
Vitalik tire le premier coup de « réforme », vers où se dirige la Fondation Ethereum ?
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Vitalik tire le premier coup de « réforme », vers où se dirige la Fondation Ethereum ?
Les vieux navires du monde ancien ne peuvent pas atteindre les nouvelles terres ; parfois, il suffit d'un peu de courage pour s'aventurer vers l'inconnu.
Auteur : Wenser, Odaily Planet Daily
Le 18 janvier, Vitalik, le fondateur d'Ethereum, a publié un message indiquant qu'il « entreprenait une transformation majeure de la structure dirigeante de la Fondation Ethereum (ci-après EF) ».
L'annonce a fait grand bruit : certains y voient enfin un retour dans le droit chemin ; d'autres affirment que « les dirigeants inactifs de l'EF auraient dû être sanctionnés depuis longtemps » ; d'autres encore pensent que « face au développement fulgurant de l'écosystème Solana, la menace pesant sur Ethereum n'a jamais été aussi forte, et Vitalik est donc pressé ».
Ce qui est certain, c'est que Vitalik n'est pas le seul à ressentir cette urgence.
Le 22 janvier au soir, Konstantin Lomashuk, l'un des fondateurs clés du projet Lido, infrastructure essentielle de l'écosystème Ethereum, a d'abord partagé un tweet intitulé « Une deuxième fondation », avant de préciser qu'il ne s'agissait pas d'une seconde EF, mais simplement d'un tweet ordinaire. En septembre dernier, face au ralentissement de l'écosystème Ethereum, nous avions proposé dans notre article « Ethereum est-il malade ? Trois remèdes possibles » des pistes de solution. Aujourd'hui, nos prévisions semblent s'être confirmées.
Mais une question plus cruciale émerge désormais : comment restaurer la gloire passée de l'écosystème Ethereum ? La réforme de l'EF marque-t-elle l'aube d'un renouveau ? Partant de ces interrogations, Odaily Planet Daily propose ici une analyse systématique des perspectives de transformation de l'EF et de l'avenir de l'écosystème Ethereum, à titre de référence pour nos lecteurs.
Orgueil et préjugés : les deux visages de la Fondation Ethereum
Le 18 janvier, Vitalik Buterin, figure emblématique et cofondateur d'Ethereum, a annoncé que la refonte de la direction de l'EF était en cours depuis près d’un an. Autrement dit, durant toute l’année 2024, la direction de l’EF menée par Vitalik avait déjà entamé une forme d’« auto-révolution ». Pourtant, à ce stade, la conclusion provisoire est claire : cette auto-révolution reste jusqu’à présent largement inefficace.
Les signaux envoyés par les objectifs de la réforme : priorité à l’écosystème, pas à la politique ni aux idéologies
Dans ce contexte, Vitalik a précisé les principaux objectifs de cette réforme :
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Renforcer le niveau technique des dirigeants de l’EF ;
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Améliorer la communication bidirectionnelle entre la direction de l’EF et les participants anciens ou nouveaux de l’écosystème ; notre rôle est d’appuyer les utilisateurs (particuliers et institutions), les développeurs d’applications, les portefeuilles et les réseaux de couche 2 (L2) ;
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Introduire de nouveaux talents afin d’améliorer les capacités d’exécution et la rapidité d’action ;
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Soutenir activement les développeurs d’applications, en veillant à rendre concrets des valeurs fondamentales et des droits imprescriptibles – notamment la confidentialité, le logiciel libre et la résistance à la censure – pour tous les utilisateurs, y compris au niveau applicatif ;
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Poursuivre l’intégration croissante des technologies décentralisées et privées, ainsi que l’utilisation de la chaîne Ethereum, notamment pour les paiements et la gestion des fonds.
Il a en outre souligné que les objectifs de la réforme *n’incluent pas* :
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Opérer un changement d'idéologie ou d'ambiance (notamment, il mentionne le passage d'une mentalité féminisée, « wef soyboy », à une mentalité de l'âge du bronze – NdT : c’est-à-dire passer d’une approche douce et empathique à une vision masculine axée sur l’intérêt et le succès immédiat) ;
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Faire pression activement auprès des régulateurs et des personnalités politiques influentes (surtout aux États-Unis, en ciblant les grandes puissances), au risque de compromettre le statut d’Ethereum comme plateforme neutre et globale ;
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Se transformer en arène pour intérêts acquis ;
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Devenir une organisation fortement centralisée, voire le « protagoniste » unique d’Ethereum.
Enfin, il a ajouté : « Ces choses ne font pas partie du rôle de l’EF, et cela ne changera pas. Ceux qui aspirent à une autre vision sont libres de créer leur propre organisation. »
En y regardant de plus près, les objectifs évoqués par Vitalik reviennent grosso modo à : rester fidèle à une approche technocentrée ; défendre fermement la décentralisation ; poursuivre sans relâche la stratégie L2. Mais les mesures concrètes manquent toujours de clarté. Il apparaît évident que la réforme de l’EF par Vitalik demeure superficielle, et le résultat s’en ressent.
Les points les plus controversés de l’EF : transparence, charge de travail, vitesse de vente
En revenant aux racines des difficultés actuelles de l’EF, trois problèmes principaux se dessinent :
Premièrement, le manque de transparence. Cela se manifeste tant par des explications floues sur l'utilisation des fonds que par des retards dans la publication d’informations, contrastant nettement avec l’agilité et l’efficacité de l’écosystème Solana. En décembre dernier, l’EF a publié son rapport trimestriel de financement pour le troisième trimestre 2024, totalisant 12 848 780,33 dollars, alloués à l’éducation communautaire, la couche consensus, la cryptographie et les preuves à connaissance nulle, l’expérience développeur et les outils, la couche exécution, les L2, la croissance et le soutien protocolaires. Les projets liés à l’éducation ont reçu la plus grande part, incluant des initiatives comme Blockchain Summer Bootcamp, BlockHack et Building Builders. Par ailleurs, la fondation continue de soutenir le développement de clients consensus tels que Lighthouse, Nimbus et Grandine, ainsi que des outils comme Web3.js et les contrats OpenZeppelin pour l’abstraction de compte. À noter que, selon mes informations personnelles, les subventions de l’EF n’ont pas été auditées par une tierce institution indépendante. (Si vous avez des contre-exemples, merci de me corriger.)
Par ailleurs, en raison de contraintes géographiques et temporelles, la prise de décision concernant les financements reste concentrée entre les mains d’un petit groupe, ce qui est presque inévitable. Cela conduit à ce que certains contributeurs communautaires ne reçoivent pas le soutien qu’ils méritent. Début janvier, Evan Van Ness, fondateur de la newsletter hebdomadaire Week in Ethereum News (WiE), a annoncé qu’il cessait ses activités, affirmant qu’après un échange avec la direction de l’EF, il était clair qu’ils jugeaient WiE sans valeur. Pendant le reste de l’année 2024, WiE n’a reçu qu’un soutien minimal de l’EF. Bien que symbolique, le choix de couper même ce faible soutien montre clairement que la fin de WiE était imminente.
Deuxièmement, l’absence de preuve de travail. De l’extérieur, on ne perçoit pas de résultats tangibles de l’activité de l’EF. Dans le monde blockchain, bien qu’Ethereum ait adopté un mécanisme PoS, au niveau organisationnel, le PoW (preuve de travail) reste un modèle d’opération direct et relativement efficace. Sur ce point, l’EF constitue un parfait exemple négatif. « Ce que tu fais » et « ce que les autres savent que tu fais » sont deux choses radicalement différentes.
Ce constat découle également de la structure organisationnelle. Un sujet chaudement discuté récemment dans la sphère crypto : selon le KOL crypto @0xAllending, « l’un des facteurs clés du succès de Solana dans la compétition entre blockchains réside dans sa gestion d’entreprise rigoureuse, visant à contester la position dominante d’Ethereum ». À l’inverse, l’écosystème Ethereum, et surtout l’EF, reste coincé dans une structure communautaire « décentralisée », composée d’une direction supérieure, de chercheurs/développeurs intermédiaires et de membres communautaires/détenteurs ordinaires. Rêver d’adoption massive sous le slogan d’« ordinateur mondial » relève alors de l’illusion.
Troisièmement, la vitesse élevée de vente de jetons. C’est le reproche le plus fréquent adressé à l’EF. Certes, d’autres écosystèmes connaissent aussi des ventes de jetons, mais celles de l’EF semblent souvent coïncider avec des sommets de marché. Et à ce moment-là, plus personne ne parle de « foi en Ethereum » ou de « HODL ETH ». Selon Lookonchain, depuis que l’EF a vendu 100 ETH le 17 décembre, le prix d’ETH a chuté d’environ 17 %. En 2024, l’EF a vendu 4 466 ETH (environ 12,6 millions de dollars) lors de 32 transactions, dont 15 ont eu lieu aux plus hauts niveaux à court terme.

Pendant longtemps, l’EF a été un « Top Signal »
À noter également que, selon Token Terminal, les revenus du réseau Ethereum L1 ont chuté drastiquement, baissant de 99 % depuis mars 2024. Le 5 mars, les revenus atteignaient un pic de plus de 35 millions de dollars ; le 2 septembre, ils étaient tombés à environ 200 000 dollars par jour, un minimum annuel. L’analyste crypto Kun avait alors averti que si cette tendance persistait, les réseaux L2 pourraient dominer et abandonner progressivement le réseau principal d’Ethereum, particulièrement pour les applications grand public. Bien que les revenus aient récupéré fin 2024 au niveau précédant la mise à jour Dencun, la baisse des revenus protocoles du réseau principal d’Ethereum est désormais évidente.
Et derrière tout cela, l’orgueil et les préjugés semblent être les premières causes.
Racines du problème : orgueil comme péché originel, préjugés comme entraves
Justin Drake, chercheur à l’EF, affirmait début décembre dernier que l’âge d’or de Solana touchait à sa fin et ne représenterait plus une menace pour Ethereum. Bien que Solana progresse rapidement, Drake maintient qu’Ethereum mise sur des gains à long terme (ce raisonnement vous semble familier ?). « Solana est actuellement au sommet, mais je pense que c’est la fin de son âge d’or, car tous ses avantages concurrentiels en latence et débit disparaîtront, étant donné que des différences architecturales fondamentales limitent sa scalabilité. » Actuellement, les développeurs d’Ethereum comptent fortement sur les L2 pour offrir des frais de transaction plus rapides et plus bas. Drake ajoute : « Je pense qu’Ethereum L1 rivalise avec l’écosystème Bitcoin, tandis que les L2 concurrencent Solana. Ainsi, la concurrence avec Solana n’entre même pas dans les responsabilités d’Ethereum L1 ; nous devrions plutôt rivaliser sur la sécurité et la santé du réseau. Si Solana doit faire face à une concurrence, elle viendra des applications et des réseaux L2. »
Par ailleurs, dans sa réponse à l’annonce de la fermeture de la newsletter, Evan Van Ness a appelé Solana « Sqlana », suggérant implicitement que Solana serait une base de données centralisée. Ce point a été relevé dans les commentaires. Le nœud opérateur expérimenté @JustDoingItBig a exprimé sa perplexité : en 2018, les partisans de Bitcoin moquaient Ethereum en parlant de « base de données centralisée » ; aujourd’hui, les adeptes d’Ethereum agissent exactement de la même manière.

On peut dire que l’histoire se répète
Quant à l’opinion sur l’EF, mon observation personnelle est que la majorité des membres de la communauté Ethereum restent positifs, tandis que les critiques viennent surtout des traders ETH ou des petits investisseurs. Parmi eux, fishbiscuit (@not_qz) incarne probablement une bonne part des « fidèles de l’EF ». Il a répondu précédemment aux critiques en clarifiant :
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Activité sur les réseaux sociaux : comme la Fondation Solana, l’EF relayait surtout du contenu auparavant, mais commence récemment à publier activement ;
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Utilisation sur chaîne : l’EF a misé 42 000 ETH pour soutenir le développement de clients, finance des projets comme l’EIP-1559 NFT et Beacon Book, distribue des aides via le réseau principal et les L2. Des événements comme Devcon acceptent aussi les paiements cryptos ;
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Vente d’ETH : face aux accusations de dumping, il rappelle que l’EF adopte diverses stratégies pour équilibrer la pression du marché, demande à la communauté d’éviter les doubles standards, et souligne les défis réglementaires auxquels la fondation fait face. Il appelle à une vision rationnelle des contributions de l’EF et encourage des discussions constructives.
Malgré ses nombreux problèmes, l’attitude de la communauté envers l’EF reste très indulgente.
En un sens, cela confirme encore une vérité : vos intérêts dictent votre pensée. Une fois embarqué sur le navire Ethereum, on ne peut que partager le destin commun.
Points de tension : Vitalik sous pression, la directrice exécutive Aya attaquée, et une communauté Ethereum fragmentée
Avec le temps, les contradictions autour de la réforme de l’EF ont progressivement émergé, visant directement Vitalik, la directrice exécutive Aya et la communauté Ethereum, profondément fragmentée.
La double impasse du leader spirituel d’Ethereum : changer activement ou rester lié au passé
Depuis l’annonce du 18 janvier, Vitalik se trouve au cœur d’une tempête de multiples pressions : d’un côté, la performance médiocre du prix d’ETH et le ralentissement de l’écosystème exigent un changement urgent ; de l’autre, l’équipe centrale de l’EF traverse une période difficile de transition, marquée notamment par le départ de figures clés telles que Justin Drake et Dankrad Feist vers Eigenlayer, ou celui de Danny Ryan, chercheur principal, l’année dernière. Les « liens révolutionnaires » du passé sont mis à rude épreuve.
Récemment, l’annonce du retrait de la communauté Ethereum par Eric Conner, ancien développeur clé, a suscité des débats (bien que, selon un membre de la communauté, ce ne soit pas la première fois qu’il annonce un tel « adieu »). Cette fois, toutefois, il a ajouté que, tandis que Vitalik Buterin recule progressivement, l’EF devient de plus en plus opaque et déconnectée de la communauté. Il a souligné une « mentalité anti-victoire et anti-compétition » au sein de l’EF, poussant de nombreux membres à remettre en question leur engagement (ce qui rejoint précisément les objectifs exclus par Vitalik dans sa « déclaration de réforme »).
Selon Rootdata, 11 employés ont quitté l’EF, dont d’anciens responsables BD et Danny Ryan, l’un des artisans du passage au PoS. Selon un graphique de mai 2024, la plupart des anciens ont lancé leurs propres projets, souvent encore dans l’écosystème EVM.

Informations sur les membres de l’EF en mai 2024

Liste des employés ayant quitté l’EF
Actuellement, les employés de l’EF incluent la directrice exécutive Aya, Tim Beiko responsable du soutien protocolaire, et plusieurs chercheurs dont Justin Drake. Pourtant, le désordre organisationnel apparaît clairement : récemment, Alex Stokes, chercheur à l’EF, a annoncé qu’il co-dirigerait le département recherche avec barnabe.eth. Ce fut alors que beaucoup découvrirent pour la première fois que ce département comprenait cinq équipes : recherche appliquée, développement du consensus, cryptographie, sécurité protocolaire et RIG. Tout comme lorsque Tim Beiko a publié sur son compte X les nouvelles recrues, révélant alors combien les mouvements de personnel à l’EF étaient rigides.

Employés actuels de l’EF, au nombre de 16
Ce management complexe a généré une vague de critiques. De nombreux regards se sont tournés vers Aya, la directrice exécutive de l’EF.
Pour défendre sa « camarade de longue date », Vitalik, généralement calme, a dû intervenir activement, jouant presque le rôle d’un « dictateur » : le 21 janvier, il a répondu aux critiques en affirmant : « C’est moi qui décide de la nouvelle équipe dirigeante de l’EF. L’un des objectifs de la réforme en cours est de doter l’EF d’un "conseil approprié", mais jusque-là, c’est moi seul. Si les membres de la communauté exercent une pression sur la direction de l’EF, ils créent un environnement toxique pour les meilleurs talents. »
La voie médiane d’Aya, directrice exécutive de l’EF : contre la spéculation, en faveur de la « voie du zen »
Beaucoup connaissent peu Aya, directrice exécutive de l’EF, pourtant elle est une figure clé de l’évolution de l’écosystème Ethereum.
Dans notre article « Quel chemin prendre ? Analyse de trois abstractions problématiques dans l’écosystème Ethereum », nous l’avions brièvement présentée. Dans un entretien de 2019, elle déclarait : « Quand on parle d’une blockchain pleine de possibilités infinies (comme Ethereum aujourd’hui), la voie à suivre ne comprend pas seulement une, deux ou trois voix, mais de nombreuses. Notre rôle (celui de l’EF) est de coordonner, non de prendre des décisions. Les décisions peuvent être prises par nos membres, qui peuvent bien sûr participer au processus décisionnel, sans nécessairement le monopoliser. »
En juin 2023, dans un entretien avec Wired, Aya a réaffirmé : « Face à la fièvre spéculative en cryptomonnaie, si je suis la seule à dire "non", cela n’a pas grand sens. J’essaie donc de diffuser cette mentalité chez les autres, un peu comme un adepte du zen. Une fois ancrée, cette mentalité peut motiver les gens sans argent, punition, règle ou loi. Car nous réfléchissons à la manière de préserver la culture d’Ethereum après notre départ. Si cette mentalité devient une "voie du zen", ce serait formidable. »
Sur ce point, Aya et Vitalik partagent une vision alignée, ce qui explique les vives critiques du marché actuel. De nombreuses personnes l’attaquent, réclamant sa démission, certains proposant que Danny Ryan lui succède. Ryan a dû intervenir pour clarifier : « Aya, directrice exécutive de l’EF, a largement contribué au développement d’Ethereum. Veuillez ne pas la diffamer injustement », et a réaffirmé : « Que je sois là ou non, l’EF continue d’évoluer et de s’améliorer. J’ai confiance que la communauté Ethereum saura évoluer dans le respect et la rationalité. »
Selon LinkedIn, Aya est diplômée de la faculté de commerce de l’Université d’État de Seattle, aux États-Unis. Elle a travaillé chez Kraken, en charge de la région japonaise, avant de rejoindre l’EF en 2018 en tant que directrice exécutive, poste qu’elle occupe toujours.
La fragmentation de la communauté Ethereum : consensus, liquidité et attention
Le troisième conflit majeur de la communauté Ethereum est sa « fragmentation » :
Premièrement, fragmentation des consensus sur la valeur, le rôle, la mission, la vision et les objectifs à court, moyen et long terme d’Ethereum ;
Deuxièmement, fragmentation de la liquidité financière dans l’écosystème due à la stratégie L2, entraînant une perte de soutien pour le prix de l’ETH ;
Troisièmement, fragmentation de l’attention, élément crucial dans l’industrie crypto, qui s’éloigne progressivement d’ETH, traditionnellement encombré, pour se tourner vers Solana, où les effets de richesse et les sujets brûlants attirent l’attention.
Ici, la vision des leaders de l’écosystème Solana est nettement plus claire. Anatoly Yakovenko, cofondateur de Solana, a déclaré : « Solana est une "blockchain pure". Pas de couche DA, pas de L2, pas de L3, pas de distractions. Juste une blockchain rapide et bon marché. » « Avoir plusieurs L2 n’a aucun sens. Si un seul L2 peut gérer l’exécution parallèle, il peut occuper tout l’espace blobs et traiter chaque cas d’usage. » « Seuls six contrats intelligents fondamentaux sont importants. Toute optionnalité ajoutée par les développeurs augmente les risques métier, ce qui est négatif. » Il a également débattu avec un chercheur de l’EF, affirmant : « Le plus grand problème d’Ethereum est l’incertitude sur la valeur à long terme de la couche DA, ainsi que sur la vision de l’ETH comme "monnaie ultrasonique". » Cette opinion a été approuvée par Arthur Hayes, fondateur d’Uniswap.
Bien sûr, pour sortir de cette impasse, Ethereum a besoin de solutions plus détaillées.
Une solution tridimensionnelle à la « crise d’Ethereum » : pensée, communication et positionnement
Compte tenu de ces éléments, je pense que la solution de l’EF à la « crise d’Ethereum » repose sur trois axes :
Déposer les préjugés, abandonner les attachements
Premièrement, la direction de l’EF, menée par Vitalik, doit rectifier sa vision : cesser de s’accrocher à l’objectif à long terme du « monde informatique » et se concentrer sur des actions concrètes à court et moyen terme.
Des progrès existent déjà : l’EF a lancé un nouveau compte X, créé Etherealize, un département de marketing institutionnel visant Wall Street (entreprise soutenue par Vitalik et l’EF), et décidé d’utiliser 50 000 ETH (environ 150 millions de dollars) via un portefeuille multisig 3/5 pour participer à l’écosystème DeFi d’Ethereum.
Plus récemment, Vitalik a enfin cessé d’insister sur la « neutralité et suprématie du réseau principal d’Ethereum » et de transférer unilatéralement des ressources vers les L2. Il a déclaré directement : « Encourager les L2 à reverser une part des frais pour soutenir ETH, via la destruction partielle des frais, la mise en gage permanente ou le don des revenus aux biens publics de l’écosystème Ethereum. » Pour plus de détails, voir l’article « Sous pression médiatique, Vitalik appelle les L2 à soutenir ETH ».
Dès que cette démarche commencera, on peut espérer que le problème des « chaînes fantômes » dans l’écosystème EVM sera davantage résolu.
Écouter la communauté, communiquer régulièrement
Deuxièmement, l’EF ne peut plus jouer l’autruche, ignorante des critiques extérieures et indifférente aux opinions communautaires. Notons que, bien que Vitalik n’ait pas officiellement le titre d’« empereur », il incarne bel et bien un « leader ». Ainsi, « favoriser les hommes vertueux, s’éloigner des flatteurs » est un conseil pertinent : ne pas se laisser aveugler par les flatteries, les louanges ou les complaisances de ceux cherchant à obtenir des subventions.
Moins de discussions académiques, plus de sessions AMA régulières avec des représentants clés de l’organisation — si ce sont des techniciens, parler technique ; si ce sont des spécialistes du marché, parler marché ; quant à ceux qui touchent des salaires sans rien produire et prennent des décisions arbitraires, mieux vaut les exclure rapidement de l’EF.
Le plus important : ne pas se retrouver piégé par sa propre bulle informationnelle.
Stockage de valeur OU moyen de paiement ? Telle est la question
Enfin, il faut clarifier le positionnement d’ETH et du réseau Ethereum. La fragmentation causée par des dizaines de réseaux L2, combinée à la trop grande puissance des groupes d’intérêts acquis (trop de détenteurs profitant de gains passés), rend de plus en plus difficile la fonction de stockage de valeur d’ETH. Raconter simplement l’histoire du « silver numérique » peine désormais à convaincre le marché.
Le moyen de paiement correspond mieux à la demande. Ici, l’écosystème Base, avec la chaîne consommateur Coinbase Wallet, pourrait devenir l’un des pivots futurs de l’écosystème Ethereum. Bien que Vitalik insiste sur la neutralité et la décentralisation d’Ethereum, rendant difficile toute coopération étroite avec les États-Unis à court terme, cette question restera incontournable à moyen et long terme.
En outre, comme l’a souligné Marc Zeller, fondateur de l’équipe Aave Chan Initiative (ACI), « pour résoudre les problèmes de la Fondation Ethereum, il faut convertir les ETH restants de l’EF en un portefeuille de LST validé par le marché, réduire de 95 % les subventions actuelles – notamment des initiatives comme "exécuter un nœud à Vorkouta" –, cesser de vendre des ETH, utiliser plutôt les LST pour emprunter des stablecoins via Sky/Aave, et réduire les frais de fonctionnement ». Cette suggestion mérite considération.
Cependant, les propositions comme « licencier 80 % des non-développeurs et des dirigeants actuels » ou « confier les comptes officiels à quelques fervents maxis ETH particulièrement actifs » semblent trop partiales.
Enfin, la communauté ultrasound.money, qui rassemblait auparavant de nombreux maxis ETH, a fini par se diluer dans la masse. C’est regrettable. Peut-être avec la réforme de l’EF, ces communautés connaîtront-elles une opportunité de transformation.
Conclusion : « Ne vivez pas sur les acquis, créez de nouveaux mérites »
Peut-être que, dans les débuts d’Ethereum, le style de leadership « laissez-faire » de l’EF a permis un développement rapide. Mais après plusieurs cycles haussiers et baissiers, si l’on souhaite sincèrement atteindre l’adoption massive, de nouvelles approches sont nécessaires. Il faut cesser de s’enfermer dans la gloire passée d’« Ethereum, premier écosystème crypto », de rester figé, de refuser le progrès.
Le jeton TRUMP a fait entrer des millions de personnes dans le monde crypto. Venir attiré par la création de richesse n’est pas blâmable. Après tout, comparé au monde Web
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