
Le trading de contrats à terme perpétuels sur cryptomonnaies est-il un jeu d'argent ou un produit dérivé financier ?
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Le trading de contrats à terme perpétuels sur cryptomonnaies est-il un jeu d'argent ou un produit dérivé financier ?
Les contrats à terme perpétuels sont des produits financiers dérivés, de la même famille que les contrats à terme et les options.
Rédaction : Deng Xiaoyu, Zheng Hongde
Si vous évoluez depuis quelques années dans le monde des cryptomonnaies, le trading de contrats à terme perpétuels (Perpetual Futures) n’a probablement rien de nouveau. Caractérisé par son fort effet de levier, ses risques élevés et ses rendements potentiels importants, il attire l’attention des investisseurs du monde entier. Toutefois, en Chine continentale, ce type d’activité est actuellement qualifié de « jeu » par certaines autorités judiciaires, et assimilé au délit « d’ouverture de maison de jeux », ce qui suscite une vive controverse. Parallèlement, à l’échelle mondiale, les cadres réglementaires relatifs aux contrats sur cryptomonnaies adoptent des approches diversifiées.
Deng Xiaoyu, avocat pénaliste chez Manqin, lors de sa défense d’affaires liées à des contrats perpétuels sur plateformes d’échange, a comparé les paysages réglementaires des principales nations et régions du globe. Dans cet article, nous allons explorer la véritable nature des contrats perpétuels et leur logique sous-jacente afin d’analyser le débat chinois sur la « maison de jeux » — s’agit-il d’une innovation financière ou d’un casino en ligne ? Parlons-en ensemble.
Le trading de contrats est-il un « casino en ligne » ?
En Chine continentale, certains jugements qualifient le trading de contrats perpétuels sur cryptomonnaies de « comportement de jeu ». Les motifs ont déjà été exposés dans un précédent article intitulé *Pourquoi le trading de contrats sur plateforme de cryptomonnaies avec rétrocommissions serait-il passible du délit d’ouverture de maison de jeux ?*. De nombreuses autorités judiciaires considèrent que :
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Les fluctuations des cryptomonnaies sont imprévisibles, aléatoires et fortuites.
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Les plateformes amplifient le risque spéculatif grâce à un effet de levier élevé, ce qui rend l’activité très risquée.
En outre, selon les réglementations actuelles, le « trading de contrats perpétuels sur cryptomonnaies » est classé comme une activité financière illégale. Bien que les avocats de la défense argumentent qu’il s’agit d’une activité similaire aux contrats à terme, les tribunaux insistent sur des différences fondamentales : l’absence de date de livraison fixée (d’où le terme « perpétuel »), un fonctionnement 7j/7 et 24h/24, des effets de levier extrêmement élevés, et l’absence de livraison physique ou en espèces. Ainsi, selon eux, le mécanisme de ces plateformes revient essentiellement à parier sur « rouge ou noir », ce qui équivaut à un comportement de jeu. C’est pourquoi cette activité peut être assimilée au délit « d’ouverture de maison de jeux ».
Cette référence aux « réglementations actuelles » concerne principalement l’avis publié en septembre 2021 par la Banque populaire de Chine et neuf autres départements : *Avis sur le renforcement de la prévention et de la gestion des risques liés à la spéculation sur les transactions de cryptomonnaies*. Ce document précise clairement que toute activité liée aux cryptomonnaies constitue une opération financière illégale, y compris les produits dérivés. Cela fournit une base juridique aux décisions judiciaires. Mais est-il pas trop hâtif de qualifier en bloc un mécanisme aussi complexe que celui des contrats perpétuels de « casino » ? Examinons plusieurs points :
1. La qualification des cryptomonnaies reste floue
En Chine continentale, il n’existe toujours pas de cadre juridique clair définissant la nature juridique des cryptomonnaies. Les textes réglementaires tels que *Avis sur la prévention des risques liés au Bitcoin*, *Annonce sur la prévention des risques liés au financement par jetons* et l’avis de 2021 soulignent uniquement que les cryptomonnaies ne possèdent ni pouvoir libératoire ni statut monétaire, et interdisent leur usage comme moyen de paiement. Mais sont-elles des biens ? Des titres ? Ou autre chose encore ? Aucun système de classification n’a été établi.
À l’inverse, les cadres réglementaires internationaux sont bien plus précis. La Commission américaine des contrats à terme sur marchandises (CFTC) a classé le Bitcoin et l’Ethereum comme des « marchandises », et encadre leurs produits dérivés comme des contrats à terme. Le règlement européen sur les marchés d’actifs numériques (MiCA) va encore plus loin en traitant explicitement les actifs numériques et leurs dérivés comme des produits financiers. Ces règles claires laissent de la place à l’innovation, tandis que l’ambiguïté chinoise risque de freiner le développement industriel et de se déconnecter des tendances mondiales.
2. Quelle différence entre contrats perpétuels et contrats à terme ?
Le contrat perpétuel est un produit dérivé propre au marché des cryptomonnaies, issu de l’évolution des contrats à terme traditionnels. Fonctionnellement, les deux sont très proches : ils permettent tous deux aux investisseurs d’utiliser un effet de levier pour anticiper l’évolution des prix d’un actif et de régler la différence à la clôture ou à l’échéance. En somme, c’est la version « cryptomonnaie » du contrat à terme. Traditionnellement, les traders utilisent un levier pour parier sur la hausse ou la baisse des prix ; les contrats perpétuels font quasiment la même chose, à ceci près qu’ils suppriment la date d’échéance et permettent un trading continu 7j/7 et 24h/24.
Un effet de levier élevé signifie-t-il nécessairement un jeu ? Cette logique ne tient pas debout. Dans les marchés financiers, le levier est monnaie courante. Les contrats perpétuels transposent simplement le modèle traditionnel dans l’univers des cryptos, sans tomber dans le schéma simpliste du « pile ou face ». Considérer cela comme un simple « outil de jeu » revient à ignorer sa logique financière sous-jacente.
3. Les prix sont-ils totalement aléatoires ?
Certains arguments insistent sur le caractère « imprévisible, aléatoire et fortuit » des variations de prix des cryptomonnaies, pour justifier leur assimilation au jeu. Cette vision entre en conflit direct avec les analyses menées sur les marchés mondiaux. En réalité, les cryptomonnaies majeures telles que le Bitcoin ne sont plus seulement l’affaire d’un petit cercle crypto : elles sont de plus en plus intégrées aux marchés financiers globaux. Leurs prix sont influencés par de multiples facteurs : conjoncture macroéconomique, offre et demande, avancées technologiques, tensions géopolitiques, etc.
En janvier dernier, Nasdaq a publié un article intitulé *Comprendre la corrélation entre le Bitcoin et l’indice Nasdaq 100*, indiquant que le coefficient de corrélation à long terme entre le Bitcoin et l’indice Nasdaq atteint 0,805. Les hausses de taux de la Réserve fédérale, les achats institutionnels d’ETF, ou encore les remous géopolitiques influencent tous le prix du Bitcoin. Pour trader des contrats perpétuels, les investisseurs doivent recourir à l’analyse technique, à l’étude fondamentale et à des stratégies de gestion des risques — ce n’est pas une simple affaire de chance. Qualifier les variations de prix de « purement aléatoires » revient à méconnaître la maturité et la complexité du marché crypto.
Panorama mondial : la voie légale des contrats sur cryptomonnaies
Tandis qu’en Chine continentale certains régulateurs qualifient les contrats perpétuels de jeux, d’autres régions du monde n’adoptent pas cette position. Il ne s’agit pas seulement d’une question de texte légal, mais davantage d’une divergence dans la perception fondamentale des actifs virtuels.
L’Union européenne, les États-Unis, Hong Kong, Dubaï, Singapour, le Royaume-Uni : chacun adopte une approche différente, mais tous partagent un consensus : les contrats perpétuels sont des produits dérivés financiers, non des jeux d’argent. Leur légalité dépend de leur conformité aux règles, et non du niveau de levier ou de la volatilité des prix.
Union européenne : le « laissez-passer » réglementaire pour les produits dérivés
En 2023, l’UE a mis en œuvre le Règlement sur les marchés d’actifs numériques (MiCA), qui clarifie le débat : les contrats perpétuels sont des « produits dérivés d’actifs numériques », traités sur un pied d’égalité avec les dérivés d’actions ou d’obligations, et soumis au droit de la directive MiFID II. Envie de jouer ? Alors obtenez une licence MiCA, disposez d’un capital suffisant, maîtrisez les risques et assurez la transparence des transactions.


*Extrait original de MiCA
On y lit notamment : « Certains actifs numériques, notamment ceux qui répondent à la définition des instruments financiers dans la directive 2014/65/UE du Parlement européen et du Conseil, relèvent du champ d’application de la législation existante de l’UE en matière de services financiers. Par conséquent, un ensemble complet de règles européennes s’applique déjà aux émetteurs de ces actifs numériques ainsi qu’aux entreprises exerçant des activités liées à ces actifs. »
MiCA précise clairement que tout actif numérique et tout service associé répondant à la définition d’instrument financier au sens de MiFID II n’est pas soumis à MiCA, mais relève directement de la directive 2014/65/UE, soit MiFID II, qui définit précisément les instruments financiers. Ainsi, les produits dérivés sur cryptomonnaies (dès lors qu’ils sont reconnus comme des instruments financiers) sont traités exactement comme les dérivés traditionnels.
Complexes en apparence, ces règles sont en réalité très claires : l’UE n’a pas considéré les contrats perpétuels comme des jeux à cause de leur effet de levier élevé, mais leur a attribué une « carte d’identité » d’instrument financier. Ce cadre encourage l’innovation tout en imposant des garde-fous, offrant un équilibre exemplaire.
États-Unis : régulation sectorielle, responsabilités bien définies
L’approche américaine est claire : les contrats perpétuels sont des produits dérivés, similaires aux contrats à terme ou aux swaps. Le Bitcoin et l’Ethereum sont classés comme « marchandises » par la CFTC, et leurs contrats perpétuels relèvent donc de la CFTC, régis par le *Commodity Exchange Act* (CEA). Si l’actif est qualifié de « titre », alors c’est la SEC qui intervient.
Commission du commerce des matières premières (CFTC) : elle supervise les produits dérivés sur cryptomonnaies reconnues comme « marchandises » (ex. Bitcoin, Ethereum). Les contrats perpétuels basés sur ces actifs sont considérés comme des dérivés de marchandises, sans différence fondamentale avec les options ou contrats à terme traditionnels. Ils sont généralement catégorisés comme des « swaps » ou « futures », et doivent respecter le *Commodity Exchange Act* (CEA).
Commission des valeurs mobilières (SEC) : si une cryptomonnaie est qualifiée de « titre », ses produits dérivés (y compris les contrats perpétuels) relèvent de la SEC et doivent se conformer au *Securities Act* et au *Securities Exchange Act*.
En 2021, la CFTC a infligé une amende de 100 millions de dollars à BitMEX pour avoir offert des contrats perpétuels à effet de levier élevé aux utilisateurs américains sans être enregistrée. Un haut responsable de la CFTC a déclaré dans cette affaire : « [...] les obligations d’enregistrement et les protections fondamentales des consommateurs établies par le Congrès pour notre marché traditionnel des dérivés s’appliquent également au marché croissant des actifs numériques. » Autrement dit : les règles du marché des dérivés traditionnels s’appliquent pleinement au marché des cryptos. Ce message clair confirme sans ambiguïté la nature financière des contrats perpétuels aux États-Unis.
Dubaï : innover tout en restant conforme

L’Autorité des marchés de capitaux et des produits de base (SCA) encadre les actifs virtuels selon une logique similaire à celle des titres.
La SCA constitue le cadre réglementaire de base pour les activités liées aux actifs numériques à buts d’investissement aux Émirats arabes unis. Elle définit les actifs virtuels comme des représentations numériques de valeur destinées à l’investissement, excluant les monnaies fiduciaires, les titres et autres monnaies numériques.
La SCA a progressivement affiné son cadre réglementaire, publiant en novembre 2020 au niveau fédéral le *Règlement sur les activités liées aux actifs virtuels*, couvrant les ICO, les plateformes d’échange, les places de marché, les services de custody et les produits dérivés. Ses exigences principales sont :
(1) Les fournisseurs de services sur actifs virtuels doivent être établis localement aux Émirats ou dans une zone franche financière ;
(2) Les prestataires doivent obtenir une autorisation de la SCA.
Autorité de régulation des actifs virtuels de Dubaï (VARA)

La VARA de Dubaï a publié en 2023 le *Règlement sur les actifs virtuels et activités connexes*, classant explicitement les contrats perpétuels comme des « produits dérivés d’actifs virtuels », régis selon les mêmes principes que les dérivés de change ou d’actions. Vous voulez opérer ? Obtenez une licence VASP auprès de la VARA, avec divulgation des risques et protection des investisseurs obligatoires.
Les contrats perpétuels sont catégorisés comme des produits dérivés d’actifs virtuels, similaires aux dérivés traditionnels de change ou d’actions.
Les plateformes doivent obtenir une licence de service d’échange de la VARA, incluant les dérivés VA.
Par exemple, Deribit a obtenu l’an dernier une licence de service d’échange de la VARA à Dubaï, couvrant à la fois les actifs au comptant et les produits dérivés. L’approche de Dubaï illustre parfaitement l’équilibre entre innovation et contrôle : elle accueille les nouveaux venus tout en évitant un développement anarchique.

Singapour : accès strictement contrôlé
Singapour adopte une attitude ouverte envers les cryptomonnaies, mais impose des règles rigoureuses. L'Autorité monétaire de Singapour (MAS) classe les cryptomonnaies en jetons utilitaires, titres et moyens de paiement. Les contrats perpétuels sont placés sous la supervision des « bourses agréées ». Les marges des produits dérivés sur cryptomonnaies sont strictement encadrées. Toute entité souhaitant proposer des contrats doit être une bourse financière agréée par le MAS pour opérer des produits dérivés sur cryptomonnaies, et demander une licence DPT.
Actuellement, selon le site officiel du MAS, seules quatre bourses sont agréées à Singapour : le marché dérivé de la Bourse de Singapour (SGX Derivatives), l’APEX (Bourse Asie-Pacifique), ICE Futures (marché à terme de l’Intercontinental Exchange), etc. Seules ces entités peuvent proposer des produits dérivés sur cryptomonnaies. L’accès strict garantit l’ordre du marché et la protection des investisseurs.
Fait intéressant : les bourses traditionnelles singapouriennes commencent à tester des contrats perpétuels sur cryptomonnaies, destinés aux institutions et investisseurs professionnels. Que signifie cela ? Pour Singapour, les contrats perpétuels sont de véritables produits financiers, pas des jouets spéculatifs. Cela marque aussi l’entrée progressive des bourses traditionnelles dans le domaine des actifs numériques, répondant à la demande croissante des investisseurs institutionnels en matière d’exposition aux cryptomonnaies.

Royaume-Uni : interdit aux particuliers, autorisé aux professionnels
Passons au Royaume-Uni. Depuis 2021, l’Autorité de conduite financière (FCA) interdit aux particuliers d’accéder aux produits dérivés sur cryptomonnaies, y compris les contrats perpétuels, mais autorise les investisseurs professionnels. La FCA les qualifie d’« instruments financiers à haut risque », et exige des plateformes un enregistrement et une conformité stricte. On constate donc que, même dans un pays à réglementation stricte comme le Royaume-Uni, les contrats perpétuels sont considérés comme des produits dérivés financiers. Leur légalité dépend non pas de l’outil lui-même, mais du statut de l’investisseur. L’instrument n’est pas en soi un « jeu ».

Hong Kong : progression prudente vers les dérivés
Depuis juin 2023, Hong Kong a mis en place un « système d’agrément pour les plateformes d’actifs virtuels » et autorisé progressivement les particuliers à investir dans les cryptomonnaies, tout en restant prudent sur les produits dérivés. Selon les dernières informations médiatiques, M. Leung Hon-ching, responsable des finances et de la fintech à l’Agence de promotion des investissements de Hong Kong, a déclaré que bien que seule la négociation au comptant soit actuellement ouverte, le gouvernement étudie déjà la régulation des produits dérivés. Le COO de la bourse HashKey a d’ailleurs annoncé : dès que la politique sera assouplie, ils déposeront une demande de licence.

La stratégie de Hong Kong est intelligente : d’abord stabiliser le marché au comptant, puis avancer prudemment vers les dérivés — ni précipitation, ni retard. L’avenir des contrats perpétuels à Hong Kong semble donc orienté vers une reconnaissance comme instrument financier, sans risque d’être qualifié de « jeu ».
Synthèse de l’avocat Manqin
On observe clairement une convergence réglementaire mondiale : les contrats perpétuels sont des produits dérivés financiers, apparentés aux contrats à terme et options. L’UE leur délivre un « laissez-passer réglementaire », les États-Unis appliquent les règles traditionnelles des dérivés, Hong Kong, Dubaï et Singapour encouragent l’innovation tout en gardant le contrôle, et le Royaume-Uni adopte une gestion différenciée selon le profil des investisseurs. Grâce aux licences, aux avertissements de risque et aux limites de levier, ces marchés sont bien encadrés.
En Chine continentale, la situation est différente. Certains tribunaux qualifiant les contrats perpétuels de « jeux » négligent sans doute leur dimension financière. Affirmer que les prix sont « sans logique » contredit aussi les données du marché mondial — le prix du Bitcoin est désormais lié à celui du Nasdaq et aux politiques de la Réserve fédérale. Une réglementation aussi rigide et simpliste pourrait priver la Chine d’une partie de la vitalité de la finance technologique, paraissant plus conservatrice comparée aux dynamiques innovantes mondiales.
Cet article, rédigé par l’avocat pénaliste Manqin, vise à inciter toutes les parties à s’inspirer de l’expérience internationale et à reconsidérer la qualification des contrats perpétuels, notamment en suivant le modèle européen MiCA de régulation différenciée, en traitant les contrats perpétuels comme des instruments financiers, ou en s’appuyant sur le modèle américain des dérivés de marchandises (CFTC), en fixant des plafonds d’effet de levier et en protégeant les investisseurs. Par ailleurs, nous souhaitons redonner une image juste aux contrats perpétuels : bien qu’il soit effectivement inapproprié d’opérer des échanges (contrats perpétuels) sous le strict cadre réglementaire chinois, il s’agit fondamentalement d’un problème de manque de licence, qui pourrait tout à fait être sanctionné comme un « exercice illégal d’activités commerciales ». Inversement, si l’on considère les contrats perpétuels comme des jeux, alors des dizaines de milliers de transactions contractuelles devraient faire l’objet de sanctions administratives pour participation à des jeux d’argent — ce qui serait manifestement contraire à la bonne gouvernance sociale.
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