
Tendance des marchés américains : l’indice Nasdaq plonge de 3,5 % en séance avant de rebondir de manière spectaculaire ; les chiffres de l’IPC de demain seront décisifs.
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Tendance des marchés américains : l’indice Nasdaq plonge de 3,5 % en séance avant de rebondir de manière spectaculaire ; les chiffres de l’IPC de demain seront décisifs.
Si l’IPC affiche un chiffre supérieur à 4,5 %, le repli brutal de la semaine dernière pourrait n’être qu’un simple hors-d’œuvre.
Auteur : Recherche Chaotou
Mardi, Wall Street a joué une scène dramatique d’« abattage suivi de sauvetage ».
Le matin, les marchés ont évolué calmement : l’indice Nasdaq a même progressé de près de 0,7 %, et les valeurs technologiques liées aux semi-conducteurs ont poursuivi leur rebond entamé lundi. L’après-midi, Donald Trump a publié sur Truth Social qu’un hélicoptère Apache de l’armée américaine avait été abattu par l’Iran au-dessus du détroit d’Ormuz, ajoutant que les deux pilotes avaient été secourus sains et saufs, mais que les États-Unis « devaient répondre à cette attaque ».
Le Nasdaq a immédiatement chuté, atteignant un creux intrajournalier de –3,5 %.
Dans les deux heures suivantes, porté par les déclarations ultérieures de Trump — « les négociations se poursuivent » et « un accord pourrait être conclu dans les deux ou trois jours » — le marché a lentement remonté, réduisant ainsi ses pertes. Le Nasdaq a finalement clôturé en baisse de 0,97 %, à 25 678,82 points ; le Nasdaq-100 a reculé de 1,12 %. L’indice S&P 500 a baissé de 0,26 %, à 7 386,65 points. Le Dow Jones, soutenu par ses composantes non technologiques, a quant à lui terminé en hausse de 0,17 % (+86 points), à 50 872,11 points.
Passant de –3,5 % à –0,97 %, le Nasdaq a récupéré plus de 70 % de sa chute intrajournalière durant les deux dernières heures de séance. Une telle capacité de rebond transmet deux signaux clairs : premièrement, les vendeurs à découvert hésitent à amplifier leurs positions à la veille de la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) ; deuxièmement, la conviction selon laquelle « la question iranienne sera finalement réglée » demeure intacte — il ne s’agit plus que d’une question de délai.
L’incident de l’hélicoptère : la première atteinte directe contre un actif militaire américain
Il s’agit du premier Apache abattu par l’Iran depuis l’éclatement du conflit entre les États-Unis et l’Iran fin février. Bien qu’il n’y ait eu aucune victime, le simple fait d’avoir touché un équipement militaire américain franchit une ligne psychologique cruciale. Trump a employé l’expression « doit répondre » (must respond), l’un de ses propos les plus fermes à ce jour sur la question iranienne.
Selon CNN, deux pilotes ont été secourus par un navire autonome américain. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian (Araghchi), a ensuite répondu sur X : « Toute force militaire étrangère qui opère à proximité de notre territoire court constamment le risque d’erreurs humaines, d’accidents ou de se retrouver prise dans des tirs croisés. » Ce message porte un sous-entendu explicite : l’Iran ne reconnaît pas avoir procédé à un abattage délibéré, mais ne le dément pas non plus.
Lors d’une interview accordée à CBS, le vice-président JD Vance a déclaré que l’accord était « très proche », mais qu’« il restait encore du travail à accomplir ». Après avoir assisté à la finale de la NBA (Spurs contre Knicks), Trump a confié aux journalistes qu’un accord final pourrait être conclu « dans les deux ou trois jours », et que le détroit d’Ormuz serait « immédiatement » rouvert dès la signature de cet accord. Il a toutefois souligné que le blocus américain des ports iraniens resterait en vigueur tant qu’aucun accord n’aurait été scellé.
Le marché a pu digérer cette « bombe » en séance car, de mars à juin, les investisseurs ont été soumis pendant 100 jours à une alternance répétée de tensions et de désescalades au Moyen-Orient : chaque escalade a été suivie d’une désescalade ; chaque tir de missile a été suivi d’un tweet annonçant que « les négociations se poursuivent ». C’est une forme de « fatigue guerrière » — non pas une lassitude face à la guerre elle-même, mais une lassitude face à la captivité récurrente des marchés par les conflits armés.
Clivage sectoriel : les technologies reçoivent un nouveau coup, tandis que le Dow Jones reste imperturbable
Sur les 11 secteurs de l’indice S&P, seuls les secteurs technologique (–2 %) et énergétique ont clôturé en baisse. Les neuf autres secteurs ont tous terminé en hausse. Les composantes non technologiques du Dow Jones ont ainsi maintenu le cap.
Ce schéma est désormais stable depuis une semaine : le Dow Jones résiste, tandis que le Nasdaq s’effondre. Du jeudi 4 juin au mardi 9 juin, le Nasdaq a perdu plus de 5 %, alors que le Dow Jones n’a reculé que de moins de 1,5 %. Ce flux de capitaux, qui quitte progressivement les semi-conducteurs axés sur l’intelligence artificielle pour rejoindre les secteurs défensifs (santé, finance et consommation), ne montre aucun signe de ralentissement.
Nvidia a légèrement reculé de 0,22 %, tandis que Micron a chuté de 1,41 %. Après le massacre sans précédent du vendredi dernier — une liquidation massive des actions liées aux semi-conducteurs d’un montant dépassant le millier de milliards de dollars — ces titres n’ont ni connu de nouvelle vague de ventes paniquées, ni affiché de rebond en « V » convaincant : ils oscillent simplement autour de leurs niveaux bas. Les institutions attendent un seul élément : le CPI de demain.
Pétrole : l’hélicoptère est abattu, mais le prix du pétrole chute
La performance la plus contre-intuitive mardi s’est produite sur le marché pétrolier.
Logiquement, l’abattage d’un hélicoptère américain aurait dû faire exploser les cours du pétrole. Or, le WTI a plongé de 3,93 %, à 87,73 $ le baril, tandis que le Brent a reculé de 1,3 %, à 93,02 $ le baril. Trois facteurs baissiers agissent simultanément : les déclarations de Trump et de Vance sur la proximité imminente d’un accord ont fait fondre la prime de guerre ; l’OPEP+ a approuvé une hausse supplémentaire de la production de 188 000 barils/jour en juillet ; enfin, après la publication, la semaine dernière, d’un chiffre de création d’emplois (NFP) bien supérieur aux attentes, les marchés commencent à redouter une hausse des taux par la Réserve fédérale susceptible de freiner la demande.
La rupture à la baisse du WTI sous la barre des 90 $ constitue un seuil psychologique important. La dernière fois que le cours s’était trouvé à ce niveau remonte à mi-avril, juste après la première trêve. Si les données du CPI montrent que le ralentissement des cours du pétrole a contribué à une décélération de l’inflation, cela fournira à la Fed la meilleure justification possible pour suspendre son cycle haussier des taux.
L’or continue de subir une pression, restant coincé autour de son plus bas niveau depuis plus de deux mois, aux alentours de 4 300 $. Le renforcement du dollar et les anticipations de hausses de taux exercent une double contrainte sur les achats de métaux précieux motivés par des considérations de sécurité. L’argent, quant à lui, a légèrement progressé de 0,81 %, atteignant 68,90 $, soutenu par une demande industrielle persistante.
Le bitcoin a chuté vers les 62 500 $, enregistrant une baisse de 27 % depuis le début de l’année 2026, soit une perte de moitié par rapport à son sommet historique. Les ETF bitcoin au comptant connaissent des sorties nettes depuis quatre semaines consécutives, totalisant 5,4 milliards de dollars au cours de cette période. Strategy (anciennement MicroStrategy) a chuté de 24,29 % la semaine dernière, enregistrant sa plus mauvaise performance hebdomadaire depuis le krach de FTX en novembre 2022 — même la plus ferme institution haussière du secteur cryptographique saigne abondamment.
Perspective : le CPI, l’heure la plus cruciale du mois de juin, à 8 h 30
Demain (mercredi), à 8 h 30, heure de l’Est des États-Unis, seront publiées les données du CPI pour le mois de mai.
Ce chiffre dépasse largement le statut d’un simple indicateur économique mensuel. Il constitue la preuve clé permettant au marché de répondre à toutes les questions suivantes :
Le trop fort chiffre de création d’emplois (172 000 postes) publié la semaine dernière s’est-il déjà traduit par une poussée inflationniste ? À quel point l’envolée des cours du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient a-t-elle contaminé l’inflation sous-jacente ? Lors de sa réunion des 16 et 17 juin, la Réserve fédérale maintiendra-t-elle sa position attentiste ou adoptera-t-elle clairement une posture hawkish ?
Actuellement, les marchés anticipent une probabilité de 70 % d’une hausse des taux en décembre. En cas de lecture du CPI supérieure aux attentes, cette probabilité pourrait grimper jusqu’à 90 %, exposant le Nasdaq à une nouvelle vague de ventes. En revanche, si le CPI affiche une surprise à la baisse — notamment si l’inflation sous-jacente diminue — ce serait le catalyseur le plus puissant pour stopper la chute des actions liées aux semi-conducteurs, et un mouvement massif de couverture de positions vendeuses pourrait déclencher un fort rebond technique.
En fin de séance mercredi, Oracle publiera ses résultats trimestriels. Acteur clé de l’infrastructure cloud dédiée à l’IA, l’entreprise détient plus de 500 milliards de dollars d’obligations contractuelles restantes (RPO). Le marché devra vérifier que ces engagements se traduisent effectivement par des revenus réels. Jeudi sera marqué par une triple épreuve : la publication de l’indice des prix à la production (PPI), la décision de taux de la Banque centrale européenne (BCE) et le rapport mensuel de l’OPEP.
Un événement majeur d’introduction en bourse (IPO) approche également. SpaceX devrait fixer le prix de son action le 11 juin et être cotée sur le Nasdaq le 12 juin (symbole : SPCX), avec une fourchette d’évaluation comprise entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars. La Coupe du monde débute aux États-Unis le 11 juin.
Mais tous ces événements viennent après 8 h 30 demain matin.
Au cours des six dernières séances, le Nasdaq est passé de son plus haut historique de 27 094 points à 25 679 points, soit une baisse de 5,2 %. L’indice de volatilité (VIX) a bondi de 16 à 19. Le secteur des semi-conducteurs a perdu plus de 1 000 milliards de dollars. La trêve au Moyen-Orient n’existe plus que de nom. Le bitcoin a perdu la moitié de sa valeur. Il s’agit d’un marché globalement sous pression.
Dans ce contexte, une lecture du CPI inférieure à 4 % agirait comme une véritable injection d’adrénaline ; en revanche, un chiffre supérieur à 4,5 % rendrait la chute de la semaine dernière purement anecdotique.
Une chose est déjà claire aujourd’hui : la chute du pétrole sous la barre des 90 $ indique que le marché commence à valoriser la paix. Mais cette paix pourra-t-elle vraiment advenir ? Cela dépendra de savoir si l’accord iranien, censé être conclu « dans les deux ou trois jours », s’avère une nouvelle promesse vide ou, cette fois, une réalité tangible.
Cent jours se sont écoulés. Le marché n’a plus envie de spéculer. Il veut uniquement voir les résultats.
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