
L'"cygne noir" de l'été : après mai, Trump pourrait-il avoir le pouvoir de "virer" Powell et assujettir la Réserve fédérale ?
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L'"cygne noir" de l'été : après mai, Trump pourrait-il avoir le pouvoir de "virer" Powell et assujettir la Réserve fédérale ?
En mai, une décision de la Cour suprême des États-Unis pourrait transformer l'ensemble du marché.
Rédaction : Li Xiaoyin, Wall Street Insights
Des rumeurs sur un changement à la tête de la Réserve fédérale émergent de la Maison Blanche. Une décision judiciaire de la Cour suprême pourrait encore affaiblir la position de Powell. Un nouveau bouleversement se prépare-t-il sur les marchés financiers mondiaux ?
Lundi, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré dans une interview qu'il discutait « en permanence » avec le président Trump du choix du prochain président de la Réserve fédérale, ajoutant qu'ils prévoyaient de commencer à auditionner des candidats potentiels à l'automne.
Les informations publiques indiquent que le mandat actuel de Jerome Powell, président de la Fed, prendra fin en mai 2026. Les propos de Bessent ont ainsi ravivé aussitôt les spéculations du marché sur un possible changement à la direction de la banque centrale.
Par ailleurs, l'administration Trump vise désormais les institutions indépendantes et demande à la Cour suprême d'autoriser le renvoi de certains hauts responsables. Selon les analystes, cette manœuvre pourrait offrir à Trump un moyen légal de destituer Powell, sapant ainsi la longue tradition d'indépendance de la Réserve fédérale.
Mai : surveillez ce jugement crucial de la Cour suprême
Comme l’ont rapporté les médias, l’administration Trump a demandé d’urgence à la Cour suprême des États-Unis d’autoriser le président à licencier deux hauts fonctionnaires d’agences fédérales indépendantes (Gwynne Wilcox du National Labor Relations Board et Cathy Harris de la Merit Systems Protection Board).
Cette démarche vise à remettre en cause le précédent établi par l’arrêt Humphrey’s Executor v. United States de 1935, qui limite le pouvoir du président à révoquer arbitrairement les dirigeants d’agences indépendantes, garantissant ainsi leur autonomie opérationnelle.
D’après une compilation médiatique, l’administration Trump estime que ces restrictions violent le pouvoir exécutif conféré au président par l’article II de la Constitution. Elle soutient que toute institution exerçant un pouvoir exécutif substantiel doit être placée sous surveillance totale du président.
Trump demande donc à la Cour suprême de lui permettre de licencier immédiatement ces deux fonctionnaires, sans attendre la décision finale des cours d’appel, et d’examiner intégralement le dossier sans délai. L’administration plaide pour que la Cour suprême organise une audience spéciale en mai, afin de traiter l’affaire durant la session judiciaire en cours (généralement ouverte chaque année en octobre et close entre juin et juillet).
Certains analystes soulignent que ce cas constitue un test indirect sur la question de savoir si Trump peut licencier le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. Bien que la loi fédérale actuelle impose un motif « valable » pour révoquer le président de la Fed, un rejet du précédent Humphrey’s Executor par la Cour suprême affaiblirait considérablement cette protection juridique, ouvrant ainsi la voie à une ingérence présidentielle dans les opérations de la banque centrale.
Le « retard » de Powell agace Trump
En réalité, Trump critique depuis longtemps la politique monétaire de Powell, notamment ses décisions concernant les taux d’intérêt.
Sous la direction de Powell, l’inflation américaine est en baisse, mais ses efforts anti-inflation sont désormais menacés par la guerre commerciale relancée par Trump. Les marchés observent attentivement si Powell maintiendra une posture restrictive pour éviter tout retour de l’inflation, ou cédera aux pressions en amorçant plus tôt que prévu un cycle de baisse des taux.
La Maison Blanche exerce depuis lors une pression croissante sur Powell. Selon plusieurs médias, Trump n’a jamais caché son mécontentement face à la politique des taux de la Fed sous Powell, réclamant à plusieurs reprises des baisses massives. Il a même publiquement appelé Powell à agir via les réseaux sociaux :
« Il est toujours en retard d’une demi-longueur, mais il a maintenant l’occasion de changer cela. Agissez vite. »
Récemment, malgré les chocs liés aux nouvelles taxes douanières, la Fed a résisté aux pressions et maintenu ses taux inchangés. Début avril, Powell a affirmé que l’ampleur inattendue des tarifs douaniers risquait de provoquer une inflation « durable », allant au-delà d’un simple choc temporaire sur les prix.
Une carte maîtresse potentielle ? Le rôle des accords de swap en dollars dans les négociations transatlantiques
Les conséquences potentielles d'une atteinte à l'indépendance de la Réserve fédérale ne se limitent pas aux perspectives de politique monétaire.
Certains analystes estiment que ce transfert de pouvoir pourrait également affecter les relations internationales, en particulier les négociations commerciales avec l'Europe.
Selon cette analyse, si Trump parvenait à obtenir le droit de révoquer le président de la Fed et nommait à sa place un fidèle allié, les décideurs européens devraient alors craindre que les lignes de swap en dollars (Dollar Swap Lines), utilisées comme levier stratégique dans les négociations, soient suspendues ou instrumentalisées.
Le réseau de swaps monétaires centré sur la Fed est devenu un outil clé pour défendre le statut international du dollar en période de crise. Il constitue un filet de liquidité essentiel pour le système financier mondial.
La Fed définit officiellement les accords de swap comme suit : afin de faire face à une forte tension sur les marchés mondiaux du financement à court terme en dollars, la Réserve fédérale peut conclure avec des banques centrales étrangères des accords temporaires de liquidité (appelés aussi swaps monétaires), permettant à ces dernières d’octroyer des liquidités en dollars à leurs institutions financières nationales.
Si Trump obtenait le pouvoir de révoquer le président de la Fed, l’exécutif pourrait exercer une influence directe, par le biais de nominations ou de pressions informelles, sur l’utilisation de ces mécanismes de swap. Et si cet outil était utilisé sélectivement dans des objectifs géopolitiques, c’est tout le fondement du système financier mondial qui serait ébranlé.
Prenons l’exemple européen. Des données montrent que le système bancaire de la zone euro souffre depuis longtemps d’un déficit structurel en dollars. En cas de suspension des accords de swap, les institutions financières européennes pourraient subir une rupture de liquidité, entraînant des effets domino comparables à ceux du krach de Lehman Brothers. Si la Fed transformait ces accords en arme de négociation, l’Europe serait vraisemblablement contrainte de céder sur des sujets clés comme le commerce ou l’énergie, y compris dans les discussions sur les tarifs douaniers.
Une « arme nucléaire » en dollars, plus puissante que les tarifs
Comme l’a déjà mentionné Wall Street Insights, selon une analyse de Deutsche Bank, le mécanisme de swap en dollars de la Fed constitue une véritable « arme nucléaire », encore plus dissuasive que les mesures tarifaires.
Deutsche Bank précise que les lignes de swap en dollars de la Fed contrôlent un marché des swaps de devises d’environ 97 000 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB mondial total. Ce dispositif représente une ligne de vie cruciale pour les institutions non américaines en période de crise.
Si Trump décidait d’activer ce « bouton nucléaire » du dollar – en refusant ponctuellement d’apporter de la liquidité en dollars – une grave crise financière mondiale s’ensuivrait.

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