
La voie de vie dans « La Scène » : d'une évolution sociale passant de la « loi de la jungle » à la « décentralisation »
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La voie de vie dans « La Scène » : d'une évolution sociale passant de la « loi de la jungle » à la « décentralisation »
La blockchain reproduit cette fragmentation dans l'espace virtuel, telle une rivière souterraine silencieuse qui traverse le rideau de fer et la coupure du réseau, creusant des tunnels d'évasion pour les personnes opprimées.
Par : Daii
Le choc que m'a procuré « The Stage » n'est en rien inférieur à celui de « To Live ». On pourrait même dire que « The Stage » est une version condensée de « To Live » — sur un minuscule théâtre, il jette simultanément devant le spectateur la réalité de « survivre » et celle de « ne pas pouvoir vivre », lame contre lame, sans aucune pitié.
Dans « To Live », la famille de Fugui lutte désespérément sous l'écrasement du temps, leur destin flottant comme une feuille morte manipulée par une main invisible. Dans « The Stage », cette main n'est plus cachée ; elle tient désormais un pistolet doré glacé, suspendant « vivre » ou « mourir », « jouer » ou « ne pas jouer » au-dessus de la détente, forçant chacun à répondre.

Cette main appartient au général Hong, tout juste arrivé en ville. Il exige que la pièce classique « Le Départ de la concubine霸王 » soit modifiée. Toute la troupe se retrouve alors dans une impasse : refuser signifie avoir un pistolet pointé sur la tempe ; accepter, comment faire face aux ancêtres, à sa propre conscience ?
Au moment où tous sont acculés au précipice, des coups de canon retentissent : le général Lu entre en ville, Hong tombe, finissant dans une chute vertigineuse.
Pourtant, quand on va jusqu'au bout de la pièce, on comprend : le général Lu n'est pas un « sauveur ». S'il ne change pas la pièce, il est encore plus cruel. Il force le dan (acteur masculin jouant les rôles féminins) de la troupe à céder à ses désirs. Enfin, le dan se jette dans la rivière, accomplissant par un silence mortuaire une résistance sans rideau final.

Ce bruit d'eau fait office de miroir glacial, reflétant simultanément « modifier la pièce » et « ne pas la modifier » vers un seul et même dénouement : face à la violence absolue, l'artiste n'est qu'une cible, et même survivre devient un luxe.
C’est précisément la loi de la jungle dans toute sa nudité :
Les forts utilisent le fusil comme dent, le canon comme griffe, déchirant à tout instant le destin qui leur déplaît ; quant aux faibles, ils ne peuvent qu’opter entre le canon et la conscience – et inévitablement perdre des deux côtés.
Lorsque le pouvoir peut aisément se substituer mais reste constamment concentré en un lieu, aussi splendide que soit la scène, aussi longue que soit la musique, tout cela ne constitue guère plus qu’un décor pour les bêtes féroces s’amusant entre elles. L’histoire des généraux Hong et Lu dans « The Stage », bien qu’apparemment absurde, est en réalité un scénario authentique rejoué maintes fois dans l’histoire humaine.
J’écris cet article non pas pour parler d’une pièce, mais pour poser une question :
Pourquoi la « loi de la jungle » n’a-t-elle toujours pas été réglée, au contraire revêtant continuellement dans les débats publics les habits de la « réalité » et de la « rationalité », voire devenant pour certains le critère de jugement du bien et du mal ?
Vous tirerez de cet article trois choses :
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Un miroir de transparence : voir comment cette arme s’est emparée du pouvoir, et comment les gens ont été entraînés à l’accepter ;
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Une carte historique : comprendre comment l’humanité a progressivement brisé la boucle fermée de la jungle grâce à la « fragmentation du pouvoir », à la « contrainte juridique » et à la « diffusion technologique » ;
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Un chemin concret : aujourd’hui, comment l’individu lambda peut-il utiliser des outils comme la blockchain pour creuser, pour lui-même et autrui, un tunnel de fuite discret comme une rivière souterraine.
Passons maintenant à l’analyse de cette logique la plus ancienne et la plus tenace de l’histoire humaine : la loi de la jungle.
1. La loi du plus fort : le code psychologique derrière la loi de la jungle
Ce qui fait réellement fonctionner la loi de la jungle, ce n’est jamais les armes elles-mêmes, mais bien cette flamme dans le cœur humain, à la fois avide de sécurité et de domination.
Sans contrainte extérieure, cette flamme devient comme de l’herbe sèche en saison sèche, prête à embraser la plaine au moindre étincelle. L’histoire et la psychologie nous ont déjà exposé le squelette de cette règle.
1.1 D’abord, le « goût sucré de l’obéissance ».

En 1963, le psychologue de l’université Yale Stanley Milgram mena une célèbre expérience. Il fit jouer à des personnes ordinaires le rôle de « professeurs », leur ordonnant d’administrer des chocs électriques à des « élèves ». Résultat stupéfiant : 65 % des participants ont monté la tension au maximum malgré les cris de douleur (Simply Psychology). Milgram conclut : les gens ne sont pas naturellement cruels, mais face à l’autorité, ils délèguent inconsciemment la responsabilité — un simple « j’obéis aux ordres » suffit à endormir la conscience.
1.2 Ensuite, l’« ivresse de la position ».

En 1971, le psychologue de Stanford Philip Zimbardo construisit une « prison fictive » dans un sous-sol. Il répartit aléatoirement un groupe d’étudiants en « gardiens » et « prisonniers ». En seulement six jours, de jeunes hommes auparavant paisibles commencèrent à humilier et torturer leurs camarades, forçant l’interruption de l’expérience. Zimbardo déclara : « Changez d’uniforme, mettez des lunettes noires, vous et moi pourrions devenir ce que nous haïssons. » (Wikipedia)
Ensuite, la « corruption illimitée du pouvoir ».

En 1887, l'historien britannique Lord Acton écrivit dans une lettre à l'évêque Creighton la phrase devenue célèbre citée par d'innombrables chercheurs politiques : « Le pouvoir tend à corrompre, et le pouvoir absolu corrompt absolument. » (Power tends to corrupt and absolute power corrupts absolutely) (oll.libertyfund.org) Cette phrase a traversé un siècle car d'innombrables cas en confirment la cruauté :

De 1937 à 1945, l'Allemagne nazie, au nom de l'"art dégénéré", brûla plus de 16 000 œuvres d'art modernes, incluant des originaux de Picasso, Kandinsky, etc., effaçant ainsi toute une génération de création artistique moderne européenne.

Le 12 août 1952, le régime soviétique exécuta secrètement en une nuit 13 écrivains juifs, connu sous le nom de « Nuit des poètes assassinés ». Face au totalitarisme, ils n'avaient même pas le poids d'une feuille de papier.
Les auteurs de violences ne sont pas nécessairement des démons, mais placés dans un environnement où « commettre le mal n’a aucun coût », ils glissent peu à peu vers l’abîme.
1.4 Enfin, la « contagion de la peur ».

Pendant le génocide rwandais de 1994, la radio RTLM diffusa sans relâche des contenus incitatifs, entraînant en seulement 100 jours l’ensemble de la population dans des massacres mutuels, causant environ 800 000 morts. Des études montrent que les habitants vivant à moins de 300 mètres du premier meurtrier avaient une probabilité significativement plus élevée de participer à la violence (lse.ac.uk).
Peur et conformisme, tels des virus, se propagent rapidement dans le réseau social selon des chemins géographiques.
En assemblant ces expériences et fragments historiques, on obtient une image profonde de la nature humaine :
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L’obéissance fait abandonner la responsabilité individuelle — « Je ne faisais qu’obéir aux ordres » ;
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La position fait sombrer l’individu dans l’euphorie du pouvoir — « Je suis l’exécuteur des règles » ;
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Le pouvoir sans contrainte rend le prix nul — « Je ne serai jamais tenu responsable » ;
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La peur et la conformité transforment l’action mauvaise en comportement collectif — « Si je n’agis pas, je serai peut-être le prochain ».
Quand ces quatre facteurs sont simultanément en place, la loi de la jungle complète sa boucle fermée : le coût de la violence est nul, le bénéfice du mal augmente. Les généraux Hong et Lu ne sont que des reflets parmi des milliers de mains tenant une arme dans le fleuve de l’histoire ; quant à la silhouette du dan, elle est projetée encore et encore comme victime chaque fois que le pouvoir passe en force.
Pour briser cette formule, il faut installer une soupape de sécurité à n’importe quel maillon de la chaîne « obéissance-position-conséquence-peur » : rendre l’obéissance limitée, la position surveillée, la conséquence réelle, la peur privée de monopole d’information.
Vous y avez peut-être déjà pensé : la solution, ce sont justement ces deux mots familiers — « démocratie » et « État de droit ».
Dans le contexte actuel, on peut revenir à ces 24 caractères déjà inscrits dans les valeurs socialistes fondamentales : « prospérité, démocratie, civilisation, harmonie, liberté, égalité, justice, État de droit, patriotisme, dévouement professionnel, intégrité, bienveillance ». Ces mots ne sont pas de la rhétorique, mais une réponse précise à l’histoire et à la nature humaine.
Mais nous devons comprendre : la démocratie et l’État de droit ne sont pas des fruits poussant naturellement, encore moins des « mises à jour automatiques » dans les territoires du pouvoir. Leur germination naît du sol concret de « fragmentation du pouvoir ».
2. Fragmentation du pouvoir : le terreau fertile pour la démocratie et l’État de droit
Pour briser la boucle fermée « obéissance-position-conséquence-peur » de la jungle, la première étape consiste à démanteler ce nœud central perpétuellement suspendu. Tant que la violence et l’information peuvent être monopolisées, la civilisation ne peut prendre racine.
Historiquement, chaque processus durable de démocratie et d’État de droit a presque toujours germé au moment où le pouvoir était « contraint de se disperser » — comme un fleuve qui bifurque, empêchant les eaux de devenir déferlantes.
Grèce antique : la révolution granulaire de la cité-État au citoyen

Vers 600 avant J.-C., Athènes réduisit volontairement l’échelle urbaine à une distance « accessible à pied », divisant le pouvoir politique en unités extrêmement petites : six mille jurés désignés par tirage au sort, cinq cents citoyens en rotation pour délibérer. Vers 400 avant J.-C., environ la moitié des cités grecques pratiquaient une forme de démocratie (Wikipédia). Dans cette structure hautement fragmentée, aucun individu ou famille ne pouvait monopoliser totalement le pouvoir de gouvernance, permettant ainsi pour la première fois au droit d’entrer dans l’espace public du débat, devenant affaire de tous.
Angleterre : la noblesse assiège, le roi doit payer

En 1215, le roi Jean d’Angleterre, imposant des taxes excessives et enfermant arbitrairement des propriétaires terriens, provoque une rébellion conjointe de la noblesse. Vingt-cinq barons rebelles entourent la prairie de Runnymede avec des lances, forçant l’émission de la Magna Carta — un document contraignant le pouvoir royal, affirmant le principe de « jugement selon la loi » (Encyclopedia Britannica). Imparfaite, loin d’être véritablement démocratique, elle établit pour la première fois que même le roi doit s’incliner devant des règles écrites. Ce moment historique déplace la loi des pieds de l’empereur vers la table des négociations.
Pays-Bas : l’expérience décentralisée de la République des Provinces-Unies

En 1581, sept provinces néerlandaises se séparent du règne des Habsbourg, créant l’une des premières républiques au monde. Contrairement au roi anglais, elles ne concentrent pas le pouvoir, mais délèguent la diplomatie et la défense à un conseil consultatif, chaque province conservant une grande autonomie fiscale, religieuse et personnelle. Sous ce système, les marchands d’Amsterdam purent librement imprimer des journaux, créer des institutions, lever des fonds. Au XVIIe siècle, les navires marchands néerlandais représentaient un tiers du total mondial, tandis que le marché financier et le système d’information naissaient dans la compétition multicentrique (gale.com).
Angleterre (encore) : le Parlement enchaîne le pouvoir royal

Après la « Glorieuse Révolution » de 1688, Guillaume III monte sur le trône, mais pour obtenir des fonds militaires, il doit présenter ses comptes annuellement au Parlement. Ainsi, la Bill of Rights de 1689 établit que « sans accord du Parlement, aucune taxe ni armée permanente ne peut être levée » (Wikipédia). Désormais, la souveraineté budgétaire retourne au peuple, le Parlement contrôle le budget, les lois passent par débat : pour la première fois, le pouvoir royal porte des « menottes budgétaires ».
Ces fragments historiques semblent au départ indépendants, mais vibrent en réalité au son d’une même mélodie :
Quand le pouvoir est fragmenté, les règles peuvent monter sur scène ; quand le centre est affaibli, la loi et la raison ont enfin de l’air pour respirer.
La démocratie et l’État de droit ne sont jamais des dons venus d’en haut, mais des produits dérivés de l’affrontement constant entre innombrables « nœuds de pouvoir », fruit d’un jeu incessant d’équilibre. Comme l’équilibre de la forêt ne repose pas sur la clémence des bêtes féroces, mais sur la contrainte mutuelle entre espèces.
C’est pourquoi, lorsque la fragmentation du pouvoir devient réalité, la société humaine peut passer de « celui qui a le plus gros poing décide » à « celui qui a raison peut être entendu ».
En découle alors une explosion de créativité humaine : les institutions apportent une prévisibilité sécurisante, la sécurité engendre la confiance, et la confiance libère l’imagination — la révolution technologique s’allume silencieusement, démocratie, État de droit et innovation forment ensemble une double hélice ascendante de civilisation.

3. La convergence croisée entre science-technologie et démocratie-État de droit
Quand en 1450 l’imprimerie de Gutenberg rugit à Mayence, l’odeur de l’encre et le cliquetis des caractères de plomb changèrent silencieusement la distribution du pouvoir. Depuis, pendant six cents ans, technologie et institutions évoluent comme deux brins d’ADN entrelacés : chaque mutation de l’un entraîne une coévolution immédiate de l’autre. Ainsi, petit à petit, l’humanité passe de la « règle du canon » à la « règle écrite ».
3.1 La technologie élargit la démocratie
Après la sortie des tribus primitives, la « concentration du pouvoir » fut longtemps synonyme d’efficacité. La technologie servait d’abord le centre du pouvoir. Mais à mesure que baissent les seuils de diffusion de l’information, de communication et d’expression publique, la technologie cesse d’être un simple outil au service du « sceptre doré », commençant discrètement à « élargir » les droits des individus ordinaires.
3.1.1 L'imprimerie : transformer le « droit de lire et d'écrire » d'un produit rationné en bien abordable
Moins de vingt ans après la Bible de Gutenberg, le prix de la Bible en Allemagne passe de 50 pièces d'or pour une copie manuscrite sur parchemin à moins de 3 pièces d'argent, une chute de coût supérieure à 90 % (Wikipédia).

Le seuil de l'alphabétisation baisse : le taux d'alphabétisation en France passe de 6 % en 1450 à 29 % en 1600 (Our World in Data).
Quand un artisan ordinaire peut lire et écrire une pétition, le « 95 thèses » de Luther se répand en six mois le long du Rhin, forçant pour la première fois le Reichstag à débattre publiquement de la « liberté de foi ». La technologie transforme le « prêtre qui dicte » en « chacun lit son livre », ramenant l'autorité ecclésiastique dans la place publique du débat collectif.
3.1.2 Le télégraphe : réduire la « surveillance du lendemain » à la « surveillance du jour même »
En 1844, le code Morse relie Washington et Baltimore. En dix ans, les États-Unis ont déployé plus de 50 000 km de lignes télégraphiques. Le New York Herald utilise le télégraphe pour envoyer les débats du Congrès, publiés dès le soir même dans les rues.

Des études montrent : entre 1870 et 1890, chaque augmentation de 10 % de la couverture télégraphique réduit en moyenne de 2,3 % l’absentéisme des votes des députés d’État (NBER). Pour la première fois, la technologie connecte en temps réel « les représentants du peuple » et « les yeux du peuple » ; la surveillance des électeurs n’est plus retardée de plusieurs semaines, mais apparaît le lendemain dans les journaux, permettant un compte rendu immédiat.
3.1.3 Internet et les plateformes sociales : passer de la « loupe » au « microscope »
En 1997, le temps moyen de connexion mondial par personne était de 30 minutes par semaine ; en 2024, il atteint 6 heures 40 minutes par jour, avec plus de 5,35 milliards d’utilisateurs, près de 70 % de la population mondiale (DataReportal). En une dizaine d’années, la plateforme de pétitions électroniques du Royaume-Uni a permis à 62 sujets d’entrer dans un débat obligatoire au Parlement (publications.parliament.uk).

Pendant les débats présidentiels américains de 2020, des organismes de vérification des faits ont publié 187 corrections en direct en 90 minutes, avec un délai moyen de seulement 42 secondes (Poynter). La transparence technologique passe de la « loupe du journal » au « microscope à la seconde », réduisant la demi-vie du mensonge public à son niveau historique le plus bas.
En réalité, chaque bond technologique ne change pas seulement notre façon d’accéder à l’information, mais aussi nos possibilités de participation à la prise de décision — passant de « pouvoir écouter » à « pouvoir parler », puis de « pouvoir parler » à « pouvoir changer ».
3.2 Seule une bonne démocratie peut produire un bon État de droit
La technologie peut amplifier les voix, mais seule la démocratie peut les canaliser vers l’élaboration des règles, tandis que l’État de droit les fixe en « codes institutionnels » vérifiables, contestables et applicables par tous.
Seulement lorsque « qui peut écrire les règles » et « les règles fonctionnent vraiment » sont simultanément vrais, la technologie évite de devenir un nouvel outil de monopole. Ce n’est pas une abstraction : trois repères historiques suffisent à le prouver :
A. La Bill of Rights de 1689 : d’abord la représentation, ensuite l’État de droit

Après la Glorieuse Révolution ayant renversé Jacques II, Guillaume III ne peut lever d’impôts ou maintenir une armée qu’avec l’accord du Parlement. Cette structure est inscrite dans la Bill of Rights, qui énonce clairement des principes fondamentaux comme « liberté d’expression » et « Parlement permanent » (parliament.uk). D’abord « mandat représentatif », puis « pouvoir royal limité ». Sans le premier, la loi serait du papier ; sans le second, la représentation serait du vent.
B. Résonance des données : indice démocratique ≈ indice de l’État de droit

Le Rapport 2024 sur l’État de droit du World Justice Project classe le Danemark, la Norvège et la Finlande aux trois premières places (World Justice Project).

L’indice de démocratie de The Economist place également ces trois pays parmi les cinq premiers mondiaux (Danemark 9,80, Norvège 9,81, Finlande 9,58) (d1qqtien6gys07.cloudfront.net).

À l’inverse, le Venezuela, le Cambodge et l’Afghanistan, classés derniers, ont tous un score démocratique inférieur à 3.

Les deux indices présentent un coefficient de corrélation de 0,86 sur 142 pays, variant presque simultanément. On voit donc : la démocratie est la source des institutions, l’État de droit en est la forme.
C. « Punir les grands » : la lame de l’État de droit doit être insérée dans le fourreau de la démocratie
Après sa défaite électorale en 2022, Bolsonaro a fait l’objet de multiples enquêtes menées simultanément par le Tribunal supérieur électoral et la police fédérale : tentative de coup d’État, falsification de données vaccinales, incitation aux manifestations violentes, etc. Entre 2023 et 2024, il a comparu plusieurs fois devant la justice, et la perte de son pouvoir politique a permis aux procédures judiciaires d’avancer pleinement.
Netanyahu a été jugé en 2022 par un tribunal israélien pour trois chefs d’accusation de corruption (pot-de-vin, escroquerie, abus de confiance). L’affaire progresse toujours, et il a été interrogé pour la première fois en décembre 2024. Les élections se déroulent normalement, l’opposition détient des sièges, garantissant l’indépendance du procès.
The Time a analysé 15 cas similaires mondiaux et en a tiré une règle : seul un régime où les votes circulent réellement et l’opposition est active permet au système judiciaire d’oser « punir les grands ». À l’inverse, dans les systèmes de « strongman + Parlement fantoche » — comme au Venezuela ou au Myanmar — la « responsabilité judiciaire » n’est souvent qu’une illusion sur papier.
L’imprimerie, le télégraphe, Internet ont tous pour essence de remettre le micro à plus de monde. Mais ce n’est pas suffisant — seules les voix pouvant entrer dans la législation et s’appliquer dans les tribunaux empêchent la technologie d’être détournée par le pouvoir. Savoir si les dividendes technologiques seront absorbés par la machine de surveillance dépend finalement de la réalité de l’autorisation démocratique et de la solidité des contraintes juridiques.
3.3 L’État de droit nourrit en retour l’innovation technologique
N’oublions pas non plus l’effet inverse de cette chaîne : l’État de droit n’est pas seulement une cage pour contenir la technologie, il est aussi un accélérateur d’innovation.
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En 1889, la Cour suprême américaine a établi pour la première fois dans l’affaire « ampoule Edison » le principe de « caractère évident », ouvrant les vannes des licences croisées et accélérant directement la vague d’électrification ;
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En 1958, la loi sur l’éducation nationale a financé la formation de 650 000 ingénieurs, dont une subvention de 10 millions de dollars a donné naissance à ARPANET — ancêtre d’Internet ;

En 2016, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’UE inscrit à l’article 20 le « droit à la portabilité des données », déclenchant une vague d’innovations entrepreneuriales autour des protocoles cryptographiques et des preuves à divulgation nulle.
Tant que l’État de droit offre une propriété claire, un budget public et des mécanismes de recours fiables, les innovateurs osent miser au grand jour ; sinon, l’ambiguïté et le désordre ne feront qu’hypertrophier la technologie en terrain de monopole et de crime.
3.4 Conclusion
De l’imprimerie à la blockchain, chaque bond technologique affaiblit les « coûts de murailles » de l’information et du capital, forçant le pouvoir à partager ses privilèges. Et chaque réforme institutionnelle — des pétitions sur papier aux votes sur chaîne — trace à son tour des « rails réglementaires » pour la diffusion technologique.
Science-technologie et démocratie-État de droit, ainsi, durant des siècles de course de relais, s’enlacent et évoluent ensemble. Tant que cette double hélice continue de tourner, le pistolet doré du général Hong aura du mal à presser facilement la détente.
Cependant, comme nous le voyons, le monde ne se développe jamais uniformément. Dans certains pays, bulletins et État de droit brillent comme des étoiles ; ailleurs, la loi de la jungle n’a jamais vraiment quitté, attendant simplement un changement de vent pour revenir en force.
Quand l’État lui-même devient un obstacle au progrès de la civilisation, les outils traditionnels de gouvernance sont déjà dépassés. Les sanctions économiques, l’isolement diplomatique, bien que spectaculaires, peinent à toucher le niveau microscopique du destin individuel.
Mais dans ce relais de l’évolution, une nouvelle variable fait discrètement son entrée :
La blockchain — copie virtuelle de la « fragmentation du pouvoir » du monde réel — pourrait offrir à ceux piégés sous le pouvoir autoritaire une voie de fuite discrète mais ferme.

4. La décentralisation, une lueur d’espoir sous l’ombre du pouvoir fort
Quand la finance, les médias et la justice traditionnels sont tous solidement verrouillés par un même poing de fer, la blockchain ressemble à un courant souterrain silencieux — étroit en surface, mais capable de creuser, entre les murs hermétiques du pouvoir, une rivière souterraine pour la circulation de la valeur.
Mais nous devons comprendre que la source de puissance de la « décentralisation » de la blockchain réside dans la « fragmentation du pouvoir ».
4.1 De la « fragmentation du pouvoir » à la « décentralisation »
Quand l’Europe médiévale était divisée en centaines de principautés, aucun centre de pouvoir ne pouvait monopoliser durablement la violence et le savoir. C’est précisément dans ces interstices fragmentés que l’imprimerie à caractères mobiles a percé, transformant les textes latins du clergé en papier abordable, et réduisant la
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