
« La nouvelle agence de presse de la Réserve fédérale » : ni colombe ni faucon, Powell ressemble maintenant davantage à un canard
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« La nouvelle agence de presse de la Réserve fédérale » : ni colombe ni faucon, Powell ressemble maintenant davantage à un canard
Apparemment calme en surface, mais en réalité continuant à nager vigoureusement sous l'eau trouble.
Rédaction : Li Xiaoyin, Wall Street Journal
Powell est pris au piège d’un triple dilemme : crise économique, pressions politiques et divisions internes.
Le 18 mars, Nick Timiraos, surnommé le « nouvel héraut de la Réserve fédérale », a publié dans le Wall Street Journal un article approfondi analysant les difficultés auxquelles fait face le président de la Fed, Jerome Powell.
L’article souligne qu’à un an à peine de la fin de son mandat, Powell traverse le défi le plus complexe de sa carrière : d’un côté, des menaces tarifaires susceptibles de provoquer une stagflation ; de l’autre, des pressions politiques agressives de l’administration Trump ; et plus inquiétant encore, ses 18 collègues du comité de politique monétaire qui s’orientent vers des positions radicalement divergentes.
Cela signifie que Powell doit défendre l’indépendance de la Réserve fédérale face à la guerre commerciale et aux risques d’ingérence politique, tout en maintenant un équilibre entre des voix discordantes au sein de l’institution.
Timiraos compare Powell à un « canard » : calme en apparence, ni faucon ni colombe, mais battant vigoureusement des pieds sous la surface trouble de l’eau.
La menace de stagflation s’intensifie
Dès son introduction, l’article de Timiraos met en lumière le dilemme central auquel Powell est confronté : le risque croissant de stagflation.
Les hausses de tarifs liées à la guerre commerciale pourraient faire grimper les prix, tandis que la croissance économique risque de stagner ou de ralentir. Cela oblige les responsables de la Fed à choisir entre réduire les taux pour stimuler la demande ou maintenir des taux élevés afin de contenir l’inflation — un choix particulièrement ardu.
L'article cite Dario Perkins, économiste chez GlobalData TS Lombard :
« Si la Fed baisse maintenant ses taux, ce sera probablement parce que la situation économique s’est détériorée. »
Cette phrase résume parfaitement le dilemme de Powell : il doit trouver un équilibre entre maîtriser l’inflation et préserver la croissance économique, faute de quoi la Réserve fédérale se retrouvera prise au piège.
Timiraos indique que les risques d’une reprise de l’inflation s’accumulent : la baisse de l’immigration et les coupes budgétaires gouvernementales pourraient perturber l’offre et la demande de main-d’œuvre, tandis que la forte augmentation des tarifs douaniers pourrait engendrer la pire combinaison possible : stagnation économique accompagnée d’une hausse des prix.
L’article rappelle également l’erreur commise par la Fed en 2021 lors de sa gestion de l’inflation post-pandémie. À l’époque, la banque centrale avait jugé que la hausse des prix était « temporaire », avant d’être contrainte de resserrer brutalement sa politique par de fortes hausses de taux. Ce précédent pousse aujourd’hui Powell et ses collègues à la prudence, et à porter une attention accrue aux effets des guerres commerciales sur l’inflation.
Timiraos juge ainsi dangereuse la suggestion du nouveau secrétaire au Trésor selon laquelle la Fed devrait traiter l’inflation causée par les tarifs comme un phénomène temporaire.
Trump, facteur de désordre et atteinte à l’indépendance
Par rapport au premier mandat de Trump, les pressions politiques pesant sur la Fed sont désormais plus fortes.
Bien que l’administration Trump affirme ne pas vouloir intervenir sur les taux d’intérêt, ses actions semblent indirectement menacer l’indépendance de la banque centrale.
Comme décrit dans l’article, Kevin Hassett, ancien directeur du Conseil économique national de Trump, a critiqué publiquement la manière dont la Fed a géré l’inflation.
Un décret exécutif publié le mois dernier par l’administration Trump accorde au gouvernement un pouvoir de surveillance sur l’agenda réglementaire de la Fed. Bien que la politique monétaire en soit formellement exclue, la mise en œuvre reste floue, limitant ainsi indirectement l’autonomie de la banque centrale.
Plus préoccupant encore, le ministère de la Justice de Trump cherche à renverser un précédent juridique datant de 1935 qui protège l’indépendance des organismes de régulation. Si ce précédent venait à être abrogé, cela minerait profondément l’autonomie de la Fed et l’exposerait davantage aux ingérences politiques.
Des collègues aux objectifs divergents
Les défis de Powell ne viennent pas uniquement de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur.
Timiraos souligne que les membres du FOMC voient leurs positions se diviser : certains « colombes » deviennent « faucons », et inversement.
L’article mentionne particulièrement deux gouverneurs de la Réserve fédérale : Christopher Waller et Michelle Bowman.
Waller, considéré par certains comme un successeur potentiel de Powell, adopte récemment une posture plus « colombe » sur les baisses de taux. En décembre dernier, il avait utilisé une métaphore à la manière de Trump pour décrire la lutte contre l’inflation :
« J’ai l’impression d’être un combattant de MMA, tenant l’inflation en clé de cou, en attendant qu’elle capitule. »
Quant à Bowman, nommée vice-présidente de supervision de la Fed après la prise de fonction de Trump, elle s’est publiquement opposée à la politique de baisse des taux.
Ces divergences d’opinions et d’ambitions politiques obligent Powell à redoubler de prudence dans l’élaboration de sa politique, tout en augmentant la difficulté de coordination interne au sein de la Fed.
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