
Tendances boursières américaines : le Dow Jones atteint un nouveau plus haut, le Nasdaq termine en baisse, Broadcom assène une claque qui réveille qui ?
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Tendances boursières américaines : le Dow Jones atteint un nouveau plus haut, le Nasdaq termine en baisse, Broadcom assène une claque qui réveille qui ?
Le marché du 4 juin a envoyé un signal clair : les puces d’IA ne sont pas mauvaises, elles sont simplement trop chères.
Rédaction : Recherche TechFlow

Jeudi, Wall Street a connu le scénario le plus clivant de l’année 2026.
L’indice Dow Jones a bondi de 875 points (+1,73 %), clôturant à 51 561,93 points, un nouveau record historique. L’indice S&P 500 a progressé de 0,41 %, atteignant 7 584,31 points. En revanche, l’indice Nasdaq a légèrement reculé de 0,09 %, pour s’établir à 26 830,96 points ; le seul secteur technologique parmi les 11 secteurs de l’indice S&P 500 à avoir réellement baissé était le sous-secteur des technologies (−1,46 %), freinant ainsi l’ensemble de l’indice. L’indice Russell 2000 a quant à lui augmenté de 1,59 %, pour atteindre 2 939,41 points : les petites capitalisations ont ainsi, pour la première fois depuis longtemps, surperformé les grandes capitalisations technologiques.
Cette divergence ne s’était pas produite depuis début mars, au moment même du déclenchement du conflit armé.
Broadcom chute de 14 % : « Jour du règlement » pour le secteur des puces IA
Broadcom (AVGO) a été la source déclenchante de ce changement de rotation sectorielle.
Le rapport financier du deuxième trimestre publié après la clôture de la veille n’était en soi pas médiocre : les revenus issus des semi-conducteurs dédiés à l’IA se sont élevés à 10,8 milliards de dollars (+143 %), un record absolu ; le bénéfice par action (BPA) ajusté s’est établi à 2,44 dollars, dépassant les attentes. Toutefois, les revenus consolidés (22,187 milliards de dollars) ont légèrement manqué le consensus (22,27 milliards), tandis que les revenus du département logiciels d’infrastructure — où figure VMware — se sont chiffrés à 7,178 milliards de dollars, contre 7,32 milliards attendus. Plus important encore, la direction a maintenu son objectif à long terme de 100 milliards de dollars pour les activités liées aux puces IA, sans toutefois procéder à une révision à la hausse.
Pour une action ayant déjà grimpé de 55 % ce trimestre et affichant un ratio Cours/Bénéfice (C/B) de 87, ces légers « manques d’éclat » ont suffi à justifier une vague massive de ventes. Broadcom a plongé de 15 % en pré-marché, puis clôturé en baisse de près de 14 %, entraînant une évaporation de sa capitalisation boursière supérieure à 320 milliards de dollars.
Un effet domino s’est immédiatement produit : Qualcomm et AMD ont chacun reculé d’environ 4 %, Marvell et Micron d’environ 7 %, tandis que l’indice Philadelphia Semiconductor Index (SOX) a globalement chuté de 2,8 %. Marvell, qui avait bondi la veille suite au soutien enthousiaste de Jensen Huang (« entreprise valorisée 1 000 milliards de dollars »), a rendu une partie de ses gains en une seule journée.
CrowdStrike (CRWD) n’a pas non plus échappé à la correction : bien que ses résultats du premier trimestre aient largement dépassé les attentes (BPA de 1,10 dollar contre 0,88 dollar anticipé), l’augmentation de ses dépenses opérationnelles a suscité des inquiétudes, entraînant une baisse de 8,5 % de son cours. Lorsque le marché bascule dans un mode de « vente sur les faits », même les bonnes nouvelles subissent une revalorisation à la baisse.
Les gagnants de la rotation : santé, finance et immobilier reprennent le relais
Sur les 11 secteurs composant l’indice S&P 500, huit ont terminé en hausse et trois en baisse — un tableau diamétralement opposé à celui de la veille.
Santé : +3,14 %, leader de la journée. UnitedHealth (UNH) a progressé de 5,7 %, contribuant largement à la forte hausse du Dow Jones. Le catalyseur ? Bank of America a relevé sa recommandation sur le titre à « Achat ». Ce secteur défensif classique est devenu, à l’heure du reflux des actions liées aux puces IA, un refuge naturel pour les capitaux.
Finance : +2,67 %. Goldman Sachs (GS) a grimpé de 4,7 %, constituant ainsi la deuxième contribution majeure à la hausse du Dow Jones. Un catalyseur concret explique cette progression : l’introduction en Bourse (IPO) de SpaceX. En tant que principal garant de cette transaction de 75 milliards de dollars, Goldman Sachs devrait percevoir des honoraires de souscription substantiels. JPMorgan Chase (JPM) a progressé de 3 %, American Express (AXP) de 4,4 %.
Immobilier : +1,87 %. Le rendement des obligations américaines à 10 ans a reculé de 1,4 point de base, pour atteindre 4,477 % ; les secteurs sensibles aux taux d’intérêt ont ainsi rebondi. Le rendement des obligations à 30 ans est également tombé à 4,977 %, restant toujours sous le seuil symbolique de 5 %.
Technologie : −1,8 %, secteur le plus faible de la journée. Le sous-secteur des semi-conducteurs a été particulièrement touché : l’impact négatif de Broadcom a été si fort qu’il a empêché même Nvidia et Apple de redresser le secteur technologique dans son ensemble.
IPO de SpaceX : compte à rebours lancé — 75 milliards de dollars, valorisation de 1 750 milliards
Une autre information, annoncée le 4 juin, a fortement stimulé l’imagination des marchés : SpaceX a confirmé son intention de réaliser son introduction en Bourse le 12 juin, avec un objectif de levée de fonds de 75 milliards de dollars et une valorisation estimée à environ 1 750 milliards de dollars. En cas de succès, il s’agirait de la plus grande IPO de l’histoire des marchés américains, propulsant immédiatement SpaceX parmi les dix entreprises les plus valorisées des États-Unis.
La tournée de présentation aux investisseurs a démarré ce jour même. Les particuliers peuvent dès à présent exprimer leur intérêt d’achat (IOI) sur les plateformes Robinhood et SoFi. Le prix indicatif est fixé à 135 dollars par action. Goldman Sachs, en tant que principal garant, dirige l’opération.
À noter que les autorités de régulation ont assoupli les règles relatives à l’intégration des titres dans les indices, ce qui signifie que SpaceX pourrait être rapidement intégré aux principaux fonds indiciels. Ainsi, les comptes-retraites américains de type 401(k) pourraient, sans que leurs détenteurs en aient conscience, détenir des actions de la société de fusées d’Elon Musk.
L’ampleur de l’IPO de SpaceX est telle qu’elle risque de devenir, pour l’ensemble du mois de juin, l’élément central autour duquel les marchés vont fixer leurs prix. Combien de liquidités va-t-elle absorber ? Exercera-t-elle un « effet d’éviction » sur les autres valeurs technologiques ? Tels sont les deux enjeux que le marché devra digérer au cours de la semaine à venir.
Tandis que SpaceX monopolise les gros titres, Quantinuum, la société de calcul quantique filiale de Honeywell, a également fait son entrée sur le marché boursier le 4 juin, via une cotation sur le Nasdaq. Son cours d’ouverture s’est établi à 68 dollars, soit une prime de 13 % par rapport à son prix d’émission.
Le signal envoyé par cette introduction en Bourse de Quantinuum revêt une importance plus grande que son cours lui-même : le calcul quantique passe désormais des laboratoires aux marchés financiers. L’intérêt des investisseurs pour les récits post-IA commence à émerger — une piste d’observation à suivre de près.
Marché du travail : les demandes hebdomadaires d’indemnités chômage atteignent un plus haut de quatre mois
Les demandes hebdomadaires d’indemnités chômage publiées jeudi se sont élevées à 225 000 (contre 215 000 attendues), soit le niveau le plus élevé depuis le 7 février. À la veille de la publication, vendredi, du rapport sur l’emploi non agricole (« non-farm payrolls »), ce chiffre entame légèrement le récit de « résilience » du marché du travail.
Cependant, il ne faut pas surinterpréter une donnée ponctuelle. Selon les données JOLTS, le nombre de postes vacants a bondi en avril à 7,6 millions, un sommet biennal. La configuration globale du marché du travail reste donc celle d’un « grand nombre d’offres, mais peu de recrutements effectifs » : les entreprises souhaitent embaucher, mais ralentissent concrètement le rythme de leurs engagements. La Réserve fédérale devra observer davantage de données avant de pouvoir déterminer la trajectoire future de sa politique monétaire.
Vendredi à 8 h 30 (heure de l’Est), sera publié le rapport sur l’emploi de mai. Il constituera le juge suprême de toutes les analyses de la semaine.
Perspective TechFlow
Le marché du 4 juin a envoyé un message clair : les puces IA ne sont pas mauvaises — elles sont simplement trop chères.
Les revenus de Broadcom issus des semi-conducteurs IA ont augmenté de 143 % en glissement annuel, tandis que son taux de flux de trésorerie libre atteint 46 % — des performances rêvées dans n’importe quel secteur. Pourtant, avec un ratio Cours/Bénéfice de 87, tous les bons résultats étaient déjà pleinement intégrés dans le cours, au point qu’un simple manque de 0,4 % sur les revenus a déclenché une chute de 14 %. Tel est le danger inhérent à une « tarification parfaite ».
Les capitaux n’ont pas quitté le marché : ils ont simplement changé de domicile — quittant les semi-conducteurs pour rejoindre les secteurs de la santé, de la finance et de l’immobilier. La hausse spectaculaire de 875 points du Dow Jones, qui a atteint un nouveau record historique, constitue précisément la preuve tangible de ce transfert de capitaux. UnitedHealth, Goldman Sachs et JPMorgan Chase, des noms qui n’ont presque jamais occupé le devant de la scène dans les récits dominants autour de l’IA au cours des trois dernières années, ont démontré, le 4 juin, que leur valeur ne dépendait pas de la performance des GPU.
La question centrale demeure : cette rotation est-elle une tendance durable sur plusieurs semaines, ou ne s’agit-il que d’un pic ponctuel ? Deux éléments décideront de la réponse. Premièrement, le rapport sur l’emploi de vendredi : si les données sont solides, les anticipations de hausse des taux par la Fed pourraient s’accroître, mettant brutalement fin au rebond des secteurs sensibles aux taux (immobilier, services publics), et provoquant un retour des capitaux vers les valeurs technologiques. Deuxièmement, la fixation du prix et le niveau de souscription à l’IPO de SpaceX le 12 juin : une demande de liquidités de 75 milliards de dollars constitue en soi une véritable machine à pomper la liquidité.
A court terme, le secteur des semi-conducteurs nécessite une « période de refroidissement » afin d’absorber la bulle de valorisation. A moyen terme, les fondamentaux de l’IA n’ont pas changé ; le marché commence simplement à prendre conscience qu’il existe une distance entre « une bonne entreprise » et « une bonne action » — une distance mesurée précisément par la valorisation.
Sources : CNBC, Yahoo Finance, Reuters, TheStreet, Bureau of Labor Statistics (BLS), Schwab
Avertissement : Le présent article reflète uniquement les opinions de son auteur et ne constitue en aucun cas une recommandation d’investissement. Les marchés comportent des risques ; l’investissement doit être réalisé avec prudence.
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