocs sous-jacente — Solana ou Tron — importe peu : ce qui détermine l’adoption, c’est la capacité du produit à répondre aux préoccupations des départements financiers dans un langage de risque familier — contrôlable, vérifiable, traçable.
Des règles de survie adaptées au contexte local
Les stablecoins ne disposent d’aucun modèle universel valable partout. Leur forme d’existence est entièrement façonnée par l’environnement monétaire local. À New York, ils servent d’outil d’efficacité pour réduire le délai de règlement T+2 et améliorer le taux de rotation des capitaux ; à Buenos Aires, ils constituent un outil de survie pour lutter contre l’hyperinflation et préserver le pouvoir d’achat.
Dans les marchés développés, les stablecoins s’intègrent dans les systèmes existants pour en accroître l’efficacité ; dans les marchés émergents, ils contournent les systèmes défaillants pour assumer des fonctions substitutives. Cette utilisation hiérarchisée, dictée par les contraintes réelles, constitue la frontière la plus forte de l’adaptabilité des stablecoins. Pour les entrepreneurs, la compétition se joue ainsi sur des terrains distincts : en Europe et aux États-Unis, elle porte sur l’efficacité des règlements ; en Amérique latine, sur l’accessibilité financière. Sans ancrage dans la réalité financière locale, aucune adoption à grande échelle n’est envisageable.
Évolution des stades : du simple détenteur d’actif à l’utilisateur de capacités
L’année 2025 marque une mutation qualitative dans la nature même des stablecoins. Nous assistons à leur passage d’une forme statique (solde bancaire) à une forme dynamique (capacité fonctionnelle). Les entreprises n’intègrent plus les stablecoins uniquement pour détenir des actifs, mais pour mobiliser leurs modules de paiement, de règlement et de génération de rendement, afin de repenser entièrement leur structure de trésorerie.
Les observations terrain de Cobo montrent que la demande centrale des entreprises réside dans la mobilisation et l’orchestration de leurs capacités financières, afin de remodeler leurs itinéraires de règlement et leur structure de trésorerie. Dans ce processus, les stablecoins ressemblent davantage à une infrastructure financière programmable : leur valeur réside dans leur modularité fonctionnelle et leur capacité d’intégration systémique.
Pour les entrepreneurs, les indicateurs de croissance évoluent également : la profondeur des appels API devient plus significative que la taille des actifs gérés. La prochaine opportunité consiste à transformer des capacités financières complexes en interfaces stables et faciles à utiliser, afin de livrer aux entreprises un ensemble de fonctions financières immédiatement exploitables.
Le plus grand succès est celui de l’invisibilité
Le marché de 2025 a démontré une chose essentielle : les stablecoins ne viennent pas bouleverser les monnaies fiduciaires, mais choisissent de passer en arrière-plan pour prendre en charge le maillon le plus lourd — et le plus central — de la finance traditionnelle : le règlement. Lorsque des institutions telles que Visa ou Revolut encapsulent les stablecoins dans leur couche inférieure, tout en préservant pour l’utilisateur final une expérience familière en monnaie fiduciaire, alors seulement la technologie peut être considérée comme pleinement mature.
Cette évolution est portée par un écart d’efficacité élémentaire : alors que les concurrents réalisent des regroupements de fonds en temps réel (T+0), les banques traditionnelles restent bloquées dans un délai T+2. Ce gain d’efficacité fait des stablecoins le protocole TCP/IP du monde financier : une infrastructure omniprésente, indispensable, mais invisible. L’expérience utilisateur et la conformité relèvent du domaine bancaire ; les opportunités entrepreneuriales se nichent en profondeur, dans les zones invisibles mais hautement rentables du règlement, du routage et de la gestion des fonds.
Opportunités commerciales
En tant qu’entrepreneur, si votre business plan continue de mettre en avant des transferts moins coûteux comme argument central des stablecoins, vous risquez fort de manquer le vrai champ de bataille. Le vent du marché a tourné en 2026 : l’ère de la construction d’infrastructures de base est close, et les bénéfices liés à l’émission — reposant sur le simple placement des fonds — s’effacent progressivement. Les vraies opportunités commerciales migrent violemment, depuis le droit d’émission à la base, vers le droit de distribution et de connexion à l’étage supérieur.
Dans ce chapitre du rapport Cobo – Bilan et perspectives 2025 des stablecoins, nous dépassons les récits technologiques superficiels pour explorer la chair même de la logique commerciale, afin d’identifier les réponses capables de générer des profits durables dans ce cycle : pourquoi les entreprises acceptent-elles de payer une prime ? Pourquoi les géants du secteur lancent-ils aujourd’hui une offensive contre les émetteurs ? Et, lorsque la croissance des marchés humains atteindra son plafond, comment les stablecoins deviendront-ils le sang vital d’une économie machine (agents IA) de plusieurs milliers de milliards de dollars ?
Perspectives pour les stablecoins en 2026 et au-delà
De la désintégration de la mondialisation, à l’émergence des « comptes non humains », en passant par l’invisibilité des stablecoins et leur bancarisation croissante, ce dernier chapitre analyse systématiquement la manière dont les stablecoins redéfiniront, à partir de 2026, les conditions d’accès au système financier, transformeront les modes de circulation des fonds, et détermineront où la valeur finira par s’ancrer.
1) Désintégration de la mondialisation : les stablecoins mettent eux-mêmes fin à la finance sans frontières
Lorsque les stablecoins se généralisent, le monde financier devient-il vraiment plus unifié, ou simplement divisé d’une autre manière ?
Contrairement au récit dominant, nous estimons que la prochaine étape des stablecoins ne sera pas une libre circulation mondiale accrue, mais une fragmentation structurelle accélérée du monde financier. D’ici 2026, le marché des stablecoins ne constituera plus un réseau liquide unifié, mais sera scindé, par la réglementation et la technologie, en deux systèmes parallèles : les « îles de règlement conformes » et les « îles grises offshore ».
Dans ce contexte, le « compte bancaire compatible avec les actifs cryptographiques » deviendra une ressource plus rare encore que la licence elle-même. La hausse continue des coûts de conformité contraint les petites et moyennes banques à se retirer du secteur cryptographique, concentrant ainsi le pouvoir de fixation des prix des canaux d’entrée/sortie en monnaie fiduciaire entre les mains d’un petit nombre de banques disposant d’une capacité complète de conformité. Pour les institutions dépourvues de licence de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC), un compte de règlement en dollars stable, fiable et durable, devient la barrière d’entrée la plus rigoureuse — et la plus facilement négligée — du secteur.
2) L’émergence de l’« économie-machine » : passer du service aux humains à la reconnaissance des comptes non humains
Jusqu’à présent, nous avons discuté de la manière dont les stablecoins servent les humains. En 2026, si les comptes les plus actifs et les plus fréquemment impliqués dans des transactions ne sont plus des personnes, le processus KYC (« Know Your Customer ») reste-t-il pertinent ? Comment l’identité financière doit-elle évoluer vers un KYA (« Know Your Agent ») ?
Avec l’intégration des agents IA dans les activités économiques réelles, les logiques d’identité, de conformité et de gestion des risques associées aux stablecoins passent d’un centre d’intérêt centré sur l’humain à un centre d’intérêt axé sur le comportement et le code. Comment ce changement influencera-t-il la conception des stablecoins, leurs parcours de conformité, et les formes d’applications véritablement évolutives qui en découleront ?
3) La « théorie du suicide de la marque » : le succès des stablecoins réside dans leur invisibilité
Intuitivement, les émetteurs de stablecoins devraient, à l’instar de Visa ou PayPal, rivaliser pour conquérir la notoriété de marque et la loyauté des utilisateurs. Or, en 2026, les projets qui continuent d’insister sur leur marque risquent fortement de sombrer dans la médiocrité.
À mesure que la neutralité des stablecoins devient un consensus, les utilisateurs ne se soucient guère de savoir si le stablecoin sous-jacent est le USDC, le PYUSD ou un autre stablecoin adossé à des actifs réels (RWA) conformes. Pour la plupart des cas d’usage, la valeur du stablecoin réside précisément dans son absence de visibilité. Le meilleur stablecoin est, le plus souvent, transparent.
Dans cette évolution, le droit à la prime se déplace des émetteurs vers les bâtisseurs d’écosystèmes. Si un émetteur persiste à miser sur la prime liée à sa marque, il sera inévitablement réduit, par les couches applicatives, à un canal de règlement à faible marge et facilement remplaçable.
4) « La fin des applications, c’est la banque » : le trafic n’a plus d’importance, le taux de rotation est la clé de voûte
Par le passé, les entreprises internet sont entrées dans le domaine financier pour monétiser leur trafic — vente de produits d’épargne, octroi de crédits. En 2026, les applications véritablement performantes ne se contenteront plus de s’interfacer avec les banques : elles évolueront directement en banques déguisées sous une enveloppe produit — voire sans nécessiter de licence bancaire.
Le critère d’évaluation change également. Autrefois, on mesurait le temps de séjour des utilisateurs ; désormais, la compétition porte sur la durée de maintien des fonds au sein de l’écosystème. Grâce aux services « Carte en tant que service » (CaaS) et aux actifs réels tokenisés (RWA), de plus en plus d’applications assument des fonctions bancaires, démantelant systématiquement les trois fonctions classiques de la banque (dépôt, crédit, transfert). Ce qui décide de la victoire, ce n’est plus le nombre d’utilisateurs, mais la capacité à retenir durablement les fonds au sein de l’écosystème applicatif.
5) Les capacités financières deviendront une fonction de base des applications
En 2026, les cartes de paiement alimentées par les stablecoins deviendront une configuration standard pour les sociétés de fintech, les plateformes de créateurs et les applications à vocation mondiale.
Le moteur central de cette évolution est la compression continue, du côté des marques, de l’efficacité du capital. À mesure que l’émission de cartes passe d’un processus technique hautement dépendant des licences et des ressources humaines dédiées à la conformité, à un module technologique accessible via API, les capacités financières descendent du rang d’attribut exclusif des institutions financières pour devenir une infrastructure commune aux applications. Dans ce processus, de plus en plus d’applications assumeront, dans leurs domaines verticaux respectifs, des fonctions similaires à celles des banques — sans pour autant devoir revêtir la forme d’une banque.
6) Du simple outil utilisable à la monnaie quotidienne
Si 2025 marque la transition des stablecoins d’un actif spéculatif à un outil effectivement utilisable, 2026 verra cette évolution se concrétiser sur le plan pratique.
Au regard des deux fonctions fondamentales de la monnaie (transfert et échange de valeur), les stablecoins continuent de réduire progressivement les frontières de la finance traditionnelle. Du côté du transfert de valeur, Circle, via son réseau CPN (Circle Payment Network) et StableFX, diminue la dépendance aux fonds pré-positionnés dans les règlements transfrontaliers, libérant ainsi les capitaux inutilisés bloqués sur les comptes Nostro et améliorant l’efficacité globale de la rotation des fonds.
Sur le plan de l’échange de valeur, le changement majeur réside dans la baisse progressive de la demande de retrait (« cash-out »). À mesure que Visa et Mastercard intègrent progressivement les règlements sur chaîne, tout en conservant leurs réseaux de commerçants existants et les habitudes des utilisateurs, les stablecoins acquerront une capacité de paiement direct. Pour l’utilisateur, consommer ne nécessitera plus de convertir explicitement ses actifs en monnaie fiduciaire : ses actifs sur chaîne seront automatiquement routés, en arrière-plan, vers les scénarios de paiement réels. Au fur et à mesure que les stablecoins s’intègrent dans des boucles fermées de paiement, de paie et de transfert, la généralisation des cartes cryptographiques rendra le paiement direct sur chaîne une norme. Les stablecoins évolueront ainsi en une forme de dollar numérique directement utilisable pour les dépenses quotidiennes, accomplissant davantage de cycles au sein de l’écosystème numérique, sans avoir besoin de revenir fréquemment au système fiduciaire.
7) La convergence des données de lutte contre le blanchiment sur chaîne et des données réelles hors chaîne
La conformité évolue de l’évaluation des risques vers la prise de décisions exécutables. Les entreprises n’ont ni besoin, ni capacité, de développer elles-mêmes une capacité complète de lutte contre le blanchiment sur chaîne. Ce dont elles ont véritablement besoin, c’est d’un système opérationnel déployable et traçable — précisant clairement *quoi* vérifier, *comment* porter un jugement, *qui* prend la décision et *qui* en assume la responsabilité par signature. À mesure que les stablecoins pénètrent des scénarios financiers réels, à haute fréquence et à faible tolérance aux erreurs, l’accent de la conformité se déplace de la détection ponctuelle des risques vers des mécanismes décisionnels standardisés et procéduraux.
À moyen et long terme, les données de lutte contre le blanchiment sur chaîne et les identités réelles hors chaîne seront entièrement corrélées. L’infrastructure des stablecoins connaîtra également une spécialisation croissante. Par exemple, Cobo encapsule ses capacités de gestion des risques, de conformité et de règlement sous forme d’API standardisées, permettant aux entreprises de réaliser des règlements et des mappings de conformité en arrière-plan, sans jamais manipuler directement les données sur chaîne ni accéder aux clés privées. Lorsque l’utilisateur ne perçoit que l’arrivée des fonds, tandis que la vérification et la traçabilité des responsabilités sont entièrement traitées en arrière-plan, les stablecoins auront véritablement évolué d’un outil visible en première ligne vers une infrastructure financière de niveau professionnel, totalement intégrée en arrière-plan.
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