
De l'apparition de Pulse aux « effets de roue de performance » et à l'« économie des agents »
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De l'apparition de Pulse aux « effets de roue de performance » et à l'« économie des agents »
Nous sommes peut-être en train de quitter une « économie de l'attention », dont l'actif central est le « trafic », pour passer à une « économie des agents », dont l'actif central est la « confiance ».
Auteur : Zhang Peng

Récemment, la fonction ChatGPT Pulse lancée par OpenAI a suscité de nombreuses discussions dans la communauté. La description de Sam Altman est très claire : une IA capable de travailler pour vous pendant la nuit, réfléchissant continuellement à vos centres d'intérêt, aux données associées, aux conversations récentes et bien plus encore, afin de vous proposer chaque matin des éléments susceptibles de vous intéresser. Si vous indiquez à ChatGPT ce qui est important pour vous, il peut performer particulièrement bien.
Le terme « bien plus » utilisé par Sam fait référence, selon les informations officielles du site OpenAI sur ChatGPT Pulse, à la possibilité, avec l'autorisation de l'utilisateur, que Pulse accède à Gmail et au calendrier Google, « afin de fournir davantage de contexte et ainsi des suggestions plus pertinentes. Une fois le calendrier connecté, ChatGPT pourrait rédiger un exemple d’ordre du jour de réunion, vous rappeler d’acheter un cadeau d’anniversaire ou vous recommander des restaurants pour un voyage à venir ». On peut prévoir que Pulse intégrera à l'avenir davantage d'applications, permettant d'accéder à un contexte utilisateur encore plus riche.
En apparence, cela ressemble à un message de bonjour plus intelligent. Mais si on se contente de le voir comme une nouvelle fonctionnalité, on risque de manquer les nouveaux courants sous-jacents.
L’apparition de Pulse mérite selon moi une attention particulière. C’est une tentative d’OpenAI de définir une relation homme-machine entièrement nouvelle et plus profonde. Elle remet d’abord en question le paradigme d’interaction homme-machine auquel nous nous sommes habitués ces dix dernières années. Et derrière cela se profile une nouvelle possibilité : le modèle commercial fondé sur le « trafic » commence enfin à s’ébranler.
01 De la passivité à l’initiative
Pour comprendre Pulse, il faut sortir du cadre de la simple « fonctionnalité » et observer le changement fondamental qu’il opère au niveau du paradigme.
Tout d’abord, il s’agit d’une tentative concrète de transition du rôle d’« outil passif » à celui de « partenaire actif ». L’« initiative », caractéristique de cette génération d’IA, est désormais un consensus, mais OpenAI a réussi à la concrétiser efficacement avec Pulse. Notre interaction avec ChatGPT était jusqu’alors essentiellement basée sur un modèle « question-réponse ». Nous étions l’acteur actif, l’IA le récepteur passif. C’était comme une boîte magique extrêmement puissante, mais nécessitant que vous sachiez précisément ce que vous voulez et que vous l’activiez volontairement. Pulse tente d’inverser cette dynamique, transformant l’IA en un partenaire capable de « penser activement » et de « servir activement ». Ce passage du passif à l’actif constitue un saut décisif dans l’évolution de l’interaction homme-machine.
On peut analyser ce nouvel organisme qu’est Pulse à l’aide du cadre des « Trois questions de l’IA Native », présenté lors de ma conférence à l’AGI Playground de FounderPark cette année :
Quel est le nouvel objectif de Pulse ? L’objectif de Pulse n’est plus de « répondre précisément à une question ponctuelle de l’utilisateur », mais de « continuellement optimiser l’expérience globale et l’efficacité de l’utilisateur ». Il s’agit d’un passage en dimension supérieure, allant de la résolution de « problèmes ponctuels » à l’optimisation d’un « état global ».
Quelle est la nouvelle chaîne de traitement ? Son flux de traitement des données a subi une transformation fondamentale. Il ne s’agit plus d’un simple cycle « question → traitement → réponse », mais d’un processus cyclique continu en arrière-plan : « entrée multidimensionnelle de données → intégration autonome et réflexion → génération proactive de paquets de valeur → retour utilisateur → apprentissage renforcé ». Cela forme un « volant de données » côté produit capable de s’auto-alimenter grâce à une impulsion continue.
Quel est le nouveau modèle de valeur de Pulse ? Sa valeur ne se mesure plus uniquement à la qualité d’une réponse isolée, mais à la profondeur des données que vous lui confiez et à la solidité de la relation établie. Plus vous autorisez d’accès, plus votre « investissement » dans cette « relation » est fort, plus la valeur générée pour vous devient unique, et plus votre coût de migration augmente.
Ces transformations annoncent également une nouvelle évolution du modèle de service d’information. Si Google incarnait l’ère 1.0 où « l’homme cherche l’information », et si ByteDance représentait l’ère 2.0 où « l’information trouve l’homme », alors Pulse pourrait marquer le début d’une ère 3.0, celle de la « création de valeur personnalisée » (Value Generation). Il ne fournit pas des contenus prêts à l’emploi, mais génère en temps réel de la valeur inédite adaptée à votre situation unique.
02 Vers une économie de l’agent, au-delà de l’économie de l’attention
Quand la relation entre humain et IA est redéfinie, les modèles économiques et la valeur qu’elle transporte sont aussi reconstruits. Pulse esquisse les contours d’un « système d’exploitation personnel » centré exclusivement sur « vous », ainsi qu’une nouvelle possibilité de modèle économique.
Premièrement, l’innovation du mandat : « Agent de la plateforme » contre « Agent de vous ».
Tous les algorithmes de recommandation qui prétendent aujourd’hui « vous comprendre » sont en réalité des « agents de la plateforme » (Agent of Platform). Aussi personnalisés soient-ils, leur KPI fondamental reste l’intérêt de la plateforme — rétention, durée, taux de conversion, GMV… L’algorithme agit comme un « vendeur d’élite » placé à vos côtés par la plateforme ; son « attention » à votre égard vise à faire prospérer la plateforme.
L’émergence de produits comme Pulse annonce une révolution de positionnement. La forme ultime d’un Agent IA devrait être un « agent personnel » (Agent of You), entièrement dédié à votre service. Son seul KPI devrait être votre succès et votre satisfaction. Chaque calcul et chaque notification doit pouvoir répondre à une question fondamentale : « Est-ce conforme à votre meilleur intérêt ? »
Ce changement de rôle, de « travail pour la plateforme » à « travail pour vous », semble mineur, mais déplace en réalité tout le pivot logique du modèle commercial.
Deuxièmement, l’amélioration de la chaîne de valeur : du « partage d’information » à l’« orchestration de services ».
Un changement de rôle entraîne nécessairement une mutation qualitative dans la livraison de la valeur.
Jusqu’ici, les plateformes ont construit dans votre téléphone de véritables îlots de données isolées, ne pouvant vous proposer d’informations qu’à l’intérieur de leurs propres murs (commerce, contenu, social). Un véritable « système d’exploitation personnel » abattra ces cloisons, devenant le « centre de contrôle général » de tous vos services numériques.
Un véritable « Personal OS » possède une capacité « en réseau ». Il franchit les barrières entre applications, devient le « centre de pilotage » de tous vos services numériques, et livre non plus de l’« information », mais du « service ». Il ne vous recommandera pas simplement un article de voyage, mais **élaborera et exécutera** un plan complet : consulter votre agenda pour vérifier vos disponibilités, interroger une application de voyages pour rechercher et réserver des billets, utiliser une carte pour tracer un itinéraire, voire intégrer une appli de comptabilité pour analyser et gérer votre budget.
Dans cet « OS personnel centré sur vous », chaque application isolée sur votre téléphone devient un « bloc fonctionnel » que l’Agent IA peut invoquer à tout moment. Il compresse en une simple conversation en langage naturel des tâches complexes qui auparavant nécessitaient des allers-retours manuels entre plusieurs applications, des copier-coller. En théorie, ses capacités sont limitées seulement par la somme totale des services numériques disponibles. Il ne réalise plus du « partage d’information », mais de l’« orchestration de services », créant ainsi une « nouvelle bande passante » de création de valeur pour l’utilisateur.
Troisièmement, l’évolution du modèle économique : de l’économie de l’attention à l’économie de l’agent.
Quand l’IA adopte la position de l’utilisateur et que la valeur est livrée sous forme de service, la disruption du modèle économique devient inévitable. Nous quittons peut-être l’ère de l’« économie de l’attention », dont l’actif central est le « trafic », pour entrer dans une « économie de l’agent » (Agency Economy) dont l’actif central est la « confiance ».
Le cœur de l’ancien modèle est la « monétisation du trafic » : la plateforme attire votre attention avec du contenu gratuit, puis la revend aux annonceurs. Le conflit fondamental de ce modèle est que les besoins des annonceurs et ceux des utilisateurs sont souvent contradictoires. Dans l’« économie de l’agent », le modèle devient plus pur et cohérent : abonnement : vous payez pour embaucher l’IA comme votre employé, c’est la relation d’agence la plus directe. On pourrait aussi imaginer un partage de valeur basé sur les résultats : lorsque l’IA crée pour vous une valeur quantifiable via l’« orchestration de services » (par exemple, vous faire obtenir un billet moins cher ou générer un rendement supérieur à votre portefeuille), elle perçoit une commission ou un pourcentage convenu, redistribué ensuite entre les différents Agents impliqués. Finalement, l’IA ne sera rémunérée que si elle prouve continuellement qu’elle agit dans votre meilleur intérêt.
Dans ce modèle, la « livraison de résultats » remplace l’« utilisation gratuite », et la « valeur de confiance » remplace la « valeur de trafic », transformant ainsi la nature même de la relation entre produit et utilisateur, ainsi que la valeur perçue par l’utilisateur.
03 Les géants sont-ils les seuls gagnants ?
Une question intéressante se pose donc : pourquoi Apple ou WeChat, qui disposent de masses énormes de données utilisateur, n’ont-ils pas lancé Pulse avant ? Vont-ils finalement le faire ?
J’ai discuté de ce sujet avec certains amis internes de ces deux entreprises. Leur réponse : « extrêmement prudent ». Cette prudence va au-delà des risques liés à la conformité des données utilisateur. Elle reflète un défi profond — que j’appelle le défi de construction du « volant confiance-exécution ».
L’autorisation donnée par l’utilisateur aux données constitue l’entrée de « confiance » ; la livraison par l’IA d’une valeur dépassant les attentes constitue la sortie d’« exécution ». Il s’agit d’un cercle vertueux crucial, mais extrêmement fragile.
Ceci explique justement les hésitations des géants. D’abord, leur taille fait que toute « erreur d’exécution » pourrait toucher massivement des utilisateurs. Pour les grands produits des grandes entreprises, le coût de « test-ajustement » est bien plus élevé que pour une startup. Ils ont donc tendance à être prudents, suivant une stratégie de « ne jamais être le premier, mais toujours le dernier à réussir ».
La raison plus profonde réside dans le fait que l’utilisation de la « confiance utilisateur » acquise dans le domaine A pour « exécuter » dans le domaine B, même avec de bonnes intentions, représente une « exploitation transversale de la confiance » qui suscite facilement la méfiance ou le rejet des utilisateurs face aux géants, voire soulève des questions antitrust.
OpenAI, en tant que challenger récent, peut voir Pulse comme une tentative d’obtenir progressivement davantage de données utilisateur via un service non essentiel — ce qui constitue déjà l’action la plus audacieuse menée à ce jour par une « grande entreprise ».
Cependant, l’entrée d’OpenAI ne signifie probablement pas la fin du secteur des Agents personnels pour les entrepreneurs. Bien au contraire, elle ouvre un marché jusque-là verrouillé par la « prudence » des géants, et contribue à éduquer les utilisateurs.
Où se situe l’opportunité pour les entrepreneurs ?
L’opportunité réside probablement dans la « forte exécution » dans des domaines verticaux spécifiques.
Justement parce que Pulse est « non essentiel » et « généraliste », c’est là sa faiblesse. Un assistant qui veut tout faire aura du mal à exceller dans chacun des domaines verticaux. Et c’est peut-être là l’ouverture pour les startups.
Dans de nombreux domaines concrets de la vie quotidienne — sport, alimentation, comptabilité, emploi du temps, prise de notes, etc. — on peut choisir un scénario où l’utilisateur a un besoin clair et est prêt à « s’engager », pour y développer une capacité d’« exécution » 10 fois supérieure à celle d’un modèle généraliste. Devenir l’« agent vertical » le plus compétent et le plus fiable reste une voie pleine de sens.
Quand vous parvenez à faire tourner le « volant confiance-exécution » autour d’un point précis, vous avez alors le fossé le plus solide. Je pense que le futur paysage ne sera pas un empire IA centralisé, mais plutôt une « fédération de confiance », composée d’innombrables agents verticaux professionnels et dignes de confiance.
L’apparition de Pulse peut être vue comme une indication de direction pour l’ère des Agents IA. L’opportunité appartient encore à ceux qui peuvent comprendre profondément et résoudre le défi fondamental de la « confiance-exécution », et créer finalement une valeur irremplaçable pour l’utilisateur.
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