
L'exode massif des nomades numériques à Chiang Mai : idéal et réalité derrière la vie à bas coût
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L'exode massif des nomades numériques à Chiang Mai : idéal et réalité derrière la vie à bas coût
Si le cœur n'a pas de lieu où se reposer, on sera errant où que l'on aille.
Auteur : Chiang Mai TIMES
Après tant d'années passées à Chiang Mai, j'ai pu assister à de nombreux hauts et bas de cette petite ville : l'effervescence des cafés bondés en 2018, puis la vague de fermetures massives de restaurants en 2020 faute de clients...
Aujourd'hui, en lisant un article publié sur Facebook par un blogueur occidental, j'ai été profondément touché. Je souhaite m'appuyer sur son thème central – « Chiang Mai perd un grand nombre de nomades numériques » – pour échanger et réfléchir ensemble.
Le départ massif des nomades numériques de Chiang Mai : entre idéal et réalité derrière un coût de vie bas
L'article du blogueur a suscité de nombreux commentaires enthousiastes sur Facebook. Selon TIMES, il exprime avec justesse ce que ressent une certaine catégorie de personnes : celles qui ont vécu plusieurs années à Chiang Mai avant de décider de partir.

Dans son texte, le blogueur raconte qu'à son arrivée à Chiang Mai, il avait eu l'impression de trouver enfin l'endroit rêvé, celui que tous les nomades numériques recherchent : des loyers abordables, des milk-shakes disponibles partout, des espaces de travail avec un Wi-Fi rapide, et cette sensation quasi retraitée même lorsqu'on occupe un poste à temps plein.
Il poursuit : « Pendant un temps, c'était effectivement comme ça. Mieux encore, même. »
Le matin, il pouvait flâner dans les ruelles de la vieille ville, prendre un café dans un lieu paisible, écouter les moines réciter des sutras dans les temples encore baignés par la lumière pâle de l'aube. Assis dans un espace de coworking, il entendait parler autour de lui des gens aux accents variés : un Allemand développant une application, un Brésilien spéculant sur les cryptomonnaies, une Australienne rédigeant son blog...
À ce moment-là, l’air semblait empreint d’une même ambition collective, chacun œuvrant silencieusement pour atteindre la « liberté » qu’il portait en lui.

Mais ensuite, certaines choses ont changé. Et ce phénomène ne touche pas seulement le blogueur.
En discutant avec d'autres expatriés de longue date à Chiang Mai, il a entendu une affirmation récurrente : « Chiang Mai perd un grand nombre de nomades numériques », et pour des raisons différentes de ce que l'on imagine généralement.
Quand on évoque « le départ massif des nomades numériques », on pense immédiatement à une cause objective : la pollution atmosphérique importante à Chiang Mai ces dernières années, qui aurait effrayé bon nombre d'entre eux.
Toutefois, selon le blogueur – et je suis entièrement d'accord avec lui – la pollution n'est pas la principale raison de ce départ.
Il estime que si vous commencez tout juste le télétravail, la vie à l'étranger ou la quête de liberté, Chiang Mai est un lieu idéal pour atterrir en douceur. Accueillante, économique, pleine de possibilités, extrêmement inclusive, elle répond parfaitement aux attentes initiales de nombreux freelances débutants.
Mais progressivement, les facteurs qui rendaient Chiang Mai « parfaite » deviennent aussi ses limites. Un peu comme dit le proverbe chinois : « Ce qui fait ton succès peut aussi causer ta chute. »
Le blogueur explique que les conversations dans les cafés finissent par se répéter inlassablement, comme un même scénario rejoué avec de nouveaux acteurs.
Certains nomades numériques tombent alors dans un cercle vicieux implicite : ni vraiment investis dans leur travail, ni dans leur développement personnel, ni dans le pays où ils vivent. Rien ne va jamais vraiment en profondeur.

C’est alors qu’il a pris conscience de son isolement. Bien qu’au cœur de la Thaïlande, il se sentait étrangement détaché de la culture locale. Certes, il avait participé à quelques festivals, goûté à la street-food, appris quelques mots de thaï. Mais il n’était pas intégré.
« La plupart d’entre nous, en réalité, ne se sont jamais véritablement intégrés », affirme-t-il.
Telle est la triste condition de l’étranger en Thaïlande : vous pouvez y vivre de nombreuses années, mais rester toujours comme une feuille flottant à la surface, incapable de s’enraciner.
Par ailleurs, la ville de Chiang Mai elle-même évolue lentement : les loyers augmentent, les cafés deviennent plus chics, mais curieusement moins fréquentés. Les visas sont plus difficiles à obtenir, et certains amis qu’il connaît ont commencé à quitter la ville.
Peu à peu, Chiang Mai n’est plus simplement un lieu, mais une marque. Elle dégage une atmosphère de vie nomade et freelance, mais les MacBook posés sur les tables deviennent une mise en scène, et toute mise en scène suppose un masque.

Le blogueur précise que Chiang Mai lui a apporté beaucoup : ici, sa motivation au travail s’est accrue ; ici, il a appris à mieux gérer son budget ; ici aussi, il a fait face à une solitude comme il n’en avait jamais connu.
Il possédait tout ce qu’il pensait désirer, et pourtant, il ressentait un manque.
En somme, ceux qui quittent Chiang Mai peuvent sans doute tous s’identifier à cela.
En tant que semi-nomade installé tôt à Chiang Mai, non seulement je partage l’avis du blogueur, mais je salue également sa finesse d’observation et sa clarté d’expression.
Justement, il y a deux jours, en rentrant d’un dîner avec un ami britannique, nous parlions justement de ce sujet. Tous deux résidents de Chiang Mai depuis plus de dix ans, nous évoquions les défauts du système thaïlandais. Comparé à la politique britannique, où un étranger ayant vécu continuellement dix ans dans le pays obtient généralement le droit de résidence permanente, voire le passeport, la situation en Thaïlande est bien différente.
Que se passe-t-il ici ? Même après avoir acheté une maison et obtenu un visa longue durée, au final, on reste un étranger. Sans parler des rapports obligatoires à l’immigration toutes les 90 jours, même partir une ou deux semaines aux îles du sud avec seulement sa carte rose (carte de résident) et sans passeport peut poser problème – certains hôtels refusent de reconnaître tout document autre que le passeport, ignorant complètement le permis de conduire ou la carte d’identité locale.
Cette politique thaïlandaise de « non-intégration facile de l’étranger » crée un sentiment de distance. « Je ne demande plus à m’intégrer ou à me sentir chez moi, disait mon ami, désabusé. J’aimerais juste qu’ils simplifient ma vie, qu’ils arrêtent d’inventer des règles complexes. »

Dans les commentaires, un lecteur a formulé une remarque largement approuvée par d’autres internautes. Il résume ainsi l’article du blogueur :
« Si vous avez lu l’article, vous savez que ce n’est pas lié à la qualité de l’air, mais plutôt à un état d’esprit : lassitude face à une vie monotone. Quand tout devient routinier, plus rien n’excite. C’est alors le moment de partir, de chercher un autre endroit pour un temps. À mon avis, les nomades numériques sont des voyageurs perpétuels ; ils ne restent jamais des années au même endroit. Si tu t’installes, la vie de nomade prend fin. C’est donc un processus naturel. »
À cet instant, un mot m’est venu à l’esprit : « démon intérieur ». Et cette célèbre maxime : « Si le cœur n’a pas de lieu où se reposer, partout sera errance. »
Je confirme que Chiang Mai perd effectivement beaucoup de nomades numériques. La pollution accélère leur départ, mais la raison fondamentale de leur départ reste ce « démon intérieur », et non la faute de la ville elle-même.
J’espère que chacun d’entre nous trouvera un jour un lieu où corps et âme puissent enfin se poser, pas seulement temporairement, mais vraiment.
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