
Du petit exchange ukrainien à la troisième place mondiale pour la capitalisation boursière de son jeton natif : WhiteBIT a-t-il connu une ascension inattendue pendant la guerre russo-ukrainienne ?
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Du petit exchange ukrainien à la troisième place mondiale pour la capitalisation boursière de son jeton natif : WhiteBIT a-t-il connu une ascension inattendue pendant la guerre russo-ukrainienne ?
WhiteBIT s'est hissé au rang des leaders en pleine guerre, avec un jeton de plateforme ayant augmenté de 400 % en un an, plaçant sa capitalisation boursière parmi les trois premières des bourses.
Rédaction : Zen, PANews
Récemment, WhiteBIT a annoncé la signature d'un accord stratégique triennal avec le club de Serie A Juventus Turin, devenant ainsi son « partenaire officiel d'échange de cryptomonnaies » et sponsor du panneau de manche de son maillot. Dès l'annonce, le jeton natif de WhiteBIT, WBT, a fortement augmenté, grimpant de plus de 30 % en 24 heures pour atteindre un nouveau sommet historique, avec une hausse cumulée dépassant les 4 fois sur un an, se classant désormais troisième par capitalisation boursière parmi les plateformes d’échange.

Cet échange originaire d'Ukraine, contraint à la fuite en raison de la guerre et aujourd'hui présent dans toute l'Union européenne, quelles sont ses clés de succès ? Peut-il véritablement devenir un outsider crédible ?
Un tournant marqué par la guerre russo-ukrainienne
Fondé en 2018, WhiteBIT avait initialement son siège en Ukraine, mais est désormais enregistré et agréé dans plusieurs pays de l’UE. Selon les données officielles, le groupe WhiteBIT propose actuellement plus de 600 paires de trading et plus de 300 actifs numériques, avec un effet de levier allant jusqu’à 100x sur les produits dérivés. D’après des chiffres publiés, le volume annuel cumulé de transactions sur la plateforme atteignait environ 2 700 milliards de dollars américains fin 2024, soit une croissance d’environ 200 % par rapport à l’année précédente, tandis que la capitalisation totale des actifs s’élèverait à environ 38,9 milliards de dollars.
WhiteBIT affirme disposer d’un écosystème comprenant environ 30 millions d'utilisateurs actifs, certains médias évoquant même un total dépassant 35 millions. Selon Reuters, le volume de transactions de WhiteBIT aurait même dépassé celui de concurrents historiques. En 2024, le volume annuel de WhiteBIT était environ quatre fois supérieur à celui de Kraken, dont le volume annuel s’établissait à 628 milliards de dollars.
Dans ses débuts, WhiteBIT ne possédait pas de licence réglementaire explicite, opérant uniquement sous le nom de son fondateur en Ukraine. Avant l'escalade complète du conflit russo-ukrainien en 2022, les utilisateurs russes représentaient 30 % du total. Suite à l'invasion russe, WhiteBIT, originaire d'Ukraine, a immédiatement cessé tout service aux entités et particuliers russes, notamment en fermant sa passerelle de paiement en roubles et en bloquant l’accès par adresse IP.
Avec l'engrenage de la guerre en Ukraine, WhiteBIT a transféré son siège social vers la Lituanie, tout en créant des filiales en Espagne, Pologne et République tchèque, s'alignant pleinement sur les cadres réglementaires financiers locaux. Cette stratégie peut être vue comme une anticipation proactive des risques géopolitiques, ouvrant aussi indirectement la voie à l’enregistrement en tant que fournisseur de services d’actifs virtuels (VASP) et à des autorisations transitoires au sein des États membres de l’UE.
Bien que l’utilisation et le volume de transactions aient connu une croissance fulgurante, les performances financières de WhiteBIT restent modestes. Le rapport annuel de WhiteBIT UAB, société lituanienne du groupe, indique que le chiffre d'affaires 2024 s’est élevé à environ 15,128 millions d’euros, avec un bénéfice avant impôts de 4,392 millions d’euros et un bénéfice net de 3,764 millions d’euros. Comparativement, Kraken a généré 1,5 milliard de dollars de revenus en 2024, avec un profit atteignant 380 millions de dollars.
Volodymyr Nosov, fondateur et PDG de WhiteBIT, a indiqué que de nombreux membres de son équipe étaient ukrainiens, et que pour beaucoup d’entre eux, cette guerre revêtait une dimension émotionnelle profonde. C’est pourquoi, dès le début de l’invasion russe, WhiteBIT s’est engagé activement à soutenir l’Ukraine.

Volodymyr Nosov
En 2022, WhiteBIT a signé un « protocole d'accord de coopération » avec le ministère ukrainien des Affaires étrangères afin de créer conjointement une « chaîne humanitaire basée sur la blockchain ». Grâce à ce partenariat, WhiteBIT a mis en place une ligne d’assistance mondiale active 24 heures sur 24, ainsi qu’un chatbot intelligent, offrant aux Ukrainiens de la diaspora et aux équipes internationales de soutien des services de virement instantané, d’information et de coordination logistique, garantissant traçabilité, transparence et accessibilité publique des dons.
Au-delà du soutien technique, WhiteBIT a continué de faire des dons financiers pendant la guerre. Selon les statistiques officielles, depuis le 24 février 2022, le groupe et son fondateur ont collectivement versé plus de 11 millions de dollars pour des projets humanitaires, notamment des secours médicaux, l’achat de matériel sanitaire et des aides financières aux familles des combattants au front.
Dans une certaine mesure, la situation en Ukraine semble avoir servi de catalyseur à l’expansion mondiale de WhiteBIT. Toutefois, Nosov est un fondateur ambitieux, qui a déjà affirmé haut et fort : « Dès le départ, notre objectif avec WhiteBIT était de construire une plateforme capable de rivaliser avec les géants mondiaux. »
L’ombre planant sur le contrôle réel du groupe
Selon un rapport publié par l’organisation non gouvernementale ukrainienne indépendante « NON-STOP Ukraine » (NSU), il existerait des controverses concernant le contrôle effectif et les sources de financement de WhiteBIT. NSU affirme que Volodymyr Nosov (V. Nosov), présenté comme fondateur et PDG, n’est qu’une figure de proue, tandis que les véritables actionnaires seraient Dmytro Shentsev, ancien député pro-russe originaire de Kharkiv en Ukraine, et son fils Mykyta Shentsev.

Les Shentsev père et fils
Le rapport de NSU indique que WhiteBIT n'avait aucune entité juridique formelle à sa création en 2018, et qu’il a ensuite utilisé des sociétés écrans en Estonie, aux Seychelles et au Royaume-Uni pour contourner la réglementation. L’enquête révèle que WhiteBIT a d’abord exploité ses activités via des entreprises individuelles et sociétés liées en Ukraine (telles que SMART 2019 LLC, ETHOMIC GANS RECORDS LLC, etc.), puis a constitué des sociétés à faible capital dans des pays de l’UE (comme la filiale estonienne fondée en 2019 avec un capital de seulement 12 000 euros). NSU affirme que ces structures facilitent le transfert de fonds et permettent d’échapper à la réglementation ukrainienne, mais pourraient également servir à des opérations illégales et à l’évasion fiscale.
Par ailleurs, NSU souligne que WhiteBIT a fait l’objet d'une enquête menée par NABU, l’autorité ukrainienne anticorruption, soupçonné de blanchiment d’argent, d’évasion fiscale et de financement du terrorisme. L’analyse de NSU conclut que le fondateur officiel Nosov, présenté comme un « expert en cryptomonnaies », n’est qu’un prête-nom destiné à masquer le contrôle exercé par des personnalités politiques telles que la famille Shentsev sur les flux financiers illégaux de l’entreprise. Selon NSU, la famille Shentsev détenait 51 % des parts de la filiale estonienne de WhiteBIT, transférées à Nosov seulement après mars 2023.
NSU estime que cette manœuvre visait à dissimuler les liens entre l’entreprise et des capitaux russes : Dmytro Shentsev, détenteur d’un passeport russe, figure sur la liste ukrainienne des personnes privées de nationalité. NSU pense également que WhiteBIT maintiendrait des liens commerciaux avec le marché russe des cryptomonnaies, citant notamment un transfert de 83 millions de dollars en bitcoins vers l’échange russe BTC-e en mars 2023.
Le rapport de NSU expose également des cas présumés de blanchiment international impliquant WhiteBIT. Il mentionne une affaire où WhiteBIT aurait été impliqué dans un schéma de transfert initié par Four Dragons, une bourse d’actifs virtuels kirghize : des fonds provenant des victimes ont été dispersés grâce à une « technique de fractionnement », plusieurs flux aboutissant finalement sur des comptes WhiteBIT, occultant ainsi leur origine. WhiteBIT n’a déclaré avoir gelé ces fonds et coopérer à l’enquête qu’au bout de sept mois.
Selon une information publiée par NSU en mars de cette année, de nouvelles données indiqueraient que les autorités ukrainiennes auraient classé le fondateur de WhiteBIT, Nosov, comme suspect et lancé un mandat d’arrêt international à son encontre. Début 2025, des rumeurs évoquaient un accord à l’amiable entre les parties concernées, entraînant la suspension temporaire de l’enquête ; celle-ci aurait ensuite été relancée par le Comité national de sécurité du Kirghizistan. NSU a également indiqué avoir soumis des plaintes auprès d’organismes réglementaires nationaux et internationaux tels que l’UE, le GAFI, l’IOSCO, ainsi qu’auprès de réseaux de paiement comme Visa, Mastercard et SWIFT, demandant une enquête approfondie sur les activités suspectes de WhiteBIT.
Il convient de préciser que NSU est une organisation civile autoproclamée « de défense des droits humains », ayant pour mission la lutte contre la corruption et la dénonciation des forces pro-russes. Son rapport adopte une position clairement orientée, principalement axée sur la révélation de comportements corrompus liés à des figures pro-russes. À ce jour, NSU n’est pas une institution judiciaire officielle, ses conclusions n’ont pas été validées par un tribunal et font l’objet de critiques externes. Les accusations de NSU doivent donc être considérées avec prudence, relevant davantage d’une opinion que d’un fait établi.
Jeton en hausse de plus de 400 % en un an : la magie du sponsoring sportif ?
Alors que la plupart des altcoins subissent les turbulences du marché, le jeton WBT de WhiteBIT affiche une performance remarquable. Selon Coingecko, son cours a progressé de 421 % sur un an, avec une hausse mensuelle de 63 %. Après l’annonce de son partenariat avec la Juventus le 16 juin, WBT a bondi de 30 % en une seule journée, atteignant un nouveau record historique.

Actuellement, WBT se classe troisième par capitalisation boursière parmi les jetons d’échanges, derrière Binance (BNB) et Bitfinex (LEO), dépassant déjà Bitget, OKX et Cronos. Toutefois, selon Coingecko, WhiteBIT occupe seulement la 27e place en termes de volume de trading au comptant sur 24 heures, avec un volume journalier inférieur au dixième de celui de Binance, et environ la moitié de ceux de Bitget et OKX. En tenant compte de sa taille relative sur le marché, le jeton WBT semble clairement surévalué. Outre le fait que la majorité de son volume de trading s’effectue sur sa propre plateforme — ce qui rend la liquidité plus contrôlable —, c’est probablement la multiplication des partenariats de marque qui constitue le principal moteur de sa valorisation.

Comme d’autres grands échanges, le parrainage d’événements majeurs est devenu pour WhiteBIT un outil marketing clé pour renforcer sa notoriété et sa crédibilité.
Dès décembre 2022, WhiteBIT a noué un partenariat mondial avec le FC Barcelone, champion de La Liga. En tant que partenaire global du FC Barcelone, WhiteBIT a non seulement diffusé des publicités dans les stades et sur les panneaux LED, mais a également collaboré avec le centre d’innovation du club (BIHUB) pour lancer un cours en ligne sur la blockchain (« Game-Changing Tech »). Par ailleurs, WhiteBIT a annoncé son sponsoring de l’équipe nationale de football d’Ukraine et établi un partenariat avec le club turc Trabzonspor. Ces collaborations renforcent sa position de « premier échange européen », améliorant sa visibilité lors d’événements sportifs majeurs tels que la Coupe du monde de football.
Dans le domaine de l’e-sport, WhiteBIT s’est associé à la célèbre plateforme FACEIT pour organiser des compétitions mondiales dotées de prix. En novembre 2022, WhiteBIT et FACEIT ont lancé ensemble un championnat communautaire d’un million de dollars pour le jeu « Counter-Strike: Global Offensive » (CS:GO), rassemblant des équipes prestigieuses comme NAVI, NiP, ainsi que des personnalités du jeu, distribuant les gains en USDT aux joueurs.
WhiteBIT attire également les traders via des tournois de trading en ligne et des programmes incitatifs. En mai 2025 par exemple, il a organisé la première édition de la « Coupe internationale de trading cryptographique » (ICTC 2025), rassemblant les meilleurs traders du monde, dont les stratégies ont été retransmises en direct à la télévision. La finale a même été diffusée sur les écrans géants LED du stade lors du clasico Barça-Réal Madrid. De plus, WhiteBIT organise régulièrement des concours en ligne tels que « Trading Time : Challenge Billets FC Barcelone », récompensant les meilleurs traders par des places pour assister aux matchs du FC Barcelone.
Pour WhiteBIT, les partenariats sportifs et la performance de son jeton constituent une première étape vers la reconnaissance de sa marque. Pourtant, dans un secteur des échanges cryptographiques extrêmement concurrentiel, le chemin à parcourir reste long.
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