
Après le passage de la loi américaine sur les stablecoins, l'UE accélère son projet d'euro numérique
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Après le passage de la loi américaine sur les stablecoins, l'UE accélère son projet d'euro numérique
Face à la rapide avancée des États-Unis dans la législation sur les stablecoins, l'UE réévalue et accélère son projet d'euro numérique afin de préserver la compétitivité de l'euro et la souveraineté financière européenne.
Rédaction : Long Yue, Wall Street Insights
Face à l'avancée rapide des États-Unis dans la législation sur les stablecoins, l'Union européenne réévalue et accélère son projet d'euro numérique afin de préserver la compétitivité de l'euro et la souveraineté financière européenne.
Selon le Financial Times du 22 août, des personnes impliquées dans les discussions ont indiqué que le projet de loi américain « Genius Act », adopté le mois dernier pour réguler le marché des stablecoins de 288 milliards de dollars, a provoqué un choc à Bruxelles et à Francfort. Ce texte a accru le sentiment d'urgence parmi les responsables européens, qui estiment désormais nécessaire d'accélérer leurs actions.
Les responsables de l'UE sont actuellement en train de « reconsidérer le projet d'euro numérique ». Des sources proches du dossier ont déclaré que le passage rapide de cette loi américaine a « surpris beaucoup de monde », ajoutant : « Ils disent : “Accélérons, mettons-nous au travail.” »
En même temps, cette urgence stimule un changement majeur dans l'orientation technologique. Les responsables européens envisagent désormais plus sérieusement le lancement de l’euro numérique sur des blockchains publiques comme Ethereum ou Solana. Cette démarche contraste nettement avec les attentes antérieures, selon lesquelles un réseau privé serait privilégié en raison des préoccupations liées à la confidentialité.
Inquiétudes face à la domination du dollar
Les avancées américaines en matière de réglementation des stablecoins ont renforcé chez les décideurs européens les craintes à long terme concernant la domination du dollar. À l’heure actuelle, le marché des stablecoins est principalement composé de jetons libellés en dollars, gérés par des sociétés cryptographiques telles que Circle et Tether, tandis que de grands établissements financiers traditionnels américains comme Citigroup ou JPMorgan envisagent également de lancer leurs propres stablecoins.
En avril dernier, Piero Cipollone, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), avait mis en garde contre le fait que la promotion par le gouvernement américain des stablecoins adossés au dollar suscitait « des inquiétudes quant à la stabilité financière européenne et à l’autonomie stratégique ». Il a souligné que cela pourrait entraîner « un transfert des dépôts en euros vers les États-Unis et renforcer davantage le rôle du dollar dans les paiements transfrontaliers ».
En comparaison, la taille du marché des stablecoins libellés en euro reste très modeste. Le plus grand stablecoin en euro, émis par Circle, a une capitalisation boursière de seulement 225 millions de dollars, ce qui est négligeable par rapport au vaste marché des stablecoins en dollars. Une personne impliquée dans les discussions a déclaré que le projet de loi américain « crée un dialogue qui n’existait pas auparavant », poussant l’UE à agir plus fermement.
Changement majeur dans la voie technologique
Pour relever ce défi, un ajustement stratégique fondamental est discuté au sein de l’UE : la base technologique de l’euro numérique. Initialement, on s’attendait largement à ce que l’euro numérique fonctionne sur un réseau privé contrôlé par la banque centrale.
Cependant, selon des sources informées, les solutions reposant sur des blockchains publiques sont désormais « prises plus au sérieux ». Exécuter l’euro numérique sur une blockchain publique permettrait théoriquement des transactions partout dans le monde, favorisant ainsi fortement sa diffusion et son utilisation. Toutefois, cette option pose aussi de nouveaux défis, notamment en raison de la transparence inhérente aux registres publics, qui pourrait compromettre la vie privée des utilisateurs — la raison principale pour laquelle les autorités avaient jusqu’ici été prudentes.
Aujourd’hui, afin de concurrencer l’écosystème d’actifs numériques dominé par les États-Unis et basé sur le marché, l’UE semble prête à réévaluer l’équilibre entre ouverture et protection de la vie privée.
La course mondiale aux monnaies numériques des banques centrales
La récente évolution de l’UE illustre un autre exemple d’accélération de la course mondiale aux monnaies numériques des banques centrales (CBDC). La BCE étudie le projet d’euro numérique depuis plusieurs années ; ses partisans considèrent qu’avec la baisse de l’utilisation des espèces, une monnaie numérique garantie par la banque centrale offrirait au public un moyen de paiement sûr tout en contribuant à renforcer la position internationale de l’euro.
Dans cette course, le yuan numérique chinois est considéré comme le plus avancé, tandis que le Royaume-Uni envisage également de créer une livre numérique. Pour l’UE, l’émission directe par la BCE d’un euro numérique constituerait une étape décisive pour affirmer son engagement dans le domaine des actifs numériques, comme l’a affirmé Piero Cipollone : « L’Europe ne peut pas dépendre excessivement des solutions de paiement étrangères. »
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