
À la suite de l'enquête fiscale touchant des centaines d'utilisateurs de Binance : un aperçu du système fiscal et réglementaire indien relatif aux actifs cryptographiques
TechFlow SélectionTechFlow Sélection

À la suite de l'enquête fiscale touchant des centaines d'utilisateurs de Binance : un aperçu du système fiscal et réglementaire indien relatif aux actifs cryptographiques
Récemment, les autorités fiscales indiennes enquêtent sur plus de 400 particuliers fortunés ayant effectué des transactions sur Binance, soupçonnés d'avoir évité l'impôt élevé imposé par l'Inde sur les transactions de cryptomonnaies entre 2022-23 et 2024-25.
Rédaction : FinTax
Récemment, les autorités fiscales indiennes enquêtent sur plus de 400 personnes fortunées ayant effectué des transactions sur Binance, soupçonnées d'avoir évité l'impôt élevé imposé par l'Inde sur les transactions de cryptomonnaies entre 2022-23 et 2024-25. L'Inde applique une retenue à la source de 1 % et un impôt sur les bénéfices de 30 % pour les opérateurs de cryptomonnaies, ce qui peut porter le taux d'imposition effectif jusqu'à 42,7 %. Ce niveau élevé d'imposition pourrait constituer l'un des motifs poussant ces individus à dissimuler leurs revenus. Cette enquête découle d'une série de développements liés à Binance en Inde : après avoir payé une amende de 2,25 millions de dollars américains et s'être enregistrée comme « entité déclarante » auprès de l'Unité de renseignement financier (FIU), Binance est revenue sur le marché indien en août 2024. Cela lui permet désormais de partager avec le gouvernement indien des informations concernant les personnes suspectées d'évasion fiscale. L'enquête couvre également les paiements peer-to-peer (P2P) réglés via des comptes bancaires indiens ou Google Pay. Selon des sources locales, les départements fiscaux urbains ont été invités à rendre compte de leurs actions d'enquête avant le 17 octobre 2025.
Lancée par la Commission centrale des impôts directs (CBDT), cette enquête examine les données transactionnelles, les modalités de règlement et les flux de portefeuilles de certains utilisateurs Binance pendant les exercices 2022-2023 et 2024-2025, ainsi que les règlements effectués via des comptes bancaires locaux indiens ou des applications de paiement tiers dans les transactions P2P de Binance. Si ces opérateurs sont trouvés en défaut d'accomplir leurs obligations déclaratives, cela pourrait entraîner une procédure de réévaluation et des pénalités conformément à l'article 270A de la loi relative à l'impôt sur le revenu. En cas de détention de cryptomonnaies provenant de plateformes ou portefeuilles étrangers sans divulgation adéquate, des sanctions pourraient être prononcées en vertu de la loi indienne sur l'argent noir.
Pour comprendre comment ces contribuables utilisateurs de Binance ont pu commettre cette fraude fiscale et comment elle a été découverte, il faut se tourner vers le système fiscal et le cadre réglementaire indien en matière de cryptomonnaies — un taux d'imposition élevé local, des exigences strictes en matière de déclaration fiscale, et un système réglementaire lacunaire ont créé à la fois la motivation et l'espace nécessaire à l'évasion fiscale, tandis que des canaux de partage croissant des informations transactionnelles offrent désormais aux autorités fiscales indiennes un accès facilité au suivi de ces activités illégales.
1. Aperçu du régime fiscal indien relatif aux cryptomonnaies
1.1 Vue d’ensemble
Depuis 2022, l'Inde classe les cryptomonnaies comme des actifs numériques virtuels (Virtual Digital Assets, VDAs) selon sa loi sur l'impôt sur le revenu, instaurant un régime fiscal rigoureux : la retenue à la source (TDS) et l'impôt sur les cryptomonnaies constituent les deux principaux volets fiscaux. Une TDS de 1 % s'applique à chaque cession de cryptomonnaie, tandis qu'un taux fixe de 30 % est appliqué aux gains en capital issus des cryptomonnaies, avec ajout de la surtaxe et de la cessibilité. Après calcul global, le taux d'imposition réel supporté par les opérateurs fortunés peut atteindre environ 42 %.
1.2 Retenue à la source (TDS)
Selon la loi indienne sur l'impôt sur le revenu, toute cession de cryptomonnaie donne lieu à une retenue à la source (Tax Deducted at Source, TDS) de 1 %. Si la transaction a lieu sur une bourse indienne, la TDS est prélevée et versée aux autorités fiscales par la bourse elle-même ; si elle se produit sur une plateforme P2P ou sur une bourse étrangère, l'acheteur est tenu d'effectuer la retenue. Dans le cas d’un échange de cryptomonnaies, une TDS de 1 % est appliquée séparément à l'acheteur et au vendeur. Toutefois, certaines opérations sont exemptées de TDS, notamment le transfert de cryptomonnaies entre ses propres portefeuilles, la réception d’un don de cryptomonnaies d'une valeur inférieure à RS 50 000, ou celle d’un don de cryptomonnaies d’un montant quelconque provenant d’un membre de la famille directe.
1.3 Impôt sur les cryptomonnaies
Outre la retenue à la source, l'Inde impose un impôt de 30 % sur les profits réalisés par le biais de transactions en cryptomonnaies, sans possibilité de déduire d'autres frais que le coût initial ni de compenser les pertes (article §115BBH de la loi sur l'impôt sur le revenu). Les scénarios soumis à cet impôt comprennent : la vente de cryptomonnaies contre des roupies indiennes ou autres monnaies fiduciaires ; l'utilisation de cryptomonnaies pour des échanges cryptographiques, y compris les stablecoins ; le paiement de biens ou services à l’aide de cryptomonnaies, etc. Toutefois, dans certains cas, les recettes tirées de cryptomonnaies peuvent être considérées par les autorités fiscales comme un autre type de revenu, imposable selon les tranches progressives de l'impôt sur le revenu plutôt que sous l'impôt spécifique sur les cryptomonnaies. Il s'agit notamment de la réception de cryptomonnaies en cadeau, du minage, du salaire versé en cryptomonnaies, des récompenses de mise en jeu (staking) ou des distributions gratuites (airdrops). Par la suite, si ces cryptomonnaies sont vendues, échangées ou utilisées, les profits réalisés seront susceptibles d'être soumis à l'impôt de 30 % sur les cryptomonnaies.
2. Évolution du cadre de surveillance fiscale des cryptomonnaies en Inde
2.1 Institutions chargées de la régulation
À ce jour, l'Inde n'a pas mis en place d'autorité spécifique dédiée à la régulation des cryptomonnaies, mais s'appuie sur son système institutionnel existant. La Banque centrale indienne (RBI), la Securities and Exchange Board of India (SEBI), le département des impôts relevant du ministère des Finances, ainsi que l'Unité de renseignement financier (FIU) exercent chacun leurs compétences respectives. La RBI et la SEBI surveillent respectivement les systèmes de paiement et les jetons assimilables à des titres, la FIU se concentre sur la lutte contre le blanchiment d'argent et les obligations déclaratives, tandis que le département des impôts (principalement la CBDT) gère les questions fiscales liées aux cryptomonnaies.
2.2 Tendances et évolutions réglementaires
Ces dernières années, la surveillance fiscale des cryptomonnaies en Inde a connu une évolution allant d'une restriction stricte à un assouplissement progressif. Initialement, la RBI adoptait une attitude très prudente vis-à-vis des cryptomonnaies, publiant dès 2013 un avis mettant en garde contre les risques spéculatifs ; en 2018, elle interdit aux banques d'entretenir des relations avec les entreprises de cryptomonnaies, tentant ainsi de freiner le développement du marché par des moyens financiers. Cette interdiction suscita toutefois une forte opposition de la part des acteurs du secteur, et fut finalement annulée en 2020 par la Cour suprême indienne pour inconstitutionnalité.
En 2022, le budget indien inclut pour la première fois les cryptomonnaies et autres actifs virtuels dans le champ de la réglementation légale, établissant une série de politiques fiscales, notamment la TDS et l'impôt sur les cryptomonnaies mentionnés précédemment. Cette première structuration du régime fiscal a fourni une base de conformité au secteur. En 2025, la publication d’un nouveau budget renforce davantage la déclaration fiscale et les obligations de divulgation en matière de cryptomonnaies. Bien qu’il ne modifie pas fondamentalement le système fiscal existant, il impose de nouvelles exigences aux acteurs du marché. Le nouveau budget ajoute l'article 285BAA à la loi sur l'impôt sur le revenu, élargissant davantage le champ de surveillance : il oblige certaines institutions à déclarer les transactions en cryptomonnaies dans des délais précis ; il étend la définition des VDA afin d'inclure tous les actifs cryptographiques basés sur la technologie blockchain ; il prévoit des sanctions plus strictes pour les VDA non déclarés, les classant comme « revenus non déclarés », assorties d'amendes pouvant atteindre 70 %, sans aucune possibilité d'exemption ou de remise. En résumé, la réforme fiscale de 2025 perpétue le régime VDA existant tout en renforçant significativement le partage d'informations entre entités. Ces dispositions entreront officiellement en vigueur en avril 2026.
Outre les ajustements apportés au droit fiscal, le gouvernement indien affine progressivement les règles dans le cadre de la législation anti-blanchiment, permettant aux plateformes mondiales de cryptomonnaies de s'enregistrer localement pour mener leurs activités, sous réserve de se conformer aux normes anti-blanchiment (AML) et de lutte contre le financement du terrorisme (CFT). Le 7 mars 2023, le ministère des Finances indien a publié un avis précisant que les activités liées à l’échange, au transfert, à l’émission ou à la vente de VDA étaient désormais intégrées au cadre réglementaire de la loi sur la prévention du blanchiment d'argent (PMLA, Prevention of Money Laundering Act, 2002). Conformément à cette loi, tout fournisseur de services VDA opérant en Inde (y compris hors sol et sur sol) doit s’enregistrer auprès de la FIU comme entité déclarante et respecter une série d’obligations légales, notamment la déclaration et la conservation des documents. À la fin 2023, Binance avait été interdite d’exploitation en Inde, avec huit autres bourses, pour non-respect des dispositions de la PMLA. Ce n’est qu’après avoir payé une amende de 2,25 million de dollars américains et s’être enregistrée comme « entité déclarante » auprès de la FIU que Binance a pu revenir sur le marché indien en août 2024.
3. Résumé de l’événement : la pression fiscale élevée, moteur potentiel de l’évasion
Dans le cadre fiscal actuel indien, les opérateurs de cryptomonnaies doivent potentiellement payer une TDS de 1 % et un impôt sur les cryptomonnaies de 30 % (avec surtaxe et cessibilité) lors de transactions ou cessions d’actifs cryptographiques. Ce niveau élevé d’imposition pousse de nombreux opérateurs fortunés à migrer vers des plateformes offshore telles que Binance, cherchant à exploiter les failles réglementaires pour dissimuler leurs profits et éviter de payer l’impôt. Toutefois, la vaste campagne d’enquête lancée par les autorités fiscales indiennes montre que cet espace d’évasion fiscale va progressivement se réduire. D’ailleurs, dès juin 2025, les autorités fiscales indiennes avaient envoyé des courriels de rappel à plusieurs milliers d’individus ayant réalisé des opérations de cryptomonnaies sans déclaration fiscale conforme, leur demandant de corriger rapidement leur situation. De plus, l’enregistrement de Binance auprès de l’Unité de renseignement financier indien (FIU) facilite la surveillance fiscale : en tant qu’entité déclarante soumise à la PMLA, Binance doit mettre en œuvre des procédures de vérification de la clientèle et de conservation des dossiers, renforcer ses contrôles internes, signaler les opérations suspectes, et partager avec les autorités fiscales les informations relatives aux personnes soupçonnées d’évasion fiscale.
Néanmoins, d’un autre point de vue, le partage d’informations provenant de Binance ouvre grand la porte aux autorités fiscales indiennes pour retracer les portefeuilles et transactions auparavant cachés, leur permettant ainsi de traquer efficacement et de réprimer les activités d’évasion fiscale. Cela signifie également que, dans le contexte d’une vague croissante de conformité des entreprises de cryptomonnaies, symbolisée par les principales bourses, les problèmes d’évasion fiscale et de blanchiment liés aux actifs cryptographiques seront de plus en plus exposés. La manière de protéger ses actifs cryptographiques de façon conforme deviendra probablement un enjeu central pour les investisseurs pendant une longue période à venir.
Bienvenue dans la communauté officielle TechFlow
Groupe Telegram :https://t.me/TechFlowDaily
Compte Twitter officiel :https://x.com/TechFlowPost
Compte Twitter anglais :https://x.com/BlockFlow_News














